11
Mar
2019
46
Jeune femme tenant un panier de légumes

Critique d’une écologie privilégiée

Le focus est plus que jamais placé sur l’urgence climatique, et on entend parler d’écologie à tous les coins de rue. J’en suis très heureuse, vous vous en doutez, et je suis aussi très contente que la blogosphère s’empare de ce sujet pour le médiatiser d’une autre manière et toucher plus de personnes à travers une expérience plus personnelle, moins journalistique. Conseils, bons plans, réflexions… les articles sur l’écologie éclosent comme les feuilles de mon hydrangéa pendant un redoux hivernal. Et c’est super. Alors d’où vient cette espèce de frustration qui m’étreint depuis quelques semaines ? Moi qui suis plutôt optimiste et positive, pourquoi je me sens si souvent en colère, face à une injustice que je n’arrive pas à pointer du doigt ?

Il y a quelques jours, traversée par cette frustration que je n’identifiais pas bien, j’ai tweeté sur le ton du rire jaune.

Je suis en train de rédiger un article sur comment concilier conscience écologique et consommation.

Voici un extrait : « Il suffit d’être pauvre. »

Je vois se multiplier les articles et les stories, sur toutes les plateformes, où chacun·e y va de son ressenti écolo. On joue à qui sera le plus green, on devise sur l’avion, les légumes de saison, la fast fashion, et dans cette petite guerre numérique, je ne peux m’empêcher de me tenir en retrait, frappée par une question qui depuis me taraude. L’écologie est-elle devenue un sujet bourgeois ? C’est une question qui a été maintes fois posées, souvent pour prouver par A + B que non, « il ne faut pas être riche pour manger bio ». D’ailleurs, le zéro déchet c’est aussi beaucoup d’économies, et bla bla bla. Je tourne et retourne le sujet dans ma tête, pas satisfaite par ces explications scientifiques, ces calculs.

Et puis je regarde mon mode de vie, j’essaye vaguement de le comparer à celui des personnes que je lis — je sais, c’est mal, mais c’était nécessaire pour l’exercice d’aujourd’hui. Et sans jugement de valeur aucun, sans misérabilisme, sans rien d’autre que des faits, j’ai compris ce qui séparait la facilité d’asséner des vérités d’un côté, et ma difficulté à moi, en tant qu’individu, d’être « écolo » au quotidien.

Moi, je suis pauvre. Je la ferai courte parce que je n’écris pas cet article pour me plaindre (j’ose espérer que ma réflexion va au-delà de mon cas personnel), mais voilà ce sont les faits. Dans un foyer de deux personnes sans emploi, trop jeune pour toucher le RSA, je vis sous le seuil de pauvreté et mon pouvoir d’achat est nul. Et si mon expérience peut faire un peu de lumière sur un problème qu’a l’Internet écolo en ce moment, je me décide à la partager.

Oui, être écolo est un luxe

La viande coûte cher, les produits transformés et emballés coûtent cher, avoir une voiture coûte cher… et pourtant, je trouve qu’aujourd’hui encore, être écolo est un luxe que seule une certaine partie de la population peut se payer.1 Au-delà du prix coûtant que représentent certains produits de première nécessité — les serviettes hygiéniques bio sont 2x plus chères que les non-bio, la farine bio est 2 à 3x plus chère que la non-bio… —, il faut bien comprendre que devenir écolo et le rester a aussi un prix symbolique.

Prenons donc mon exemple personnel. Quand j’avais un peu plus d’argent et un revenu stable, je suis devenue végane et j’ai fait de réels efforts pour réduire mes déchets. J’ai acheté des cosmétiques solides, j’ai cuisiné beaucoup plus de produits bruts, acheté en vrac la majorité de ces produits, et j’ai même cuisiné les épluchures de mes végétaux. Je triais aussi bien mieux mes déchets, et consommais beaucoup moins de plastique. Puis mon niveau de vie a baissé. Je suis devenue plus pauvre et très précaire, et tous mes efforts sont rapidement partis en fumée. Taraudée par l’angoisse financière, mes TCA sont revenus, et j’ai recommencé à manger du fromage. Puis à acheter des biscuits emballés, à moins cuisiner, à opter pour la facilité. Pourquoi ? Suis-je devenue fainéante ? Mes convictions écolo se sont-elles envolées ?

Pour se documenter sur les alternatives à la consommation traditionnelle, pour déconstruire nos automatismes et mettre en place de nouveaux comportements, il faut plus que du temps. Il faut surtout de l’espace mental, un luxe que la pauvreté n’autorise pas.

Quand on vit dans la précarité, c’est malheureux à dire, mais on a clairement d’autres soucis en tête que le volume de déchets qu’on produit.

L’écologie passe au second plan, parce que ce n’est tout simplement pas être écolo qui va nous permettre de survivre, dans l’immédiat. Pas vivre, hein, non : survivre. Garder le toit qu’on a sur la tête, pouvoir se chauffer (ou trouver des stratégies pour avoir chaud sans se chauffer, d’ailleurs), manger à sa faim. On regarde à court terme, ce qui n’est pas un mode de pensée écolo, on le sait — et pourtant c’est la seule chose qui compte dans l’immédiat. L’urgence personnelle surpasse l’urgence globale.

Il faut une énergie dingue pour être écolo, car être écolo c’est jongler entre la colère envers les pouvoirs publics immobiles, la culpabilité de ne jamais en faire assez au niveau personnel, et la nécessité, du coup, d’en faire toujours plus pour pallier tout ça. Avoir l’énergie pour ces contorsions mentales, c’est un véritable privilège. C’est déjà difficile pour moi, et ma situation est loin d’être la pire. Imaginons cinq minutes combien les préoccupations écologiques peuvent passer par-dessus la jambe d’une mère célibataire de trois enfants en bas-âge, qui travaille au SMIC. Est-ce que c’est sa faute ? Doit-on blâmer les pauvres de ne pas avoir le temps physique et mental de réfléchir et d’agir ? Le problème ne viendrait-il pas d’un peu plus haut ?

La responsabilité des uns, et celle des autres

Il existe actuellement deux courants prépondérants dans les discours écologiques, qui se rencontrent, s’accordent ou se déchirent : la responsabilité individuelle vs. la responsabilité politique. D’un côté, « chaque petit pas est important » et, tels des colibris, nous devons agir chacun·e à notre échelle pour sauver la planète. De l’autre, les gouvernements ne font pas du tout leur travail et il est presque vain de s’astreindre à une discipline personnelle si au niveau politique, il est toujours permis voire encouragé de polluer, d’exploiter et de détruire. Les deux postures sont à mon sens complémentaires, je ne suis pas là pour vous dire que les pauvres n’ont pas à faire le moindre effort parce que de toute façon, l’industrie de la viande pollue plus à elle seule que tous les prolos de France. (même si c’est vrai, au fond)

Mais quand on parle d’efforts individuels, il y a quelque chose qui me frappe. C’est quoi, faire un effort, quand on vit confortablement ? Que leurs coûtent leurs efforts, aux riches, par rapport à ceux des pauvres ? Comme le disait Bénédicte pendant une des conversations qui a donné naissance à cet article :

On peut tous·tes prendre nos responsabilités, mais certain·es peuvent le faire plus que d’autres.

Au niveau individuel, il me paraît cruel, et injuste, de mettre sur le même plan les efforts des riches et ceux des pauvres. Ce n’est pas une opinion très populaire, à une heure où on aime bien dire qu’il n’y a pas de pas mieux que les autres, qu’il n’y a pas de concours à l’écologie. Il n’y a pas de médaille pour qui sera le plus green, mais il y a clairement deux poids deux mesures… Quand on compare l’impact carbone d’un aller-retour Paris-New York (1 tonne de CO₂ par passager) et celui d’un kilo de tomates hors sol (2,2 kg de CO₂), qui devrait faire le plus d’efforts ?

À mon avis, c’est la personne qui a assez d’argent pour que son esprit arrive à ne serait-ce qu’envisager un A/R Paris-New York. Pas la personne qui achète un kilo de tomates en hiver parce qu’elles sont en promo, et que ça lui permettra de manger des légumes frais une fois dans la semaine. Parce que soyons honnêtes : qu’est-ce qui est le plus vital à la survie de l’individu ? Le voyage, ou les vitamines ?2

Sur Internet, on aime bien dire qu’on vote avec son porte-monnaie, qu’on est tous·tes des « consomm’acteurs ». C’est vachement bien tout ça, mais c’est aussi un peu faux. Quand on achète, parfois, on n’a juste pas le choix. On aimerait bien n’acheter que du bio, ne soutenir que l’économie locale, et toujours boycotter les entreprises qui ne respectent pas les droits de l’homme. Mais avec toute la bonne volonté du monde, on ne peut pas toujours, voire pas souvent dans certains cas. Ce serait un peu comme voter, mais sur la table, vous ne pouvez prendre que les bulletins pour les candidats les plus pourris. (comment ça, c’est déjà le cas ?)

C’est particulièrement prégnant quand on parle de mode. Déjà, parler de « mode », c’est se placer dans une posture très privilégiée, sans même s’en rendre compte. Pour plein de gens, les vêtements ce n’est pas une question de mode : c’est tout simplement de l’habillement. La tendance n’a pas grand chose à voir là-dedans. Et on lit que franchement, c’est tellement plus judicieux d’investir dans un bon basique de qualité, que d’acheter de la fast fashion qui durera beaucoup moins longtemps. Et tant qu’on y est, autant acheter ce bon basique dans une marque éthique, puisqu’il durera des années : c’est tout bénéf’ !

Dans la vraie vie des gens précaires, voici ce qui peut par exemple se passer :

J’ai des sous-pull basiques à mettre sous mes pulls en hiver quand il fait froid. Je ne les ai pas achetés, c’est ma mère qui me les a donnés (et ils ne viennent pas d’une entreprise éthique). Il ne me vont pas très bien, ils sont un peu trop grands, je ne me sens pas très jolie dedans. Mais bon, j’avais froid, et je ne peux pas me permettre de faire la fine bouche. Hier, mon chat s’est débattu et a fait un trou dans un de ces basiques. Je me retrouve confrontée à un choix. 1) racheter un sous-pull chez H&M car c’est tout ce que je peux me permettre. L’option sous-pull éthique à 55€ même si elle durera 10 ans, ça représente plus d’une semaine de courses alimentaires à payer maintenant donc c’est niet. 2) continuer à porter un vêtement troué, de toute façon je mettrai un pull par-dessus, et puis c’est minime comme trou, oui OK c’est vraiment sur le devant, ça risque de s’agrandir, mais bon en attendant, ça fera l’affaire.

(la première personne qui commente pour me dire qu’il suffit d’apprendre à coudre sera gentiment renvoyée aux paragraphes précédents)

Ce qui me fait rire, c’est qu’on parle souvent d’investir dans une pièce éthique, en oubliant peut-être la base du principe d’investissement.

Investir, v. : employer, placer (des capitaux) dans une entreprise.

Pour pouvoir investir, il faut avant tout avoir de l’argent, en fait. Investir dans des pièces éthiques, en tout cas en faire une ligne de conduite, c’est un truc de riches.

La blogosphère, un milieu privilégié

Pour en revenir à mon sujet de prédilection, il est indéniable que la majorité des préoccupations écologiques qu’on trouve sur les blogs green (et même chez celleux qui se découvrent une conscience écologique), sont des préoccupations de privilégié·es. C’est facile de discourir sur l’avion quand on peut le prendre. Je pense que toutes les personnes qui n’ont jamais pris l’avion de leur vie faute de moyens regardent ces débats d’un œil un peu amusé, façon « délire de riches ». Facile aussi de deviser sur les bénéfices de la mode éthique quand on peut se l’offrir.

Et même quand on touche à des sujets comme le zéro déchet et le minimalisme, où on prône la décroissance, on tombe sur des discours remarquablement éloignés des réalités économiques. Mais oui, c’est super la cosmétique zéro déchet ! Il n’empêche qu’un dentifrice solide, même s’il dure un an, coûte 12 € à l’achat. Face à un budget riquiqui et instable, la personne précaire continuera d’acheter son dentifrice « plein de merde » (vous le voyez, le jugement de valeur ?) à 1,50 € au supermarché. C’est top d’être minimaliste, mais là aussi c’est une déconstruction qui s’opère quand on a le loisir d’y réfléchir. Quand on est dans une posture où se débarrasser d’un objet n’est pas si grave, parce qu’au pire, si on réalise qu’on en avait quand même besoin, on peut toujours en racheter un — de préférence de meilleure qualité, produit dans de meilleures conditions. Il est plus aisé de se détacher du matériel quand on a pu d’abord le posséder, et quand on sait qu’on pourra le posséder à nouveau si l’envie nous prend.

Le pouvoir d’achat des blogueur·ses

La blogosphère ne peut être qu’une reproduction miniature de la société dans laquelle on vit. À savoir que les personnes qui ont le plus d’audience seront, par voie d’élimination, les personnes qui ont le plus de moyens pour se faire entendre. Pour « réussir » sur la blogosphère (et sur les réseaux sociaux), il faut avoir un joli blog (ça coûte de l’argent), faire de belles photos (il faut un bon appareil/téléphone) (et/ou, dans les deux cas, du temps pour se former), et puis il faut avoir des choses à raconter. Souvent, ça passe par parler de produits, achetés ou reçus. Je suis mal placée pour remettre ce système en question : j’adore lire les revues beauté de mes blogueuses préférées, et moi-même, j’aime bien parler des objets qui peuplent mon quotidien quand j’en suis satisfaite. Et qu’on s’entende bien, je suis parfaitement consciente qu’un de mes derniers articles présente des cosmétiques inaccessibles à la plupart des bourses (la mienne la première, en fait…).

La blogosphère green se prend de passion pour les produits éthiques, et c’est super de mettre en valeur de telles initiatives.3 Les blogueuses dont l’activité sur Internet est le métier répètent, et à raison, que recevoir des produits gratuitement ne leur permet pas de payer leurs factures. C’est vrai. Cependant, mettre en valeur des produits éthiques reste une démarche rendue possible majoritairement par une posture de privilège. Soit on vous a envoyé le produit pour que vous en parliez : ça ne paye pas les factures, mais il n’empêche que vous n’avez pas dû entamer votre budget vital pour l’essayer. Soit vous êtes assez confortable financièrement pour pouvoir vous payer ce produit onéreux sans que ça vous mette en galère.

C’est donc un petit peu culotté de venir reprendre les personnes qui soulignent ce prix élevé, en leur disant « L’éthique a un coût, c’est comme ça un point c’est tout ». Ou de souligner qu’on ne force pas à l’achat, qu’on présente juste des produits, et de s’étonner — souvent, avec une pointe de condescendance — de la frustration que cette communication engendre. Je suis persuadée que les ¾ des personnes qui sont frustrées de ne pas pouvoir s’offrir tel produit coûteux présenté par une blogueuse, portent en elles une frustration bien plus profonde, une blessure même. Celle de ne pas pouvoir se faire plaisir régulièrement sans avoir à faire des calculs mathématiques pour que tout passe sans creuser le découvert. Et qu’on ne vienne pas me dire que les blogueuses qui reçoivent des cosmétiques pour test ne sont pas, malgré le fait que c’est leur travail, très contentes d’accéder à ce plaisir sans presque avoir à y réfléchir.

Globalement, la société a tendance a approuver un discours où on explique gentiment aux pauvres que ce n’est pas si compliqué, de ne pas consommer quand on n’en a pas les moyens : il suffit de détourner les yeux, voilà tout.

Il suffit de comprendre la différence entre désir et besoin, et se contenter de combler ces derniers, voilà tout.

On ne questionne pas du tout le problème de fond, qui est cette impossibilité de consommer. Pendant ce temps les riches, eux, accèdent au moindre de leurs désirs en claquant des doigts. On n’exhorte jamais les riches à la modération.

Pas de justice climatique sans justice sociale

L’écologie est devenue tendance, et du coup on la dépolitise. Pourtant, toutes les hautes instances sont d’accord sur ce point : il est impossible de réclamer la justice climatique sans parler de justice sociale. D’un point de vue mondial, ce sont les personnes les plus pauvres, dans les pays les plus pauvres, qui souffriront en premier (et souffrent déjà, d’ailleurs), des conséquences du réchauffement climatique. Ledit réchauffement qui est de la responsabilité des pays riches, pour l’immense partie.

Mais même à l’échelle locale, comment prôner l’écologie avec un discours manichéen et individualiste ? Dans tous les calculs en ligne générant une estimation de l’empreinte carbone individuelle, on calcule l’impact des logements. Ce sont les pauvres qui vivent dans des logements mal isolés, qui font grimper leur empreinte carbone. Est-ce que dans ce cas, c’est le poids de cette empreinte carbone qui devrait être important ? Plutôt que le fait que des milliers de pauvres vivent dans des logements où, injustice suprême, l’énergie qui devrait les chauffer et qui leur coûte tant d’argent, s’évapore littéralement par les interstices entre les fenêtres et les murs ? À la merci de propriétaires avares qui empochent des loyers toujours plus faramineux sur le dos de locataires toujours plus précaires ?

Il est urgent de développer une conscience sociale plus large que le bout de notre nez pour pouvoir parler d’écologie plus intelligemment. Il est urgent qu’à notre angoisse grandissante face à l’urgence climatique et qui nous pousse à tirer toutes les sonnettes d’alarme, on ajoute une colère grondante contre un système et des politiques qui ne donnent pas à tout le monde les mêmes chances de faire leur part. On ne peut pas se contenter de distiller des conseils qui ne peuvent s’appliquer qu’à une frange de la population, et on ne peut pas s’étonner de récolter des commentaires désabusés quand on traite avec condescendance des comportements qu’on a eu le luxe de déconstruire.

La réflexion écologique ne s’arrête pas non plus à un nouveau rapport à la consommation, ça doit aller plus loin. Pour que tout le monde puisse participer, il faut que le travail soit mieux réparti entre les populations, que les hommes prennent leur part — car comme le soulignait Julie, l’écologie individuelle est un travail domestique, qui incombe donc le plus souvent aux femmes. Mais aussi qu’on remette en question le modèle actuel du travail, qui monopolise la moitié de notre temps éveillé. Malgré ce qu’on veut bien croire, parce que ça nous donne l’impression de contrôler ce qui nous arrive, l’écologie est loin d’être uniquement une question de bonne volonté.

La fable du colibri, tellement à la mode, elle me fait bien marrer. Laëtitia le rappelait dans un autre débat sur Twitter (décidément !) : à force de faire sa part face à une catastrophe bien plus grande que lui, et regardé d’un œil moqueur par le reste de la faune, le colibri ne peut que mourir d’épuisement. Cyniquement, c’est peut-être la meilleure métaphore pour parler des pauvres, les grands oubliés de l’écologie. Sans cesse rabaissés, jugés, ils n’en font jamais assez. Si on tenait les riches aux mêmes standards que les allocataires du RSA, peut-être que la catastrophe écologique pourrait être évitée. En attendant, on peut deviser tout ce qu’on veut sur nos cotons lavables, nos pailles en inox, et compter nos paires de chaussures véganes. Mais ce serait bien de penser, une fois de temps en temps, que certain·es, et ils sont plus nombreux·ses qu’on le croit, n’ont pas les moyens de remplacer leur seule paire de pompes quand elle lâche. Alors prendre l’avion…


  1. Je parlerai donc ici de la pauvreté que je connais. Je ne pense pas qu’il soit impossible pour les pauvres de participer à l’effort écologique, mais mon propos n’est pas de pointer du doigt ce qui est infaisable, mais pourquoi ça l’est.
  2. Il y a d’autres facteurs qui entrent dans l’impact de la production d’un kilo de tomates hors-sol, on parle des pesticides, des conditions de travail… mais je me concentre sur l’aspect purement individuel, dans l’acte d’achat. L’utilisation des pesticides, jusqu’à preuve du contraire, c’est encore le gouvernement qui se lave les mains d’un problème qu’on essaye alors de faire devenir individuel.
  3. Ccela dit, au passage, on continue de faire marcher le capitalisme. Il a mis un beau costume vert, mais n’en reste pas moins un jeu que seuls les riches ont une chance de gagner — les pauvres, eux, en meurent.


112 Réponses

  1. Merci pour ton article. Je fais partie de la blogosphère des blogueuses pas connues, mais je fais partie de la blogosphère quand-même. Ce qui m’a toujours marqué, dans le nouveau mouvement « green » (washing – c’est moi qui l’ai dit), c’est effectivement sa dépolitisation totale. Et qui plus est, uniquement (ou presque ?) peuplée par des classes sup’ urbaines. Je ne vois toujours pas comment on peut détacher le zéro déchet du reste, zéro déchet qui est d’ailleurs presque quasiment attaché à une mouvance consumériste (acheter tel ou tel outil, contenant, pour faire du zéro déchet ou je ne sais quel produit de beauté…….) Truc amusant (je sais pas si c’est vraiment amusant, remarque), c’est que ma consommation « éthique » a été guidée par ma pauvreté. Il y a quelques années, j’ai eu une année très difficile où je vivais à nouveau seule et j’avais du mal à nouer les deux bouts. J’ai commencé à aller au marché de producteurs car ça me coûtait 2 fois moins cher que d’aller au supermarché de mon quartier, et je n’achetais plus de viande. Pour une fois, il y a eu une bonne coincidence…
    Enfin bon, je suis d’accord avec tous les points que tu abordes, et merci pour cet article à contre courant, vraiment.

    1. Jacinthe

      Bravo ! Voilà un article qui sort totalement de l’ordinaire. Mais peut-être devrais-je dire qu’il parle justement de l’ordinaire Cette lecture m’a vraiment deculpabilisée. C’est important de remettre tout ceci à sa juste place. Étant moi-même consommatrice de blogs et de IG, je me sens parfois toute bête… Je me rends compte qu’en fait, je suis normale ! Effectivement, je ne suis pas une influenceuse invitée partout à tester des tas de produits. Je ne juge personne mais je suis heureuse que qqn remette les pendules à l’heure avec sincérité et justesse. Merci encore pour cet article fouillé qui a alimenté ma réflexion.

    2. Tout à fait d’accord avec toi, c’est justement une recherche de solutions économiques qui peut mener à une démarche écologique.
      Faire attention à éteindre la lumière, prendre des douches courtes, couper le chauffage la nuit, ne chauffer que la pièce de vie, prendre le vélo pour moins consommer d’essence, conduire cool et doucement, privilégier les circuits courts, réduire sa consommation de viande, etc…

      Les blogueuses green influenceuses tentent une fois encore de placer des produits et faire consommer plus. Or être écolo c’est consommer moins et mieux.

    3. Doulity

      Bonjour,
      Merci pour cet article très bien renseigné et pertinent ! Je suis française mais J’habite en Amérique du Sud (dans un pays plus pauvre … ) et je me suis fait la réflexion à plusieurs reprises quant à l’écologie et au fait que c’etait à la fois une préoccupations de riches mais aussi de pays riches. Évidemment quand on est préoccupé par le fait de se soigner correctement (Et tout court d’ailleurs…), de manger et d’avoir un toit sur la tête, l’écologie semble bien loin… Paradoxalement , ce sont les plus défavorisés et les pays les plus pauvres qui vont souffrir le plus de cette catastrophe écologique. Et pourtant ce sont eux qui font le plus d’efforts actuellement…
      Je peux même pousser l’analogie entre les personnes les défavorisés et favorisés entre les pays les plus pauvres et ceux plus riches. Ces derniers exhortant les premiers à moins polluer, moins acheter de voitures, consommer mieux…
      Bref voici ma petite contribution mais surtout merci pour cet article !

    4. Bonjour Isabelle ! Merci pour ton commentaire. Je n’en parle pas dans l’article, car le but n’était pas de parler de moi, mais ma pauvreté (la mienne, donc, puisque mes parents font plutôt partie de la classe moyenne et je n’ai jamais manqué de rien avant de venir indépendante) m’a aussi guidée dans des choix écologiques. Je suis devenue végétarienne pour plein de raisons, mais surtout à un moment où je n’avais plus assez d’argent pour manger de la viande comme on me l’avait inculqué (aka tous les jours). Mes plus grandes « avancées » écologiques ont été faites pendant une période de pauvreté, moins importante que maintenant, mais quand je parle de véganisme et de zéro-déchet, c’était à l’époque où mon foyer ne gagnait pas un SMIC pour deux… on est loin de la bombance ;)
      Maintenant que je suis encore plus pauvre, je mesure que mon capital culturel, dont j’ai hérité donc de mes parents, m’ont permis de faire des choix écologiques mais que le poids de ma pauvreté aujourd’hui m’empêche de laisser du temps et de l’énergie à des considérations qui sont pourtant en accord avec mes valeurs profondes. Mais comme je l’ai dit, le but n’était pas de m’apitoyer sur mon sort (je n’avais vraiment pas envie que la conversation tourne autour de mon cas particulier), cela dit je me permets d’utiliser cette réponse ton commentaire, le premier, pour expliquer ma situation et pouvoir ainsi renvoyer à cette réponse et ne pas retaper le même commentaire trente fois :D
      Je suis ravie que cet article ait fait écho en toi en tout cas !

  2. Julie

    Bonjour Pauline,
    J’ai trouvé votre article bien formulé et très intéressant, d’autant plus que c’est un point de vue rarement développé. Ça doit être usant de lire ou d’entendre partout que chacun peut faire un pas de plus pour l’écologie lorsque ce n’est matériellement pas possible de son côté. Malheureusement, les personnes qui prennent la parole (dans les médias, en politique ou même sur les blogs) font quasiment toutes partie des sphères privilégiées de la société.
    Je vous souhaite une bonne journée.

  3. Mais tellement MERCI pour cet article !
    C’est un peu lié à la question de la pauvreté mais j’ajouterais aussi le clivage ville/campagne dans tous ces mouvements écologistes. En début d’année j’ai commencé à vivre dans un village à la campagne (parce que c’est un logement gratuit pour moi, doctorante précaire au RSA) et ça m’a frappé de voir que quand bien même j’aurais les moyens d’avoir une consommation écologique au quotidien, il n’existe pas d’alternatives autour de chez moi. Pas d’épicerie bio, pas de vrac… Dans tous les mouvements écolo en ligne c’est quand même très largement un discours de citadin·e à citadin·e, il y a franchement de quoi augmenter les frustrations.
    Et par ailleurs, j’ai été hyper choquée et énervée par la dernière vidéo « On s’est plantés » suite au mouvement « On est prêt » dans laquelle un homme cis blanc nous dit que la seule vraie urgence c’est le militantisme climatique et que la justice sociale c’est moins important. Mais whaaaat ??? Ça m’a tellement énervée qu’autant de gens partagent cette vidéo. (J’avoue j’étais tellement vénère que je ne l’ai pas regardée en entier, mais je trouve ce genre de phrases assez révélatrices du fossé).

    1. Je n’ai pas encore vu la vidéo, je dois avouer que j’ai beaucoup de mal avec le ton de la plupart des personnes de « On est prêt » et la plupart des youtubeurs qui parlent d’écologie… C’est une unpopular opinion j’ai l’impression ^^ !

    2. MademoiselleCam

      C’est un peu ce que je me tue à expliquer à mon collègue. Il pense que tout le monde devrait aller au boulot à vélo et abandonner la voiture. Qu’en gros c’est ta faute si tu habites loin de ton taf c’est à toi de t’organiser pour prendre le train ou pour faire tes dix à vingt bornes à vélo pour pouvoir lâcher la voiture. Sauf qu’il n’a habité qu’en centre ville. Toute sa vie en centre ville. C’est hyper compliqué de lui faire admettre un autre point de vue.
      Du coup, quand moi, la périurbaine je prends ma voiture, je culpabilise à mort alors que clairement je n’ai pas les moyens de prendre le train (et en plus, paye tes cris d’orfraie quand il a su que c’etait une diesel. Ben oui mais j’ai pas les moyens d’en changer ni de m’en passer mon grand….)
      Bref, tout ça pour dire que je vous rejoins toutes les deux (Pauline et Lucie). Merci d’avoir verbalisé ce petit quelque chose qui me démangeais et que je n’arrivais pas à nommer.

    3. Elda

      Article très intéressant qui permet d’avoir un point de vue très peu partagé. Merci
      @lucie le propos de la vidéo (et je pense que c’est intéressant de la voir en entier) c’est la temporalité des luttes. Il ne dit pas qu’une lutte est plus importante qu’une autre. Il compare leur temporalité et les moyens d’actions. La lutte pour le climat/ la survie de l’espèce humaine (principalement les plus pauvres) à besoin d’actions drastiques (politique) dans les 10 ans à peine. La lutte contre les inégalités ça fait combien d’année qu’on lutte ? Les moyens de gagner sont liés au système : lois, taxes, pénal, représentant. Et sont aussi lent que lui.

      1. Certes on n’a pas des siècles pour « sauver la planète » (huhu) mais ce qui me gêne avec la temporalité des luttes c’est qu’on peut aussi mener plusieurs luttes à la fois… On n’est pas obligé de remettre la justice sociale « à demain », les féministes intersectionnelles conjuguent les luttes depuis le début, et sont donc aussi plus efficaces dans leur réflexion parce que les oppressions et les problématiques sont liées entre elles.

    4. RAVEY France

      Bonjour, je me permet de vous dire qu’a La campagne non il n’y a pas de magasin bio, m is il y a souvent des petits producteurs, des voisins qui ont un potager, trop de pommes ou de tomates et qui viendront vous en donner , quelques poules et des œufs frais à revendre pour pas grand chose..
      Non à la campagne il n’y a pas tous ces magasins qui poussent à la consommation, mais il y a la possibilité de réellement consommer local et c’est encore mieux!!

      1. Alors, oui je connais bien les petits producteurs de chez moi, merci, mais je ne vis pas exclusivement de légumes, de pain et de fromage, et je suppose que vous non plus.

      2. C’est vraiment un commentaire qui ne fait pas avancer le débat. Ce n’est pas pour rien que les super et hypermarchés ont autant de succès : parce que tout est accessible au même endroit, sans perdre du temps. Que peu de gens ont, je rappelle que quand les petits commerces spécialisés -boucheries/crèmeries…- étaient usités, les femmes étaient au foyer ou avaient des domestiques pour faire leurs courses à leur place (ou alors elles étaient encore plus éreintées qu’aujourd’hui, ce que à quoi personne ne veut revenir).

  4. Juste : merci. Je crois que sans le savoir, c’est l’article que j’attendais de lire depuis longtemps, qui met les mots justes sur un ressenti parfois flou et un énervement régulier. Alors merci et bravo pour ton travail de rédaction.

  5. Irène

    Merci, merci, merci, MILLE MERCIS pour cet article. Que ça fait du bien à lire ! Ce semestre à l’Université on organise un cycle de conférence sur la consommation éthique et durable et on essaie d’aborder ces questions avec les différents intervenants. Ma directrice de thèse qui est spécialiste de la consommation durable débute souvent ses interventions en essayant d’interpeller là dessus les étudiants (souvent très à fond sur l’idée que les petits gestes sont super importants). Un des trucs qu’elle aime souligner, et qui dérange un peu, c’est qu’on constate que les personnes les plus à même de se sentir écolo, de le revendiquer, d’en parler etc sont AUSSI celles qui ont l’impact écologique le plus élevé ! C’est logique, ce sont les classes sup.

    Il faut vraiment qu’on sorte de cette logique de responsabilisation individuelle qui s’adresse à une toute petite partie de la population (et les thèses à la mode comme l’effondrement de Servigne, la collapsologie, y’a aussi je trouve une fascination des classes sup pour tout ça : pour les autres l’effondrement c’est tous les jours !)

    C’est plus qu’appréciable de te lire sur ce sujet, avec tes mots et tes analyses qui vont à contre courant et dans un style limpide. J’espère que ton article va circuler car le message me parait tellement fondamental !

  6. Emilie

    Je partage totalement ton avis, ça fait partie des choses qui ont percolé dans ma petite tête depuis la naissance de ma demoiselle. Internet est une source de plein de choses super chouettes, mais c’est quand même un énorme panneau publicitaire que les gens ont constamment sous la main, peu importe par quels canaux ils passent. Ce qui fait qu’Internet vit, rapporte à certains, c’est qu’il permet au capitalisme de tourner en incitant les gens à toujours… plus. Que ce soit en terme de biens matériels ou d’activités (voyages, sorties, etc), la confrontation régulière à des situations où les personnes en jouissent génère inéluctablement des envies. Et l’envie, c’est le grand moteur de l’achat.
    Clairement, j’ai personnellement le sentiment de m’être bercée de douces illusions pendant un certain temps, en me raccrochant (par confort?) au fameux terme des consom’acteurs.
    Ton article est très percutant, vraiment. Il génère de l’inconfort chez le lecteur, et ça, cela devient nécessaire (ma phrase ne cherche pas à me réjouir de ta situation hein, soyons claires ! mais ça fait du bien de se frotter à des réalités un peu plus « acérées »). Ma claque personnelle a été de sortir un peu de mon monde (diplôme de master, dans les sciences, blabla) en côtoyant les familles qui amènent leurs enfants à la crèche d’Eowyn.
    Toujours est-il que je rebondis sur ta phrase « L’écologie est devenue tendance, et du coup on la dépolitise. ». Je trouve (à voir si cela se confirme) qu’en ce moment, en Belgique notamment, on va vers un regain politique de l’écologie. Si le climat trouve une grande audience, il faut être prudent de ne pas tout faire passer sur la question de l’énergie car les problèmes environnementaux la dépasse largement (la biodiversité est un peu la grande perdante du moment j’ai l’impression). Reste que, notamment par le biais des grèves étudiantes pour le climat, des Gilets Jaunes (qui reprennent en main justement cet aspect de politique sociale), le sujet ressort de la sphère privée et se repolitise. En tout cas, il y a clairement une porte qui s’entrouvre et qu’il va falloir veiller à garder ouverte.
    Merci Pauline pour ta plume bien à toi =)

  7. Hello Pauline, j’attendais justement ton article suite au « débat » twitter. Plusieurs choses me chagrinaient (et me chagrinent toujours un peu), mais tu apportes un nouvel éclairage qui m’a fait réfléchir. En réalité, je suis d’accord avec toi sur la plupart des points : les blogs « green » continuent à faire un appel à la consommation et à encourager un système capitaliste ; le débat sur l’avion est complètement un délire de riches ; clairement lorsqu’il est question de survie/de besoins vitaux, il est évident que c’est le porte-monnaie qui parle (et il est évident également que nous n’avons pas tous les mêmes chances ou les mêmes moyens). Je comprends donc très bien ton point de vue sur la mode : oui, la mode éthique n’est pas très accessible et même si on veut te vendre le truc sous couvert d’investissement, on sait bien qu’il y a une part d’hypocrisie dans ces discours.

    Par contre, je crois que je suis encore dans la réflexion concernant les produits de première nécessité (alimentation et consommables du quotidien). Sans parler d’acheter bio (bien sûr que c’est plus cher ! je ne peux pas vraiment me le permettre non plus), je ne comprenais pas pourquoi il n’y aurait pas un gain pour tous à se concentrer sur du local, de saison, avec moins d’emballages par exemple. Tu y as un peu répondu en parlant d’espace mental disponible, et je trouve cela pertinent. Maintenant, je n’arrive pas à me dire que l’écologie est un truc de riches tant je pense qu’il peut y avoir un intérêt (financier) pour toutes les bourses. J’ai fait des économies non négligeables avec des trucs tout bêtes, qui ne nécessitaient pratiquement aucun investissement immédiat (quelques euros tout au plus – et je ne parle pas de dentifrices à 12 balles) et cela m’a donné envie de le partager : pas seulement pour les écolos bobos bios, mais surtout pour tous. Alors en effet, il y a encore (pour tous) des automatismes à déconstruire, et c’est probablement bien plus compliqué pour certains comme tu l’as démontré. Mais je ne veux pas perdre cet enthousiasme – ni accepter avec cynisme que l’écologie est hors de portée pour une partie de la population.

    Ton article m’a amenée à plus d’indulgence (sans me faire changer d’avis sur la consommation des tomates en hiver ;) ) et a alimenté les réflexions que je menais déjà, donc merci à toi. J’espère avoir réussi à exprimer mon avis malgré ma réponse mal construite !

  8. MERCI pour cette prise de parole si forte et si limpide, Pauline. Une prise de parole qui me touche d’autant plus qu’elle illustre exactement mon sujet de recherche actuel, qui porte sur l’exclusion (de classe, race et genre) et sur la justice sociale dans les mouvements environnementaux et alimentaires alternatifs.
    Comme tu le soulignes bien, la culpabilisation individuelle s’insère dans une stratégie néolibérale universaliste et dépolitisante, qui masque les rapports de pouvoir inégalitaires au sein de la société et qui détourne l’engagement militant d’une remise en question bien plus vaste des structures économiques et sociales à l’origine des problèmes environnementaux. Le néolibéralisme et l’Etat adorent la consom’action, qui pousse les individus à croire que le problème vient d’eux et donc que la solution vient d’eux, et que si on accomplit tous les jours les éco-gestes qu’on nous encourage à accomplir (et qui ne menacent ni les structures de pouvoir dominantes ni le capitalisme), alors tout ira bien. Sauf que non, pour changer les choses, on ne peut se contenter d’un capitalisme vert et d’une écologie de façade.
    Cela fait vraiment du bien de lire ce genre de texte au sein d’une blogosphère « verte » qui semble malheureusement trop souvent dépolitisée. J’espère que ton article rencontrera un fort écho et qu’il participera d’une remise en question plus générale de l’engagement militant.

  9. Merci pour tes mots qui soulagent une gêne, une culpabilité que je traîne. Je suis dans le même type de vie que toi et je culpabilise que la baisse de nos revenus aient fait voler en éclats notre démarche zéro déchet.

  10. Merci. Juste merci. Tu as mis des mots sur ma pensée et je pense sur celle de tas d’autres gens. Consommer intelligemment c’est bien mais ce n’est pas à la portée de tout le monde. Il faut aborder cela sous l’angle de l’équité ! Et comme tu l’as très justement souligné il y a un conflit entre la vie/survie immédiate et problème à long terme. Ta réflexion sur le travail est très pertinente ainsi que sur la juste répartition de ce qu’on peut appeler la « charge domestique écologique ». Bref j’adore cet article.Parfois ça rend dingue. J’arrête pas, comme des tas de personnes, de me demander comment faire mieux, comment participer de meilleur manière à l’écologie et de culpabiliser en voyant que je ne fais pas assez. Le tout en étant déboussolée de voir que rien ne se passe au niveau des gouvernements. Il faut repenser intégralement notre société (le travail, la nourriture, le fonctionnement social). C’est un vaste chantier ! En tout cas encore merci pour le partage de ta réflexion.

    1. MERCI mille fois Pauline. J’ai pris une claque et je pense que j’en avais besoin.
      J’ai souvent galéré financièrement et manger bio, même sans produits animaux, restait inaccessible. J’ai longtemps acheté mes fringues dans la fast fashion ou d’occasion.
      Puis j’ai oublié.
      J’ai oublié les fins de mois difficiles, j’ai oublié les courses en supermarché maintenant que je peux m’approvisionner chez des petits producteurs bio…..
      Merci de m’avoir rappelé que les priorités des uns et des autres sont clairement dépendantes de leur budget et de leur disponibilité mentale.
      Merci !

  11. Merci pour ce texte extrêmement nécessaire !

    Si j’avais bien en tête le côté charge mentale de « la vie en vert », ainsi que le fait que ça soit majoritairement les femmes qui s’en occupent ; une piqure de rappel concernant les privilèges de ne serait-ce que pouvoir se poser la question était nécessaire pour moi !

    Ton article a aussi ravivé chez moi une réflexion sur les deux mouvements : responsabilité personnelle vs responsabilité politique. J’avais moi même un article il y a bientôt un an et demi sur « La part du colibri » chez l’enfant : https://chutmamanlit.com/2017/11/01/la-part-du-colibri/ À peine quelques mois plus tard, en approfondissant mes recherches et mes connaissances sur l’écologie (et en réalisant que tout effort personnel serait complètement vain s’il n’est pas accompagné d’un effort global), ma réflexion de l’époque m’avait parue incroyablement naïve ; et j’ai eu à nouveau ce sentiment désagréable en lisant ton article (personne n’aime se dire que ses actions et ses efforts sont inutiles !). Il faudra donc vraiment que je prenne le temps de réfléchir plus longuement sur ce sujet pour faire le point dans ma tête. Mais, je crois quand même que je suis en désaccord avec toi, et que la fable du Colibri, malgré sa naïveté, est nécessaire dans le cadre de la transmission de connaissance : nos enfants (a qui reviendra bientôt cette planète) doivent grandir avec l’idée de prendre soin de la planète. Comment sinon, pourront-ils se révolter, militer, et changer les choses plus tard ? (Même si j’espère que nous aurons commencé le travail, plutôt que de tout empirer…).
    Et aborder ces questions avec de jeunes enfants est bien plus simple via des exemples concrets (et donc par des actions que l’on fait à la maison) que par des discours de politique : en gros, la fable du colibri est bien plus accessible ; même si avec le temps, je vais pouvoir agrémenter mon discours pour pouvoir aborder des notions plus politiques (tu crois qu’à 3 ans, on peut commencer ? :D) afin qu’ils n’aient pas la pression de « mourir d’épuisement ».
    Mais bref, c’est une vaste question : déjà que faire la part entre responsabilité personnelle vs responsabilité politique est compliqué pour notre génération, c’est évident qu’aborder ce sujet avec nos enfants ne peut pas être trivial ! Merci pour cette « food for thoughts », peut-être arriverais-je à formuler assez ma pensée pour écrire un article sur ce sujet spécifique un jour !

  12. Léa

    Pfiou, quelle claque cet article ! Je suis absolument, inconditionnellement d’accord avec toi. Même si je n’ai pas de revenu, je ne suis pas pauvre, mais je connais bien cette frustration de voir en ligne toujours plus de produits éthiques, beaux et chers que je n’achète pas parce qu’ils sont trop chers mais aussi et surtout parce que je n’en ai pas fondamentalement besoin. C’est terriblement frustrant de se contraindre à une démarche minimaliste par conviction quand on voit sur internet et les réseaux cette avalanche de produits, voyages etc qui font, avouons le, tellement envie quand même…
    Ta réflexion sur l’espace mental pour être écolo, je me l’étais faite au début de mon véganisme, sidérée qu’il n’y ait pas plus de gens qui le deviennent, à commencer par mon copain, alors dans des études très prenantes. C’est difficile à entendre mais il faut l’accepter : être végane et écolo c’est un truc de privilégié. Et face à ça, quelles solutions apporter ? Je pense que ce n’est pas quelque chose qu’on peut résoudre de manière individuelle, malheureusement.

    1. Merci pour ton commentaire ! Je ne pense pas en effet que la réponse à un problème aussi grand se fasse dans l’individualité, car il y a vraiment des tas de paramètres qui entrent en jeu dans la liberté ou non de faire des choix écologiques.

  13. Tout à fait d’accord avec toi.
    J’ai grandi dans une famille riche et écolo, mais maintenant que je vis seule et qu’une grosse partie du peu que je gagne passe dans mes animaux et mon essence, il est clair que c’est moins simple. Je m’y astreints tout de même mais ce qui me frustre le plus, c’est de voir que celleux qui peuvent faire le plus d’efforts grâce à leur porte-monnaie n’en font pas souvent. Comme tu le soulignais, rien que prendre l’avion est tellement plus impactant qu’acheter hors-saison … et je ris jaune lorsque j’entends parler «des Chinois qui polluent», à titre individuel, nous Français polluons plus car nous avons plus de richesse.
    De même, tu évoques les logements et c’est si vrai ! Ma maison n’est absolument pas isolée, il y a des fenêtres où je dois même placer des bouquins devant pour qu’elles ne s’ouvrent pas, et je n’aurai jamais les moyens de faire isoler tout ça. Du coup, je chauffe juste correctement la SDB, le reste … bah je porte un pull … mais ça craint, ce n’est pas normal.

    Néanmoins, je remarque que nous sommes nombreuses à avoir récemment pousser ce genre de coup de gueule, j’entends beaucoup moins parler du Colibri qu’avant (ou alors je ne suis pas les blog qui en parlent) … tant mieux !

    1. Merci pour ton commentaire ! Il y a vraiment deux poids deux mesures je trouve, on demande aux plus en difficulté de faire tous les « petits efforts », des efforts sont vus comme petits car ils concernent le quotidien, mais on n’évalue pas l’énergie que ça peut prendre quand on a des soucis plus importants. Comme toi je remarque qu’on parle moins du mouvement « colibri », je crois aussi que son instigateur premier, Pierre Rabhi, est peut-être un peu moins adulé qu’auparavant :)

  14. Delphine

    MERCI ! J’avais ri en lisant ton tweet car je m’y suis reconnue et je me reconnais aussi dans ton article.

    C’est déjà assez épuisant d’essayer de survivre avec peu d’argent, sans en plus ajouter la culpabilité écolo sur le dessus. Surtout quand on a une conscience écolo, on n’a besoin de personne pour nous culpabiliser, on le fait déjà assez soi-même.
    Je te remercie aussi particulièrement d’avoir eu le courage de parler de ta situation (parce que je le sais personnellement que ce n’est pas facile de dire qu’on est pauvres). Même si ce n’est pas le sujet, je pense qu’il y a trop de honte lié à la pauvreté que du coup personne n’en parle et qu’on se sent encore plus seuls et isolés. Il ne s’agit pas d’être misérabiliste, mais juste de dire qu’on a pas tous les mêmes moyens, qu’une simple décision pour certains peut impliquer des calculs savants pour d’autres. Comme tu l’as si bien expliqué dans cet article.
    J’espère sincèrement te relire sur le sujet (de l’écologie et de la justice sociale).

  15. BOOM ! Quel article Pauline (et je te le redis, quel talent d’écriture, à chaque fois que je te lis, je suis soufflée par la fluidité de tes mots qui expriment si bien tes idées et je sais ô combien ça demande du boulot !) qui remet les pendules à l’heure, à commencer par les miennes. J’ai fait partie jusqu’à il n’y a pas si longtemps de ces gens qui disent que c’est avec le porte-monnaie que l’on vote et je dois parfois tenir des discours bien éloignés des préoccupations quotidiennes des personnes précaires – je suis vraiment désolée pour ces maladresses et j’essaie de plus en plus de faire attention.

    Ce sont mes cousines qui m’ont fait ouvrir les yeux – elles vivent à Lille, il faudra que je te le présente quand on y sera, tu vas les adorer, tu me fais d’ailleurs souvent penser à l’aînée. Quand nous y sommes allés en octobre dernier pour passer le week-end avec elles (et qu’on en avait profité pour manger un petit bout avec vous et même que c’était cool <3), on parlait du prix du bio autour d'une tarte au maroilles haha. Matthieu et moi, on disait grosso modo que oui c'était plus cher mais que comme on achète pas de viande, peu de produits transformés bla bla bla, tu vois le topo. Et là, ma cousine me dit : moi j'ai moins de 200 euros pour vivre une fois que j'ai payé le loyer et mes charges donc si tu veux, le bio c'est clairement secondaire. Elles achètent quelques produits bio chez Superquinquin et le reste du mois, c'est Lidl.

    Je me suis sentie conne, d'autant plus conne quand quelques jours plus tard, je me suis aperçu que j'avais oublié mon lisseur chez elles (haha, la superficialité de la meuf :x) et comme on allait pas se revoir avant un bon mois, je leur ai demandé si elles pouvaient me le renvoyer par Colissimo, je vous rembourse après, pas de problème. Et quand elles m'ont dit qu'elles ne pouvaient pas avancer 8 € parce que c'était la fin du mois, là j'ai réalisé et je me suis pris dans la tronche toutes les phrases nulles que j'ai pu dire pendant les réunions de famille mensuelles où je parlais du bio, des comportements à proscrire car c'est pas écolo, etc.

    Pourtant, je m'intéresse quand même aux questions des inégalités sociales, j'ai une famille de gauche-gauche (enfin quoique les parents de mes cousines le sont plus encore que les miens, professeure d'histoire et intermittent du spectacle retraités, tu vois le genre :D) mais n'ayant jamais galéré financièrement, la vie ayant été plutôt cool avec moi sur ce plan, je ne me rendais pas compte à quel point j'étais vraiment privilégiée. Bref, du coup : merci pour cet article qui est nécessaire et qui, je l'espère, va beaucoup circuler pour faire réfléchir aux idées que l'on véhicule quand on a une audience.

    Vive toi ! Et je sais que ce n'est pas le but de cet article mais j'espère de tout cœur que votre situation va s'améliorer et tu sais que tu ne dois pas hésiter, si je peux t'aider je le ferai :)

  16. Je ne vais faire que redire que ce que j’ai déjà dit sur Twitter / Instagram mais je sais qu’un commentaire fait toujours plaisir (et qu’il peut servir à d’autres) donc MERCI pour cet article riche, pertinent et sans concession (en plus d’être merveilleusement bien écrit).
    Merci d’avoir pointé du doigt les paradoxes de cette blogosphère (dont je fais partie hein) et d’un discours consensuel qui ne correspond que trop peu aux problématiques de la majorité de la population.
    Je suis moi-même très privilégiée et tu me permets de remettre en question mon discours en tant qu’écolo, même si j’essaie de le faire autant que possible.
    Concernant la problématique de l’avion dont je parle très souvent, c’est en effet celle qui touche le plus la corde sensible des privilégiés et ça m’attriste beaucoup de voir que certain.e.s prônent l’écologie sans remettre en question leur propre contradiction à ce niveau, bien plus importante que celle d’une personne pauvre qui ne peut pas se nourrir de saison.
    Il y a plein de manières d’être écolo, mais je pense qu’il ne faut pas oublier que c’est le mode de vie des riches qui est aujourd’hui le plus polluant, et des achats éthiques n’ont quasiment aucune valeur écologique si ils sont multipliés ou s’ils ne s’accompagnent pas d’une remise en question profonde du reste, et le voyage est souvent le parent pauvre de l’écologie (il n’y a qu’à voir les échanges souvent houleux que le débat sur l’avion produit). Les riches / privilégiés doivent renoncer / réduire drastiquement leur voyage en avion et leur consommation de viande et à tout ce qui pollue et qui ne revêt pas un caractère vital (pas comme se nourrir dignement, se chauffer et avoir un toit au dessus de sa tête). C’est évidemment difficile à accepter mais nous sommes tous.tes dans le même bateau écologique en train de sombrer et comme je l’ai dit (vive l’auto-citation), certain.e.s doivent prendre leurs responsabilités plus que d’autres.

    Je pense que nous sommes tombés dans les travers d’un nouveau capitalisme vert qui poussent chacun.e à se déculpabiliser d’acheter éthique / bio, sans beaucoup de réflexion, et qui profite à celles et ceux qui peuvent se le permettre financièrement.
    Concernant la blogosphère dont tu pointes les injonctions à la perfection (et que nous avons déjà évoqué ensemble), je pense que malheureusement l’objectif de monétisation ou d’avoir toujours un contenu neuf à proposer incite à recevoir cadeaux ou faire du sponsoring sans chercher si cela va vraiment dans le bon sens.

    Bref, ton article me convainc d’autant plus du bien-fondé d’une carte de quota-carbone. Qui permettrait de montrer que les pauvres ne sont pas fautifs tout en montrant aux riches que leur mode de vie est le plus destructeur. L’écologie se fera avec tout le monde ou ne se fera pas, et nous devons tous.tes faire attention au discours que nous adoptons, pour être les plus inclusif.ve.s possibles et ne laisser personne sur le carreau ! (comme pour chaque lutte / mouvement).

    Merci encore et bravo à toi.

    1. Merci beaucoup pour ta contribution au débat Béné !
      Je pense qu’il faut vraiment insister sur ce point : « c’est le mode de vie des riches qui est aujourd’hui le plus polluant ». On parle aussi dans cette catégorie des très très riches (dont ceux notamment qui possèdent toutes les industries très polluantes, aussi, finalement… et les moins éthiques niveaux droits humains *tousse du côté de Jeff Bezos), et je pense que parler de « riche/pauvre » titille un peu celleux qui sont très confortables financièrement, parce qu’il y a toujours, forcément, plus riche que soi.
      Merci beaucoup pour nos échanges qui m’ont permis de verbaliser ma réflexion, et d’arriver à enfin rédiger cet article ! <3

  17. MERCI, Pauline, pour cet article ! Si je suis depuis longtemps travaillée par l’idée de couper les internets, c’est notamment par cette sorte de pression que j’y vois, et par le discours d’une poignée de privilégié(e)s qui ne se rendent pas vraiment compte de la réalité pour beaucoup. J’ai la chance de ne pas connaître la précarité, mais je la côtoie tous les jours. Et pendant longtemps, j’ai travaillé avec des élèves de CSP qui avaient un mode de vie qu’on ne PEUT PAS imaginer avant d’être réellement face à eux. Je me suis pris le fin fond du milieu rural et défavorisé dans la tronche. Ça m’a enlevé l’envie d’un certain type de militantisme.
    Ça m’a aussi brouillée avec des gens qui pensaient qu’ils n’avaient pas de chance et qu’ils étaient précaires alors que NAN.
    Et ton article, généralissime, parfaitement écrit, est totalement juste. Il appuie sur une corde sensible en ce moment pour moi. Je suis dans une phase où je deviens comme Alceste dans le Misanthrope, et j’ai un peu peur du monde, là, dans la vie comme dans la blogosphère. Alors merci d’être comme ça. Je te fais mille bisous.

  18. Merci pour cet article ! Tu as mis les mots sur ce que je ressens. L’aspect social de la lutte pour le climat est pour moi une question fondamentale, et je rage de voir qu’elle est si peu souvent prise en compte. Mais j’espère que les choses vont changer, et ce genre d’articles donne de l’espoir, alors merci !

  19. Très très bon article qui parle de choses bien trop rares sur la « blogosphère ». Je suis clairement d’accord avec ton propos et surtout ta (tes) conclusions.
    J’ai un avis cependant plus mitigé sur les réflexes écolo impossible quand on est pauvre et sur le milieu de la blogosphère. Sur ce dernier point, je pense que j’ai quand même un mauvais prisme, à savoir que je ne suis pas vraiment beaucoup de blogueuses ou « influenceuses » qui sont vraiment dans la catégorie privilégiée. Et pour le coup, je suis un bon contre-exemple vu que je suis aussi dans un foyer de 2, sans emploi et clairement je n’ai rien investi jusqu’à maintenant sur mon blog. Alors oui le design est bof et mes photos aussi sans doute, mais ça ne m’empêche pas d’avoir des gens qui me lisent :) Mais je pense qu’effectivement si je suivais ce « milieu » plus largement, je serais sans doute arrivée à tes conclusions !
    Pour le premier point, il y a plusieurs de tes exemples pour lesquels je ne suis pas d’accord comme comparer l’avion et l’achat de tomate en plein hiver ou encore le dentifrice solide au dentifrice conventionnel. Clairement je pense qu’on met aussi trop en avant les produits zéro déchet qui occasionne un coût alors que nombre de choses existent à tous petits prix (les légumes de saison et le bicarbonate pour les dents). Je suis loin d’être dans la case la plus pauvre mais j’ai souvent eu des retours de femmes, notamment dans la case famille monoparentale qui galèrent où le mode de vie minimalisme et responsable leur font faire énormément d’économies : faire le marché, notamment à la fin pour avoir des légumes gratuits, se laver avec un seul savon, faire des déco maison pour les fêtes, acheter d’occasion, etc. Je suis bien d’accord avec toi que le débat de l’avion est clairement un débat de riche et je ne m’y retrouvais pas du tout. Je trouve ça pertinent quand effectivement tu prends l’avion plusieurs fois par an. Par contre, il y a quantité de personnes avec un tout petit revenu voir pas de revenu qui ne consomment pas de viande ou de légumes hors saison, justement pour une question de coût. Pour les fringues, c’est un peu pareil, sauf que l’éthique réside dans l’achat d’occasion et non dans un mode de production éthique. Mais même 30€ pour un pull HM c’est trop cher pour beaucoup !
    Enfin, pour finir, je trouve aussi qu’il y a une mauvaise dialectique entre privilégié et pauvres mais je pense qu’on oublie beaucoup « la moyenne », celle qui a justement les moyens de déporter ses achats autrement, sans forcément pouvoir investir. Les fringues typiquement sont en moyenne portées 4 fois, c’est un chiffre hallucinant qui ne concerne pas du tout la partie « pauvre » de la population mais bien la moyenne, celle qui faut arriver à sensibiliser. Quantité de personne disent ne pas avoir les moyens d’acheter du bio mais ne font pas non plus l’effort d’acheter local ou de saison, ce qui revient moins cher que les légumes emballés du supermarché !
    Je pense que tout réside dans ce que tu décris à un moment « avoir le temps d’y penser ». Quand on est pauvre, clairement le temps est repartit autrement. Mais ce temps ne devient pas disponible seulement avec un bon salaire. Il est juste plus simple aujourd’hui de consommer, y compris quand on a pas vraiment les moyens, que de ne pas consommer…Et c’est dingue !
    Bref, je sais pas si j’ai été très claire mais j’ai beaucoup aimé ton article, je voulais juste te partager mon ressenti ! Mais je commence à saisir que j’ai un biais un peu particulier, qui ne peut pas être généralisé facilement !

  20. je ne sais même pas si je suis capable de commenter vraiment cet article tant il est bien écrit, complet et terriblement nécessaire. Merci d’avoir pris tant de temps à l’écrire, je crois que ça me fait réaliser pas mal de mes maladresses vis à vis du sujet.

  21. Merci merci pour cet article politique et très bien étayé ! Qui dira que les blogs ne suscitent plus de commentaires ?? Pas moi ! J’ai adoré lire aussi les réactions de tes lectrices (je n’ai vu que des femmes?).
    J’ai été dans la même situation que toi pendant plusieurs années pendant mes études, bien que jamais vraiment précaire puisque mes parents payaient le loyer et que j’ai eu la chance de trouver vite du boulot après. Mais je sais que la situation de la précarité est bien sous-estimée et tellement aussi dans la blogosphère.
    Il ya deux choses : tu as un capital culturel supérieur, qui est – en ce moment – supérieur à tes moyens et ça, c’est toujours difficile à vivre. J’étais le genre de fille qui disait « non, moi, je me prive jamais d’acheter un livre, et puis sinon, il n’y a qu’a aller en bouquinerie ou en bibliothèque » et le jour ou j’ai du choisir entre un livre et un trajet en blablacar, je me suis un peu rendue compte…. même si, ce n’est pas non plus choisir entre manger de la viande ou du bio ou encore des trucs plus vitaux.
    Et je crois que notre esprit, dans des moments de précarités doit aller à l’efficace, et que ça prends du temps et de l’énergie de trouver les bons plans bio qui même s’ils ne sont pas chers ou quoi restent moins accessibles que les supermarchés.
    On va au groupement d’achat bio, ce qui représente un belle économie sur le budget par rapport à des courses en biocoop, et on a proposé à nos voisins de se joindre à nous, et là, on s’est aussi rendu compte que ça impliquait de pouvoir sortir 200 € d’un coup, pour toute l’épicerie du trimestre et non des petites sommes aux moments opportuns… Et ça n’est pas possible pour tous, on en a de plus en plus conscience.
    ça questionne aussi la trésorerie des ménages. Quand on entend (ce qui est sûrement vrai), que ça coute moins cher au final d’acheter un très bon habit que d’acheter plusieurs fois un habit moyen fastfashion… Mais faut-il encore pouvoir sortir la somme à ce moment là. Et tu l’illustre très bien !
    Merci beaucoup de poser des mots là dessus.
    Belle journée à toi,
    Alix

  22. Hey Manolita

    Merci pour cet article très riche et qui aborde une vision qu’on n’a pas tou·te·s, notamment lorsque l’on est privilégié·e. J’ai toujours été dérangée par le discours de certaines personnes concernant la nécessité d’avoir un mode de vie + respectueux, de même pour le végétarisme…et tu as mis le doigt dessus. Tout simplement parce qu’il s’agit souvent de personnes à revenus élevés. J’ai souvent trouvé cela culpabilisant, quand ce n’était pas frustant. Parce qu’au final, comme tu l’expliques, on peut avoir la meilleure volonté du monde, une réelle préoccupation pour ce sujet, et ne pas pouvoir le mettre en place dans son quotidien. Parce que ce n’est pas la préoccupation première (survie), parce qu’on n’a pas les ressources suffisantes…

    Depuis 2 ans, je me déconstruis beaucoup sur le féminisme, le racisme…étant concernée (et ayant eu besoin de théorisée ce que je vivais au quotidien). Je vois très clairement les intersections que l’on peut vivre. C’est assez nouveau pour moi les sujets de l’écologie, du végétarisme (d’autant plus lorsque c’est conjugué à une notion de classe). Alors merci d’apporté une lumière supplémentaire !

    1. Charlotte

      Super article merci beaucoup ! Merci d’être la porte parole de ces réalité que beaucoup vivent. Article très précieux, on n’entend pas assez de réfléxions sous cet angle. Bravo !

  23. Bravo pour cet article si bien écrit et qui exprime tellement de choses que je ressens.
    Le système fait que l’on demande toujours aux plus pauvres de faire des « efforts », mais qu’en réalité ces efforts sont bien souvent gâchés « au-dessus », qui en plus se permettent… de faire ressentir de la culpabilité à ceux qui « ne se donnent pas les moyens » (ils n’ont pas les moyens, point).

    Et ce que tu dis sur la blogosphère est tout à fait vrai, ce sont les plus privilégiés qui arriveront à percer. Et à donner des leçons.
    j’ai fait partie de cette blogosphère à qui l’on a envoyé beaucoup, beaucoup de produits, à ne plus savoir qu’en faire. Et j’ai toujours été mal à l’aise de ce grand déballage grandissant (la mode des « hauls »…) pour donner envie d’acheter, chose qui n’a jamais été dans mon tempérament (je déteste le terme d’influenceur d’ailleurs).
    on sait pertinemment que parmi le lectorat, peu pourront s’offrir certains produits, et encore moins de produits éthiques/écolo qui valent bien souvent un bras à l’achat.

    Et cette course à la consommation a été remplacée par le « consommer mieux » , « consommer moins », « consommer éthique », avec le discours culpabilisant qui va avec. Tu le soulignes très bien, tout le monde aimerait manger mieux, acheter mieux. Dans les faits c’est bien plus compliqué.

  24. Julie

    Salut Pauline. Je te lis souvent sans jamais commenter mais là, ce serait vraiment dommage.

    Ton article est magistral.

    Il y a tant à dire sur ce sujet.

  25. Julie

    Bonjour Pauline et les autres qui ont commenté,
    Juste pour compléter, si certaines d’entre vous veulent tout de même essayer autant que possible de poursuivre une démarche écolonomique avec de petits moyens (même si je comprends bien que ça peut être difficile voire impossible pour certaines personnes), je vous conseille le groupe Facebook Gestion budgétaire, entraide et minimalisme (et les « sous-groupes » thématiques ou régionaux qui en sont nés) pour échanger conseils et bonnes idées avec d’autres gens dans la même situation ! La démarche est résolument verte, c’est à la fois intéressant et motivant.

  26. Merci Pauline pour cet article qui apporte un point de vue très intéressant.

    Comme toi, je déplore la dépolitisation de l’écologie, notamment sur Internet. Il y a très peu de prise de recul, au point que parfois ça en devient ridicule.

    Concernant la blogosphère, il y a certainement des personnes qui n’ont pas d’opinion politique sur le sujet et préfèrent se concentrer sur des actions uniquement individuelles. Mais je crois aussi que beaucoup de personnes ont un avis, qu’elles n’osent pas exprimer publiquement de peur de se « tromper ». Les problèmes de légitimité, c’est très féminin, malheureusement !

    Ton concept d’espace mental est très intéressant : plus que des moyens économiques, c’est du temps de cerveau que les gens décident d’allouer ou non à l’écologie. Le terme de « privilégié » me gêne un peu. Il est évident que quand la question est « est-ce qu’on va pouvoir manger demain ? », l’écologie, la santé, etc. n’ont pas leur place (et tu fais bien de le dénoncer). Mais est-ce qu’on peut considérer que des personnes au SMIC ou avec des revenus faibles à moyens sont des privilégiés ? Car comme ton article le montre bien, ce ne sont pas les riches ni même les classes aisées qui se soucient d’écologie…

    En tout cas, j’en viens à la même conclusion que toi : justice sociale et justice environnementale vont de pair. L’écologie n’est pas une mode d' »eco-truc » ou de « green-machin », c’est une remise en question profonde et radicale de notre modèle de société. Et ça, quand on réalise que c’est impossible tant qu’on continue à passer du vernis vert sur nos petites vies, ben ça fait pas plaisir.

  27. Merci pour cet article très pertinent, intéressant à lire et qui fait travailler les méninges. D’autant qu’il résonne en moi car j’ai écrit un article il y a un ou deux ans qui posait la question : doit-on être riche pour changer ses habitudes ? Je n’ai pas relu cet article depuis un moment mais pour sur, le relire après avoir lu tes mots me fera prendre du recul sur ce que j’avance. Et merci pour cette remise en question.

    Je partage l’ensemble de ton points de vue et je ne suis pas une fervente de la politique des petits pas, j’ai toujours trouvé que c’était une façon de noyer le poisson et de mettre de côté les véritables problèmes : des politiques qui n’en ont rien à faire de la justice sociale et du climat.

    En tout cas, je garde tes mots dans un coin de mon esprit et ton article sous le coude pour le partager dans une prochaine veille !

  28. Zoé

    Holala Pauline.
    Je te lis très régulièrement (avec toujours beaucoup de plaisir) sans jamais me manifester. Mais là, je ne peux tout simplement pas me taire.
    Je te tire mon chapeau.
    Merci pour cet article, pour ces idées articulées de manière si ciselées, pesées, posées.
    Merci pour cette analyse lucide et éclairée.
    Et merci de m’avoir secouée.

    Avec tes mots soignés, tes idées fortes et ta personnalité puissante, tu représentes dans ma tête l’exact modèle de « grande personne » à qui j’aspire à ressembler.

  29. Merci infiniment pour cet article que beaucoup (tous?!) devraient lire. Je ne peux m’empêcher de penser à ma propre situation en le lisant… Sans argent, j’avais certes des principes, mais à passer 6 mois avec un trou dans la chaussure, forcément quand j’avais 20 balles en poche, c’est chez le suédois que je me pointais. Aujourd’hui avec un compte en banque mieux rempli (à découvert tôt chaque mois mais tout de même un revenu qui tombe régulièrement ), je suis forcée de me rendre compte que c’est bien plus simple d’être en accord avec mes convictions plus éthiques et écologiques en ce moment car je ne suis plus que rarement dans l’urgence. Il y a tant à dire et je n’ai pas forcément les mots maintenant, merci à toi pour ton article.

  30. Val

    Ha mais vraiment…
    J’étais vegane zéro déchet je vivais à Brest je gagnais 1600e par mois à moi toute seule. Je faisais mes courses à la Biocoop. J’inspectais les emballages et la réputation des marques de chaussures que je comptais acheter, j’avais pas de voiture. Il y a 5 ans.

    Je vis à Bordeaux je suis dans un foyer de 3, nos revenus tout compris avec aides s’élèvent à 1800e tout au plus, obligé d’avoir une voiture et de payer lessence.
    Je porte les sous pull que ma mère me donne. Je fais un plein de courses tous les 15jours à Auchan Drive et quelques légumes au marché. Je fais des menus basques rapides pas veganes. Je n’ai ni l’envie ni l’énergie d’ouvrir un seul de mes livres veganes écolos qui étaient mes trésors il y a quelques années. Je passe pas mal de temps entre les rendez vous pole emploi les galères de CAF pour les déclarations mensuelles aller au CCAS pour les transports gratuits tous les trois mois.

    Et j’ai ma copine blindée parisienne sans gosse qui me dit « tu crois vraiment pas que vous ne pourriez vous passer de sopalin ? »

  31. Wow très bon article tellement bien écrit et tellement vrai! Tu as dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Merci de nous déculpabiliser, car oui même si les initiatives écolos sont 1000 fois les bienvenues, et les blogueurs les promouvant également, nous, personnes lambdas (pauvres ou moins pauvres), nous nous sentons sermonés et culpabilisés quand nous ne pouvons nous offrir par exemple des fringues éthiques ou cette super paille inox à 10 balles (On nous dit mieux vaut acheter un bon jean à 200 balles mais éthique que 5 jean H&M à 20 balles… et si on veut pas s’en acheter 10 en fait?? On peut aussi acheter peu de pieces fast fashion hein!)

    alors juste merci :-)

  32. Alena

    M E R C I
    J’ai eu envie de pleurer en lisant ton article très juste, ce qui a à mon sens explicité que je ressentais un malaise sans réussir à vraiment l’identifier.

    (comme déjà dit dans les commentaires précédents, il y a dans certaines villes des marchés où on peut acheter local et véritablement moins cher qu’en grande surface, mais encore faut-il avoir les créneaux disponibles pour ces marchés ! Je travaille à temps plein, galère au SMIC en région parisienne, sans voiture, et c’est pas évident pour moi d’aller faire mes courses au marché quand il pleut le dimanche matin (adieu séance de boxe) avec 30 min de marche alors que sur le retour du boulot en bus en fin de journée je peux passer faire qques courses en supermarché.
    Du coup ce serait vraiment chouette si certains producteurs recommençaient à faire comme on faisait pour le lait avant : venir déposer chez les gens à une heure prévue le matin/soir leur commande !)

    1. Merci beaucoup à toi, d’avoir souligné que oui des solutions économiques ET écologiques existent, mais que bien souvent, c’est le temps/l’énergie qui manquent pour s’y consacrer !

  33. Sarah

    MERCI pauline pour ce super article !!!! Je suis 100% d’accord
    « Que leurs coûtent leurs efforts, aux riches, par rapport à ceux des pauvres ?  » … tu as tout dit !!

  34. Tellement d’accord avec ton article ! J’ai connu une période très compliquée financièrement et même si j’ai toujours essayé de rester aussi écolo que je le pouvais sur certains points (l’habillement notamment) c’est compliqué voire impossible. Aujourd’hui mes finances vont mieux mais il se trouve que si j’étais devenue précaire c’est à cause de problèmes de santé toujours bien présents. Il y a une culpabilisation énorme genre « c’est facile de cuisiner en plus t’as que ça à faire ». Certes mais certains jour me faire un thé est au dessus de mes forces alors faire le marché, trouver des produits locaux que je peux me payer (le bio est définitivement trop cher pour ma bourse), rentrer, cuisiner, c’est toute mon énergie de la semaine ! Même si ce n’est pas pour les mêmes raisons je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis. Merci pour cet article !

  35. Chloe

    Très bel article. J’ai commencé a faire des changements il y a plusieurs mois et c’est vrai qu’on ne dit pas assez à quel point c’est cher le « zéro déchet », « bio », »produit de bonne composition »… J’aimerais faire plus d’efforts (pour moi et la planète) mais oui quand tu n’as pas beaucoup d’argent c’est compliqué. Acheter un deo de bonne composition à 12€, pas beaucoup de monde a les moyens. Ça m’épuise quand je vois les gens te dire qu’il faut plus recycler (alors que les 3/4 du plastique en France n’est pas recyclé), qu’il faudrait faire ci et ça. Pour moi le changement doit d’abord venir des industriels qui devraient revoir les emballages et remplacer le plastique. Ça doit venir de ceux qui ont le plus d’argent, ceux qui conçoivent les produits… J’ai l’impression qu’on demande toujours aux plus pauvres de faire plein d’efforts alors que c’est déjà assez difficile de vivre. Parfois je me dis que je pourrais faire plus mais je fais déjà ce que je peux avec mes moyens et c’est bien. Je n’ai pas envie de me sentir coupable parce que je vois toutes ces youtubeuses me montrer tout ce qu’elles ont réussi à changer et tous leurs produits de bonne composition et leur tee-shirt éthique qui coûte 80€. Mais j’ai envie de continuer mes petits pas pour consommer mieux parce que c’est important. Alors oui ça sera long et si je ne gagne pas plus dans les prochaines années peut-être que je ne pourrais pas être là où j’aimerais mais je fais avec mes moyens. Merci pour cet article déculpabilisant.

  36. Bonsoir,
    Je découvre votre blog avec cet article.
    Bravo pour votre courage d’exprimer ce point de vue.
    Je blogge depuis peu, et je deviens de plus en plus écolo (portée par les autres blogueuses), j’avoue je suis une écolo de la dernière vague.
    Je parle de ma démarche écolo sur mon blog mais je me sens mal à l’aise quant à la suite du blog. En effet, comment pourrais-je monétiser mon blog alors que je n’aime pas parler trop des marques ? Car je fais du zéro déchet avec ce que j’ai sous la main. Je n’achete pas toutes ses marques sur Internet parce que çà coûte une blinde et les frais de port et l’empreinte carbone !! Je n’ai pas envie de faire l’éloge des marques alors que je suis pour la débrouille. Mes tuptup viennent de chez Action. Et je finis tous mes produits pollueurs avant de les remplacer par du durable (faut pas abuser).
    J’ai de la chance dans ma vie sur le plan financier, mais je suis mal à l’aise avec l’idée de prôner le minimalisme et de pousser mon lectorat à acheter des produits.
    Cela ne me plait pas et ne m’intéresse pas.

    Bref, Merci pour ton article. Merci parce que je suis en train de trouver les réponses pour la suite. Ton article m’inspire.

    1. Bonjour Céline,
      Il y a toujours la possibilité de… ne pas monétiser son blog :D soit du tout, comme le font quand même énormément de blogueuses, soit pas par la voie commerciale en pensant au financement participatif (comme Tipeee par exemple). Tout ne doit pas forcément être monnayé par le capitalisme, parole d’une blogueuse qui travaille gratuitement depuis presque 10 ans ^^ Merci pour ton commentaire :)

  37. Huguet

    Un seul mot: merci. Je me sens souvent perdue face a tout ses causes qui doivent défendues a tel point que je ne sais meme plus par ou commencer et tu finis par culpabiliser d’acheter des kiwis parce qu’ils sont sous plastique ou bien de porter un t shirt H&M. Mais tout ce que tu as resonne fort dans ma tete, et fait tellement tellement de bien… alors merci vraiment.

  38. Lucie

    Alors d’abord j’ai adoré cet article, c’est un condensé clair et bien écrit de réflexions que je me fais régulièrement, et je pense que je l’enverrai aux gens avec qui je débat sur le sujet !
    Au sujet de l’argument courant de l’achat de vêtements éthiques pour une question de durabilité (en plus de celle des matériaux, des travailleureuses etc.), je te conseille fortement, si tu la voit avant qu’elle ne disparaisse, la story de whatlydiamade à ce sujet – elle dit en gros que beaucoup de créateurices indépendant.e.s de mode éthique ont appris à coudre seul.e et n’ont donc pas l’expérience qu’ont les couturièr.e.s qu’emploient les marques de fast fashion, et que dénigrer le travail de ces personnes (par ailleurs précaires), c’est franchement gênant + qu’elle a grandi dans une famille pauvre, avec une mère qui achetait de la fast fashion et que ces vêtements sont passés par plusieurs générations d’enfants. Bref l’idée c’est que mode éthique ne veut pas forcément dire qualité impeccable et durabilité pour les 58 prochaines années.

  39. Bonsoir Pauline,
    Je t’ai découverte ce 8 mars au détour d’une recommandation sur Instagram, je me suis abonnée aussitôt, en me promettant d’aller lire ton blog quand j’aurai le temps… et puis, j’ai vu passer le titre de cet article dans tes stories. Et je suis venue lire, comme ça, par curiosité, pour faire connaissance… eh bien, je dois t’avouer que j’ai pas été déçue, j’ai même pris une sacrée claque. Je t’ai lue d’une traite, debout dans la cuisine, accrochée à mon téléphone, les larmes aux yeux et la boule dans la gorge. J’ai attendu plus d’une heure que l’émotion passe et elle n’est pas passée, donc je prends quand même mon clavier pour te dire Merci. Merci. Merci.
    Mais que ça fait du bien ! Je ne suis pas particulièrement écolo, pas dans le sens militant en tout cas (oui, je considère qu’un vrai engagement implique du militantisme, en fait ! ;) ) et je ne suis pas végéta*ienne. Mais je suis ultra-sensible à la justice sociale, les conditions de travail, toussa toussa… et j’essaie de faire attention à ce que je consomme, à la fois d’un point de vue de production éthique, écologique et sanitaire… mais que c’est dur, quand on a un petit, tout petit budget. Que c’est dur de consommer à la hauteur de ses principes. Que c’est dur cette culpabilisation incessante, cette injonction à consommer mieux, utile, qualitatif, quand toi, tout ce que tu peux faire, c’est essayer de manger à peu près équilibré, de doser le chauffage l’hiver pour ne pas te ruiner/polluer la planète tout en t’assurant que ton fils ne chopera pas une pneumopathie… que c’est dur de culpabiliser en achetant ton shampooing à Lidl quand tu aimerais pouvoir te payer un shampooing solide pour tester. Ok, mais si je teste et que je n’aime pas ou que ça ne me convient pas ? Quel argent gâché ! Cet argent qui aurait servi à me racheter un pantalon parce que le mien a craqué et que je n’ai plus un radis pour le changer (et qu’on ne me parle pas des friperies. Etant ronde, je ne trouve que rarement mon bonheur dans les friperies à côté de chez moi… c’est trop aléatoire pour compter dessus pour m’habiller en cas de besoin).
    Bref, chacun de tes mots, chacune de tes phrases a résonné en moi. Merci pour ça, pour donner aussi une autre voix, une autre saveur à cette blogosphère « green » que je ne suis que de loin car trop éloignée de mon mode de vie.
    Tout comme je me suis détachée de la blogosphère de la parentalité positive (du coup, je rebondis sur un autre de tes articles) pour les mêmes raisons : arrêtons de faire porter le chapeau, TOUT le chapeau, aux gens sous prétexte de responsabilité individuelle ; arrêtons de nous dépolitiser, et de dédouaner les sphères politiques et économiques de leurs responsabilités ; arrêtons de fonctionner à coup de culpabilisation.
    Quand j’y pense, je suis (comme tant d’autres !) la cible parfaite de ces discours culpabilisants : une mère parfois dépassée qui crie sur son enfant, qui n’a pas les moyens de lui faire faire une activité sportive ou culturelle toutes les semaines, qui lui donne à manger des légumes pas bio et des goûters pas (toujours) faits maison, qui le met parfois devant la télé pour avoir le temps de souffler ou être au calme pour passer ce coup de fil très important, … bref, juste une mère, une femme, une citoyenne qui fait comme elle peut, avec ce qu’elle a, en essayant de rester en adéquation avec sa conscience politique et ses convictions d’ultra-gauche, tout en étant entrepreneure parce que fuck le salariat…

    En fait, à te lire, je me dis que nous avons une chose à faire : nous foutre la paix pour commencer.

    Et je m’en vais de ce pas, découvrir le reste de ton blog, et aller explorer ce qu’est le club de lecture féministe, parce que je pense aussi que le changement social, économique, politique, écologique, … viendra de là : le féminisme.

    1. Un immense, immense merci pour ton commentaire et ton témoignage Sofia <3
      (et tout à fait d'accord : je pense vraiment que la clé, c'est le féminisme !)

  40. Hello ! Merci pour avoir partagé ton avis sur ce sujet. Je vais certainement être à contre courant dans les commentaires mais bon .
    Ce point de vu me fait réfléchir, en lisant tes mots j’ai vécu une montagne russe : je suis passée de « non mais pas du tout ! » à « oui ok ça c’est clair… ».
    Je pense que cette société de consommation n’est pas faite pour les très pauvres. Ils ne peuvent pas consommer comme les autres. Ils doivent faire des choix au quotidien, et je comprends que cela doit être frustrant.
    Je précise que je ne suis pas riche, je suis au SMIC ;). J’ai eu beaucoup de frustration avant de modifier ma vision.
    N’est ce pas là le problème majeur : la vision ?
    S’extirper et peu consommer n’est-il pas meilleur au final ?
    Qu’en penses-tu ?

    1. Mais je suis vraiment très d’accord hein (j’ai quand même écrit que le capitalisme tue, c’est dire si le consumérisme et moi on est peu copains). Seulement encore une fois : c’est vraiment injustifiable, à mon sens, d’enjoindre « les pauvres » (sans différenciation de capital culturel par exemple) à revoir leur vision de la consommation, ce qui demande de l’énergie, du lâcher-prise, et un certain confort (une stabilité, dirons-nous). Et c’est gonflé vu que la plupart des riches, eux, se gavent dans le plus grand des calmes :)

  41. Coucou
    Tu article est génial et vraiment intéressant . Je me suis totalement reconnu en toi car moi aussi j’ai eu une période où je n’avais pas d’argent pour pouvoir me permettre de choisir mon mode de consommation. Même si aujourd’hui tout va mieux, j’ai pas un bon souvenir de cette période…
    Ta réflexion est très intéressante et je te souhaite tout le courage du monde ❤️

  42. Bonjour Pauline ! Merci d’avoir pris le temps d’aborder – avec intelligence, justesse et clarté – un sujet sur lequel je n’avais encore rien lu d’aussi intéressant et pertinent sur la blogosphère jusqu’à présent… Je suis de plus en plus consciente de ma place de privilégiée ces dernières années – j’ai l’espace mental, le temps et un minimum de moyens me permettant de faire des choix de consommation réfléchis, éthiques, écologiques etc. – mais ton article me permet de réaliser que malgré cette conscience, mes propos et le fond de mes articles ne sont peut être pas aussi inclusifs que je le pensais ou que je le souhaiterais… Et j’en suis sincèrement désolée. Donc merci pour ce partage personnel par lequel toute personne engagée devrait se sentir concernée.

  43. Sur ce, je m'en vais feuilleter le reste de ton blog :)

    Merci pour ce temps passé à rédiger cet article et merci pour son objet.
    Aujourd’hui, je suis dans la tranche des pauvres. L’écrire me fait chier. Il y a quatre ans mon compagnon et moi gagnions bien notre vie et d’abord par curiosité on avait revu notre manière de nous nourrir, en achetant local autant que possible et bio.
    Aujourd’hui ce n’est plus le cas et le constat s’est très vite avéré qu’avec peu d’argent tu vas à l’essentiel et que le ces belles carottes des sables bio, le quinoa bio (ou le quinoa tout court d’ailleurs), ne fait plus partie des aliments que tu vas déposer dans ton panier. Après je ne me plains pas, comme tu le dis, je m’estime encore bien heureuse d’avoir un toit au dessus de la tête, de pouvoir manger.
    La mode est sans doute ce qui me touche le moins. Même quand j’avais un peu plus d’argent j’ai toujours considéré cette idée être une idée « de bourge ».
    J’ai grandi dans un milieu très modeste avec 2 soeurs et un frere. Je n’ai jamais été habituée à dépenser de l’argent là dedans, on récupérait le vêtement que la soeur du dessus avait eu la consigne de ne pas abîmer et il passait ensuite à la soeur suivante.
    Sur la blogosphère, sur instagram etc, tout le monde y va de ses petites considérations éthiques. Celles qui lancent leur marque, boutique éthique, green, made in france. C’est cool et j’aime voir ces personnes s’épanouir dans ce qu’elles aiment, c’est inspirant, c’est ce qui me donne envie de les lire et les suivre. Mais je ne me sens pas vraiment concernée et leur discours est souvent tellement culpabilisant ou complètement à côté de ma réalité que j’en deviens agacée.
    C’est un peu comme si on me disait que j’ai le choix entre dépenser 10 fois 100 balles en fringues issues de la fast-fashion (rien que ce terme m’exclut) qui vont me durer 6 mois, ou de dépenser une fois 600 balles dans des fringues éthiques en coton bio fabriquée en france par de petits artisans qui vont me durer toute la vie. Mais à aucun moment je ne suis face à ce choix, ma réalité est que j’ai trois robes d’été pimkie depuis 10 ans et que je tourne entre 2 paires de chaussures. Et encore une fois, je ne me plains pas je ne dis pas que comme je ne peux pas me le permettre c’est une idée pourrie de dépenser 600 euros pour ce manteau magnifique qui tient tellement chaud, mais je ne peux pas faire partie de ce choix d’éthique et écouter ces blogueuses parler comme si « hé c’est fastoche, t’as qu’à pas aller chez Mango pendant 2 mois et tout l’argent que t’as « économisé » tu le mets dans cette belle pièce » comme si y avait qu’à faire le bon choix.
    Enfin merci pour cet article, il est très bien écrit et déculpabilisant (et j’avoue, ça me fait du bien de ne pas me sentir comme « pas éthique, pas écolo, pas green », comme si je pouvais me permettre ce genre de considération…)

  44. En voilà un article de qualité, bravo Pauline.

    Cela faisait un moment que je n’étais pas venue lire ton blog, je suis heureuse de retrouver le chemin de tes mots aujourd’hui.

    J’ai été moi aussi par moments prise au piège de la consommation version green washing, aujourd’hui, j’ai pris un peu de recul par rapport à tout ça.
    Je ressens un profond malaise quand je vois comment le zéro déchet et l’écologie prennent place dans les médias et les réseaux. On ne fait que recopier les travers de la consommation classique en glissant des arguments comme le mot « éthique » à tout va.
    Quand on comprendra que c’est l’usage qui doit changer, pas les objets, on aura déjà fait un grand pas…
    Mais c’est bien difficile de comprendre cela quand tout nous pousse, dans la société, à consommer tout le temps et partout.

    Sinon, ton article me fait aussi penser à une phrase de Rob Hopkins (« monsieur transition ») entendue lors d’une de ses interventions. Nous étions plusieurs membres d’associations de transition écologique et citoyennes à ses côtés. Idiots, nous avions encore la vision des petits bobos convaincus d’être mieux que les autres face à des personnes pauvres qui achetaient de la nourriture et des vêtements discount. Quelqu’un a demandé comment faire pour que les classes les plus pauvres se mettent à l’écologie. Il a répondu : « les personnes défavorisées, en réalité, n’ont pas une grosse empreinte carbone… Ce sont les riches qu’il faut convaincre ».
    Et bien sûr, les convaincre de faire la transition, réellement, de mutualiser, d’être dans la sobriété, pas d’acheter des baskets vegan.

  45. Tom

    Bonjour Pauline,

    Très belle article, il est vrai que globalement plus on est pauvre plus on est écolo car on consomme moins.

    D’ailleurs il ne faut pas faire l’amalgame bio = écologique ce qui malheureusement souvent pas si simple et souvent faux.
    Surtout sur les produit importés et hors saison. il y a une très bonne vidéo là dessus:
    Le bio : toutes les bonnes raisons pour y passer
    https://youtu.be/2P4Pw1V_ou0

    Les solutions politiques essayant de limiter le dérèglement climatique impacte souvent beaucoup plus classe populaire que le classe aisés. L’exemple récent de la taxe carbone est très symptomatique de ce phénomène
    https://youtu.be/M8pIJaQBe3M

    Je trouve par exemple anormal le prix extrêmement bas de certain billet d’avion, dont le Kérosène n’est pas taxé.
    On peut trouver des Paris-New York au prix d’un billet train Paris-Marseille !

    Personnellement une des solutions contre le dérèglement climatique serait la prise en charge complète du renforcement de l’isolation des logements individuels en priorité pour les foyer les plus modestes . Cela réduira fortement la précarité énergétique.

    Je conclurait qu’il n’y a pas d’énergies et de produits ‘green’. Il y a juste des produits et énergies ayant moins d’impact sur notre écosystème.

  46. « Pour se documenter sur les alternatives à la consommation traditionnelle, pour déconstruire nos automatismes et mettre en place de nouveaux comportements, il faut plus que du temps. Il faut surtout de l’espace mental, un luxe que la pauvreté n’autorise pas » : MERCI pour ton article ; d’avoir si justement mis des mots sur un malaise. Oui être BOurgeois-BOhème c’est avoir du capital financier; mais surtout du capital socio-culturel, de temps, de représentations… Qui permettent de questionner ses valeurs et faire des choix alternatifs.
    Certes, que de plus en plus de « stars du web » en parlent, permet une plus grande sensibilisation à l’écologie.
    Mais d’un autre côté, j’ai l’impression que la blogosphere Green (et je n’oublie pas de me remettre en question) fonctionne en circuit fermé, à convaincre des convaincus aux bienfaits des sacs à vrac, et initier des initiés aux vertus des bocaux.
    Hors la question dépasse ce cercle de partage; car quand on s’en extrait, rien qu’en allant au supermarché, plutôt qu’en magasin bio, on réalise que les priorités et valeurs sont profondément différentes dans les faits. Avant même de l’être dans les intentions; car le choix est plus aisément alternatif pour certains. Qui doivent réaliser qu’ils sont privilégiés.
    Toutefois, certaines alternatives comme la seconde main mériteraient d’être plus « populaire » car elle est largement accessible

  47. Anne

    Merci pour ton article très intéressant !

    Étant moi aussi « pauvre » (200€ pour vivre une fois toutes mes charges fixes éliminées… si je n’ai pas déjà fini à découvert le mois précédent) je voudrais tout de même nuancer les choix dont tu parles.

    Peut être parce que je fais partie d’une asso ecolo qui malgré la situation d’urgence actuelle veut défendre une vision positive de l’écologie où chacun agit à la mesure de ses moyens, j’ai moi-même acquis cette vision.

    Peut-être aussi parce que la moitié de l’asso vit avec des revenus faibles, et donc que nous cherchons des solutions variées et adaptées à tous, les choix possibles me paraissent plus larges qu’à toi ?

    Du coup, je sais que ce que je fais n’est pas exemplaire, mais je fais mes petits pas, et j’essaie de propager des solutions adaptables à tous.

    Ainsi, je n’ai pas de dentifrice zéro déchet, mais mon dentifrice bio me coûte 2€ et j’essaie de le faire durer.
    Je n’ai que des vêtements fast fashion mais comme j’achète peu (moins d’1 à 2 vêtements par an tout confondu) mon impact est limité. Et pour mes prochains achats je penserai à Emmaus et aux friperies, solution tout aussi éthique que la mode éthique. On peut aussi faire réparer des vêtements, ainsi mon copain a fait réparer jeans, veste en cuir à chaque fois pour moins de 5€ à un pressing qui propose ce service.

    Côté alimentation, non je ne mange pas que bio mais je ça représente quand même au moins 2-3 de mes achats alimentaires. Pour les légumes, le pain et les œufs, je suis dans une AMAP qui a un tarif solidaire, donc c’est très économique et il reste juste à compléter avec le reste. Je privilégie le vrac, compare les prix de mes basiques préférés entre plusieurs magasins bio pour aller au moins cher (bon, ça c’est un avantage de citadine en revanche !)…

    Bref je ne vais pas tout détailler, mais juste pour ceux qui suite à ton article penseraient qu’ils n’ont pas de solution, j’avais vraiment envie de dire :
    – ne culpabilisons pas, l’ecolo idéal n’existe pas, faisons à la mesure de nos moyens,
    – dans pas mal de domaines, il y a des solutions très économiques et simples à adopter.

  48. Joanne

    Whaou, merci pour cet article qui reprend toutes les conclusions auxquelles je suis arrivée ces dernières années ! Épouse et maman de 36 ans, nous avons un seul petit salaire pour 3 et peu d’aides également ( j’ai été indépendante avant et n’ai pas retravaillé depuis donc pas d’aide ) et je ne cesse de culpabiliser de ne pas pouvoir faire plus …
    Nous mangeons majoritairement bio, mais des produits simples et peu de douceurs à côté, pour que mon enfant puisse manger bio. C’est donc la majorité de notre budget qui passe dans ces achats de produits basiques et nous adultes, nous ne nous achetons ni vêtement, ni produit superflu pour lui offrir cela. Nous ne partons jamais en vacances, n’avons pas la possibilité de nous déplacer en voiture sur de longues distances non plus. Le train, je n’en parle même pas. Pas de restaurant, quelques fois une pizza ou la cafétéria du supermarché avec les tickets resto ( et c’est la fête !).
    Je ne peux pas acheter éthique pour les vêtements. Je dois habiller mon fils avec des basiques chez Kiabi ou Okaïdi quand il y a des soldes ou de seconde main si jai la chance d’en trouver. Nous devons acheter nos chaussures chez Gémo, en soldes, j’essaye d’éviter le cuir, mais le choix est très restreint du coup. Et bien sûr, une paire en hiver et une en été pour tous; on fait durer sur l’année suivante si possible. Je suis devenue une experte en épluchage de ventes privées et pour fouiller chez Noz. Pourtant, j’ai une conscience écologique très forte depuis l’enfance, ai travaillé en supermarché bio, ai eu ma propre boutique de produits de petits producteurs bio, ai toujours le plus consommer bio et local possible, utilise des cosmétiques bio depuis l’âge de 20 ans ( mais Lavera, seule marque qui me convient dans mon budget et savon solide ) etc …
    impossible pour moi d’investir dans plus pour le zéro déchets. Je suis souvent désespérée devant cette absence de choix, mais toutes les factures ont augmentées et nous vivons déjà à 3 dans un HLM de 60m2, je ne peux pas mieux faire :-(
    J’étais devenue végétalienne également, mais pour des raisons de santé, c’est compliqué pour moi ( mes intestins ne supportent pas les protéines végétales, vu sur 4 ans, un vrai casse-tête et crève-cœur pour moi) et j’ai du remanger du fromage (chèvre, brebis ) et des œufs, protéines facilement accessibles aussi, que j’essaye de prendre en bio et venant de petites coopératives, mais pas toujours possible.

    J’ai du arrêter le yoga, même en MJC, et la relaxation. Plus les moyens non plus.

    et je pourrais continuer longtemps comme ça. Mes gros luxe? mon rouge à lèvres Santé à 12€, un cinéma, une tablette de chocolat noir au sucre de coco Dardenne à 4€, un tchaï latte soja dans un café, une visite en train à une amie qui habite à 80km ( et encore, on a du repousser plein de fois), un magazine ( mais pas en même temps, un luxe ou 2 par mois ! )

    Donc oui, merci pour cet article qui me fait me sentir moins seule, et me permet de souffler un peu ! J’ai mis du temps à accepter que je faisais partie des pauvres. Je n’envisageais pas ma vie comme ça adolescente. Mais certains choix, que je ne regrette pas, et certaines circonstances, font que …

    Et mon entourage est composé d’amies pauvres, mes parents, ma famille, en est composée aussi … on a tous fait des choix différents. Des choix de liberté ( artistes, créateurs, musiciens, etc) mais qui nous empêchent d’être aussi écologiquement actifs que nous le voudrions … en même temps, nous ne sommes pas ceux qui polluons le plus vus notre manque de pouvoir d’achat et notre impossibilité à nous déplacer ;-)

  49. Bravo Pauline pour cet article absolument passionnant qui, je crois, permettra à beaucoup d’entre nous d’entamer une réflexion salutaire.

    De mon côté, je peine un peu à savoir comment remettre en question mon travail au regard de ce que tu exprimes ici; il me faudra certainement un peu de temps pour intégrer vraiment cet éclairage et en nourrir mon propre point de vue. En fait, ce qui me perd un peu, c’est que tout en étant absolument consciente de mes privilèges et du fait que les options de consommation que je mets en avant ne sont pas toutes accessibles au commun des mortels (parfois pas même à mon propre budget d’ailleurs), je n’ai jamais eu l’impression de fustiger les pauvres ou de les culpabiliser d’une quelconque façon dans leur rapport à l’écologie.

    Mon contenu s’adresse en grande partie aux catégories sociales moyennes et élevées, c’est certain, puisque comme tu le soulignes, seules ces personnes bénéficiant d’un certain confort ont le luxe de se préoccuper des conséquences éthiques ou écologiques de leur consommation. Mais en fait, c’est justement là mon propos: ce sont à ces personnes que je veux m’adresser en leur proposant des alternatives plus conscientes, en déconstruisant le consumérisme irréfléchi, en portant un esprit plus conscient et plus responsable, précisément parce que ce sont elles (et je m’inclus dedans) qui ont la possibilité de faire mieux. Le fait qu’une personne en difficulté rachète son sous-pull chez H&M ne me choque absolument pas, et encore heureux; ce qui m’embête, c’est que les personnes qui ont envie de nouveaux vêtements passent chez H&M dépenser 150€ au lieu de choisir une option plus éthique (par exemple du seconde main, ou une chouette marque plus « slow ») ou simplement d’éviter ces achats inutiles – et encore, mon ressenti n’est pas une colère contre eux précisément mais plutôt contre le système qui fait que ces options fast fashion sont tellement plus accessibles et plus inclusives.

    Dans ma tête, il a toujours été ultra clair que chacun.e fait du mieux qu’il/elle peut selon sa situation, et que l’on n’a pas toujours le choix. En aucun cas je n’ai voulu donner cette impression ultra capitaliste d’un mode de vie green qui consisterait uniquement à acheter plein de choses chères mais bien faites, et dont les pauvres seraient donc les mauvais élèves. L’écologie c’est mieux consommer mais aussi tout simplement moins consommer, et comme tu le soulignes, les critiques doivent concerner principalement les classes sociales plus aisées qui dépensent beaucoup plus d’argent que les autres.

    Je suis personnellement partisane d’une approche positive et « pédagogique » donc j’ai effectivement une tendance à proposer des conseils / astuces / infos pour réduire l’impact de notre consommation dans différents domaines (je l’ai fait pour la mode, pour les plantes, pour le voyage…) et je n’étais pas du tout consciente que cela pouvait être vu comme un délire de riches. Pour moi ça ne l’est pas, c’est simplement une manière d’offrir une porte d’entrée accessible aux personnes qui se sentent responsables dans ces domaines et qui veulent s’améliorer – encore une fois, ça ne concerne donc pas tout le monde, mais je ne pensais pas que le fait de m’adresser à une tranche de population (parce qu’elle fait sens pour mon propos, donc) pouvait créer un sentiment négatif chez les personnes qui malheureusement ne peuvent pas se permettre ces préoccupations. Je le comprends mieux maintenant, et j’en suis désolée, mais à la fois je ne sais pas du tout comment faire autrement: je veux vraiment partager ces astuces et ces pistes de réflexion parce que je crois sincèrement qu’elles peuvent faire une différence si mon lectorat concerné en prend conscience…

    Bref, je suis vraiment perdue et « puzzled » comme diraient les Anglophones. Je suppose que le concept-même du blogging, du partage d’expérience, engendre des discours qui sont forcément moyennement inclusifs – surtout dans le cadre d’un blog effectivement très personnel et non politique comme le mien. Je ne changerai certainement pas le monde via ce biais, mais je suis navrée d’avoir pu participer à cette frustration et cette colère dont tu parles, et je ne sais pas du tout quoi faire pour l’éviter.

    Une réflexion s’amorce grâce à toi, on verra où ça me mène ! :)
    Merci encore d’avoir partagé ton ressenti avec nous, et plein de courage.

  50. Enorme article. Bravo.
    Tu parviens à mettre des mots sur une réflexion que j’ai depuis quelques mois, et qui me dérange de plus en plus en tant que personne et influenceuse avec l’étiquette de « bobo-écolo » (que je ne me prive pas de mettre à mes collègues influenceuses également!
    J’ai travaillé pendant 3 ans pour des organisations dans l’écologie. C’est ça qui m’a permis de changer de cap, de m’intéresser plus à ce qu’il y a autour de moi. Oui, mais.
    Je sentais parfois comme un univers édulcoré, un peu trop beau, trop mignon, trop surfait. Et puis du coup, je recrachais machinalement ce que j’apprenais alors je me prenais des réflexions de mon copain « tu crois vraiment que c’est accessible aux personnes défavorisées le bio » ? Et c’est là où j’ai commencé à remettre en question toute cette sphère, et moi par la même occasion.
    Alors, j’ai repris mes études pour faire un master en ESS (je le reconnais, financièrement ce n’est pas du tout donné à tout le monde de pouvoir faire ça) et pour pousser plus loin ma réflexion.
    Et là, je me suis rendue compte que j’étais devenue le cliché de ce qui me faisait fuir l’écologie avant : donneuse de leçons, élitiste dans ses choix, ses goûts, vivant au dessus de ses moyens juste parce que c’est mieux pour la planète. Ma formation m’a permis d’ouvrir les yeux là-dessus et de me rendre compte que la bulle de parisien écolo-bobo n’est pas facile à percer. Depuis, je m’intéresse de très près aux questions sociales parce que je pense qu’on ne pourra jamais démocratiser, rendre accessible les questions écologiques sans inclure les personnes exclues par la société actuelle. Je bosse pour une asso de réinsertion sociale, qui aide des personnes particulièrement exclues… Et je me rends compte que les questions écologiques, elles sont souvent loin de leurs préoccupations premières comme avoir un toit au dessus de sa tête ou manger tous les jours ou encore avoir des papiers pour pouvoir travailler. Enfin bref, tout cela me fait tellement redescendre sur Terre à tel point que je suis devenue beaucoup moins exigeante avec moi-même et avec les autres… Je fais moins les choses avec autant d’investissement et d’implication parce que probablement, quelque part, je ne suis plus autant à l’aise avec cela… Pour autant, je vais aller à la marche du siècle ce samedi parce que je continue à être militante à titre personnel. Aussi, parce que je ne sais pas comment exprimer mon point de vue politique (car oui, c’est forcément politique). J’aimerai qu’on ne mette pas « pour une justice sociale » à la fin de chaque publication juste histoire de ne pas oublier les personnes exclues… Et puis en même temps, j’suis pas dans cette situation moi, je fais partie de ces personnes qui ont grandi dans une famille plutôt privilégiée, qui même si je suis étudiante aujourd’hui, je peux quand même me faire un peu plaisir de temps en temps. J’aimerais simplement que cette bulle éclate et qu’on se prenne tous un grand coup de pelle dans la tronche pour bien remettre les pieds sur terre et se rendre compte qu’on doit arrêter d’exclure les gens de ces débats et qu’on doit arrêter de juger « le pauvre » parce que c’est lui qui nous apprend le plus sur nous-même… Bon, je crois qu’il est temps de conclure : je suis entièrement d’accord avec tes affirmations. Bravo.

  51. Aude

    Merci pour cet article qui m’a fait monter les larmes aux yeux. Tu as mis des mots sur ma frustration « verte » depuis la montée de la médiatisation des gilets jaunes, et la cacophonie pseudo écologiste qui l’a entourée. Maman de trois jeunes enfants (oui, c’est pas écolo de faire des enfants mouhahaha bonjour la petite voix culpabilisatrice toujours un petit peu là… passons), en congé parental (assez de sous pour faire certains choix, mais budget limité quand même), et habitant en milieu rural, j’avais depuis plusieurs mois cette boule au fond de la gorge devant la réaction d’écolo-citadin (j’aime pas le terme bobo ;) ) d’une bonne partie de mes connaissances ou amis dans les réseaux écolo à l’encontre de la voiture, comme il y en a eu tant sur la toile… Je raconte un peu ma vie : la classe unique de mon fils aîné a fermé à la dernière rentrée scolaire, ils étaient 17 de la maternelle au CM2 mais c’était trop peu pour l’administration, et depuis, il fait 2h de bus par jour d’école, pour rejoindre une ville à 15 km, parce que en zone rurale, surprise, les bus font TOUS les petits patelins. Il n’a pas encore 7 ans et pire, l’an prochain, sa petite sœur qui aura 3 ans, va subir les même trajets. Je voudrai leur épargner ça de tout mon cœur… mais la seule possibilité c’est de les emmener en voiture (et sans covoiturage parce que comment proposer du covoiturage pour l’école avec 3 enfants sur les sièges arrières sans investir dans un 7 places; ce qui est inenvisageable pour notre budget), et je voudrai avoir le luxe du choix écologique de ne pas les emmener tous les jours en voiture mais la vérité c’est que financièrement, ça correspond à rajouter 60km par jour d’école (4*15km, puisque quand je les emmène, il faut quand même que je rentre chez moi pour la journée…), et rajouter ces 240 km/semaine au budget essence ce n’est pas possible, surtout que d’être à l’école loin, il faut rajouter la cantine tous les midi et que c’est pas donné (et je parle même pas de ce que je pense de la viande de qualité pourrie dont les enfants « bénéficient » en restauration scolaire, alors que je mange végé par conviction écologique)… bref, malgré toutes mes convictions, je voudrai bien avoir le luxe de NE PAS agir de façon écologique et faire les trajets en voiture, mais voilà, économiquement, je ne peux pas. Quelle ironie… Alors quand je voyais des réactions du type « franchement il suffirait de prendre le vélo, les gens sont trop égoïstes pour penser à la planète » sur les articles parlant du mouvement gilet jaune, je t’avoue que moi qui ne soutenais pas foncièrement ce mouvement au départ, parce que « la voiture c’est mal », et qui utilisais une cup et des mouchoirs en tissus il y a déjà 15 ans avant que ça soit à la mode, et qui vais consciencieusement faire mes courses en vrac/local/magasinBio j’avais vraiment vraiment (vraiment) la rage. Une rage frustrée, inaudible, la même que mes voisins, mon entourage « géographique », qui rencontrent les mêmes préoccupations de transports inexistants, d’éloignement des services publics, et de fin de mois difficiles… Une rage à bouffer les colibris, tout aussi mignons qu’ils soient. L’injonction d’écologie c’est bien joli mais encore faut il en donner les moyens, et cela ne peut se faire que par l’action, la décision gouvernementale, le positionnement politique. Parce que mes voisins, qui ont pour la plupart grandi dans ce village « rural profond », et qui n’ont pas fait des études en grandes ville, de voyages à l’étranger, ou de trucs militants comme moi, quand ce qu’ils peuvent visualiser de l’écologie c’est des « investissements de mode éthique » qu’ils ne peuvent pas se payer plus que toi et moi, et les taxes écologiques sur le carbone auxquelles on ne leur donne pas les moyens d’échapper, faut pas s’étonner qu’ils se sentent « sur une autre planète ». Ce qui est bien triste vu qu’on en a une seule, de planète… Merci de lier dans ton article conscience écologique et une réalité qui me ressemble plus que beaucoup de ce que qu’on peut lire en terme de blog « green », merci infiniment d’avoir mis des mots sur mon malaise devant l’étal indécent de produits écologiques/ZD/ Bio/Éthiques etc (sur ce, je vais découvrir le reste du blog maintenant… j’ai des hautes attentes du coup, vu le niveau de cet article ;) ).

  52. Ma

    Merci pour cet article !
    Ça résume très bien ce que je pense alors merci de l’avoir écrit.
    Autre exemple pour les femmes en situation de pauvreté qui veulent réduire leur déchets, passer des serviettes / tampons à la culotte menstruelle par exemple ça coute cher et c’est relativement inacessible.

  53. Margaux

    Merci pour cet article nécessaire qui exprime si bien les idées qui me viennent en tête à chaque fois que je vois un mec blanc CSP++ expliquer que l’écologique c’est pas si compliqué.

    Ce qui me marque personnellement le plus c’est l’ignorance du temps, de l’argent et de l’énergie que nécessite une transition écologique quelle qu’elle soit (zéro déchet, végane, fournisseur d’électricité ou autre), parce que même si cela peut (parfois) coûter moins cher à la fin cela coûte très cher d’opérer cette transition. Il faut investir du temps (beaucoup) pour se renseigner, se documenter et tester 1001 alternatives. Il faut aussi avoir l’argent à investir dans ces différents tests et évidemment la disponibilité intellectuelle de le faire. Quand je suis devenue végane par exemple j’ai acheté des livres (pour les recettes, pour me documenter sur le plan sanitaire et sur celui de la théorie) et j’ai acheté aussi des produits nouveaux. J’ai « gâché » de la nourriture avec mes ratés et j’ai pris beaucoup de temps pour me documenter sur le sujet et cuisiner de nouveaux plats. Enfin j’ai investi beaucoup d’énergie mentale pour abandonner des aliments auxquels j’avais un attachement affectif, pour éduquer mon entourage sur ma transition, pour discuter et « débattre » avec mes proches et moins proches.

    Si tu es un homme célibataire avec un bon salaire tu as en effet le temps, la disponibilité et l’argent pour explorer toutes ces pistes. L’écologie peut être ton loisir, ton centre d’intérêt comme tu pourrais faire de la poterie ou du karaté.

    Je ne dis pas que l’écologie n’a que ce but et que cette fonction, mais elle est un luxe qu’il faut pouvoir se payer. Elle a un coût économique et social non négligeable.

    Merci encore de l’avoir si bien exprimé.

  54. Merci infiniment pour cet article ! De loin le plus intéressant que je n’ai jamais lu !!! J’aimerai qu’il soit lu par tous le monde, par ce que ça permet vraiment de sortir de sa bulle !

  55. Julie

    Je viens de prendre le temps de lire votre article que j’ai vu passer sur Insta hier soir. Je suis aussi dans cette situation de précarité et dans l’envie de vouloir faire du zéro déchet. Je ne suis pas au RSA et je ne touche pas d’allocation chômage. J’ai un minimum vital et mon conjoint gagne peu. On bénéficie de l’épicerie sociale de la ville la plus proche. On s’en sort comme ça mais j’ai dû remettre mes convictions au placard. J’essaye de faire de mon mieux à mon niveau mais cela n’est pas chose aisée. Je vous remercie pour ce que vous dites car c’est tellement vrai. Je n’ai pas les moyens de mettre 90€ dans un sweat qui me durera 10 ans mais 5 ou 7€ dans un sweat issu de la fast fashion. On parle pas de ces pauvres qui font comme ils peuvent et pas comme ils veulent.
    Merci pour votre article. Je m’en vais le partager de ce pas!

  56. Quand j’étais gamine dans les années 90, nous vivions à 5 (1 mère et 4 enfants) avec un SMIC. Nous avions un potager où nous cultivons quelques légumes. Sinon, ma mère achetait au marché.
    Elle cousait nos vêtements, faisait ses produits ménagers, cuisinait tout elle-même, n’achetait jamais rien de superflu. Nous avions très peu de déchets. Du compost, quelques poubelles.
    C’était la façon de vivre la plus écologique que je connaisse. Parce que nous étions pauvres, que nous vivions à la campagne, nous étions très écolos.
    Aujourd’hui, il est plus difficile d’être écolo quand on est pauvre. Quand on vit en ville aussi.
    Je fais ce que ma mère nous a appris. Je gagne mieux ma vie qu’elle, certes, mais je continue à faire mes produits, je cours ce que je peux coudre, j’achète au marché directement aux producteurs. Et je n’ai pas de voiture, je circule uniquement à vélo.

    1. Merci pour ton commentaire Kiara ! Je pense en effet que l’accélération de nos modes de vie ne sont pas propices à l’écologie « naturelle » qui était malgré tout possible en état de pauvreté auparavant.

  57. Bref, a nouveau merci et BRAVO!

    WOW! Je ne sais même pas par où commencer…D’abord, merci pour l’article, il dit tout ce que je pense depuis que je suis arrivé a ce pays et que j’ai connu le monde « écolo/bio/green ». Je suis originaire d’un pays « en voie de développement », j’étais pauvre dans un pays des pauvres, et j’étais sans le savoir, écologiste. Nous n’avions pas l’argent pour manger de la viande tout le temps, ni pour manger des légumes hors saison. Quand j’avais 10 ans, je ne connaissais pas les MacDo car à l’époque (il y a 25 ans) c’était un truc de riches. Jamais un voyage en avion, même pas en voiture, pas les moyens de payer une. On n’achetions pas de fringues, j’ai hérité la presque totalité des mes habilles d’enfance. Quand je suis arrivé vivre ici, j’était effaré: des gens, des influenncers qui prônent pour manger de saison, moins viande, d’acheter moins des fringues…mais il ‘y a qu’eux, les gens privilégiés du nord mondial qui peuvent se permettre manger des tomates en hiver, manger la viande plusieurs fois par semaine, acheter selon ses envies ! Maintenant j’ai beaucoup plus de moyens qu’avant, et j’ai envie de me faire plaisir de temps en temps car je n’ai jamais eu la possibilité de le faire. Et quand j’entends des discours du genre « si moi qui était une accro au shopping, j’ai pu arrêter, toi aussi tu peux » j’ai juste envie de dire a ce gens là; que c’était finalement le temps pour eux, de bouger son cul…

  58. Soso

    Ton article rejoint beaucoup de ce que je pense de l’ecologie.
    Mais personnellement la chose qui me frustre le plus c’est : le temps.
    Les blogueuses écolos aiment beaucoup parler de faire les choses soit même que ça soit nos cosmétiques, nos repas pour mieux consommer et pass transformer, faire ses produits pour la lessive et le lave-vaisselles, etc.
    La plupart de ces blogueuses sont soit free-lance et travaille depuis leur domicile en aménageant leur emploi du temps comme elles le veulent soit femmes au foyer. Dans un cas comme dans l’autre c’est super pour elles.
    Mais ça me saoul royalement quand comme tu dis on nous sort le fameux « Être ecolo c’est pas plus cher », parce que même si ça peut être effectivement le cas, ça prend du temps…
    Quand tu passes 8h au taff ou en cours, quand tu vas faire tes courses après ça, tu vas les faire à la supérette du coin et pas au magasin bio de je sais pas où (d’autant plus quand t’as pas de voiture).
    Et en rentrant t’as envie de préparer vite un plat facile, peut-être même avec des aliments tout faits emballés dans du plastique, peut-être même que tu lancera une machine rapides avec du savon acheté en magasin qui n’est ni bio ni ecolo mais qui était pas cher et qui a le même merite de ne pas demander de ton temps à être fait !
    Tous ça pour dire que je te comprend totalement et que je pense qu’il ne faut pas négliger le facteur TEMPS également dans la lutte écologique, car nous ne somme pas non plus égaux face à lui !

    1. Merci d’avoir partagé ton point de vue ! Je suis vraiment très heureuse que tu soulignes ce point, parce qu’effectivement la cosméto ou les produits ménagers maison sont moins chers… mais au bout de combien d’essais ratés ? (j’en connais des gens qui en ont eu marre de chercher la recette de lessive maison qui lave bien le linge) Tout ça demande du temps, et malheureusement nous n’en avons pas à loisir. Et même si je suis loin de dire ni de penser qu’être freelance ou mère au foyer ne représente pas une vraie charge de travail, être chez soi est quand même plus confortable pour faire toutes ces tentatives avant de trouver « la » recette de cookies ou de crème hydratante qui convient.

  59. Jessica

    Pauline, je te lis souvent mais ne commente jamais, mais là, je me dois de saluer ton travail et tes réflexions. Tu n’es je trouve jamais donneuse de leçon même involontairement, jamais dans le jugement, tu es simplement dans le vrai.
    J’ai de base une nature optimiste, mais je suis souvent écoeurée de l’hypocrisie que je peux voir un peu partout sur le web, dans les medias, où chacun veut tirer son épingle du jeu et montrer : « MOI, je me bouge ». Oui, mais quel est l’envers du décor ?

    L’urgence climatique ET sociale sont une réalité, mais pour moi, respecter notre habitat passera avant tout par une mentalité pour éclairée et plus solidaire, à aider les personnes fragiles qui souffrent d’un manque de moyens pendant que d’autres se gavent, sans en avoir parfois conscience.

    Merci, et bravo donc pour cet article inspirant et qui se devait d’exister. Pas surprise qu’il soit sorti de tes doigts !

  60. Bounza

    Whaaaa merci. Vraiment merci pour cet article. Je suis très privilégiée moi même mais j’ai la chance (je pense vraiment que ça en est une) d’avoir grandi dans un milieu où j’étais entourée d’une très grande diversité de personnes. Or en découvrant les réseaux sociaux et les blogs green, j’ai commencé peu à peu à me couper de ce milieu là, devenant même snob envers ces gens idiots incapables de se préoccuper de l’urgence climatique. Alors que je n’ai jamais eu à travailler pour payer mes études et donc tout le loisir de cuisiner maison et d’aller faire mes courses au magasin de vrac … Me rendre compte de ça m’a horrifiée. Je m’ennuyais tellement dans cette vie où je me coupais des autres que je trouvais pour la première fois pas assez bien pour moi parce que « feignants » que j’ai moi aussi commencé à rêver de retraites de méditation et de cartes de tarot à tirer pour suivre mon intuition. Et puis j’ai contemplé ce que je devenais, une bobo écolo complètement égoïste et ça m’a horrifiée … Alors les blogs green et réfléchir à sa consommation c’est bien, mais avoir conscience que c’est une chance comme tu le dis si bien c’est mieux.

  61. Thalia

    Un énormeeee merci pour cet article, très bien écrit, et percutant qui parvient à exprimer parfaitement ce que je pense depuis quelque temps et que je n’arrivais pas à formuler correctement, qui était flou dans mon esprit… Incroyable ! Et je suis très rassurée de voir que beaucoup de gens (aux vues des commentaires) pensent comme vous ! Je me sentais noyée dans mon entourage et ma bulle bobo écolo actuels et cet article est une bouffée d’air frais intellectuelle et encrée dans le RÉEL !!!!!
    Vraiment merci !

  62. Kellya

    Merci pour cet article trés complet, et dont on sent qu’il vient vraiment du coeur. Il y a néanmoins plusieurs points qui me gène. D’abord, je n’ai pas Instagram, et à chaque fois que j’entends quelque chose au sujet de ce réseau, je m’en félicite. Et je ne suis aucune blogueuse mode/promo de choses. Sur mon internet, il y a pas mal de blogueuses pas bien riches, qui ne parlent quasiment pas d’achats mais partagent beaucoup de réflexions. Je ne me sens donc quasiment pas frustrée par ca. Et si quelque chose me tente vraiment, je le mets sur ma liste pour Noel (le seul moment ou je recois des cadeaux plaisir).
    De plus, on peut etre pauvre et avoir un mode de vie trés ećologique par conviction, ce qui va dans le sens de la sobriété heureuse et du choix de sortir du systeme économique actuel. J’ai des connaissances qui font le choix de peu d’argent pour avoir beaucoup de temps à eux, et pour réfléchir. Je vois que leur écologe n’est pas la meme que la mienne, qui ai des moyens plus conséquents, mais au moins aussi intéressante.
    Et finalement, riche ou pauvre, il y a quand meme une composante ‘état d’esprit’ très forte: J’ai des collégues cadres supérieurs comme moi qui me disent que les légumes bio c’est bien trop cher et qui mangent des plats préparés tous les jours… On voit aussi pas mal sur le groupe des licornes des gens qui sont à découvert tous les mois à cause d’une gestion budgétaire trés mauvaise. Je suis convaincu qu’À tous les niveaux de revenus, nous devrions aider les gens à voir ce qui leur ai possible, sans culpabiliser personne mais en poussant tout le monde à l’action.

    1. Je suis d’accord, il est possible d’être pauvre et écolo (je te renvoie au premier commentaire sous cet article, où je réponds à Isa en lui expliquant ma situation personnelle). Cependant il faut quand même avoir les moyens de remettre des choses en question, je suis mal placée pour parler parce que j’ai un capital culturel qui me l’a permis, mais je pense –et j’en ai discuté avec une amie qui travaille dans les centres sociaux– que les pauvres des classes populaires n’ont pas forcément ces moyens, et que ça n’a aucun intérêt de les en blâmer.
      Je suis également d’accord sur le fait qu’il y a un état d’esprit qui joue, on appelle ça le sens des priorités, les gens des classes moyennes (dont je n’ai pas parlé du tout) doivent choisir leurs priorités, et elles ne vont pas forcément à l’écologie, mais là aussi ce serait intéressant de savoir pourquoi : par fainéantise ? parce que travailler toute la semaine toute l’année pour rester dans cette classe moyenne donne envie d’utiliser son argent pour des choses plus immédiatement gratifiantes que les légumes bio ? je ne sais pas hein, je n’ai rien lu sur le sujet pour étayer mon propos, je lance juste des pistes de mes propres réflexions.
      Et par contre, je suis HYPER d’accord avec ta dernière phrase : la réponse est dans le collectif ! Pour reparler des centres sociaux, par exemple, des initiatives existent pour initier les usagers au zéro déchet (et d’autres trucs je suis sûre). Je trouve que ça a tout son sens, de proposer un atelier, les gens viennent, apprennent des choses qui ne le seraient pas parvenues autrement, et la graine est plantée. Mais c’est du collectif ça, pas de l’individualité. Les blogs qui proposent des recettes DIY restent dans l’individualité : pas de mutualisation des ressources par exemple (le centre social achète en plus grandes quantités les matières premières, tout ça pour un coût encore moindre, alors qu’une personne seule va devoir acheter des matières premières au prix « fort »).

  63. Martine Auriol

    Super article , merci :) j’ai toujours écouté les conseils et le vécu de mes chers parents et grands-parents qui m’ont appris à m’adapter au quotidien ! Mes parents avaient tous les 2 un très bon job ( pas beaucoup de temps libre ) mais de quoi pouvoir choisir ! Un jour où , gamine , je me suis plaint d’avoir juste un gâteau pour mon anniversaire , alors que mes copines avaient des cadeaux . Ma mère m’ a dit la chose suivante :  » Ok , tu choisis : les cadeaux ou les sports d’hiver  » Le choix a été plus que rapide :) Et mon père a ajouté ça : on est ensemble , et ça vaut tout ! Plus tard , je n’avais pas d’argent de poche , mais une voiture , et je devais demander des sous pour faire le plein et sortir à mes parents : je me rappelle très bien mon père à un bout du billet et moi à l’autre , et mon père qui me demandait si je savais combien d’heures d’un ouvrier ça représentait et si leurs enfants avaient aussi une voiture ou de quoi sortir , et c ! Alors comment vous dire : j’ai adoré ma vie avec mes parents ! Et quand je me suis retrouvée dans la grosse galère , je vous passe les détails : maman solo avec 3 enfants , j’ai du m’aplatir devant les services sociaux pour mettre de quoi manger dans leurs assiettes : je crois que c’est ça qui est le plus dur à vivre … Et ça n’a pas changé : faites des efforts ou sinon on considérera que c’est votre choix et on ne vous aidera plus : quand on voit ce qu’ils font pour aider … Bref , je crois qu’il faut faire du mieux qu’on peut avec ce qu’on a mais pas renoncer à ce qui nous semble juste ! La pauvreté ( il y a encore bien pire , malheureusement :'( ) permet de vivre , enfin survivre ! Et même y trouver beaucoup de satisfaction . Mais quand on on finit malade , et en campagne , je rejoins des commentaires plus haut : ça devient de plus en plus difficile , parce que la vie , c’est s’adapter du mieux qu’on peut et pas du tout un choix perso ! Alors oui , on aurait besoin que les plus-ayant d’entre nous comprennent . Et que surtout les politiques se mettent dans la tête que l’action ne peut venir que de mesures bien pensées et générales , et pas décidées par quelques riches ( les fameux 1 % ) Je voudrais conclure en disant quand même que les choses sont entre les mains de toustes , pas question de m’exclure parce que je n’ai pas les moyens et que je suis malade et vieille et féministe : même si c’est difficile , je dirais qu’ on a tous quelque chose en main et qu’on peut en faire profiter les autres , tous les autres ! Pour terminer , j’étais sur un groupe de licornes , dont je me suis exclue moi-même , parce qu’on m’a dit que ce groupe n’était pas vegan-friendly et pas de façon très sympa ! C’était marqué nulle part : pluie de paillettes mais pas sur tout le monde !!! Encore merci

  64. Carole

    Mille mercis pour votre article ! Je lis régulièrement ce que vous écrivez mais c’est la première fois que je prends la plume pour vous dire combien votre article est salutaire.
    Combien de fois ai-je entendu la phrase « mais manger bio ne coûte pas plus cher ! » par quelqu’un qui gagnait 2 voire 3 fois plus que moi….
    Et « mettre des couches lavables et du liniment fait maison à son bébé, ça ne prend pas plus de temps ! », allez dire ça à une jeune maman qui n’arrive pas à aligner 3 heures de sommeil d’affilée…

  65. « Une déconstruction qui s’opère quand on a le loisir d’y réfléchir » <3

    Merci pour ton article de grande qualité. Je suis aussi constamment dans l'autoflagellation et te lire m'a fait beaucoup de bien.
    Je travaille aussi comme infirmière en psychiatrie, nous accueillons des réfugiés, des SDF, des personnes dans une grande précarité et j'avoue que le grand écart entre ce quotidien là et les discours moralisateurs de certains privilégiés me rendaient malade sans que je ne parvienne à l'identifier.

    Plein de tendresse, belle continuation à toi !

  66. Kellya

    Oh, j’ai oublié quelque chose qui n’a qu’un lien indirect avec ton article: vu la qualité de ton blog que je suis depuis des années avec bonheur, j’aimerais pouvoir participer financièrement. C’est un des bons cotés pour moi d’Avoir un niveau de vie relativement élevé, je peux remercier un peu les personnes qui créent des choses qui me font vibrer. As-tu déjà pensé à ouvrir un tipee ou un Patreon?

    1. Et merci pour ce message Kellya ! J’ai eu une page Tipeee pendant une petite année, mais je l’ai fermée car j’avais promis des contreparties physiques que je n’ai évidemment jamais réussi à concrétiser. Ça m’a mise très mal à l’aise. Aujourd’hui je réfléchis à en rouvrir une (sans contrepartie, du coup), mais je ne sais pas trop si ça se fera :)

  67. Fanny

    Bonjour Pauline,
    Ton article relève des points très intéressants, et je vois qu’il y a une petite foule de personnes par ici !!
    Je pense qu’effectivement, la part du colibri implique un individualisme qui est un peu trop présent dans notre société ces dernières années, et a un effet culpabilisateur.
    Cependant, ce n’est pas non plus pour ces raisons que l’on doit laisser tomber nos actions, et je continuerais à militer pour la saisonnalité des fruits&légumes, qui peut paraître léger mais qui est pourtant essentiel, car cela reflète combien notre société va mal, à quel point on s’est éloigné de la nature et qu’on part en vrille total. Je pense que le sujet de la décroissance (car, oui, je pense que c’est le seul moyen pour enrayer la machine) doit être un sujet global, que l’on doit avoir en tête, riche ou pauvre.

    Après, je suis complètement d’accord que parler de décroissance à quelqu’un qui n’a pas les moyens de s’offrir grand chose est complètement ridicule. Mais c’est aussi une façon de consommer, qui est le fondement de notre société, qui est à revoir.

    Dans le sens de ton article, j’ai bien rigolé quand, il y a un an ou deux, suite à un coup de froid on avait droit à des spots de message qui disait de faire attention de bien éteindre la lumière en sortant d’une pièce et de débrancher son téléphone une fois qu’il était chargé. ça m’a fait rire, car 1) mes parents qui n’avaient pas trop d’argent m’ont toujours appris à économiser l’électricité, c’est juste NORMAL et 2) je passais à côté de zones commerciales éclairées en pleine nuit, donc niveau gaspillage de l’électricité on était dans une autre échelle…

    Bref, dans le fond je te rejoins, que c’est un problème de riches, que c’est un problème plus global, mais je pense aussi que cela n’empêche personne de se saisir du problème, et de sensibiliser le plus grand nombre.

  68. Pingback : Découvertes lifestyle #4 : podcasts, yoga et réflexions écolos - Rhapsody in Green

  69. Agnès

    Merci pour cet article vraiment très intéressant et bien écrit que j’ai relu deux fois pour la peine. Il est nécessaire en effet. Oui, je pense que l’écologie c’est bel et bien un problème  » de riche » (avec des guillemets parce que j’y inclus également la classe moyenne dont je fais partie). En effet, certains gestes dits « écolos » ne coutent rien mais, comme tu l’as si bien dit, il faut du temps et de l’espace mental disponible pour tout cela et quand on est « pauvres », on n’en dispose pas d’assez pour faire tous ces efforts. C’est une réalité qu’on a du mal à prendre en compte lorsque l’on n’a pas vécu cette situation nous mêmes je pense (même si ce n’est pas une excuse). En tout cas, je te remercie vraiment pour cet article car je suis plutôt adepte de la théorie du colibri et du « tout le monde peut faire quelque chose » et j’ai pris conscience que ça peut être culpabilisant quand on est dans l’incapacité de le faire. Malgré tout, je pense que certaines personnes ont le budget, le temps et l’espace mental disponible pour faire des efforts mais se réfugient derrière l’excuse selon laquelle les petits gestes du quotidien ne comptent pas par rapport aux désastres créés par les grands groupes. C’est plus ce genre de réaction qui m’embête. Pour finir, je pense que la clé, c’est de faire ce que l’on peut et veut, en son âme et conscience et ne pas juger ou faire culpabiliser les autres s’ils n’en font pas autant que nous. Nous suivons tous un chemin différent et n’avons pas forcément les mêmes priorités. Encore merci pour cet article et tous tes articles en général :)

  70. Waouw. Merci pour cet article. Et plus encore pour tous les commentaires qui en découlent.
    Tu met les mots sur un problème qui me tracasse. Je suis étudiante. Mais je suis une étudiante qui travaille beaucoup, dans un domaine qui est très bien payé et je m’aperçois que je suis clairement passé dans le rang des privillégiés. Et oui, je me rends compte que sans le « temps de cerveau disponible » que j’ai, je ne pourrai jamais faire tout ce que je fais. Je passe une éternité en cuisine à ne cuisiner que des aliments bruts pour ne produire aucun déchet, je suis végane, je fais du yoga, je fais de la danse, je médite et le weekend je brunch avec des copines dans mon appart parisien. Je suis un putain de cliché. Un putain de cliché qui s’est rendu compte de ses privillèges lorsque je cherchais un moyen d’aller à Berlin sans prendre l’avion « parce que ça pollue » et que j’étais fière de dire que je prenais le train. Sauf qu’une pote m’a dit  » Ecoute. Moi je prends l’avion où je n’y vais pas. Financièrement c’est comme ça. C’est moins cher et ça prends moins de temps. Je n’ai pas le temps. Je n’ai pas l’argent. »

    Ca m’a laissé toute pensive. Depuis, j’essaye de m’efforcer de prendre du recul sur la situation des autres. Parler franchement. Parfois j’ai l’impression que l’argent est un sujet très tabou. Alors que je pense que si on arrivait à en parler, dire  » C’est bien ce truc que tu proposes, mais c’est trop cher parce que ma situation en ce moment c’est ça », ça permettrait aux « riches » de se rendre davantage compte. Bref, tu as contribué à nourrir ma réflexion

  71. charlotte

    Bim bam boum, voilà un beau pavé dans la marre écolo :) Ton article est hyper intéressant, intelligent et merveilleusement bien écrit !
    Je suis riche et écolo/zéro déchet, et en effet c’est tellement facile pour moi d’y arriver. Tout en me permettant de faire un petit écart de temps en temps puisque j’en ai les moyens et j’en fais déjà tellement n’est-ce pas, je peux bien me le permettre… Donc j’ajouterai qu’en plus être riche permet de s’acheter une bonne conscience. Et c’est pas normal.

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