Il fait gris, froid, et mon sourire fend mon visage comme une grande plaie. J’ai remis le manteau que j’ai acheté pour me sentir puissante, j’ai revêtu mon habit de lumière, je me suis regardée dans le miroir et je n’ai vu que moi : quelqu’un qui se bat. Il pleut maintenant et je ris, parce que rien n’a beaucoup de sens mais je peux en mettre là où ça me va. Vingt-cinq degrés fin mars ça m’alourdit le cœur, ça me bouleverse l’estomac. La pluie qui tombe légère d’un ciel trop haut pour l’attraper, ça je comprends. Ça je le prends et je le serre contre moi. Je porte des cicatrices en forme de dessins et vice-versa. Je me suis levée alors que je ne voulais pas. Dans la ville polluée, ses rues vides de jour férié, je marche en savourant ce goût de victoire inattendue, ce n’est ni sucré ni évident, c’est un peu amer mais hier j’avais envie de disparaître et ce matin, sequins en fête, je suis là.

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