Pour vous parler de notre lecture commune du mois, à savoir Nous les filles de nulle part, de Amy Reed, nous avons pensé qu’on pourrait changer un peu les choses et approfondir la discussion avec vous. Comme d’habitude, je vous ferai un retour sur ce que j’ai pensé de ce roman young adult et de ce qu’il m’a inspiré en tant que féministe militante. Mais ensuite, nous avons eu envie de vous donner la parole, via des témoignages divers de lectrices en contact avec des enfants/des jeunes, sur leur manière de sensibiliser à la culture du viol autour d’elles. Je suis très très heureuse d’accueillir la parole de ces trois personnes, et j’espère que leur retour d’expérience vous donnera envie de partager les vôtres, ainsi que vos réflexions !

Mais sans plus tarder, qu’ai-je donc pensé de Nous les filles de nulle part ?

Un roman pédagogique et sensible

Si j’ai mis un peu de temps à lâcher prise sur mes attentes, j’avoue que je n’avais jamais lu pareil roman, et que j’en suis ressortie pleine d’espoir.

Je trouve qu’il est parfois difficile de lire un roman jeunesse en se défaisant de nos attentes d’adulte, et c’est d’autant plus vrai que l’histoire tente vraiment de faire passer un message, de changer une mentalité. S’adressant à un public plus jeune que moi, et forcément moins conscient des problématiques soulevées, la narration est très pédagogique, avec des ressorts pas forcément subtils pour faire émerger les thématiques qui tiennent à cœur à l’autrice. Ainsi, le cercle de parole de jeunes filles (une super idée) permet, un peu artificiellement, de parler de tout ce dont veut parler Amy Reed, même si parfois les dialogues semblent irréalistes.

Après avoir bien recadré mes attentes, je suis totalement rentrée dans cette histoire unique, et j’ai trouvé que Nous les filles de nulle part était un excellent roman jeunesse. Écrit dans le sillage de l’affaire Brock Turner aux USA, il s’attaque à la culture du viol sans détour.1

Démêler les fils de la sexualité adolescente

Nous les filles de nulle part fait du personnage de Grace la métaphore de la conscience qui se réveille. Nouvelle, elle n’a pas eu le loisir de tomber dans la torpeur du fatalisme, face à ce viol qui a secoué la ville. Cette jeune fille, qui se questionne sur sa place dans le monde, va secouer toutes les strates d’une bourgade dans laquelle la culture du viol se déploie tranquillement. Elle va, par son refus de l’ignorer, révéler le fond du problème qui sévit à Prescott. D’un côté, un petit noyau misogyne, mené par un masculiniste aux propos qui sont malheureusement très réalistes. Les adultes qui ont le pouvoir, et qui se le partagent discrètement en privilégiant leurs intérêts. Et enfin, une vision tronquée de la sexualité, surtout de celle des femmes, qui englobe toutes les parties prenantes et pousse les lycéennes à se juger entre elles sur leurs comportements.

J’ai aimé, malgré les dialogues peu réalistes dont j’ai parlé, que le cercle de parole des Filles de nulle part permette aux jeunes femmes de créer une sororité, un espace de soutien et de bienveillance, qui les pousse à mieux se comprendre elles-mêmes et les autres. Dans un pays où l’éducation sexuelle passe encore majoritairement par le culte de l’abstinence — et où le taux de grossesses adolescentes et de transmission des IST est anormalement haut… coïncidence ? —, donner la voix à des jeunes pour parler de leurs désirs, de leur plaisir, et de comment vivre une sexualité saine est un parti pris politique très fort. En France aussi, c’est un enjeu… quand on parle de proposer une éducation sexuelle plus complète à l’école, certains poussent des cris d’orfraies contre de prétendus “cours de masturbation”.

Au vu du nombre d’agressions sexuelles commises sur des victimes mineures, il est pourtant indispensable de parler de sexualité, de consentement, de limites et de respect de l’autre, aussi tôt que ces questions traversent l’esprit des concerné·es. Et plus encore pendant la puberté, où commence réellement une course à la virilité chez les garçons, et un questionnement lancinant pour les filles, entre deux injonctions contradictoires : celle de ne pas être “des salopes”, et celle d’être sexuellement disponibles pour les garçons.

Un autre aspect qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est la désobéissance, qui est au cœur de l’action des 3 protagonistes. Elles décident ensemble de prendre des risques, d’aller contre les règles établies (tacites ou explicites), pour porter leur combat. Elles alimentent mutuellement le courage qui leur est nécessaire pour ne plus détourner les yeux, tenir tête aux adultes, et proposer des solutions, parfois imparfaites, mais qui font avancer les choses.

Outre son sujet central, Nous les filles de nulle part est un roman résolument engagé, dans sa manière de représenter ses personnages. Pour ne parler que de ses protagonistes, l’autisme d’Erin n’est pas considéré comme une maladie à soigner, mais cette spécificité n’est pas non plus traitée par-dessus la jambe. L’homosexualité de Rosina n’est pas le point central de son arc narratif — on s’intéresse plutôt à son statut de fille d’immigrés mexicains, et à la précarité de l’existence de ces personnes qui subissent un racisme crasse. Grace, quant à elle, est fille de pasteure, grosse, mais unapologetic : elle éclot dans le roman avec sa personnalité volontaire et honnête.

Somme toute, j’aurais beaucoup aimé lire ce livre pendant mon adolescence. Il aurait sans aucun doute participé à une construction plus saine de mon rapport à ma sexualité, et à la féminité en général. Je suis très heureuse que Nous les filles de nulle part existe, et j’aimerais que tous et tous·tes les ados le lisent : documentalistes, stockez vos CDI ! Adultes, faites-en cadeau !

Vos témoignages : comment sensibiliser les jeunes à la culture du viol ?

Suite à un appel sur Instagram, j’ai eu la chance de recevoir 3 témoignages que je suis heureuse de vous présenter aujourd’hui. Des points de vue différents aussi, car nous accueillons Chloé, enseignante d’histoire-géo et d’EMC (enseignement moral et civique) au lycée, Célia, maman de deux filles de 7 et 4 ans et demi, et enfin Mariane, étudiante et grande sœur de deux adolescents.

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Chloé, enseignante au lycée : créer une vraie relation de confiance, où la parole peut circuler sans jugement.

“Souvent, pour parler de la culture du viol, je pars du vécu des élèves. Parfois j’utilise l’actualité ou les publicités. Cette année j’ai utilisé les 3 photos ci-contre. Je cours régulièrement (et me promène) au bord d’un plan d’eau bordé d’un bois. En mars 2018, une personne avait taggé ce phallus orange fluo sur une pierre traversant le chemin. Il est resté ainsi, ostensible et énorme, jusqu’en septembre où une autre personne a écrit “culture du viol” en noir dessus. 3 jours plus tard, le mot viol avait été bariolé. Je trouve ça très parlant. Ce sexe bandant et fluo peut rester 6 mois sans que cela gêne, mais quand on met des mots sur ce qu’il symbolise, ça devient gênant.

Tous les garçons quasiment se sont “amusés” à dessiner des phallus bandant. Pas les filles. Quand on les questionne, les réponses sont très intéressantes : “C’est drôle – C’est pour rire – C’est pour faire comme les autres – De toute façon il y en a partout – etc”. Quand je questionne sur le fait qu’on ne dessine pas des sexes “au repos” mais souvent même éjaculant, je les questionne sur quelle image/symbole on véhicule… et le débat est lancé.

Il y a parfois quelques résistances, mais en général, les élèves prennent conscience de ce qui se joue. C’est quelque chose qui me surprend toujours et qui est très positif.

J’essaye de créer une vraie relation de confiance avec elles et eux, où la parole peut circuler sans jugement. Juste énoncer ce qui est, le questionner, comprendre ce qui est en jeu et comment on en est parfois/souvent acteurs et actrices. Apprendre à le déjouer.

Cette culture du viol est liée à tout notre rapport homme/femme dans une société hétéronormée et patriarcale. Donc j’utilise également mes cours d’histoire et/ou de géo pour visibiliser ce conditionnement. Il ne peut pas se faire uniquement dans une thématique et sur quelques heures ! En tant qu’enseignante je pense que j’ai un rôle essentiel à jouer pour que mes élèves développent leur esprit critique et questionnent ce qui nous est transmis. Je débute d’ailleurs mon cours d’EMC par cette citation de Martin Luther King : Chacun a la responsabilité morale de désobéir aux lois injustes.

Mais l’École n’est pas la seule à devoir “éduquer sur le sujet”. L’éducation passe par de nombreux vecteurs, dont l’école fait partie.”

princess little girl

Célia, maman de 2 petites filles : “Tu peux être une princesse forte, puissante, flamboyante.”

“Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu les implications de la culture du viol en tête, même si j’avais du mal à le verbaliser, le conceptualiser. Puis j’ai eu des filles. Et l’illusion qu’il suffirait qu’à la maison, nous leur offrions les armes, pour que ça suffise à les protéger de tout ça. J’avais oublié que c’est toute une société qu’il faut éduquer, des enfants eux-mêmes à leurs parents, en passant par tou.te.s les professionnel.le.s qui gravitent autour de nos enfants.

Le premier exemple qui me vient en tête, c’est lorsque mon aînée, à l’âge de six ans, est un jour revenue du centre aéré en me disant qu’un garçon lui avait baissé la jupe. Elle a pu me dire que ça avait été horrible pour elle, mais qu’elle avait été pétrifiée en quelque sorte ; en tout cas, elle n’avait rien pu dire, s’était sentie bloquée. Évidemment, elle ne s’y attendait pas. Elle n’avait jamais vécu un truc pareil. Jusque là, elle était dans une école au milieu de la nature, elle-même aimait se balader en culotte ou à moitié débraillée sans que jamais elle ne se sente obligée de « faire attention ».

Alors que je pensais savoir faire face à ce genre de situations (grâce à mes lectures, mes idées, mon engagement personnel…), je me suis sentie en grande difficulté. La première chose que j’ai faite, c’est de lui demander ce qu’elle avait ressenti, et puis ensuite de lui dire ce que je lui dis depuis toujours : « Ton corps, c’est ton corps. Personne n’a le droit de te faire des choses sans ton accord, ni de s’attaquer à ton intimité ». On a réfléchi ensemble à comment elle pouvait agir si ça devait se reproduire. C’était la fin des vacances et je n’ai pas eu l’occasion de revenir au centre aéré pour échanger avec un adulte à ce sujet. Je m’en veux a posteriori, je pense que j’aurais dû demander un rendez-vous en présence de ma fille, pour qu’elle entende que c’était grave, que je prenais ça au sérieux, que j’étais de son côté… J’ai le sentiment d’avoir laissé couler et par omission, d’avoir banalisé tout cela. Au fond, je me demande si je ne craignais pas le discours de l’animateur : « Oh mais ça va, c’est un garçon, ce n’est qu’un jeu… ». J’ai tellement entendu ça, tellement intériorisé ces discours que je me sens extrêmement fragile face à tout ça.

Et fragile, je ne peux pas l’être, parce que j’ai conscience qu’avoir deux petites filles dans ce monde-là, c’est les exposer à la violence quotidienne du sexisme, du harcèlement, de la culture du viol… et devoir leur donner des armes. J’ai conscience qu’elles vont grandir dans cette culture-là, que partout, elles seront exposées à une image normée de la femme objet de séduction, soumise aux injonctions permanentes (et paradoxales), et sans doute que dans un souci de conformisme et de désir d’appartenance sociale, elles adapteront les codes et les stéréotypes liés à leur genre. Comme le dit si bien Alexia Boucherie dans son ouvrage Troubles dans le consentement (qui sort le 7 mars), elles performeront leur genre, tout comme les garçons en face d’elles, dans leur grande majorité, en référence aux codes offerts par notre société. Je pressens bien que ça vient doucement, depuis leur entrée en école traditionnelle.

Face à cela, je tente d’adopter une attitude pas trop interventionniste. Je ne veux pas aborder certains sujets sans qu’elles les aient éprouvé elles-mêmes avant. Alors je fais passer des messages indirectement ; depuis qu’elles sont nées, je m’efforce de sortir de tous les stéréotypes de genre, qu’il s’agisse des jouets qu’elles possèdent, des livres qu’elles lisent, des vêtements qu’elles portent…

C’est un gros travail, j’ai la sensation de me battre en permanence contre une société qui ne fait pas son job.

Avant qu’elles n’abordent le sujet, je n’ai jamais commenté cette volonté ; je souhaitais réellement que ça s’inscrive dans une forme de normalité. Si moi en tant qu’adulte, femme, je suis dans un processus permanent de déconstruction, elles sont, elles, dans une construction primaire de leur vision du monde. Ainsi, jusqu’à leur entrée en école traditionnelle cette année, le débat n’était jamais venu. Dans leur ancienne école, c’était un peu le même fonctionnement qu’à la maison. Des petits garçons portaient des robes de fées, les filles et les garçons se partageaient les espaces, les émotions des un.e.s et des autres étaient respectées et entendues au même titre, sans distinction de genre ou d’âge, sans jugements…

Et puis cette année, j’ai commencé à entendre des “ça c’est pas pour les filles”, “les garçons n’aiment pas ça”. Aussi, ma plus petite qui jusque là avait une préférence pour tout ce qui est d’ordinaire assigné aux garçons (vêtements, jouets…) s’est davantage conformée à la norme féminine.

Et puis un jour elle m’a dit : « Mais maman, j’aimerais vraiment avoir un zizi pour mettre des beaux habits ! ».

Disant par là toute sa difficulté à pouvoir agir comme elle le souhaitait dans un espace aussi codifié que l’école. J’ai compris que nous avions passé une étape et qu’il était temps de poser tout ça sur le tapis, nous avons eu de passionnantes discussions, j’ai acheté quelques livres, j’ai pu leur dire « oui la société, certains adultes, certains enfants font des différences inutiles entre les filles et les garçons et ça me rend triste », je leur ai demandé leur avis, leur ai donné le mien, leur ai répété qu’elles avaient le droit d’être qui elles voulaient, comme elles voulaient. Il y a quelques jours, j’ai été super émue de voir arriver ma cadette en tutu rose et chaussettes de foot.

« Fillette, tu peux être une princesse forte, puissante, flamboyante, combattre des ennemis, être et te sentir libre ». C’est un peu ça mon message.”

Les recommandations littéraires de Célia :

  • Les filles peuvent le faire aussi / Les garçons peuvent le faire aussi, de Sophie Gourion et Isabelle Maroher
  • T’es fleur ou t’es chou, de Gwendoline Raisson
  • Tu peux, de Elise Gravel (accessible gratuitement ici)
  • Péronnille, la chevalière, de Marie Darrieussecq et Nellie Charles-Blumenthal
  • La princesse et le dragon, de Robert Munsch et Michael Martchenko

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Mariane, sœur de 2 adolescents : C’est important de ne pas banaliser le viol.

“De manière générale, j’utilise beaucoup l’actualité pour discuter de ces choses avec mes frères. Je me souviens d’une polémique après qu’une femme a témoigné que son conjoint initiait souvent des rapports sexuels pendant son sommeil. Beaucoup de gens avaient trouvé ça “normal” car, “c’est sa compagne, ça ne peut pas être un viol”. J’ai saisi cette opportunité pour expliquer à mes frères le viol conjugal et ce qu’était le consentement.

Je pense que l’école a encore d’énormes progrès à faire de ce côté-là. Interdire certaines tenues pour les filles, comme des robes ou des shorts, c’est peut-être un détail mais c’est inadmissible. Dans le collège de mes frères, les filles sont plus susceptibles d’être amenées à se changer que les garçons.

On va demander aux élèves d’avoir une tenue adéquate : pour les garçons, ça se limite à ne pas porter de tongs en classe, grosso modo.

Alors qu’on interdit aux filles de porter certains débardeurs jugés trop “décolletés”, des jupes ou des robes au-dessus du genou, et même des shorts ! Avec des directives pareilles, il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit l’institution scolaire qui fasse la majorité du travail de sensibilisation, vu comme elle participe à la culture du viol

Une anecdote qui m’a marquée ? Un jour, pendant que mon frère de 11 ans jouait à un jeu vidéo, il a dit à un des personnages “Va te faire violer”. C’est tellement empreint dans la culture des jeux-vidéo “masculins” ! Lorsque je l’ai repris là-dessus, il n’a pas tout de suite compris pourquoi j’étais si choquée. Il m’a dit : “Ce n’est qu’un jeu, je ne le dirais jamais en vrai”. J’ai donc dû lui expliquer que, certes c’était un jeu, mais qu’il ne faut pas pour autant banaliser certaines choses, et que c’était important de garder un comportement correct vis-à-vis de ce sujet qui est très grave, en toutes circonstances.”

Et voilà, c’est la fin de cet article un peu long pour clôturer en beauté une édition du #CLFAntigones qui me tenait particulièrement à cœur. Dans la lignée directe du roman que nous avons lu, je ne peux évidemment que vous conseiller l’excellente série Sex Education, disponible sur Netflix : un petit bijou, sex-positive, drôle et profond, qu’on n’a pas envie de voir se terminer.

Nous sommes très curieuses de connaître votre avis sur Nous les filles de nulle part : laissez donc un petit mot en commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager vos propres anecdotes, témoignages et réflexions. La culture du viol est un sujet qui peine à être pris au sérieux, notamment en France où on se targue encore de notre “art de la séduction à la française”. Parler aux enfants et aux ados de consentement, de respect, etc., peut être délicat. Hâte d’en parler avec vous !



Notes

  1. Pour rappel, cette affaire implique un étudiant de l’Université de Stanford, athlète de surcroît, ayant été accusé de viol sur une étudiante inconsciente. Il n’y a pas vraiment de doute sur sa culpabilité : il a été surpris en plein acte par deux autres étudiants. Il a été désigné coupable par la cour, mais la peine requise contre lui, de 6 ans de prison, a été réduite à 6 mois par le juge… et il n’a effectué que la moitié. Parmi les arguments en faveur de cette clémence, on retrouve notamment la minimisation de son geste à cause de l’ébriété de la victime, et la crainte que sa carrière prometteuse d’athlète soit ruinée par un séjour en prison plus long. Autant dire que la culture du viol a bien joué son rôle pour protéger l’agresseur et décrédibiliser la victime lors de son procès. Le “cas” Brock Turner a pourtant eu un impact phénoménal. “Emily Doe”, la victime, a prononcé un discours poignant sur les conséquences de cette agression, ainsi que de la clémence de la justice, sur sa vie, et a levé le voile sur un problème latent mais constant aux Etats-Unis : les violences sexuelles sur les campus. On pense notamment à Emma Sulkowiciz, victime de viol sur le campus de l’Université de Colombia, qui, face à l’indifférence générale, a porté un matelas symbolisant le poids de l’injustice pendant un semestre entier.
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5 Comments

  • Anko
    Posted 5 mars 2019 à 12:38 0Likes

    On peut rajouter aussi la série “Sweet/Vicious” (1 saison de 10 épisodes), qui parle de la gestion de la revanche et de la reconstruction après un viol. Toute la série tourne autour de ce sujet, sans être trop plombante à visionner. Elle parle clairement de la culture du viol, de l’aspect totalement inacceptable et odieuse d’un tel acte, et de la difficulté à parler et à être prise au sérieux après une agression.
    Pour le livre, je le rajoute à ma sélection de lecture :)

  • Audrey
    Posted 7 mars 2019 à 12:08 0Likes

    Merci pour cet article et pour les témoignages !
    Je l’ajoute à ma liste de livres à emprunter à la bibliothèque :)

    Sur cette thématique, je vous conseille l’épisode d’Un podcast à soi intitulé « justice pour toutes » (https://www.arteradio.com/son/61660303/un_podcast_soi_ndeg11_justice_pour_toutes) qui revient sur le traitement policier et judiciaire des violences faites aux femmes, et qui montre que cette culture du viol est présente partout, même au sein de la police et de la justice pourtant censées protéger les victimes de ces violences.

  • Pauline
    Posted 12 mars 2019 à 13:25 0Likes

    Je ne lis jamais de “Young adult” (c’est pour ça que je l’ai choisi) et c’était une très agréable surprise ! Les personnages sont bien écrits, l’histoire est pleine de force et d’émotions, sans aller dans les clichés, la culture du viol est bien traitée dans ses différents aspects, et les problématiques du féminismes et de l’intersectionnalité y sont abordées. J’aurai donc moi aussi adoré lire ce livre à mon adolescence !
    Sinon il m’a fait penser à la série 13 reasons why (surtout la saison 2 où l’on assiste au procès), en plus de faire écho à la Ligue du LOL.

  • Auriane
    Posted 14 mars 2019 à 11:57 0Likes

    J’aime énormément cette idée de faire participer d’autres lectrices ! Je suis l’heureuse tata d’un petit garçon de 2 ans (et bientôt d’un 2eme) et j’aimerais pouvoir l’aider à ne pas se construire dans ces codes de genre. Je voudrais qu’il puisse jouer à ce qu’il veut, exprimer ses émotions, ne pas lui même participer à cette culture du viol. Et de lire les différentes stratégies qu’utilisent les lectrices me donne des pistes. Alors merci à toi et merci à elles !

  • Fougeray
    Posted 9 avril 2019 à 16:34 0Likes

    Bonjour,
    Merci pour cette proposition de lecture (les filles de nul part) : je l’ai trouvé à la médiathéque près de moi.
    Je l’ai lu chez mes grands-parents : cela m’a un peu chamboulé (j’ai été agressé étant enfant et plusieurs fois en tant qu’adulte).
    Le fait que dès qu’un homme a un peu de pouvoir, il soit lavé de ses péchés (dans mon cas, parce qu’il rendait de nombreux services).
    Cette habitude de considérer le silence pour un oui, les nons compris en oui… cela n’est pas facile.
    Je rejoint les commentaires d’au-dessus : sweet and vicious et 13 raisons why.
    J’ai, depuis 2 mois, un compagnon et je souhaite arriver à mettre en place un consentement explicite (par l’expression de nos désirs, limites et peurs à la manière de Lyvia Cairo).
    Beaucoup de films ou séries ont des scènes de “sexe” sans paroles.
    Je te remercie de l’écriture de cet article (ainsi que des précédents et suivants)

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