22
Fév
2018
13

Rencontre avec Diglee, illustratrice et féministe

Samedi 10 février, je me suis rendue à la librairie Dialogues à Lille, à la base spécialisée dans l’art du spectacle, pour y rencontrer Diglee, illustratrice bien connue — et Ovidie, militante féministe et réalisatrice, qui malheureusement n’a finalement pas pu se déplacer pour des raisons de santé. Ces deux femmes d’exception ont en effet sorti en novembre dernier un petit bouquin que j’ai dévoré et adoré : Libres !, manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels. (Je réalise que je pourrais créer un deuxième opus des lectures « Corps de femmes », thématique autour de laquelle je vous avais déjà proposé quelques titres à la rentrée… mais il y aussi un tout petit projet méga cool qui se trame en coulisses, et je ne dis rien de plus mais je bous littéralement d’impatience)

Toujours est-il qu’à mon plus grand plaisir, Diglee — Maureen, de son prénom — était présente et que la rencontre était passionnante, évidemment. Je remercie vivement la librairie Dialogues d’avoir accueilli Diglee.

Avec Diglee, on a parlé de Libres !, évidemment, mais aussi des attentes qui pèsent sur les femmes, de son parcours dans le monde de la BD, et de sororité. (« Allez en place, c’est La Poudre », on s’y croirait, non ?) Comme pour la rencontre avec Laure Leroy, je ne pouvais pas ne pas vous raconter tout ça, et ça me fait infiniment plaisir de pouvoir reparler de féminisme sur ce blog avec cet article. J’espère que cela vous plaira !

*

Ma petite histoire avec Diglee et les dessinatrices « girly »

Avant d’être féministe, j’étais misogyne. C’est triste à dire et ouf ! je m’en suis sortie, mais c’est la stricte vérité : j’ai fait partie de ces filles qui n’arrivent pas à rentrer dans les petites cases dans lesquelles les filles devraient rentrer, et qui du coup, rejettent tout ce qui est féminin. Et donc, les femmes, si par malheur elles sont un peu trop féminines. Je ne suis pas une grande fan de BD, mais très tôt j’ai découvert Pénélope Bagieu, et puis Diglee, et leur BD considérée comme « girly ». Ce mot m’a hérissée, et puis la tête dans le guidon de tous les clichés du monde, j’ai considéré qu’elles étaient superficielles, que moi j’étais différente, et que j’avais mieux compris la vie qu’elles. (Tout en regardant des heures et des heures de tuto nail-art sur YouTube, allez comprendre la logique tordue dans laquelle on s’enferme parfois)

J’étais donc pleine de préjugés, et quand j’ai vu Diglee se revendiquer féministe, au tout début du mien, de féminisme — encore teinté de beaucoup de défauts, forcément — j’ai ricané (non, je n’en suis pas fière). Un peu comme on a tendance à ricaner dès qu’on voit une femme revendiquer sa féminité, sa sexualité, embrasser toutes ses facettes, tout en revendiquant son féminisme. Elles sont nombreuses, ces femmes, on peut citer Beyoncé (à qui on reproche tour à tour de trop montrer son cul ou de vouloir mieux se vendre, comme si être féministe était tellement bankable), parmi les plus connues. Comme je le disais, heureusement pour moi et pour toutes les femmes que je jugeais, j’ai grandi. Aujourd’hui je favorise les histoires racontées par des femmes (souvent sans m’en rendre compte), et tout comme j’ai adoré Culottées de Pénélope Bagieu, j’ai hâte de me plonger dans un des albums de Diglee, avec mes yeux tout neufs débarrassés de leurs préjugés sexistes !

La BD « girly », ça n’existe pas !

J’ai l’impression que c’est un peu passé, mais il y a véritablement eu cette vague d’appellation « girly », ses figures de proue malgré elles étant donc des dessinatrices comme Diglee, Pénélope Bagieu et Margaux Motin, et ce qu’a dit Diglee d’une manière extrêmement percutante, c’est que la définition de la BD « girly », c’est quand même un drôle de concept. En effet, ça voulait dire quoi ?

« Ça voulait dire que des femmes partageaient des anecdotes de leur vie sur un ton humoristique en BD. Exactement comme Boulet, et on n’a jamais dit qu’il faisait de la BD pour mecs. »

C’est encore une fois une histoire de référentiel, que je retrouve beaucoup dans la littérature en ce moment, tout comme au cinéma. Pendant des décennies — voire des siècles ? — on a considéré que l’être humain par défaut était l’homme, de préférence blanc, hétéro, cisgenre. Parce que ce sont ces voix qu’on a privilégiées, ces hommes ont pu raconter leurs histoires de leur propre manière, imposer leur vision du monde, et il est hyper difficile d’imprimer un autre mouvement à la narration. Si une femme écrit une histoire d’amour, on va dire que c’est de la littérature féminine, et c’est tout de suite déconsidéré : il n’y a qu’à voir comment les soeurs Brontë ont galéré, comme peu d’hommes lisent Jane Austen, comme la saga Outlander est considérée comme un truc de minette (alors que bon, pas du tout !), comme on a conseillé à Joanne Rowling de devenir J.K. Rowling pour cacher son genre au premier abord.

Pourtant, il me semble qu’on n’a jamais dit de Stendhal que son Le Rouge et le Noir était une littérature « de bas étage » (car c’est souvent dégradant, de faire des choses féminines, vous avez remarqué ?), qu’il écrivait des choses neuneu sans profondeur. De mon côté, ça me pose beaucoup de questions, parce que quand j’écris de la fiction, c’est en général des histoires d’amour et pendant un moment je me suis dit que ce n’était pas de l’écriture légitime, parce que j’étais une femme et que c’était neuneu. Et puis en y réfléchissant, des classiques écrits par des hommes qui sont des histoires d’amour, il y en a pléthore !

Ce référentiel masculin biaise la manière dont on perçoit les objets culturels. Black Panther vient de sortir, avec un casting très majoritairement noir, et j’ai déjà vu des commentaires dire que c’était un casting communautariste, comme si on n’avait pas des centaines de films avec des castings Signal Blancheur All White… Dire que la BD faite par une femme est « girly », c’est mettre dans des cases des formes d’expression qui ne devraient pas l’être, c’est fermer des portes. Pour donner un exemple (malheureusement je n’ai lu aucune BD de Diglee, à part ses planches sur son blog et celles de Libres !), jetez un oeil à Cadavre exquis de Pénélope Bagieu, une BD où on retrouve son style si particulier que j’adore, et qui ne m’a pas du TOUT donné l’impression d’être une BD « pour les girls ».

*

Libres!Libres !, manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels

Ce bouquin, je suis tombée dessus un peu par hasard. J’entrais dans ma librairie pour y trouver un cadeau à offrir à une amie, et j’ai vu Libres !. J’ai vu le titre, les dessins, l’objet qui est en soi un très beau livre, et quand même, quelques secondes, je me suis demandé si vraiment, je pouvais offrir un livre « sur le cul » à une copine. La copine en question m’est proche et chère, et nous avons toutes sortes de discussions liées au féminisme, au patriarcat, etc., donc au final elle était probablement la personne à qui je pouvais offrir ce type d’ouvrage. Mais c’est vrai que c’est une question qui m’a traversé l’esprit : à quel point peut-on parler de sexe entre nous (pas forcément elle et moi, mais moi et n’importe qui d’autre, en fait), et de quelle manière ? Au final je l’ai pris, bien sûr, et comme je suis incapable d’acheter un livre sans le lire, je l’ai dévoré en une grosse heure avant de l’emballer dans son papier cadeau.

Lors de la rencontre, Diglee soulignait à quel point elle était heureuse — et surprise, mais surtout heureuse — que Libres ! connaisse ce destin de passation, entre amies, entre soeurs, au sein de couples, de mère à fille et de fille à mère. Que ce livre au contenu pourtant loin d’être chaste, ni dans les mots ni dans les illustrations, puisse être posé sur une table basse, passé de main en main, discuté ouvertement, car pour elle et pour Ovidie, ce n’est qu’ainsi qu’il remplit vraiment son office, qu’il prend tout son sens. Et il faut le reconnaître, Libres ! fait super bien son travail.

Au départ de ce projet, il y a Ovidie. Ancienne actrice porno, elle est ensuite devenue réalisatrice de films pornographiques et de documentaires, et a également écrit de nombreux livres sur la sexualité et la pornographie. Assez connue dans le milieu militant féministe, elle a une voix qui résonne, elle est également chroniqueuse sur Radio Nova depuis septembre 2017. Bref, Ovidie, c’est une figure. Et après des ouvrages assez pointus (mais aussi des guides, comme Osez découvrir le point G, Osez les sex-toy, Osez l’amour pendant la grossesse, toujours à destination des femmes), elle a eu l’idée de ce manifeste « grand public », décliné comme une collection de textes abordant chacun un sujet différent. En 2014, elle rencontre Diglee à Angoulême, qui profite de lui exprimer son admiration pour lui glisser un exemplaire de Forever Bitch. Quelques mois plus tard, elles se rencontrent pour réaliser ce projet à quatre mains : un manifeste féministe parlant de sexe oui, mais illustré !

L’idée était de créer un manifeste féministe qui ne se cache pas de l’être, mais qui reste accessible au plus grand nombre. Vous savez comme moi que souvent, le féminisme fait peur, on s’imagine trop souvent à tort que c’est un mouvement tentaculaire, négatif et « extrémiste » (je n’aime pas ce terme), et tout ce qui s’y rattache peut être rejeté en bloc. Avec ce manifeste illustré par la BD, Ovidie et Diglee ont voulu déjouer un imaginaire de sévérité, d’austérité, de « mère la morale » (encore ne expression sexiste ?), qu’on associe parfois avec les discours féministes. En effet, la BD a un aspect très populaire, accessible, c’est un genre qui est associé à la détente et au plaisir, avec des ouvrages qui se lisent vite. Les illustrations et planches de Diglee apportent des bulles de respiration entre les textes d’Ovidie, les deux se mariant à la perfection. L’idée n’était pas de ne parler qu’aux convaincu-es, aux personnes déjà militant-es, et le pari semble réussi car Libres ! a très rapidement été en rupture de stock après sa sortie, en attendant une réédition ! (Victoire !)

Pour chaque texte d’Ovidie, qui aborde une facette de la sexualité et des diktats attenants, Diglee a eu carte blanche, et moi, j’ai trouvé qu’elle avait terriblement bien usé de sa liberté. Elle a dessiné des couples hétérosexuels autant que gays/lesbiens, des personnes racisées, on est face à des planches réellement inclusives, ce qui permet de compléter le discours d’Ovidie avec cette représentation visuelle absolument cruciale.

Libres ! manifeste pour s’affranchir des diktats féministes, de Ovidie, dessins par Diglee. 18,95 €. Éditions Delcourt. *

Le corps comme fil rouge

En parlant de sexe, difficile de ne pas parler du corps. Et en parlant de féminisme, difficile d’y échapper aussi. Cette thématique qui traverse le livre de part en part fait partie de celles qui me passionnent le plus — je ne me lasserais jamais de lire sur le corps, le rapport au corps, surtout le rapport des femmes à leur propre corps ! S’il est difficile d’aborder la sexualité, c’est non seulement parce que c’est intime mais aussi parce que ça touche si profondément à ce rapport qu’on a avec son propre corps. En tant que femme, il m’a été (et est toujours un peu) difficile de m’approprier ce corps et cette sexualité. D’ailleurs, pour être parfaitement honnête, je ne sais pas vraiment comment aborder ces prochaines lignes, je ne suis pas très à l’aise ! (Comme quoi…)

Ce livre a été libérateur pour moi, parce que j’ai pu réfléchir à ce que représente ma sexualité pour moi, en me détachant totalement de ma sexualité de personne en couple, chose qui ne m’avait pas souvent traversé l’esprit. En étant axé sur la sexualité féminine, il fait prendre du recul. En parlant de poids, d’âge, de masturbation, de bi- et d’homosexualité, de point G, d’épilation, et tout simplement du sexe féminin comme d’une partie de son anatomie à laquelle on prête trop peu attention, il force à faire un tour d’horizon de soi-même. Il nous invite à nous questionner sur nos limites personnelles, ce que j’ai trouvé très enrichissant. Parce qu’on vit dans une époque où à la fois, le sexe est partout — le porno n’a jamais été autant accessible, les corps des femmes sont sexualisés plus que jamais, et on a l’impression que dans le sexe, tout doit être possible et pour tout le monde, au risque de paraître prude — et où pourtant, on stigmatise toujours les règles, la masturbation féminine, ou tout simplement la minijupe dans la rue. On doit être à l’aise avec le sexe, on doit tout expérimenter, mais en tant que femme, on doit toujours cacher nos désirs, et notre sexualité doit rester au service de l’homme qui est notre partenaire. En lisant Libres !, je me suis posé les bonnes questions, j’ai fait le point. Je me suis un peu trouvée, il me manquait des réponses — même si j’ai déjà beaucoup réfléchi sur ce sujet, ce n’était pas forcément sous cet angle.

En bref, le sexe est une affaire de corps mais bien évidemment aussi d’esprit, et on ne prend que trop rarement le temps de l’aborder sous l’angle de l’intellect. Le sexe, c’est aussi politique, et y réfléchir, c’est se le réapproprier entièrement, en toute conscience.

*

Quelle place pour les hommes dans le féminisme ?

Cette question a été posée pendant le temps d’échange avec Diglee, c’était une rencontre tellement exclusivement féminine qu’elle m’a fait beaucoup sourire. Diglee a eu une réponse qui m’a beaucoup plue, qui rejoint assez bien ce que je pense.

« Pour l’instant, ce serait surtout apprendre à être une oreille, à se poser en écoute, apprendre à ne plus être dans l’action. »

Comme on leur a toujours appris depuis leur naissance, un mécanisme qu’il est si difficile à déjouer, à désapprendre. Pour expliciter ma position (et la mienne uniquement), je pense en effet qu’il est essentiel que les hommes s’attachent à écouter les femmes qui les entourent. Car sans cette écoute, messieurs (si vous êtes là), vous ne prendrez jamais la mesure de ce que les femmes vivent au quotidien. On l’a vu quand les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc sont sortis, quand les femmes ont commencé à verbaliser la violence du harcèlement dans tous les milieux, la fréquence du harcèlement de rue : parmi ces voix qui s’élevaient il y avait des voix d’hommes, ébahies. Nous, femmes, dans nos cercles de femmes, nous échangeons ces expériences parfois avec fatalisme, souvent avec colère, et j’ai déjà compté : il n’y a personne dans mon cercle d’amies qui n’ait pas vécu une situation d’agression sexiste, quelle que soit sa forme. Que tant d’hommes n’en sachent rien, c’est révélateur à la fois de la honte qui nous traverse toutes, mais aussi du manque d’espace (et donc d’écoute) qu’ils nous laissent pour partager.

Pour aller plus loin, il est également crucial que ces mêmes hommes, qui écoutent les femmes autour d’eux et qui apprennent de ces femmes, transmettent tout ça, dans leurs cercles d’hommes. Là où nous ne nous sentons pas la force ou le courage d’interrompre et de relever les blagues sexistes, les commentaires graveleux, les stéréotypes, c’est là que les hommes avertis peuvent, et à mon sens doivent, intervenir. Comme le disait Justin Baldoni à la fin de son TED Talk (je sais, je le partage trop), c’est à eux de faire cesser les « locker room talks » (discussions de vestiaire, on imagine ce qui peut s’y dire…), de reprendre leurs frères, amis, parents, collègues. Parce qu’on vit malheureusement encore dans une société où la parole des hommes a plus de portée et de poids que celles des femmes, surtout quand on parle des femmes, il est urgent et crucial que les hommes aient à cœur de reprendre leurs pairs. Sans ça, notre lutte n’en sera que plus ardue et plus longue.

Quant à nous, femmes : unissons-nous ! La sororité, c’est devenu tellement important pour moi. On en a un peu parlé avec Diglee, c’est tellement émouvant de voir des femmes se réunir, échanger, partager, se soutenir… Comme le Collectif des créatrices de BD contre le sexisme dont Diglee (et tant d’autres) fait partie, comme le magnifique rassemblement qu’il y a eu autour de #MeToo, comme toutes ces bulles de paroles qui s’ouvrent, se créent, pour que les femmes se sentent enfin à l’aise, en sécurité, pour parler de ce qu’elles sont, de ce qu’elles vivent.

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Quelques références culturelles

Au cours de l’échange, Diglee nous a livré trois titres d’oeuvres inspirantes, et sans trop savoir pourquoi, je les ai toutes notées. Je suis donc heureuse de pouvoir vous les lister, je trouve que c’est un joli point d’orgue à ce très long article qui mêle compte-rendu et réflexion, si vous souhaitez poursuivre la vôtre.

À quoi rêvent les jeunes filles est un documentaire réalisé par Ovidie, qui fait un peu office de prémisses au projet Libres !. Il aborde le sujet de la pornographie, de son impact sur la sexualité des jeunes. Il est disponible en intégralité sur YouTube.

Le TED Talk de Catherine Vidal, neurobiologiste, « Le cerveau a-t-il un sexe ? », est une bonne introduction pour comprendre que non, les comportements dits « masculins » ou « féminins » ne sont pas innés, mais bien acquis. Je vous conseille aussi son interview au micro de Lauren Bastide, pour l’émission Les Savantes de l’été dernier.

Ainsi soit-elle est un livre de Benoîte Groult, qui y raconte notamment comment elle est devenue féministe à la quarantaine passée. C’est un livre fondateur du féminisme français, que je n’ai pas lu mais qui a rejoint ma wishlist illico presto.

Quelques dessinatrices de BD à découvrir, en vrac

Pénélope Bagieu, Margaux Motin, Mirion Malle, Cy, Marion Montaigne, Alexe, Mademoiselle Caroline, Leslie Plée, Marjane Satrapi, Alison Bechdel, Noelle Stevenson, Tilly Walden, Melanie Gillman, Aurélie Neyret, Julie Maroh, Lisa Mandel, Julia Kaye, Carole Maurel, Soledad Bravi, Zeina Abirached, Marguerite Abouet, Aurelia Aurita, Nancy Peña, Aude Picault, Cati Baur, Chloé Cruchaudet, Yoon-sun Park, Amruta Patil, Mathilde Domecq, Lucie Durbiano, Virginie Greiner, Natacha Sicaud, Anne Simon, Tanxxx, Gaëlle Hersent, Catel, Anouck Ricard, Marguerite Sauvage…

Merci à mes abonné-es Twitter et plus particulièrement à Aline pour toutes ces recommandations ! Je vous enjoins à googler quelques uns de ces noms et à découvrir quelques talents, liste non-exhaustive évidemment.

*

Je suis un peu désolée pour cet article très décousu, j’espère que cela vous aura intéressé-e et que vous aurez quand même appris quelques petites choses sur Diglee. Surtout, que cela vous aura donné envie de lire Libres ! et de le prêter partout autour de vous ! Je serais ravie de poursuivre avec vous la discussion passionnante sur la sexualité et sur le féminisme dans les commentaires, j’ai hâte de vous lire. Encore merci à la librairie Dialogue pour ce très joli moment, et à Diglee pour sa gentillesse et son humour. ♥︎

Je vous embrasse et vous dis à bientôt ! Prenez soin de vous.

*

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17 Réponses

  1. Bonsoir Pauline, merci beaucoup pour cet article !
    Je comprends tout à fait ton cheminement, de misogyne à féministe. J’ai aussi été cette fille-là, qui rejette le féminin comme si c’était une faiblesse, et qui par extension rejette les femmes. Heureusement qu’on finit par ouvrir les yeux, et réaliser que la féminité a de nombreuses qualités, et n’a rien à envier au masculin (si ce n’est le fait de pouvoir parler facilement sans être interrompu).
    Je ne suis pas fan de ce que fait Ovidie, j’ai vu il y a quelques temps sur son site un film qu’elle a fait (le seul qui était en accès gratuit) et je n’ai pas trouvé cela vraiment féministe, ou différent du porno « mainstream ». Enfin, malgré cette expérience négative, ton article ravive ma curiosité à son égard, donc je pense aller jeter un oeil à son documentaire.
    Tu m’as donné très envie de lire « Libres ! », dont j’avais entendu parler mais qui n’avait pas retenu mon attention.
    A propos du rapport au corps, tu connais certainement l’émission « Cher Corps » de Léa Bordier (visible sur YouTube) ? J’y pense parce que Diglee y a participé récemment ! Je trouve ça super que les paroles se libèrent sur le sujet, j’aurais certainement été apaisée si j’avais vu ce genre de choses étant ado (et déjà ton Tumblr m’avait fait un grand bien à une époque où je n’étais pas en bons termes avec mon corps).
    C’est vrai que ton article est un peu décousu, mais je l’ai trouvé frais, et agréable à lire. Merci aussi pour la liste de dessinatrices ! J’ai récemment essayé d’en trouver de nouvelles mais ce n’est pas évident.
    Je commente rarement mais je te suis régulièrement. J’adore ce genre d’article (celui avec Laure Leroy était super aussi) !
    A bientôt :)

    1. Merci beaucoup pour ton gentil mot <3
      J'ai découvert le travail de Léa Bordier il y a peu, et effectivement quel beau travail ! J'adore regarder ces vidéos, même si parfois il y a des choses un peu dures, qui me prennent à la gorge (de par mon vécu). J'y ai noté une récurrence assez étrange : il arrive régulièrement qu'une femme interviewée dise "j'ai un rapport plutôt apaisé avec mon corps..." et au fur et à mesure de la vidéo, il se révèle qu'en fait, il leur arrive régulièrement de se détester devant le miroir, de manière assez violente :o ça a beaucoup résonné en moi parce que je me sens un peu comme ça.
      Merci encore, bises !

  2. Merci d’avoir pris le temps de nous raconter cette rencontre et tout un tas de réflexions intéressantes autour des sujets abordés par « Libre » – la couverture me dit quelque chose donc j’imagine que j’en avais déjà entendu parler mais je n’avais rien retenu à son sujet… J’ai justement commencé à lire une ethnographie qui parle du lien entre le sexe, le genre et l’apparence physique (faciale en particulier) hier – « The face of a woman » d’Eric Plemons. Il se penche sur le cas de femmes trans qui décident de subir une chirurgie de féminisation faciale (facial feminization surgery). Je n’ai lu que les 2 premiers chapitres pour le moment mais c’est très intéressant je trouve car il soulève un tas d’injonctions sociales sur l’apparence féminine ainsi que la beauté.

  3. Bonjour Pauline !

    Merci pour cet article qui me donne l’occasion d’exprimer une voix un peu… dissonante.

    J’ai eu « Libres ! » à Noël et j’ai suggéré à mon frère de l’offrir à notre cousine qui le voulait aussi. J’avoue que je n’ai pas songé une seule seconde que ça pouvait être bizarre / déplacé (peut-être parce que je savais qu’elle le voulait).

    J’ai lu l’ouvrage et… J’ai été déçue. Comme tu le dis, c’est un livre « grand public », qui pose sûrement des questions intéressantes mais, de mon point de vue, rien de nouveau (et pourtant je suis loin d’avoir réfléchi à tout !). J’ai trouvé que ça manquait de profondeur et que ça n’allait pas assez loin. J’ai trouvé que ça manquait de dessins aussi. Je soutiens complètement l’idée et le principe de cet ouvrage mais la réalisation ne m’a pas convaincue. Il ne m’a pas interrogée plus que ça et, deux mois après, j’ai oublié tout son contenu :/ Peut-être que je le relirai plus tard avec un autre regard.

    Bonne fin de semaine et bon week-end avec un peu d’avance !

    PS : Black Panther a un casting presque exclusivement noir (c’est cool) mais il a aussi de très chouettes personnages féminins !!! C’est vraiment ce que j’en ai retenu. Les femmes sont top dans ce film.

    1. Merci beaucoup pour ton avis ! Je comprends qu’il t’ait déçue, si tu n’en as rien retiré. Pour ma part, j’étais déjà assez renseignée (la sexualité est un sujet qui m’intéresse beaucoup), mais c’est vraiment la réflexion que j’ai continué à mener après qui m’a fait aimer ce livre, les portes qu’il m’a ouvert, et je comprends que ça n’ait pas fait écho chez toi. Par contre je pense que c’est vraiment un ouvrage destiné à un public non-militant, limite « non-féministe » (à différencier de sexiste bien sûr), en tout cas c’est ce qu’a dit Diglee. Du coup je pense vraiment qu’il peut changer la donne pour des jeunes femmes/filles qui n’ont pas encore réfléchi à tout ça, pour des hommes aussi.
      Tout à fait d’accord avec toi pour Black Panther ;) d’ailleurs je trouve que toutes ces femmes fortes font un peu d’ombre à T’Challah, qui ne m’a pas du tout marqué.

      1. Bonjour Pauline,

        Merci de ta réponse… qui me donne l’idée d’un cadeau d’anniversaire ! C’est pour la fille d’un ami qui, je crois, n’a pas trop de connaissance sur le féminisme (et qui est à un âge où l’on découvre la sexualité) et à qui cet ouvrage pourrait être un bon moyen d’appréhender ces questions.

        Bonne reprise à toi et bon courage pour ces trois semaines !

  4. Super article ! Merci <3
    Il y a un podcat sorti récemment très intéressant sur la BD et le féminisme : Auriculaire (Diglee était d'ailleurs l'invitée d'un épisode).

  5. Pingback : Links I Love #161 - Whatever WorksWhatever Works

  6. Quelle chance tu as eu de la rencontrer et d’échanger un peu avec elle ! C’est mon illustratrice préférée, j’aime autant son talent que la personne… En tout cas merci pour ton article, (bien écrit d’ailleurs!) ça fait du bien de lire ce genre de chose ♥
    (je vais me pencher sur le TED Talk de Catherine Vidal et sur « Ainsi soit-elle » :-) )
    Mélissa

  7. Delphine

    J avais attendu d’avoir le temps pour vraiment me pauser (pour reprendre ton correcteur automatique ) afin de lire ton article et m’y voici enfin! (Est-il normal de devoir attendre plus d’un mois pour ça? Ça m aide à prendre conscience que non non non! Je vais tâcher d’y remédier ).
    Merci beaucoup pour cet article si fluide sur un sujet si nécessaire. Ça m’a bien sûr donné envie de lire le livre – même si j’aurais bien aimé peut-être un exemple ou l’autre de son contenu parce que je continue de me demander comment le sujet a été traité – et que je n ai pas la possibilité d aller le feuilleter en librairie.
    Je trouve ça super que tu aies relaté avec autant de soin cette rencontre avec Diglee et que tu aies partagé avec simplicité tes questions sur le sujet ainsi que ton honnêteté en expliquant ton évolution par rapport à ce thème.
    Bref ton article m’a emballée! (Et je redoute qu’il soit meilleur que le livre ;))

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