En ce début d’année, j’ai décidé de faire un nouveau tri dans ma bibliothèque, et cela m’a donné envie de vous parler de ce sujet pas nouveau, pas révolutionnaire mais qui provoque toujours quelques anxiétés quand on en parle. Quand j’étais un peu plus jeune, je rêvais de posséder des centaines de livres dans une immense bibliothèque dont les étagères iraient jusqu’au plafond. Je viens d’une famille où les livres tiennent une grande place, aussi je me surprends moi-même à avoir changé de direction quant aux objets que sont les livres.

Pourtant il y a, avant toute considération éthique sur la consommation, une nécessité très pratico-pratique qui m’amène depuis six ans à trier régulièrement mes livres et à me séparer d’un certain nombre d’entre eux. Je vis dans un deux-pièces avec un autre adulte qui a lui aussi des possessions : il n’y a pas de place pour des milliers de livres. Je pensais que ça me ferait tout bizarre, ayant comme beaucoup sacralisé l’objet-livre, mais en fait je trouve que le tri de la bibliothèque est une opération thérapeutique. À chaque fois, ça me fait du bien et j’y trouve plus que mon compte.

Laissez-moi donc vous raconter comment je m’y prends, et ce que ce tri m’apporte.

Pourquoi je trie ?

Tout bêtement en premier lieu, donc : pour gagner de la place. Cette année, j’ai réalisé qu’à moins de virer les possessions de mon mec, je n’avais plus trop de place. Un coup d’œil sur ce qui mobilisait tant d’étagères m’a permis de constater que je pouvais aisément me débarrasser des 15 cm que représentent deux pavés de Joël Dicker côte à côte, que j’ai bien aimés sans plus, et que je ne relirai jamais.

Deuxième raison : je change. J’évolue. J’ai un jour acheté un livre de Yann Moix parce qu’il l’avait présenté dans On n’est pas couché, que j’étais tombée dessus par hasard et que par un sortilège occulte, j’ai cru que ça allait me plaire. Ben ça m’a pas plu. J’ai possédé beaucoup de livres d’Anna Gavalda, et j’ai beaucoup aimé les lire, mais ils ne correspondent plus à ce que j’apprécie, la littérature qui me plaît aujourd’hui n’est plus celle-là. Ce n’est pas grave. C’est chouette de changer. Heureusement que je ne suis plus, à 25 ans, la même personne qu’à quinze.

Les livres disent beaucoup de ce que l’on est, je trouve. Mais ce n’est pas parce que les mots restent qu’on doit rester avec eux. Pas de contrat de mariage avec les livres. J’aime l’idée de pouvoir réactualiser qui je suis en enlevant quelques livres datés de mes rayonnages, pour ne regarder que ma substantifique moelle, celle qui ressemble le plus à ce qui je suis, là maintenant tout de suite.1 Les livres nous rattachent aussi aux moments de la vie auxquels on les a lus ou achetés. C’est bien quand c’est positif ou formateur, mais quand ça nous rappelle une vision du monde qui nous faisait du mal, ou des personnalités malfaisantes qui nous ont blessées, c’est vraiment libérateur de pouvoir se débarrasser de ce genre de souvenirs2.

Étape 1 : trier ce qui reste et ce qui part

Quand il a fallu déménager de chez mes parents (espace de stockage de livres quasiment illimité) à mon appartement actuel (tout petit, donc), j’ai déjà réduit de moitié ma collection personnelle, passant d’environ 600 bouquins à environ 300. C’est énorme, quand j’y pense, d’en avoir autant à la base. Je n’ai gardé que des livres que j’avais aimés et que je voulais emporter avec moi dans ma nouvelle vie, et cela a rempli la majorité de mes étagères dans mon nouveau logement.

Maintenant, ça va un peu plus vite et les questions que je me pose sont différentes d’alors. Les voici :

  1. Est-ce que j’ai aimé ce livre ?
  2. Est-ce qu’il m’a apporté quelque chose de suffisant pour justifier la place qu’il prend ?
  3. Si oui, est-ce que j’aurai envie de le relire ? Ou de le prêter ?
  4. Est-ce qu’il est encore pertinent, ainsi qu’en bon état ?

Si la réponse à la première question est “non”, alors zou ça dégage. Pour déterminer si j’ai aimé un livre, j’essaye de me souvenir de ce qu’il s’y passe, et des émotions qui m’ont traversée à la lecture. Si je n’ai aucun souvenir de l’action, c’est mauvais signe. Et si je ne retiens que les émotions négatives ressenties en lisant, c’est pareil. Comme avec La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, par exemple : je l’ai lu d’une traite, mais je ne peux que souffler du nez en fronçant les sourcils en me le remémorant.

J’aime beaucoup prêter mes livres, mais je préfère largement prêter des livres que j’ai aimés et qui m’ont marquée. Il m’arrive en cours d’année de prêter des livres qui m’ont laissée un peu de marbre et de dire à la personne, “Si ça t’a plu, tu peux le garder”. Mais quand je fais le grand tri, tout ce que je ne m’imagine pas prêter peut partir. De même, je sais d’instinct en refermant un livre si j’aurai envie de le relire un jour ou pas. Si je ne vais ni le prêter ni le relire, pourquoi le garder ? Pour pouvoir me gargariser d’avoir une gigantesque bibliothèque pleine de livres à peine touchés ?

Au final, mes critères sont flous et personnels, mais très proches de la méthode de Marie Kondo. Je garde des livres qui me procurent, d’une manière ou d’une autre, des petites étincelles de joie. (Et je suis très honnête avec moi-même sur ce point, puisque c’est quasiment le seul qui compte.)

Il faut dire qu’on grandit, qu’on change, et qu’un livre qu’on a acheté à 17 ans n’a peut-être plus sa place dans notre vie à 27 ans. On a peut-être tendance (en tout cas, j’ai eu cette tendance, moi) à garder des livres pour des mauvaises raisons. Parce que l’auteur est incontournable, que le livre est un classique — même si on l’a à peine lu, ou qu’on a pas trouvé ça transcendant, c’est un peu renier la cûltûre que de se débarrasser de Victor Hugo ou de, au pif, Beigbeder3. Parce qu’on a eu tel ouvrage en cadeau, et qu’on a du mal à se séparer de cadeaux, même si le livre était bof. Ou tout simplement parce qu’on est attiré·e par l’idée d’avoir une bibliothèque foisonnante, impressionnante, quand bien même une grande partie de ce qui l’habite ne nous fait pas vibrer.

La dernière question, relative à la pertinence et à l’état du livre, sera très utile pour décider du sort des livres que je ne garde pas. Et une fois que j’ai sorti de ma bibliothèque tous les livres dont j’ai envie de me séparer, je passe à la suite.

Étape 2 : revendre, donner… jeter ?

C’est l’heure de diviser le gros tas de bouquins qui traîne sur mon tapis en 3 piles plutôt nettes.

La revente

Je ne roule pas sur l’or, donc si je peux gratter une trentaine d’euros par an en revendant des livres, je ne vais pas me gêner. J’ai pour cela deux méthodes : aller directement en bouquinerie (il y en a une à deux pas de chez moi), ou envoyer mes livres chez Momox. Dans les deux cas, je vais être très honnête : je revends les livres qui se vendent bien, pour récupérer un maximum d’argent.

Je passe tous les livres qui jartent au scanner de l’app Momox, et quand le prix me paraît intéressant, ça part dans la pile revente. Je suis régulièrement surprise des livres qui se revendent bien, donc je prends bien soin de tout passer par l’app et de ne pas me fier à mon intuition. Mais d’après mon expérience, les livres dont on peut tirer le meilleur prix sont les livres :

  • récents
  • dans une thématique à la mode (féminisme, végétarisme, livres ayant donné lieu à des adaptations ciné/télé à succès… sont les thématiques qui ont le mieux marché pour moi cette année)
  • en grand format
  • graphiques (BD, comics ou romans graphiques)

Quand le prix de revente est en dessous de 2 €, je ne m’embête pas et passe les livres concernés dans la pile don/poubelle. Cela ne veut pas dire que le livre est mauvais ou n’a aucune valeur, juste qu’il n’y a pas assez de demande (ou trop d’offre), pour justifier un prix plus élevé. C’est le cas de beaucoup de livres de poche à grand succès, comme ceux de Marc Lévy, Maxime Chattam, ou Bernard Werber. Ils sont difficiles à revendre, car ils sont certes assez recherchés mais aussi très revendus. Certains livres sont aussi trop vieux pour être encore recherchés, ou encore dans un sujet trop niche.

Pour info, j’arrive en général à revendre une dizaine de livres pour un bénéfice entre 30 et 40 €. Ce n’est donc pas byzance, mais il ne faut de toute façon pas vous attendre à revendre un livre lambda4 à un prix plus élevé qu’environ 30% de son prix d’achat.

Pourquoi je passe par Momox et pas une autre plateforme ou les brocantes
Parce que c’est la première plateforme que j’ai testée et qu’elle fonctionne bien. Vous pouvez aussi passer par Gibert Joseph, mais je n’ai pas essayé. Je ne fais pas de brocantes parce que ça ne m’intéresse pas. Je pense en revanche que le processus de vente en direct à des bouquineries (en ligne ou physiques) est plus rentable en terme d’énergie et d’argent, que la vente en brocante ou braderie.

Le don

Maintenant que j’ai mis de côté les livres les plus lucratifs (j’adore l’argent, écoutez que voulez-vous), il me reste encore beaucoup de bouquins à faire disparaître. Je commence par faire un tableur Excel qui recense titre, auteur·ice, langue, état du livre, et s’il y a des annotations dessus5. Une fois le tableau concocté, je le fais tourner. Celleux intéressé·es n’ont qu’à me faire signe, je leur mets de côté et comme ça tout le monde est content. Il faut essayer de faire en sorte que cette étape de don aux ami·es ne dure pas plus de deux semaines, sinon on se retrouve comme moi (parce que je n’y arrive pas très bien) avec un sac de livres à donner qui traîne sous un bureau pendant deux ans.

Ensuite, je peux donner ce qui n’a pas intéressé mes proches à des structures qui feront bon usage de ces livres :

  • Associations qui revendent : Emmaüs, Oxfam, Ressourceries, Recyclivre…
  • Associations qui se servent directement des livres : La Ligue de l’Enseignement (Pour Lire et Faire Lire), Bibliothèque Sans Frontière…
  • Médiathèques municipales : attention à vérifier au préalable que votre bibliothèque prend bien les dons, car ce n’est pas le cas de toutes

D’autres options de don : les boîtes à livres en libre-service dans la rue, les CDI des collèges et lycées quand le contenu est approprié…

Pour ma part, j’ai donné à Oxfam, et cette année je vais me diriger vers ma bibliothèque, car j’ai découvert qu’elle acceptait les dons. Comme je profite du fonds de ma bibliothèque, je trouve chouette de pouvoir y participer aussi. De plus, il est indiqué sur le site que la bibliothèque se réserve le droit de dispatcher les livres qu’elle ne gardera pas, en les donnant à des assos, à des prisons, ou en les recyclant si nécessaire. Je pense que c’est la meilleure option dans mon cas !

Jeter un livre ?

Il m’arrive, très rarement, de jeter des livres. Je pensais au départ aborder ce sujet en profondeur dans ce même article, mais quand j’ai vu les réactions que cela a suscité suite à ma story sur Instagram, j’ai réalisé que mon propos allait être trop brouillon. J’ai donc décidé d’écrire un autre article pour parler du livre, de son côté sacré, et du tabou que c’est de jeter un livre. J’avais prévu de le publier en même temps que cet article, mais je n’arrive pas à le terminer, donc il verra le jour quand il sera prêt !

En attendant, je vous la fais courte : je jette les livres qui sont trop abîmés pour être corrects, ceux qui n’ont pas une grande valeur dans le circuit du livre, et ceux qui m’ont tellement déplu que je ne veux pas continuer à les faire circuler. Si ces trois critères vous interrogent, je vous invite à lire l’article lié plus haut 😉

Quant à la meilleure manière de jeter vos livres, il faudra vous renseigner auprès de votre collectivité locale. En effet, le livre étant composé d’une couverture souvent plastifiée et de pages de papier, son tri (et son recyclage) dépend de l’équipement du centre de gestion des déchets qui ramasse votre ordures. Chez moi, pas de contre-indication particulière : je peux mettre mes livres dans la poubelle recyclable.

On m’a également signalé l’existence de bennes à papier dans certaines écoles, collèges, etc., qui permettent de recycler les vieux livres correctement, tout en apportant un peu d’argent aux écoles. À surveiller près de chez vous !

Consommer les livres

On parle beaucoup de minimalisme, de décroissance, de mieux consommer. C’est très étrange que ce discours n’arrive pas à pénétrer l’économie du livre. Acheter des livres, c’est moins pire qu’acheter 17 ordinateurs ou 4 voyages en avion, et je ne suis pas là pour tenter un discours écologique sur l’impact de la production des livres sur la planète : ces arguments-là ne m’intéressent pas trop.

Simplement je m’interroge : est-on vraiment obligé·e d’acheter tous les livres ? Si on applique une logique de réflexion à nos achats les plus divers (“ai-je vraiment envie de ce truc ?”), pourquoi ne pas l’appliquer aussi à nos achats de livres ? Il est vrai que mon avis émane, lui aussi, d’une nécessité. Je ne suis pas dans une position qui me permet d’acheter tous les livres que je désire. Je dois faire des choix, car dans mon budget mensuel il n’y a pas de place pour tous les livres que j’aimerais lire.

Alors je me suis réinscrite à la bibliothèque, et j’y trouve quasiment tout ce que je veux. Quand ce n’est pas le cas, je suggère des achats et j’enrichis ainsi le fonds de la bibliothèque. J’emprunte beaucoup à mon entourage ; je fais même des prêts longue distance et longue durée avec une amie qui habite en Normandie, où l’on s’envoie pour la deuxième année consécutive un carton de nos lectures préférées.

Évidemment, si vous aimez posséder beaucoup de livres, que vous en avez les moyens et la place, tant mieux ! Et ce que je suis en train de raconter n’a probablement aucun intérêt pour vous. Mais je me dis qu’on peut, peut-être, revoir notre rapport au livre, qui a pour l’instant une place pour le moins ambiguë. C’est en effet un objet de consommation, qu’on achète sur un coup de tête, qu’on lit en quelques jours et qu’on repose pour souvent, ne plus trop y toucher. Et pourtant, c’est aussi un objet sacré, qu’on n’a pas le droit ni d’abîmer ni de jeter, peu importe son contenu et le contexte dans lequel il s’inscrit. Est-ce que c’est bien logique, tout ça ? Je ne sais pas trop. J’essayerai de développer cette pensée dans l’article connexe dont je parlais.

Sur ce, j’espère que ce billet vous présentant ma méthode pour trier ma bibliothèque vous aura plu et donné quelques pistes, si vous souhaitez, vous aussi, procéder à un petit désherbage de votre collection personnelle. Si vous avez d’autres conseils à transmettre, laissez un petit commentaire pour en faire profiter tout le monde !

Avez-vous déjà trié votre bibliothèque ? Quel rapport avez-vous à l’objet-livre ?


Notes

  1. En ce moment, je suis quelqu’un qui aime les classiques reliés d’autrices anglaises, les livres de Martin Winckler que je collectionne, les livres cosmopolites des éditions Zulma, mais aussi toujours Harry Potter, Roald Dahl et la fantasy.
  2. C’est ainsi que j’ai viré un bouquin qui me rappelait l’époque où je me sentais vraiment très seule au monde et où je me réfugiais sur les forums Internet, où j’ai fait de mauvaises rencontres. Il ne s’était rien passé en lien avec ce livre, sinon que je l’ai lu pile à ce moment-là. Bye.
  3. J’ai eu pendant 5 ans un roman de Beigbeder dans ma bibliothèque, dont je ne voulais pas me séparer parce que quand même, ça fait bien d’avoir lu Beigbeder. Aujourd’hui, je me demande d’où me venait cette notion.
  4. C’est-à-dire dans une édition standard. Évidemment, les éditions limitées ou spéciales, c’est une autre histoire.
  5. S’il y en a, que ce soit mon nom sur la page de garde, une note de la personne qui me l’a offert ou du surligneur, je ne peux pas le donner à ma bibliothèque.
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25 Comments

  • Giny
    Posted 25 février 2020 à 16:55 0Likes

    Bravo Pauline. Cet article est super. Grande lectrice moi-même je pratique exactement la même méthode que toi. Dernier tri en novembre dernier : 200 livres en moins dont 80 chez Momox et 40 donnés aux amis.
    A la place du tableau excel je prends en photo et je poste sur FB. Premier arrivé, premier servi !

    • Pauline
      Posted 27 février 2020 à 08:13 0Likes

      Wahouh sacré tri ! Les photos c’est fort pratique aussi, j’avoue que le tableau Excel c’est une fantaisie de nerd de ma part :D
      Je suis ravie que cet article t’ait plu, merci pour ton petit mot !

  • Irène (La Nébuleuse)
    Posted 25 février 2020 à 17:02 0Likes

    Merci beaucoup pour cet article, ça me parle !
    Ces dernières années j’ai vécu moi aussi dans de petits espaces, et la chambre que j’ai encore chez mes parents ne dispose pas non plus de beaucoup d’espace de stockage. Donc j’ai fait plusieurs tris, et finalement j’ai aussi trouvé que c’était une bonne chose. J’ai laissé les grands classiques dans la bibliothèque familiale, je me suis parfois délestée de livres qui étaient des cadeaux mal choisis (le dilemme concerne les livres dédicacés gentiment MAIS qu’on a trouvés bof… j’en garde certains.).
    Et depuis l’an dernier je vis dans un meublé qui n’a vraiment mais alors vraiment pas été pensé pour des personnes qui lisent. Une malheureuse étagère assez étroite… Donc je hiérarchise, même si mes stories instagram peuvent laisser penser que la pile augmente irrémédiablement :D ! En réalité c’est surtout que je suis arrivée avec très peu de livres dans cet appart donc là je remplis un peu. Mais je suis déjà en train de réfléchir à ceux que je vais prêter ou offrir.

    En ce qui concerne le fait d’acheter ou non, je suis heureuse de pouvoir acheter neufs des livres qui me tiennent vraiment à cœur et qui sont le fruit du travail de petites éditions. J’ai le sentiment de soutenir comme ça à la fois l’autrice ou l’auteur, les éditions, et la librairie où je commande. Notamment pour les essais politiques, les œuvres féministes. Mais pour les autres ouvrages, notamment les BD qui coûtent quand-même très chères, je suis contente de pouvoir passer à la bibliothèque municipale, surtout quand c’est une série de 10 tomes ! Et j’adore aussi les bouquins d’occasion.

    En tout cas je suis bien d’accord sur la nécessité de désacraliser un peu le livre. J’ai aussi un peu, encore, parfois, ce fantasme d’immense bibliothèque, mais je ne vois plus vraiment ça comme quelque chose d’essentiel. Je préfère que tous les ouvrages que j’ai aient du sens pour moi

    • Pauline
      Posted 27 février 2020 à 08:16 0Likes

      Merci pour ton commentaire Irène !
      Je suis tout à fait d’accord avec l’idée de l’achat de livre comme soutien, être le maillon d’une chaîne vertueuse. C’est pour ça que j’avais trouvé l’initiative des Éditions du Commun aussi intéressante d’ailleurs. J’ai beaucoup de plaisir à posséder des ouvrages théoriques, engagés et militants d’ailleurs (et ils sont parfois plus difficiles à trouver en médiathèque), je trouve que ça a du sens de pouvoir les compulser à son rythme et y revenir quand on le souhaite.
      Je nourris aussi ce rêve d’une grande bibliothèque, mais plutôt que de l’imaginer quasiment déjà fournie à 35 ans comme c’était le cas avant, j’ai envie de me dire que ce sera l’accomplissement d’une vie entière de lectrice, et qu’il n’y aura dedans que des ouvrages qui ont marqué cette vie dans le bon sens. (et pour ça, je mets dans mes wishlists de Noël et d’anniversaire une majorité de livres que j’ai déjà lus sans les posséder, et que j’aimerais bien avoir pour la postérité)

  • Amélie
    Posted 25 février 2020 à 18:35 0Likes

    Merci Pauline pour ce bel article !
    J’ai beaucoup vécu sans bibliothèque car à l’étranger avec deux sacs à dos mais depuis que je suis plus sédentaire, c’est vrai que j’ai tendance à remplir mes étagères…
    Au dernier grand tri, j’avais utilisé inventaire.io qui m’a permis de prêter à des inconnu·e·s, c’était chouette ! J’avais aussi tout un temps pas mal pratiqué le bookcrossing où je laissais des livres dans les lieux publics, et j’aimais bien le petit côté aventure & sérendipité.
    Complètement d’accord avec l’idée de désacraliser l’objet-livre, je passe déjà mon temps à corner les pages pour pouvoir revenir aux passages importants pour moi à la fin d’une lecture… Je sais que ça en fait hurler plus d’un·e, mais pour moi, le livre est vivant et on vit avec lui.
    Et enfin, il m’arrive de récupérer des livres qui s’apprêtaient à être jetés pour les utiliser en ateliers d’écriture : on en fait des caviardages, où on barre tout ce qui ne nous intéresse pas pour ne conserver que quelques mots qui, lus de gauche à droite et de haut en bas, donnent une nouvelle phrase / un nouveau message. J’adore tenter de trouver des messages politiques dans des vieux Harlequin, par exemple ;) C’est aussi une façon pour moi de désacraliser l’objet !

    • Pauline
      Posted 27 février 2020 à 08:17 0Likes

      Merci à toi Amélie pour ton petit mot !
      Je n’ai jamais testé le caviardage mais je trouve ça très plaisant esthétiquement quand j’en vois des photos, et je pense que je ferai ça sur un des livres qui ne survivra pas à mon tri. Ça doit être très agréable et en effet, une belle manière de retrouver l’objet et de se le réapproprier !

  • Laëtitia
    Posted 25 février 2020 à 19:11 0Likes

    Merci pour cet article ! Je l’attendais avec hâte depuis que tu avais parlé de ton tri sur Instagram, et maintenant j’ai hâte de lire son complément !

    Chaque tri dans ma bibliothèque est une souffrance pour moi : je fais des études de lettres et me destine à l’enseignement, alors je n’ose me débarasser d’aucun manuel ou “classique” car je me dis que j’en aurai besoin un jour… Et puis j’ai un côté bibliophile, j’aime les beaux livres, les belles collections ; heureusement je n’ai pas l’argent nécessaire pour acheter tout ce qui me fait envie !
    Par contre, comme toi je remet en question depuis quelques années la valeur sacrée accordée au livre; il m’a fallut beaucoup de temps avant de réussir à écrire dans un poche à 2€ édité à des millions d’exemplaires… j’ai vraiment hâte de lire ton prochain article à ce sujet, et encore merci pour ces pistes (j’ai prévu de ranger/trier ma bibliothèque prochainement, j’y repenserai !)

  • Chutmamanlit
    Posted 25 février 2020 à 20:32 0Likes

    J’ai adoré cet article et je te rejoins en tout point ! J’ai longtemps sacralisé le livre avant de me rendre compte que c’est un vecteur de consommation comme un autre, qui mérite d’être raisonné lui aussi !

    Par contre, ton article me fait réfléchir sur la gestion d’une bibliothèque enfantine. Là, c’est une autre histoire ! Il y a les livres que j’aime (pour leurs qualités graphiques, les valeurs qu’ils transmettent, etc) et ceux que mes enfants aiment… Et on est pas toujours d’accord . Eux aussi changent mais aiment relire leurs livres de quand ils étaient encore petits… bref ça mériterait aussi un article mais je ne suis pas sûre d’avoir les idées encore assez claires sur le sujet !

    • Pauline
      Posted 27 février 2020 à 08:19 0Likes

      Ah ça oui, je n’ai pas du tout pensé aux livres des enfants ! Il me semble que le rapport au temps et à ce qui nous construit est totalement différent pendant la période de l’enfance. Je me souviens de quelques livres lus et relus quand j’étais toute petite, ainsi que des séries qui ont accompagné mon enfance et ma pré-adolescence, et je suis bien contente que personne n’ait procédé à un tri drastique à cette période-là :D

  • Auriane
    Posted 26 février 2020 à 07:53 0Likes

    Merci pour ce super article ! Qui me rappelle qu’il va falloir que je fasse un petit tri quand j’aurais ma prochaine bibliothèque pour que tout rentre et qu’il ne reste plus que les pépites…

    J’ai la chance d’habiter à Lyon dans un quartier où les boîtes à livre sont très nombreuses, donc touuus les livres que je dois lire à l’avenir viennent d’ici (je ne suis pas très regardante sur l’état et j’aime beaucoup les vieux bouquins poussiéreux/jaunes/probablement pas super sanitaire mais bon), ou de bouquinistes. Au début, je prenais tout (“fomo” du livre? probablement) d’autant que c’était gratuit, maintenant, c’est tri arbitraire : “est-ce que je suis prête à arrêter ma lecture en cours pour commencer celui ci ?” / “Est-ce que je voulais le lire avant ?” / “Est-ce que c’est une femme qui l’a écrit ?” (Oui, c’est un de mes critères, bon, j’en ai marre de lire des hommes). Et ça filtre assez bien mes découvertes lectures aléatoires.

    Sinon, effectivement la bibliothèque et les suggestions d’achat, c’est le meilleur truc du monde. La plupart des gens ne savent même pas que l’on peut faire des suggestions! Mais ça a tellement plus de sens que de dépenser 8€ à 25€ (!! ou plus) pour quelques heures et une vie sur une étagère…

    Douce journée à toi, prends soin de toi :)

  • Nathalie
    Posted 26 février 2020 à 09:36 0Likes

    Bonjour !

    C’est la première fois que je commente ton blog, bien que je l’ai linké dans un article du mien ;) Alors, euh… bonjour, enchantée, j’adore ce que tu fais, mais vraiment :)

    Ton billet est très intéressant ! Je ne suis pas vraiment d’accord avec ce que tu y dis, j’ai l’impression que ça vient d’un rapport différent à la lecture, en tout cas je pense (j’ai dix ans de plus que toi et pas les mêmes moyens alors ça a forcément une incidence. Ceci dit, quand j’étais plus jeune et tout à fait désargentée, je ne crois pas que j’aurais été d’accord avec toi ;))

    (parenthèse sans aucun rapport : j’ai lu dans un article que faire ce smiley : :-) était plus poli que de faire celui-là : :) … Mais moi je préfère celui-là ! :S)

    Breeeef. C’est surtout l’achat de livre comme acte de consommation qui me fait tilter. Acheter, c’est consommer, par définition, mais lire, non. C’est peut-être parce que je choisis les livres que j’achète avec beaucoup de soin que ça me dérange de mettre ça dans le même panier que mes achats de fringue, par exemple.
    Ça mérite réflexion ! Je pense que je vais écrire un billet blog sur la question ;)

    • Pauline
      Posted 27 février 2020 à 08:22 0Likes

      Je pense en effet que c’est parce que tes achats sont réfléchis que nos opinions divergent sur l’aspect “consommation” du livre. Moi je pensais aux personnes qui achètent des livres compulsivement, à tel point qu’elles ont une pile à lire de plus de 250 livres chez elles (j’ai déjà vu ça sur Instagram), et là je ne peux m’empêcher de me demander si ça a vraiment du sens. Quand je pense que moi, bonne lectrice, je peux lire jusqu’à 70 livres par an, ça demanderait un temps fou d’arriver au bout de cette pile à lire, sans compter qu’elle ne cesse encore d’augmenter. Parmi ces livres il y en aura forcément des pas top, des qu’on ne se souviendra même pas avoir acheté ou pourquoi on les a achetés… bref, pour avoir moi aussi récemment acheté un livre sur un coup de tête parce que j’avais envie de me faire un cadeau pas cher et que la couverture était belle (et l’avoir regretté car le livre était nul), je pense qu’il y a des actes d’achats de livres qui ne sont pas réfléchis, comme des actes d’achats de fringues compulsifs. :)

      • Nathalie
        Posted 27 février 2020 à 08:33 0Likes

        Tu mets le doigt sur un truc, en effet : je suis prof de français, j’ai toujours aimé passionnément lire… Mais cette année, j’ai lu… vingt-six romans et trois BD. C’est vrai que quand je vois passer les piles à lire dont tu parles, j’ai l’impression d’un genre de surenchère.
        Et je reconnais que j’ai un côté très “élitiste” dans mes choix de lecture, je n’achète rien vraiment au hasard. Ça peut être un auteur ou une auteure que je n’ai jamais lu(e), mais je ne prends le “risque” de la découverte que lorsqu’il s’agit d’ouvrage de fantasy/fantastique, SF à la rigueur.
        Après oui, il y a des livres dont je compte me débarrasser, et ce sont tous des “classiques” lus à la fac : les poètes du 16e siècle (beurk) et les représentants du “Nouveau Roman” (beeeeeurk) par exemple.
        En revanche, la question “vais-je le relire” ne sera jamais un critère : j’adore être entourée par tous ces univers dans lesquels j’ai vécu quelques heures ou plus, ils encouragement mon imagination et me permettent de m’évader rien qu’à les contempler :)

        (pffiou, j’ai écrit un pavé, désolée, je ne voulais pas faire de tes commentaires une tribune.)

  • Isa
    Posted 26 février 2020 à 18:23 0Likes

    Merci beaucoup pour cet article ! Et j’attends avec impatience le prochain.
    De mon côté, cela fait grosso modo 10 ans que je me débarrasse instinctivement de mes livres, d’abord poussée, comme toi, par une logique d’économie d’espace (et bon, aussi, ça fait du bien de récupérer quelques sous en les revendant à Gibert) et ensuite par une logique plutôt de remise en perspective de ma consommation… :) Et je ne regrette pas ! Je crois n’avoir pas regretté un seul des livres dont je me suis débarrassée !!

  • B.
    Posted 26 février 2020 à 18:31 0Likes

    MERCI de rappeler l’ existence et l’ intérêt des bibliothèques !

    Quand j’ en parle autour de moi les gens ont l’ air de tomber des nues que des gens y aillent toujours (et avec plaisir), entre ceux qui pensent que c’ est un truc de pauvre, ceux qui trouvent que c’est un truc de crasseux et ceux qui disent qu’ on n’y trouve que des vieilleries *facepalm*

  • Lucie
    Posted 27 février 2020 à 10:45 0Likes

    Si cet article n’est pas ce à quoi je m’attendais (des conseils ou une méthode pour organiser ses livres dans sa bibli), je suis ravie de ma lecture, donc merci !
    J’ai un peu la même pratique : j’a d o r e lire, j’aime posséder tout un tas de livres, mais en même temps je suis pauvre, et je n’ai pas toujours énormément de place, donc je n’hésite pas à faire le tri !
    Je n’ai jamais testé Momox, toujours utilisé Gibert, mais j’essaierai la prochaine fois :).
    Je trouve ça toujours très libérateur de me débarrasser des livres qui ne font plus rien du tout, mais j’ai un obstacle supplémentaire : je me dis toujours “mais ça se trouve, quand ma nièce/telle petite personne que je connais sera plus grande, elle aura envie de lire ce livre que j’adorais quand j’avais 12 ans !” Je rêve d’être une bibliothèque géniale et fournie pour mes proches, du coup j’hésite toujours deux fois avant de virer les livres qui m’ont plu mais que je ne relirai jamais plus (:

  • Léa
    Posted 27 février 2020 à 13:57 0Likes

    Très bon article dont je ressors avec l’envie de faire le tri dans ma bibliothèque ! Comme toi quand je vivais chez mes parents j’avais un nombre incalculable de livres, en très grande majorité des classiques (dont beaucoup que je n’avais pas lus). À l’époque ça se justifiait parce que je faisais des études de lettres, puis que j’ai voulu être prof de français, mais maintenant que je travaille dans tout à fait autre chose, que mon chez moi est petit, et ma bibliothèque (fabriquée par mon chéri) pas extensible, je suis obligée de faire du tri régulièrement. J’ai encore pas mal de classiques dont j’ai du mal à me débarrasser, mais tu as bien raison, il faut arrêter de sacraliser les livres et “la culture”!

  • ioulia
    Posted 28 février 2020 à 15:20 0Likes

    Ha, ce que j’ai envie de lire le futur article sur le tabou de jeter les livres ! Je n’y avais jamais réfléchi et c’est vrai que ça passe pour sacrilège, alors que beaucoup de gens n’hésitent pas à jeter du papier qui pourrait servir en brouillon. Peut-être parce que la lecture d’un livre n’impacte pas réellement son contenu… (à moins d’être as du surligneur), et que la “consommation” est invisible, le livre étant en quelque sorte absorbable à l’infini…
    J’ai viré quelques uns de mes livres récemment mais honnêtement, j’ai dû m’acheter deux livres par moi-même dans ma (courte) vie entière. Ceux que j’ai sont des cadeaux, souvent des romans que j’avais très envie de lire et étais quasi sûre d’aimer, mais sinon je prends tout à la bibliothèque. J’adore les bibliothèques, le système est fantastique, je trouve presque tout ce qui m’intéresse et ne vois pas pourquoi je dépenserais de l’argent (beaucoup… vu que je lis plus de 70 livres par an) et prendrais beaucoup de place pour des objets que je ne suis pas sûre d’aimer. Et je peux toujours réemprunter… même les livres pour les cours de français (terminés aujourd’hui car je suis en terminale) ! Le fait même d’imaginer que le livre est lu par d’autres, qu’il vit sa vie de livre en quelque sorte, me plait :)
    Enfin, j’aime bien ton style d’écriture. Comme toujours.

  • Maartje
    Posted 29 février 2020 à 16:51 0Likes

    Merci pour cet article.
    J’ai fait le même cheminement que toi. Dans ma famille aussi, le livre est “sacré” (un père journaliste, une mère professeure de français), je suis moi-même bibliothécaire.
    Être bibliothécaire, c’est cependant se détacher de l’objet livre, puisque une étape très important du circuit du livre en médiathèque, c’est le désherbage, opération qui consiste à retirer des collections les livres obsolètes / abîmés (en fait, on fonctionne assez comme tu le décris dans ta phase tri). C’est une opération que j’aime beaucoup, car une fois sortis les livres qui n’ont plus leur place en rayon, ceux qui restent sont mieux mis en valeur – et c’est bien sûr aussi comme ça qu’on fait de la place pour les petits nouveaux.
    Beaucoup de gens sont choqués que nous jetions des livres, pas plus tard que la semaine dernière, un lecteur a comparé ça à un autodafé (méouibiensûr). Beaucoup s’ offusquent que je n’accepte pas leurs dons de vieux livres récupérés en vidant la maison de mémé (les mêmes qui m’ont présenté leur poche de livres en me disant qu’ils ne savaient pas quoi en faire donc qu’ils avaient pensé à la médiathèque. Merci, c’est gentil, mais nous ne sommes pas une poubelle… )
    Voilà pour le volet médiathèque.
    Bizarrement, c’est plutôt le désherbage de ma bibliothèque personnelle qui m’a pris le plus de temps. Mais déménager cet automne m’a permis de faire un bon premier tri, et j’en referai un en ouvrant les cartons en emménageant dans 2 mois… Finalement, ce que j’ai le plus de plaisir à garder, tout simplement parce que je pense les relire plus facilement, ce sont les bandes dessinées. J’ai aussi gardé certains livres d’enfants, car ils ont accompagné mes premiers pas de lectrices et sont chargés d’affect. J’ai bien sûr gardé beaucoup de romans et d’essais, on ne s’improvise pas Marié Kondo en une seule fois, mais en tout cas j’étais contente de ce premier vrai tri. Me séparer de certains livres (des cadeaux parfois subis pour certains) a également été une source de libération.
    Pour finir, concernant l’achat de livres, je suis très tiraillée. D’une part, je limite au maximum l’achat de livres que je ne lirai qu’une fois. La médiathèque est effectivement le lieu vers lequel je me tourne le plus pour me procurer mes lectures (je tiens à préciser ici, vu mon métier, que je n’achète pas spécifiquement pour la médiathèque des livres qui me feraient plaisir à moi , je pense bien sûr à tou.tes mes lecteurices). En même temps, la situation des libraires indépendantes est précaire, j’habite un petit village où nous avons une super librairie, et acheter des livres auprès d’elle est pour moi un acte politique.
    Voili voilou, c’est un peu brouillon comme d’hab, j’aimerais écrire aussi bien que toi Pauline, aussi je te remercie de synthétiser aussi bien le fruit de tes réflexions qui font vraiment écho aux miennes.
    (c’est magnifique, il y a 3 fois le mot aussi dans la même phrase, AUSSI je les laisse, peut-être que ça passera pour une figure de style…)

  • Christelle
    Posted 1 mars 2020 à 19:23 0Likes

    Tout a été dit :) .
    Pour les livres que je n’ai pas aimé ou détesté, je m’en sers pour m’interroger sur mon rapport au thème qui m’a déplu. J’aime réfléchir sur ce que je n’ai pas aimé. Si j’ai une réaction exagérée, irrationnelle, émotionnelle, je le garde pour le relire plus tard. En général, ça m’aide beaucoup.
    Des bises ,

  • Wonderful Japan
    Posted 4 mars 2020 à 18:47 0Likes

    Quand j’étais jeune, je rêvais moi aussi d’avoir ma propre bibliothèque dont les rayons atteignent le plafond, et je passais tous mes temps libres au CDI… Jusqu’à ce que le temps vienne à me manquer. J’ai pour ma part fait du tri dans mes livres l’automne dernier, mais non pas dans le but de gagner de la place, mais simplement parce que comme tu le dis, on change et évolue au fil du temps, et mes lectures ne sont plus les mêmes. La question “que faire” se pose surtout lorsqu’on retombe sur un livre qu’on avait bien aimé, mais si on ne compte pas le relire, à quoi bon le garder. Pour le don des bons livres, j’avais pensé aux minis bibliothèques en libre-service dans les parcs ou dans les rues, plus pratiques pour les échanges que les bibliothèques/médiathèques traditionnelles.

  • Lucie
    Posted 5 mars 2020 à 10:19 0Likes

    Merci pour cet article et hâte de lire le 2e volet !
    Ayant beaucoup (beaucoup beaucoup) déménagé ces dernières années, j’ai aussi pas mal désacralisé mon rapport aux livres. C’est vraiment lourd à porter dans un déménagement ! Je donne pas mal, je revends peu (par flemme et aussi parce que les livres dont je me suis débarrassée dernièrement étaient vraiment des livres de niche), j’emprunte et je me procure des bouquins en recyclerie que je vais refaire circuler tout de suite après.
    En revanche je n’aime pas trop l’idée de jeter parce que j’ai un biais de “ça peut servir” et si ça ne me sert pas à moi ça peut servir à quelqu’un d’autre. Parce que des tas de gens sont créatifs et qu’ils se procurent des trucs improbables pour faire des choses étonnantes. Effectivement un bouquin que j’ai vraiment vraiment détesté je préférerais le voir désossé dans une œuvre d’art que de le voir circuler.

    Par contre je continue d’acheter des livres neufs parce que j’ai envie que des livres continuent à être publiés du coup je soutiens l’économie en quelque sorte. En général les livres que j’achète neufs ce sont des bouquins d’éditeurs indépendants (notamment les bouquins anarchistes) ou des bouquins de recherche universitaire. Je préfère les avoir à moi qu’emprunter parce que ça m’offre la possibilité de travailler dessus (donc de les annoter, etc.).

  • Laurelas
    Posted 11 mars 2020 à 15:10 0Likes

    Hé il est super ton article ! (mais c’est pas une surprise au fond :))
    Il amorce plein de questions pertinentes et intéressantes… je pense que j’ai longtemps été quelqu’un qui rêvait d’une immense bibliothèque chez moi, des livres partout, partout, et au fond, une part de moi est encore comme ça.

    Et puis la réalité de la vie (vivre en ville et pas dans une grande maison de campagne par exemple) couplée à mes réflexions liées à la consommation (globalement) me font un peu revoir ma copie. (après j’ai une part de ma personnalité qui aime “accumuler”, “posséder”, “avoir” des trucs, matériels ou immatériels, “tout avoir” est un de mes travers, parfois, et je travaille dessus…)

    Aujourd’hui je regarde une petite étagère qui est remplie à 80% de livres non-lus que j’ai acheté parfois y’a super longtemps, qu’on m’a offert ou qui datent même de mes années d’étudiante (et je ne les ai pas lus en entier voire pas du tout alors qu’il le fallait pour les cours, en revanche je me dis qu’ils sont sûrement intéressants à lire un jour, hem..) et si je sais que j’en lirai probablement la majorité un jour, j’ai cessé d’acheter compulsivement comme à cette époque parce que bon, les envies fluctuent.

    Au gré de mes déménagements j’ai aussi pas mal trié et ça fait toujours du bien, même si je pense que certains livres restent avec moi, même si je ne les relirai pas de sitôt, parce que je les aime, parce qu’ils me rappellent une jolie période de vie, etc..

    Bref, tellement de choses à dire sur les livres ! Ah et depuis que je vais à la bibli je lis plein de BD (moins de livres) et dès que quelque chose me plaît vraiment, vraiment, je le mets sur une liste “à acheter un jour” pour (un jour) agrandir ma collection de livres préférés.. un jour :)

  • Cécile
    Posted 4 avril 2020 à 21:52 0Likes

    Merci pour ce nouveau super article. Ça me donne envie de faire du tri moi aussi, avec toutes les idées de vente et de don auxquelles je n’avais pas pensé !

  • Louise
    Posted 19 avril 2020 à 13:56 0Likes

    nous vivons à 6, et nous aimons tous les 6 les livres (les chats ne font pas des chiens …) … c’est nos doudous !
    une astuce qui m’a aidée à ne plus systématiquement acheter des livres: avant, je gardais un livre, pour me souvenir de lui, me souvenir que je l’avais lu, que je l’avais aimé beaucoup, un peu ou pas … Maintenant: je note dans un carnet mes lectures (1 petit carnet par année). C’est mon aide-mémoire et de temps en temps je relis les titres notés (et je me souviens avec plaisir de ces lectures que j’ai aimées beaucoup, un peu ou pas).

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