Enfin, novembre est terminé, il laisse place à décembre et à sa ribambelle de guirlandes lumineuses, de petits cadeaux à dénicher, à offrir et à recevoir, de oliebollen et de marzipanstollen. Avant de lancer une série d’articles (? ou un seul article, qui sait haha) de Noël, je tiens à revenir sur le mois de novembre qui, comme chaque année pour moi depuis un moment déjà, a été synonyme de NaNoWriMo, de challenge, d’écriture plus ou moins effrénée. C’était une année intéressante, c’est le moins qu’on puisse dire !

Je vous parlerai tout d’abord des chiffres et de mon organisation lors de cette 7ᵉ participation au challenge, puis je reviendrai sur ce que j’ai réussi, plutôt raté, et enfin sur les belles surprises de cette édition.

Parlons peu, parlons chiffres

J’ai terminé le NaNoWriMo samedi 30 novembre au matin, avec un grand total de 50 138 mots et un point final posé à ma deuxième histoire. C’est, en soi, une réussite : j’ai réussi plusieurs fois à dépasser les 50 000 mots écrits, mais c’est la première fois que je termine la rédaction de mon projet en même temps que le NaNo. En effet, pour Limoges pour mourir j’avais poursuivi sur ma lancée en écrivant pendant la première semaine de décembre pour finir mon premier jet.

Ma courbe d’écriture quotidienne est vraiment représentative de mon état d’esprit pendant le mois. Les années précédentes j’avais péché par excès de zèle, à écrire 1667 voire plus tous les jours, et j’avais l’habitude d’atteindre les 50 000 mots environ 10 jours avant la fin du mois. Ça n’a pas du tout été le cas ce mois-ci.

Heureusement que j’avais pris un peu d’avance au début et que j’ai écrit 5 000 mots le 15 novembre, sinon je ne sais pas trop comment j’aurais fait pour parvenir au total de 50 000.

Parce que niveau organisation… Je n’ai pas été au top, et c’est ici un doux euphémisme. Au début, j’écrivais pendant des créneaux horaires définis, en compagnie de ma partenaire d’écriture Anaïs, et j’ai participé à plusieurs write-ins. Et puis Anaïs n’a pas continué le NaNoWriMo à cause d’un événement douloureux, et j’ai arrêté d’aller aux rencontres, qui commençaient à peser sur mon budget. Et aussi mon roman m’a gonflée, donc j’ai été moins assidue. Ensuite, une fois mon premier conte entamé avec beaucoup de joie et terminé, j’en ai entamé un deuxième mais j’étais déjà en train de brûler la chandelle des deux côtés. J’étais épuisée, mon rythme était décalé, et je n’avais plus de motivation extérieure à part l’obstination… donc c’était beaucoup plus galère, parce que je ne suis pas quelqu’un de très obstinée dans la vie.

Ce que j’ai loupé et ce dont je suis fière

Le roman

Clairement, j’ai loupé l’écriture d’un roman. J’avais pourtant une idée, qui était au fond de mon esprit depuis un moment, et je l’avais travaillée. Je pensais qu’il suffisait d’avoir préparé un roman de A à Z pour parvenir à l’écrire, mais j’avais oublié un ingrédient-clé : l’envie (enfonçage de portes ouvertes, bonjour). Le 31 octobre j’étais pleine de doute vis-à-vis de cette idée, et pendant 15 jours j’ai essayé de me persuader que mes doutes n’avaient à voir qu’avec mon syndrome de l’impostrice. J’ai foncé tête baissée, et j’ai écrit comme si j’avais juste un boulot à rendre, celui de finir mon roman.

Bon, ça n’a pas marché longtemps. Je me suis obstinée pour rien, car après avoir passé 20 000 mots à me dire “allez, ça va bientôt devenir intéressant”, j’ai réalisé que je n’avais plus envie de connaître la suite de ce roman (et j’ai même douté d’avoir eu cette envie au départ).

Si cet état d’esprit d’entêtement aveugle à l’envie permet d’écrire, ça ne permet de raconter des histoires.

Là où je suis très fière, c’est que j’ai réussi à ne pas forcer plus que nécessaire : dès que j’ai pris conscience que je n’écrivais pas avec beaucoup de plaisir, j’ai cessé. J’ai fait une pause, je ne savais pas si j’allais continuer, ce n’était pas grave. J’ai eu une brève hésitation, qui était liée au fait que j’avais envoyé à mes Tipeur·euses le synopsis de ce roman en contrepartie de leur Tip, et que ça me semblait peut-être décevant pour iels de ne pas continuer cette histoire. Mais rapidement j’ai pensé que le NaNoWriMo, mon blog et par conséquent, mon travail soutenu via Tipeee, sont des expérimentations : je ne m’engage jamais sur les résultats. C’est libérateur.

Ce n’est qu’en lâchant prise comme ça que j’ai pu facilement rebondir, je crois. En me laissant le loisir d’échouer, en ne me fouettant pas aux orties de ne pas mener cet projet précis à bout, j’ai pu me ressourcer, trouver de nouvelles idées et les saisir au passage, sans être lestée par le regret. C’est comme ça que je me suis lancée dans l’écriture d’un conte hivernal, puis d’un autre.

Les rencontres

J’avais pour objectif cette année d’aller au moins une fois par semaine aux rencontres IRL pour écrire en compagnie d’écrivain·es lillois·es. J’ai fait 2 de ces rencontres, le 1er et le 10 novembre. C’était très agréable, j’ai rencontré des personnes très sympa et ça m’a fait plaisir de mettre des visages sur des pseudos, ainsi que de bénéficier de l’atmosphère bienveillante propre à ces rencontres. Je suis la seule personne de mon entourage physique qui écrit, alors ces après-midi m’ont permis de me sentir moins seule.

Mais je n’ai pas réitéré l’expérience après ces deux sorties. Pour une raison financière que j’ai évoquée plus haut, mais aussi par anxiété sociale, par fatigue physique et enfin, par flemme. Je le regrette un peu, car j’ai fait de belles rencontres et que je ne dirais pas non, en fait, à un plus de compagnie dans la vraie vie. Bon, je reverrai forcément certaines personnes, car j’ai participé à la commande groupée pour m’offrir un mug et il faudra bien aller le chercher quand il sera arrivé ! L’année prochaine, j’aurai peut-être plus d’énergie et plus de courage, et je vais essayer de maintenir le contact tout au long de l’année, car la communauté lilloise est très active.

Le multi-tâche

Pendant toute la durée du NaNoWriMo, j’avais un projet “plan B”, sur lequel passer si je n’arrivais pas à écrire de roman. En effet, je travaille depuis octobre sur un texte de non-fiction. Ce n’était pas la solution idéale, car je suis très lente dans l’écriture de ce texte-ci, qui me demande recherche, réflexion, structure, et qui n’a pas pour vocation d’être un “premier jet de NaNoWriMo”. Donc ce n’était pas tant pour écrire rapidement et gonfler mon compteur de mots que je voulais continuer à travailler sur ce texte, mais tout simplement car je dois le rendre pour une date précise, et que celle-ci n’allait pas reculer sous prétexte que j’étais occupée en novembre !

De ce fait, je suis archi-fière d’avoir non seulement écrit deux histoires, mais aussi quasiment terminé ce texte de non-fiction, et je suis fière de ce que j’ai écrit. Pour ça je n’étais pas dans le même état d’esprit, je ne cherchais pas la quantité mais bien la qualité, et c’est intéressant de voir que j’aurai mis plus de 2 mois à écrire environ 10 000 mots, alors qu’en 2017 j’écrivais 60 000 mots en 30 jours : comme quoi, un texte n’en est pas un autre, les genres sont différents et demandent des approches différentes.

J’ai aussi réussi à écrire plusieurs articles de blog dont les mots n’ont pas compté pour le NaNoWriMo (et pourtant, il y en a eu beaucoup), et j’ai réussi à mettre à jour ma story “Écriture” sur Instagram tous les jours ou presque, malgré la fatigue. D’ailleurs parlons-en, de celle-là :

La fatigue du NaNoWriMo

Je me suis vraiment laissée prendre de court par l’épuisement cette année. Je pensais très honnêtement que ce serait un des NaNoWriMo les plus relax pour moi : très peu de boulot, surtout pas un temps plein dans un bureau, donc un confort vraiment royal pour écrire comme je l’entendais.

Mais c’était aussi le cœur de l’automne, et un mois de novembre loin d’être serein pour moi personnellement. On a beau ne pas travailler sur des volumes horaires classiques, quand on est angoissée, qu’on dort mal toutes les nuits ou presque et qu’on est percluse de douleurs diverses et variées (probablement toutes liées au stress haha)… eh ben on est fatiguée quand même.

J’ai senti mon énergie diminuer petit à petit et lors de la dernière semaine de novembre, j’ai vraiment été au bout du rouleau, incapable de dormir correctement, de lire plus de deux pages d’un livre tant ma capacité de concentration était diminuée. Ça s’est ressenti sur l’écriture : alors que d’habitude j’enchaîne les sessions de 20 min de concentration intense sans distraction pendant une ou deux heures, ces deniers jours j’écrivais par tranches de 10 min, sans jamais réussir à rentrer dans la bonne vibe, la “transe” de l’écrivaine.

J’ai écrit les deux derniers jours sur mon téléphone, allongée dans mon lit, au petit matin après un réveil (trop) précoce ou tard la nuit en n’arrivant pas à sombrer dans le sommeil. Je suis contente d’avoir su “rentabiliser” ce temps perdu, ce qui m’a permis de remporter le challenge sans trop me malmener. Dans ces moments-là, l’idée de sortir du lit pour aller m’assoir à mon bureau et écrire sur l’ordi s’apparentait à de la torture.

La grande surprise : partager cette aventure avec vous

Ce n’était pas la première fois que je cherchais à parler du NaNoWriMo ici ou sur mes réseaux sociaux. Mes précédentes tentatives n’avaient pas rencontré un franc succès, il faut l’avouer : articles qui restaient lettres mortes, partages sur les réseaux qui me faisaient perdre des poignées d’abonné·es à chaque fois.

C’est peut-être parce que j’assume ma nouvelle ligne éditoriale, que je parle avec moins de timidité de mes projets d’écriture et des mes rêves d’écrivaine, peut-être parce que j’ai trouvé une formule sympa pour aborder le sujet de manière pas chiante, peut-être aussi parce que vous vous êtes habitué·es à ce type de contenu, il n’empêche que cette année vous avez répondu présent·e, sur Instagram avec mes partages quotidiens comme ici avec les Journaux d’écrire. Ça m’a fait vraiment plaisir de vous embarquer avec moi chaque jour, de parler sincèrement de création, de hauts et de bas, de petites victoires, de semi-échecs, et d’être dans une démarche créative différente de celle, très solitaire, que j’ai d’habitude.

L’autre immense surprise, ça a été votre soutien sur Tipeee. J’ai décidé de partager avec les personnes qui me Tipent plus d’aperçus de mon travail d’écriture hors-blog, et quand je l’ai annoncé sur Instagram, j’ai reçu une vague de soutien qui s’est réitérée à la fin du mois, doublant ainsi mon revenu sur la plateforme.

Je n’en parle pas par principe, car je préfère envisager Tipeee comme une manière de rémunérer le travail des créateur·ices et non comme une façon de faire la charité. Mais vous le savez, je n’ai pas une situation financière ni stable ni satisfaisante, et les revenus générés sur Tipeee sont très importants pour moi. Le dernier objectif — qui était de 200 €/mois — a été rempli à la toute fin novembre, et j’ai le cœur gonflé d’amour : MERCI ❤️ pour ça, c’est immensément précieux.

Cela me donne très envie de continuer à proposer du contenu exclusif sur Tipeee, pour remercier les personnes qui dépensent quelques euros par mois pour mon travail… et aussi pour en inciter d’autres à les rejoindre, évidemment.

La suite

Que faire des dizaines de pages écrites après un NaNoWriMo ? Quand on en est un petit peu fièr·e, il ne faut pas les laisser tomber aux oubliettes ! J’ai deux histoires courtes de quelques 20 000 mots au total (mon logiciel me promet un temps de lecture moyen de 1h30 !) que j’ai très envie de vous faire lire. Alors mon programme de décembre est le suivant : relecture, édition, correction — et peut-être réécriture un peu — de ces deux contes et ajout d’un petit texte de remerciements, le tout pour vous les proposer entre Noël et Nouvel An. Ça me paraît faisable, et c’est la période idéale aussi car il n’y a pas de Noël dans mes histoires, où les festivités sont centrées autour de la Saint-Sylvestre.

Une fois les textes nettoyés et polis, il me faudra juste trouver comment les publier ! J’ai envie de quelque chose d’à moitié sérieux quand même, pas juste d’envoyer des PDF à la mise en page sommaire. Gros programme, donc, et j’espère vraiment vraiment que je vais y arriver. Si vous avez des idées/envies/ressources à me proposer relatives à cette question d’autoédition/de publication, je suis toute ouïe.

Merci à nouveau pour votre soutien pendant ce long mois, je sais que plusieurs d’entre vous ont hâte qu’on passe à autre chose héhé. C’est aussi, pour l’instant, la mise en sourdine de la série Journal d’écrire, qui renaîtra sûrement l’année prochaine, ou à l’occasion de la mise en place d’un nouveau projet particulier.

En décembre, donc, des articles plutôt axés Noël et festivités (je crois) (j’espère, qu’après avoir écrit plus de 60 000 mots tous supports confondus en novembre, je n’ai pas épuisé l’intégralité de mon mojo) et je vous tiendrai au courant pour la publication des petits contes !

À bientôt !

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4 Comments

  • Manon
    Posted 3 décembre 2019 à 10:45 0Likes

    Félicitations pour ton succès lors de cette édition 2019 du NaNoWriMo !
    Je t’ai suivi quotidiennement pendant ce mois et je suis contente que tu aies pu réussir malgré les obstacles.
    J’ai hâte de lire tes deux contes :)

  • Pimprenelle
    Posted 4 décembre 2019 à 21:17 0Likes

    Très curieuse d’en savoir plus sur ce texte de non-fiction !
    Bravo pour l’accomplissement de ton objectif :)

  • Virginie
    Posted 6 décembre 2019 à 09:46 0Likes

    Je serai ravie de lire tes deux petits contes (je les raconterai à ma fille :-)).
    Et encore bravo pour ce succès !

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