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Vous n’avez probablement pas pu échapper à la floraison de publicités et de contenus marketing sur le CBD. Alternative légale au THC, cette autre molécule contenue dans le cannabis promet monts et merveilles. Elle permettrait d’atteindre une état de détente sans les effets négatifs de la weed, se consomme sous les mêmes formes, et pour les personnes menstruées, elle aurait aussi des bienfaits sur le cycle, le syndrome prémenstruel et l’équilibre hormonal. En attendant la légalisation du cannabis en France, et dans cette période mondiale où tout le monde va à peu près un peu mal, on se jette sur le CBD, en huile, en fleurs ou en bonbons, en espérant régler tout un tas de petits désagréments sans passer par la case médication.

Je fais partie de ces gens, alors je ne jette aucune pierre, vraiment. Même si mon esprit critique s’est tout de suite mis en route quand j’ai commencé à entendre parler du CBD, j’ai testé en vapote (pas d’effet intéressant sur moi) et puis j’ai été contactée par Good Stuff qui m’a offert un produit pour le tester. Je vous parle plus bas de mon utilisation de l’huile de CBD. Mais je veux surtout saisir l’occasion pour parler de santé menstruelle, et des tambouilles qu’on met en place pour tenter de s’en sortir quand on a des symptômes prémenstruels.

La santé menstruelle : non-sujet médical, opportunité marketing

On le sait, la santé des corps féminins et des corps menstrués intéresse peu la médecine traditionnelle française, qui a coutume de les maltraiter. 7 ans d’errance médicale en moyenne pour se voir diagnostiquer une endométriose1, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) qui n’a aucun traitement réel2, violences obstétricales3… Les exemples sont nombreux et la liste complète serait trop longue à établir. Ce qui m’a toujours interpellée, c’est que là où il n’y a pas de recherche et d’avancée médicales, il y a par contre quand même un marché, et que les industriels n’hésitent pas à s’y installer sans vergogne.

Des traitements pour le « confort féminin », que ce soit pour lutter contre les infections urinaires, les déséquilibres hormonaux ou l’inconfort prémenstruel, il y en a des tas en pharmacie. Leurs points communs ? Une efficacité difficile à démontrer formellement4, et souvent un prix exorbitant. Il m’est arrivé tant de fois de mentionner sur les réseaux sociaux mon SOPK, mes migraines cataméniales, il y a toujours une dizaine de personnes pour me recommander, qui les tisanes de gattilier, qui l’huile d’onagre, qui tel complément alimentaire combiné « qui coûte cher mais vraiment sur moi ça a fait des miracles je te jure ». C’est toujours plein de bonnes intentions, et même si ça a un petit côté agaçant (parce que je ne demande jamais de conseils, donc en recevoir de manière non-sollicitée est agaçant), je ne peux que penser au fric que se fait le capitalisme sur notre détresse.

On en vient donc à faire nos expériences, expérimentations et remèdes de grands-mères, en espérant que ça fonctionne sur nous, et quand ça fonctionne effectivement, on s’empresse de partager la bonne nouvelle comme on répand l’évangile, oubliant parfois que chaque corps est unique, et que ce qui marche sur nous peut très bien ne pas marcher sur notre voisine.

Je retiens de tout ça deux choses :

  • Je resterai toujours en colère contre ce système qui nous fait tester des trucs un peu au pif, de notre propre poche, laissant définitivement la santé menstruelle en dehors du champ de la Sécurité Sociale. Les hommes peuvent se faire rembourser leur viagra en cas de trouble érectile, mais nous, si la pilule remboursée ne nous convient pas pour une raison X ou Y, on doit payer des traitements non-remboursés sans même une garantie que ça nous aidera vraiment. C’est d’une telle injustice.
  • Je ne blâmerai jamais les personnes qui achètent les compléments alimentaires onéreux, les huiles essentielles précieuses ou les nouveaux trucs à la mode qui sortent et semblent faire des miracles. Il est normal et humain de chercher à être soulagée quand on souffre de son cycle menstruel. De mon côté, j’essaye d’adopter un rapport critique et de ne pas foncer tête baissée. Mais j’ai conscience que c’est parce que j’ai beaucoup pris l’habitude de souffrir et de serrer les dents, ce qui ne me confère aucune supériorité morale, juste une endurance qui n’est même pas bonne pour moi.

Le problème de la médecine androcentrée

Je dirais même plus : c’est le problème d’une société androcentrée. Le design d’intérieur est pensé avec les hommes en tête, sauf dans la cuisine, où on met les éviers à hauteur de femmes5. Les ceintures de sécurité ont été testées sur des mannequins aux corps masculins6. S’il y a la queue aux toilettes des femmes, ce n’est pas parce qu’elles sont plus longues et coquettes, mais parce que bien souvent, les toilettes dotés d’urinoirs peuvent accueillir plus de personnes à la fois, puisqu’un urinoir prend moins de place qu’un cabinet de toilettes7. Les femmes et les femelles sont exclues des essais cliniques pour les traitements médicaux, et quand une condition touche hommes et femmes, les femmes ne sont pas représentées proportionnellement dans les cohortes étudiées8.

Nous sommes nombreux·ses à penser que si les hommes expérimentaient les douleurs menstruelles, on aurait trouvé un traitement efficace depuis longtemps, ou que si les hommes pouvaient tomber enceints, la médecine aurait déjà trouvé le moyen de leur offrir une méthode de contraception longue durée, efficace et sans risque pour la santé. Ce ne sont que des conjonctures, mais quand on sait que les papiers sur le dysfonctionnement érectile (qui a sans aucun doute des effets sur la santé mentale des hommes qui en sont victimes, mais qui n’est pas physiquement douloureux ou dangereux pour la santé physique) sont cinq fois plus nombreux que ceux sur le syndrome prémenstruel9… on peut se permettre d’extrapoler.

(merci Aurélia de Good Stuff pour ce fabuleux meme)

Et le CBD, dans tout ça ?

C’est donc le dernier chouchou sur la scène des traitements contre les désordres menstruels. (Je dis traitement et même pas « traitement alternatif » puisque je le répète, à part la pilule contraceptive, qui ne convient pas à tout le monde et qui ne garantit pas non plus la disparition totale des désordres menstruels, il n’y a pas de traitement médical contre le SPM.)

Si le CBD est aussi populaire, c’est parce qu’il a des effets documentés sur plusieurs symptômes qui peuvent rendre la période prémenstruelle et les règles particulièrement difficiles à vivre. Il semble que le CBD, qui a prouvé des bienfaits sur l’épilepsie, la dépression et des douleurs neuropathiques, puisse également être efficace sur les troubles du sommeil, les sautes d’humeur, l’anxiété et les problèmes de peau10. On trouve pléthore de témoignages sur les bienfaits du CBD sous ses diverses formes, et je m’y joindrai dans quelques paragraphes.

À noter que comme tout complément alimentaire et même tout médicament, le CBD n’est pas une panacée. Si l’OMS a déclaré que le cannabidiol pouvait être utilisé sans danger11, elle rapporte quand même des effets secondaires bénins. Perso, on m’a parlé d’effets secondaires peu dangereux, mais assez désagréables : bouche sèche, baisse de tension, nausées12… (Ce sont des effets assez proches de ceux provoqués par le cannabis dosé en THC quand il n’est pas supporté par l’organisme.) Pour d’autres personnes, c’est totalement inefficace. Bref, le CBD peut être vraiment utile, mais ce n’est pas la panacée.

Et si je peux me permettre, ce n’est pas non plus une « plante adaptogène », malgré ce que certaines marques essayeront de nous dire. Tout simplement parce que le concept de « plante adaptogène » n’est pas reconnu médicalement : le consensus scientifique actuel est qu’il n’y a pas assez d’études scientifiques sérieuses qui prouvent l’existence d’une telle classe de plantes et ses prétendus bienfaits13. Je ne néglige pas les effets apaisants et antistress de nombreuses plantes, mais je pense qu’il faut se méfier du vocabulaire pseudo-scientifique utilisé par les équipes marketings de marques rodées pour nous faire avaler des couleuvres.

Mon expérience avec le cannabidiol

© Good Stuff

Pour ma part, je me suis tournée vers le CBD en premier lieu parce que depuis la sortie du mon livre, j’avais de gros troubles du sommeil : je m’endormais assez vite mais je me réveillais en pleine nuit et peinais énormément à me rendormir. La weed m’aidant assez bien à m’endormir, je me suis dit que ça pouvait marcher sur moi. Si en plus ça pouvait agir sur mon syndrome prémenstruel, c’était bonus. Good Stuff m’a fait parvenir un flacon de leur huile dosée à 20% et j’ai commencé à prendre 1 goutte par jour sous la langue, tous les soirs avant d’aller me coucher. (Ce n’est pas exactement ce qui est conseillé sur le site, mais je suis mauvaise élève.)

Au bout d’une petite semaine, j’ai commencé à vraiment mieux dormir, et maintenant je ne me réveille plus la nuit. J’ai également pu constater que mon syndrome prémenstruel était beaucoup plus supportable : j’ai moins de crampes utérines et elles sont moins fortes, et mon humeur est plus stable. (D’ordinaire, mon SPM aggrave ma dépression jusqu’aux idées noires.) Ça n’a quand même pas tout arrangé : j’ai toujours un peu d’acné (j’ai l’impression que un peu moins, mais je ne saurais dire si c’est une vision de l’esprit) et les seins douloureux. De plus, quand je déclenche une migraine, prendre du CBD atténue la sensation de nausée qui l’accompagne, et me permet de m’endormir en atténuant un peu la douleur. (Je n’ai pas besoin de conseils sur mes migraines, merci.)

Je suis globalement très satisfaite de mon utilisation du CBD sur ces deux aspects, sommeil et SPM : j’ai retrouvé un sommeil complet, et je suis vraiment plus en forme pendant la semaine qui précède mes règles. Il y a peut-être un petit effet placebo14 dans tout ça, mais je ne suis pas contre : ce n’est pas forcément un mal.

Avez-vous déjà essayé le CBD ? Est-ce que ça vous a été utile ? Pensez-vous que les troubles du cycle menstruel sont assez pris au sérieux par la médecine ?


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Notes

  1. Endométriose : une semaine d’information pour réduire l’errance diagnostique, France Info.
  2. Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), Inserm.
  3. Comment en finir avec les violences obstétricales ?, France Inter.
  4. Syndrome prémenstruel – L’opinion de notre médecin et les approches complémentaires, Passeport Santé.
  5. Le design, une affaire d’hommes, Le Temps.
  6. Décryptage Pourquoi les femmes risquent plus de mourir en cas d’accident de voiture, La Voix du Nord.
  7. The deadly truth about a world built for men – from stab vests to car crashes, The Guardian.
  8. The medical research gender gap: how excluding women from clinical trials is hurting our health, The Guardian.
  9. Erectile dysfunction studies outnumber PMS research by five to one, The Independent.
  10. Can CBD help with PMS?, Chicago Tribune.
  11. Cannabidiol (CBD) Pre-Review Report, World Health Organization.
  12. Merci à Elodie pour son retour là-dessus.
  13. Reflection Papier on the Adaptogenic Concept, European Medicines Agency.
  14. Pour une réflexion sur l’effet placebo, voir cet excellent article sur le blog de Irène, Dans la nébuleuse.
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6 Comments

  • Marie
    Posted 22 avril 2021 à 07:12 0Likes

    Merci pour de profiter de ton audience pour parler de la santé menstruelle (et de la santé des personnes menstruées en général), qui n’est effectivement – j’abonde dans ton sens – pas suffisamment prise au sérieux. Les troubles du cycle menstruel sont fréquents, souvent mal identifiés, et souvent mal pris en charge. En tant que médecin, j’ai comme priorité actuellement de développer ma pratique autour du cycle menstruel. J’en suis en tout début de mes projets, mais j’espère sincèrement qu’on arrivera à une meilleure prise en charge des spécificités de la santé des personnes menstruées. C’est nécessaire !
    Encore merci pour cet article bien documenté et très agréable à lire. Je suis si heureuse de voir ce sujet abordé sur ton blog !

  • Fauve
    Posted 22 avril 2021 à 07:25 0Likes

    Merci pour ton avis, c’est toujours intéressant d’avoir des retours d’expériences.
    Au sujet des discriminations faites à l’encontre des femmes dans le milieu de la santé, il y a le documentaire sorti cette semaine sur France 5 : Femmes, Les oubliées de la Santé, qui est visionnable en replay, qui traite de ce sujet.

  • Échos verts ❀ Natasha
    Posted 22 avril 2021 à 09:03 0Likes

    Bonjour Pauline,
    Merci pour ton article qui, au-delà de ton partage d’expérience, met en exergue des inégalités et injustices dont on parle encore trop peu.
    Quand j’écrivais mon livre je suis tombée sur un plante recommandée en cas de douleurs liées au SPM (et dont je n’avais jamais entendu parler) et je me souviens avoir pensé à toi, me demandant si tu la connaissais… je t’ai envoyé un message et puis j’ai regretté, me disant que tu ne m’avais jamais demandé conseil. J’en suis sincèrement désolée – on ne m’y reprendra plus.
    Je t’embrasse.

  • Anna
    Posted 22 avril 2021 à 14:03 0Likes

    Merci pour tes mots sur la santé menstruelle trop peu prise en compte. Je garde le souvenir amer de consultations gynécologiques avec pour seule réponse à mes douleurs qui allaient jusqu’à me faire louper les cours et tomber dans les pommes « c’est dans votre tête » (et sans proposition de solution de soins à ce niveau là non plus, il ne faut pas rêver).

    J’ai arrêté la pilule pour plein de raisons et je retrouve mon ami le SPM (qui dure 10 bons jours) que j’avais oublié… J’ai testé le CBD sur ce cycle. Ce n’est pas miraculeux. J’ai toujours quelques crampes et bouffées d’angoisses mais c’est largement plus ponctuel et supportable en terme d’intensité. Je n’ai aussi plus les nausées qui étaient présentes en permanence. Par contre, je ne sais pas si c’est lié mais j’ai beaucoup plus envie de grignoter.

    Voilà pour mon retour. Je reste assez convaincue surtout par l’aspect global (impact sur le corps et le psyché), surement parce que c’est un grand raté de la médecine aussi.

  • Patricia
    Posted 16 mai 2021 à 15:02 0Likes

    Je découvre votre blog avec plaisir suite à un article du Monde ce jour et je vais lire d’autres articles pour m’imprégner de votre sensibilité à la cause féministe.
    Je ne peux commenter sur le SPM car je suis sous pilule et non concernée. Mais je voulais réagir à la santé des corps féminins qui intéresse peu la médecine. Je savais que les crash tests étaient conduits avec des mannequins aux corps masculins mais je n’avais pas conscience par exemple des violences obstétricales.
    On ne peut néanmoins que regretter que le pourcentage des gynécologues obstétriques femme soit de 44% seulement (syngof 2014). Dans un domaine qui ne concerne que la sphère féminine, ce pourcentage devrait être majoritaire et à la hauteur de celui des esthéticiennes (1% d’esthéticiens). Qu’attendent les femmes pour investir ce domaine? Ou celui de la recherche (28% de femmes) pour trouver une solution au SPM? En fait, elles attendent que Bush ou Reagan en trouvent une (cf photo)!

    • Pauline
      Posted 29 mai 2021 à 18:23 0Likes

      Bonjour Patricia,
      Les femmes ne bénéficient toujours pas des mêmes chances que les hommes pour ce qui est du choix du cursus universitaire. Les études de médecine sont hautement scientifiques, or les études sociologiques prouvent que les filles sont découragées plus facilement que les garçons à entreprendre des études scientifiques, ce qui explique aussi pourquoi elles sont peu nombreuses dans le domaine de la recherche. Quant au cursus de gynécologie, il est intéressant de noter qu’il est mal considéré dans le champ de la médecine (et moins bien rémunéré que d’autres). On peut donc imaginer d’une certaine manière que les femmes qui ont les nerfs pour tenir des études de médecine, souvent marquées par un profond sexisme et de nombreux cas de harcèlement, mettent leur énergie à se spécialiser dans un domaine mieux considéré et plus rémunérateur. Ce qui est regrettable, bien sûr, mais un peu d’empathie est nécessaire pour comprendre la complexité de certains mécanismes sociaux. Une empathie qui servirait aussi aux nombreux hommes dans ces divers domaines. Enfin, il faut spécifier que la gynécologie médicale est la discipline spécialisée dans le suivi de la grossesse et de l’accouchement, contrairement à la gynécologie médicale, qui s’intéresse à la santé gynécologique « quotidienne », donc celle qui serait le plus à même de traiter le SPM. Tous les gynécologues ne sont pas obstétricien·nes. Plus d’infos sur tout ça dans cet article.

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