Ça y est, le NaNoWriMo a commencé. Je réalise que j’ai délaissé le carnet acheté pour consigner mes pensées au fil de l’écriture, au profit des stories Instagram et de ces petits articles, par plaisir de partager tout ça avec vous. Ça me convient très bien, je trouverais bien une utilité à ce carnet au papier Clairefontaine presque trop velouté à mon goût.

Jour 3, donc, et alors que j’ai rédigé 2 mails, une story et que j’entame cet article, je me dis que le challenge serait bien plus facile si j’ajoutais à mon compteur ces mots “en trop”, qui me demandent bien moins d’efforts pour les débusquer. Mais j’ai une petite avance de 500 mots ce matin, et toute la journée pour continuer à avancer.

J’ai failli abandonner ce roman avant même que minuit sonne au matin du 1er novembre. La Terre avait effectué deux rotations complètes depuis le commencement de mon premier roman, et cet anniversaire ne m’a pas fait plaisir. J’y ai vu plein d’échecs, et notamment le plus flagrant, celui des rejets de mon manuscrit dans les quatre maisons d’édition auxquelles je l’ai envoyé. (la syntaxe de cette phrase est bancale mais vous m’excuserez : je dors si mal c’est un miracle que je voie mon écran) Je pensais que ces rejets ne m’avaient pas atteints, parce que je les attendais. Statistiquement il y a très peu de chances que mon premier roman soit jamais publié. Bon. Mais visiblement ça m’a touchée, puisque j’ai eu une grande crise existentielle jeudi soir peu avant le coup d’envoi du Nano. À me demander à quoi ça sert, d’écrire, et si je ne m’étais pas trompée de rêve (et de fil en aiguille : de vie, de valeurs, et bla et bla et bla).

Bon et puis on pleure un coup, on dort (mal) et demain est un autre jour. J’ai pris sur moi et vaincu ma timidité maladive pour aller dans un joli café participer à mon premier write-in lillois. J’y ai rencontré plein de gens sympa qui ont le même objectif que moi ce mois-ci. J’ai écrit 3000 mots ce premier jour, et maintenant je suis lancée.

C’est mon pire démarrage à ce jour, chaque mot est parsemé de doutes. Je vais trop vite, ou pas assez, c’est chiant, mes personnages n’ont pas le caractère que je voudrais leur donner, il y a déjà trois incohérences qui se sont glissées dans mon texte, ça ne fera probablement pas 50 000 mots… Rien ne va, mais je continue. Ça me fait du bien, et alors que je ne suis même pas sûre que j’arriverai à aller au bout du challenge cette année (chose assez incroyable parce que je n’ai jamais beaucoup de mal à “gagner” le Nano), je me raccroche à l’idée anti-productiviste que c’est chouette d’écrire pour écrire, même si c’est bof, même si ça ne finit pas en contrat d’édition.

Je vis une année relativement nulle et pleine de désillusions. J’ai l’impression d’être une enfant qui grandit pour découvrir que Noël ce n’est pas seulement les cadeaux et les pommes-duchesse mais aussi les disputes des adultes qui boivent trop et les conflits politiques entre la poire et le dessert. Le NaNoWriMo me procure un peu moins de joie pure qu’avant, parce que j’y ai mis des enjeux différents. J’y ai mis des enjeux tout court, d’ailleurs. C’est un peu dommage, alors je vais essayer de retrouver l’enchantement d’écrire sans penser que c’est une pierre apportée à un édifice quelconque.

Sur ces considérations métaphysiques, j’arrête de procrastiner parce que mon wordcount m’attend sagement. Je vous dis à dimanche prochain, un rythme d’un journal par semaine en cette période de NaNoWriMo ne me semble pas déconnant. À bientôt !

PS : si vous voulez savoir de quoi parle ce roman (je l’ai si bien vendu dans ce post, haha quelle reine du marketing), j’envoie le synopsis à toutes les personnes qui me tipent en novembre à hauteur de 5€ ou + sur Tipeee — tip unique ou récurrent, peu importe. Rejoignez les rangs des mécènes de l’ââârt (je plaisante), le lien est sur ma page d’accueil.

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6 Comments

  • Élodie
    Posted 3 novembre 2019 à 10:33 0Likes

    Je te lis très souvent mais n’écris pratiquement jamais de commentaires, c’est bête car j’adore tes partages, que ce soit ici ou sur Instagram. Merci de nous faire vivre l’aventure NaNoWriMo avec toi ! Et bon courage, ne t’arrête pas sur un « échec » (si tant est qu’on puisse appeler « écrire un roman jusqu’au bout » un échec, peut-être que ces maisons d’éditions n’ont pas été convaincues mais j’adorerais te lire). Bonne journée :-)

    • Pauline
      Posted 4 novembre 2019 à 09:24 0Likes

      Merci pour ton petit mot Élodie ! Tu as raison, c’est un échec relatif (et comme je le dis, totalement attendu : ça aurait pour le coup tenu du miracle que mon roman soit accepté tout de suite) et je suis très fière de mon roman. S’il ne trouve pas preneur, je trouverai une solution pour le publier par moi-même :)

  • Irène
    Posted 3 novembre 2019 à 14:05 0Likes

    “Rien ne va, mais je continue”, c’est la phrase du courage ça ! Je croise les doigts de façon pas rationnelle du tout pour que tes nuits s’améliorent et que cette année finisse mieux pour toi qu’elle n’a commencé…

    • Pauline
      Posted 4 novembre 2019 à 09:26 0Likes

      Merci beaucoup Irène ! Je grappille chaque minute de sommeil supplémentaire et ça devrait aller ;)

    • MademoiselleCam
      Posted 5 novembre 2019 à 11:21 0Likes

      “Rien ne va, mais je continue”. Je vais me l’imprimer en 4*3 à afficher au dessus de mon écran et la distribuer autour de moi ! C’est tout à fait l’esprit du Nano.

      J’avoue que les premières heures on été difficiles. En plus, comme toi Pauline, j’essuie les refus des maisons d’éditions, dont le dernier, le 31 octobre (elles ont le sens du timing on va dire).
      Alors je me dis que j’étais trop ambitieuse, que mon roman est trop long, qu’il est trop lourd, que rien ne va… Et que tant pis, la maison d’édition, c’était juste le bonus, la “cherry on the cake”. Que si j’écris, c’est avant tout pour sortir mes histoires de ma tête, et tant mieux si des gens les lisent, et encore plus tant mieux s’ils les aiment. Écrire les fait vivre, au moins pour moi, et c’est ça qui me fait écrire cette année.

      Je te souhaite de pouvoir grappiller encore un peu plus de sommeil. Et puis oui, trouver une solution de publication, parce que j’ai grave envie de le lire ton roman :).

  • Emilie
    Posted 7 novembre 2019 à 14:42 0Likes

    Je comprends ton sentiment face à l’accueil de ton premier manuscrit: tant d’investissement, c’est normal de lui chercher un aboutissement final. De mon côté, il m’a fallu deux ans de ré-écriture pour que soit enfin accepté mon premier article scientifique: chaque rejet/retour fait mal, même si on voudrait croire que non.
    Mais voilà, tu es une battante, tes valeurs te portent au-delà des accablements quotidiens et ta main sait ce qui lui plaît : écrire. C’est un chemin vers soi, ailleurs ou autrui. Et ça, c’est magique !
    Bon mois de novembre Pauline !(et dans un mois, c’est ton anniversaire: de quoi se réjouir aussi ;-) )

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