11
Fév
2018
11

Life Lately #86 : lunettes, mac’n’cheese et maquillage

Cela fait trois matins que je me réveille avec le souvenir d’un poisseux d’un horrible cauchemar dans un coin de mon cerveau. Ce sont des cauchemars d’un genre étrange : quand d’ordinaire dans un cauchemar, on subit soi-même l’horreur, ça fait trois nuits que je suis spectatrice et que j’essaye maladroitement de sauver des gens, avec très peu de succès. J’ai beaucoup de mal à me reposer, de ce fait, et ça m’agace terriblement ! Mais du coup, c’est dimanche, je me suis levée tôt, j’ai bu un thé noir (j’aurais dû le sucrer… c’était un matin comme ça), et j’ai pu finir un dossier à rendre pour demain que j’ai trop longtemps remis à plus tard.

À part l’épisode neigeux dans la semaine, il fait un super temps à Lille : certes très froid, mais aussi très ensoleillé, le genre de temps vivifiant que j’adore. La neige aussi, c’était top. Ça n’a duré que quelques heures, mais c’était un peu féérique. C’est le jour que j’ai choisi pour sortir — avec un legging polaire, un col roulé, un plaid écossé enroulé autour des épaules et une énorme capuche — choisir de nouvelles lunettes, j’ai tellement hâte qu’elles arrivent !

Je porte des lunettes depuis que je suis en troisième, et si au début je les oubliais tout le temps (je les ai perdues deux fois : dans une cabine d’essayage au lycée, et à la BU en première année de fac), maintenant je ne peux absolument pas m’en passer. Je n’ai pas besoin de beaucoup de correction, mais j’ai l’impression d’être totalement bigleuse… Mais il m’arrive, surtout les matins lents comme celui-ci, de choisir de ne pas mettre mes lunettes, histoire d’adoucir le monde et ses angles aigus, de rester enveloppée dans un certain coton.

Et puis changer de lunettes, c’est toute une aventure. Quand on les porte à longueur de journée, elles font partie de notre visage, elles peuvent dire beaucoup de nous, et c’est infiniment difficile pour moi, depuis que j’en porte, de choisir une nouvelle paire. Qui ai-je envie d’être ? Qui suis-je vraiment ? Ces trois dernières années, j’ai porté des lunettes de type « Wayfarer » (les fameuses de RayBan), mais elles ne me vont plus très bien. Je vous montrerai ma nouvelle tête d’ici quelques semaines !

Je voulais vous dire un grand merci pour les jolis mots que vous avez laissé sous mon dernier article. Je vais encore vous reparler du « chez soi » et du temps long, c’est sûr et certain. Cette thématique me fascine et m’obsède depuis longtemps, et en ce moment encore plus que d’habitude ! Je réponds à vos commentaires tout bientôt, en attendant si vous ne l’avez pas vue sur Instagram, je vous propose une petite immersion dans mon petit chez moi.

Oh et puis, cette semaine, je me suis maquillée ! J’ai lu ce superbe article de Laëtitia, où elle présente son best-of beauté 2017, mais où surtout elle questionne son rapport à la beauté en lumière de son féminisme. Et ça m’a fait du bien. Dès le lendemain je reprenais mes pinceaux pour me maquiller avant de sortir. Je me suis rappelé combien j’aimais ces gestes — jusqu’au démaquillage, qui m’apporte une détente incomparable, et l’impression de me glisser dans un pyjama doux. Je me suis rendu compte que j’ai un rapport très apaisé avec le maquillage, que je ne le ressens plus comme une injonction à laquelle je n’ai jamais su répondre, mais comme un véritable moment pour moi. Je suis vraiment très heureuse de ne pas ressentir le besoin de me maquiller pour « pouvoir » sortir, de savoir accepter mon visage dans son aspect le plus naturel, notamment parce que j’ai quand même majoritairement trop la flemme de me maquiller chaque matin. Mais du coup, cette espèce de liberté que j’ai toujours eue, et probablement héritée de ma maman qui ne se maquille quasiment pas, je l’ai acceptée il y a quelques années. Depuis, je me maquille uniquement quand j’en ai réellement envie. Et vous, quel rapport avez-vous avec le maquillage ?

Grande première dans les Life Lately, je vous livre ma recette de mac’n’cheese (coucou Madame Gropotiron !) que je trouve honnêtement meilleure que celle de Jamie Oliver, sans vouloir me la péter, mais Mathieu est d’accord avec moi, donc bon…

*

Recette de mac’n’cheese meilleures que celles de Jamie Oliver

Pour 2 personnes :

  • 200 g de pâtes tubulaires (type maccheroni, ou penne rigate, ou pipe rigate…, mais tubulaires !)
  • 1 càs de margarine
  • 2 gousses d’ail haché finement
  • 2 càs de farine
  • 20 cL de crème de soja + 5 cL d’eau
  • 75 g de cheddar taillé en lamelles
  • 3 tranches de fromage à raclette taillé en lamelles
  • 1 pincée de muscade et de poivre

Mettre de l’eau à bouillir dans une grande casserole pour les pâtes, pendant que vous faites revenir l’ail dans la margarine, dans une petite casserole bien haute. Une fois l’ail bien doré, faire un roux avec la farine, en ajoutant petit à petit la farine tout en remuant vivement : ça doit faire une pâte dorée pleine d’ail. Ajouter ensuite la crème de soja mélangée à l’eau, encore une fois petit à petit, en mélangeant toujours vivement (ou en fouettant, encore mieux). Vous allez obtenir une sauce très crémeuse. (N’oubliez pas de faire cuire vos pâtes entre deux en suivant les instructions du paquet) Quand la sauce est bien prise et qu’elle est bien chaude, ajoutez le fromage et laissez-le fondre tout en remuant. Ajoutez la muscade et le poivre. Une fois vos pâtes égouttées, replacez-les dans la grande casserole sur feu doux et ajoutez immédiatement votre sauce au fromage, remuez bien et laissez cuire deux ou trois minutes à feu moyen. Servez et mangez immédiatement.

Variante : vous pouvez aussi ne pas laisser cuire à feu moyen et mettre les pâtes imbibées de sauce dans un plat allant au four, et le saupoudrer de fromage râpé, de tranches de fromage à raclette ou de chapelure. Vous pouvez ensuite le faire gratiner environ 15 min à 220°C.

À manger avec une petite salade de roquette et de mâche, et une vinaigrette au balsamique et à la moutarde à l’ancienne, pour un max de miam.

*

Bon appétit ! Ça vous dirait d’autres recettes express publiées de temps en temps, même sans photo ? Je n’ai plus vraiment vocation à créer des articles de recette, ça demande beaucoup d’implication et un talent photographique que je n’ai pas du tout, mais en rapido comme ça, j’aime bien !

Je vous quitte sur ces bonnes paroles, et avec quelques lectures du web à grignoter. Tout d’abord l’épisode de Ouvrez les guillemets consacré au scandale du Nutella et aux dimensions sociales de la nourriture. Ensuite, cette magnifique vidéo de Céline, Tactile, où elle parle du toucher, de son bébé, de ces impressions sur la peau que nous laissent celles des autres — attention, il est possible que j’aie pleuré en quelques minutes tant c’est beau. Ce bel article de Ophélie sur Antigone XXI a beaucoup résonné en moi aussi, il parle du slow travel, et aborde des questions qui me chiffonnent parfois quand je vois combien le voyage est parfois une envie de paraître plutôt que d’être. Et enfin, juste pour le plaisir, dix recommandations lecture du Guardian, si vous avez comme moi envie de découvrir plus de ces belles terres que sont les Highlands.

C’est tout pour aujourd’hui, je vous souhaite un joli dimanche, et à bientôt ! Prenez soin de vous.

Vous aimerez aussi...

Life Lately #88 : vacances et féminisme
Life Lately #84
Rencontre avec Laure Leroy, des éditions Zulma
Life Lately #83


11 Réponses

  1. Ouiiiiiiiiiiiii
    Merci !!! J’vais tellement les faire.
    Écoute dans ce format là, pas besoin de photo à mon avis. Je pense que mon estomac « visualise » très bien !

    Concernant les lunettes c’est tout un sujet pour moi aussi. J’en ai depuis l’âge de 6 ans et mes choisir relève de l’acrobatie. Je les ai pour AU MOINS deux ans (remboursement mutuelle oblige). Seulement lorque je fais les essayages je ne les vois pas… Je mes pose sur mon nez, je m’approche à 5 mm du miroir et essaye de visualiser.
    Invariablement, deux semaines après, lorsque je viens chercher mes montures avec ma correction je les essaye… … Et je me dis « bon bah plus que deux ans à me trouver moche »
    Mais au bout de toutes ces années, je m’aguerris et je me détache aussi de l’image que me renvoie le miroir.

    Bonne semaine Pauline !

  2. Caroline

    Salut Pauline !

    Bon dimanche à toi également.

    C’est la première fois, il me semble, que je lis un « Life Lately » le jour-même. De ce fait, ce que tu écris en ce beau dimanche raisonne tout particulièrement en moi et ça fait du bien. J’aime tes doux mots du matin, surtout en ce dimanche ensoleillé qui éveille un agréable sentiment de bien-être et de bonne humeur.

    Je te souhaite une bonne fin de journée et un bon début de semaine.
    Mon chat t’envoie plein de ronrons, à toi et à Eleven.

    Caroline.

  3. Oh Pauline, ça me fait plaisir que mon article a résonné en toi ! Merci pour le lien et ton commentaire, j’espère que l’on aura l’occasion d’en discuter autour d’un thé et d’un gâteau en compagnie de Yasmine si prochainement tu viens à Paris ;)

  4. Je porte des lunettes depuis l’âge de 10 ans, et si, au début, j’étais hypée comme tout d’en avoir, j’ai vite compris que c’était une plaie d’en porter tous les jours. En 2nde, pendant une manif’ à laquelle j’avais pris part (je me rappelle même plus le motif), j’avais perdu mes lunettes par terre – en grimpant sur le monument aux Girondins, à Bordeaux (un grand moment de ma carrière) et j’avais terminé la manif en voyant tout à fait flou. J’avais trouvé ça cool, comme si le fait de ne pas voir exactement me donnait une certaine audace. Depuis, je ne porte mes lunettes que lorsque je travaille, m’étant habituée, le reste du temps, aux contours flous. C’est très étrange à dire, mais parfois, cela me fait du bien : à la danse par exemple, où les miroirs sont omniprésents, cela m’empêche de trop me voir et de me focaliser sur « mon ventre pas assez plat – mes cuisses pas assez fines – mes fesses pas assez ou trop », bref , je me rends compte que j’ai appris à sentir différemment les choses puisque je ne vois pas tout à fait bien. (Bon, en revanche, après avoir essayé d’aller courir, de nuit, en plein hiver, dans un parc sans lumière, j’ai compris que ça ne s’appliquait pas à toutes les situations et j’ai commencé à porter de lentilles dans certains cas !).
    Fin de mon aparté lunettes – qui n’apporte pas grand chose à cet article, j’en conviens MAIS J’AVAIS ENVIE DE RACONTER MA VIE.

  5. C’est une bonne idée les recettes express je trouve : pas de pression, et tu sais que tu auras un public pour ça :D ! Concernant le maquillage, même chose pour moi ici (d’ailleurs ce rapport décomplexé a évolué exactement de la même façon que mon rapport à l’épilation ou encore au port du soutien gorge, je pense que ça doit être un cheminement global). Et ça fait vraiment du bien : ne pas en ressentir le besoin mais apprécier vraiment de le faire quand on le fait !

  6. Merci beaucoup pour ton petit lien vers ton article ! C’est amusant, j’ai fait cette semaine pour la 1ère fois de ma vie un Mac’n cheese / gratin de pâtes avec un reste de pâtes de la cantine de la fac et, mon Dieu, c’était trop trop bon. Avec des petits pois (oui, car la saisonnalité et la fac, ça fait deux, mais il y a plein de trucs véganes, donc c’est top) et plein de levure maltée. Je me suis promis d’en refaire plus régulièrement.
    Pour le maquillage, je suis justement dans une grande phase no make-up et ça me fait un bien fou. Ces dernières années, je me suis rendu compte que j’avais de plus en plus de mal à ne pas me maquiller. Même si, chez moi, c’est juste un coup de crayon et de mascara, rien sur la peau ni les lèvres, je ne pouvais absolument pas m’en passer en société : j’avais peur que les gens habitués à me voir maquillée se disent d’un coup « ah, voilà son vrai visage ! ». J’avais honte de ne pas m’aimer naturelle. Et comme j’ai toujours détesté me démaquiller, je ressentais de plus en plus de colère le soir vis-à-vis de ces quelques minutes à m’astiquer d’huile et faire le panda dans la glace, alors que mon chéri bouquinait déjà au lit. Depuis quelques mois, j’ai donc décidé de ne plus me maquiller. C’est un peu lâche, car je profite d’être en Allemagne, où je ne connais pas grand monde, pour le faire et, quand je vais à Paris, en Belgique ou en conférence, je ressors mon mascara, mais c’est déjà un gros premier pas. Je me sens tellement soulagée de ne plus perdre ce temps à faire quelque chose que je n’aime pas et, surtout, à apprécier mon visage nu. Quand je regarde des photos de ma maman à mon âge, elle n’était jamais maquillée, et pourtant si belle et fraîche. Souvent, je trouve les femmes sans maquillage plus belles, leurs traits sont plus doux. Pourquoi aurais-je besoin de me maquiller pour me plaire ? Petit à petit, je fais la paix avec mon visage nu et j’en suis heureuse. J’aimerais garder le maquillage comme un petit « plus » pour les occasions. Je n’ai pas encore ton rapport apaisé, mais je me dis que je suis sur la bonne voie :)

  7. Coucou ! J’adore te lire car tu me rappelles toujours de prendre soin de moi. Premier paragraphe, tu parles de thé et je me dis « Tiens, il faut que je me fasse une tisane ! ». Et je trouve ça fou comme tu arrives à raconter ton quotidien de façon très simple sans jamais ennuyer.

    Cela tombe bien que tu donnes ta version des mac’n’cheese parce que depuis que j’ai vu ta photo, ça me trotte dans la tête. Je pense que j’en ferai sous peu.

    Concernant les lunettes, j’ai une paire de Tom Ford depuis, pfiou, un certain nombre d’années maintenant. J’avais flashé dessus et j’ai fini par l’acheter un an et demi plus tard. Cela a été toute une aventure : trouver un opticien qui la vendait, les commander, attendre et les payer plein pot car trop chère. Mais je les adore (je crois d’ailleurs que c’est une paire pour homme). Je crois que les opticiens me détestent maintenant car à chaque fois que je fais changer mes verres (ce qui est assez rare, j’ai 9.5 à l’œil gauche et 10 à l’autre), je les coupe en disant « J’ai déjà une paire, merciiiii ». Je ne suis pas une cliente très intéressante pour eux. Même pour les lunettes, j’ai une paire de Wayfarer (la même depuis 10 ans) que je quitte pas.

    J’ai lu aussi l’article de Laetitia sur le maquillage et ses réflexions sont très intéressantes. Personnellement, je ne me pose plus ces questions car je ne me maquille quasiment plus (ça doit arriver deux fois dans l’année et encore). Depuis que j’ai découvert le body positive, c’est très bête mais j’ai l’impression de porter un masque quand je suis maquillée. Je n’ai pas l’impression de tricher mais, rah, c’est dur à expliquer. Quand j’étais ado, j’hésitais parfois entre plusieurs tenues : une qui faisait punk, une plus hippie, etc. J’avais envie de les porter toutes car elles représentaient chacune une facette de ce que j’étais. Avec le maquillage, c’est pareil : je me dis que si je me maquille, on ne me verra plus naturelle et c’est dommage. J’ai envie d’être à la fois maquillée et pas maquillée. Je ne suis pas sûre que ce soit très clair pour quelqu’un d’autre que moi…
    Bon, ceci dit, comme je ne supporte plus très bien le mascara et que j’ai grave la flemme, je reste nature. J’en ai même fini par aimer les imperfections de ma peau (j’ai une énorme tâche de soleil sur le front, très visible, qui sort de je-ne-sais-où).

    Je retourne boire ma petite tisane en essayant de lutter contre le sommeil et la fatigue (celles-là aussi sortent de je-ne-sais-où).

  8. Coucou Pauline, j’ai bien aimé te lire! Tout comme toi, et Laëtitia, mon rapport au maquillage a changé. Mais pas que: mon rapport à la nourriture aussi, au sucré notamment, et même, à la mode. Je consomme beaucoup moins, et je consomme en y réfléchissant. Aux conséquences sur ma peau, mon corps, la Terre … Je suis contente de voir que de plus en plus de personnes adoptent une jolie éthique.

    Bonne soirée

    Mathilda
    http://lesmatinscotons.fr

  9. Coucou !
    Merci pour cette recette express j’en ai déjà l’eau à la bouche ^^ Je vas la tester très vite je pense.
    Je porte des lunettes depuis si longtemps que je ne me souviens plus quand j’ai commencé. Probablement à 5 ou 6 ans. Elles font partie de moi, j’en changeais régulièrement et j’ai vraiment fini par considérer que les lunettes faisaient partie de ma personnalité. Depuis 1 an, je porte des lentilles et je n’arrive toujours pas à m’y faire. J’ai parfois l’impression de voir quelqu’un d’autre haha.
    Concernant le maquillage, je me rend compte que je suis hyper décomplexée vis à vis de tout ça. Ma mère ne se maquillait pas, ni les femmes autour de moi. Pareil au lycée, très peu de filles se maquillaient. Du coup j’ai toujours considéré que le maquillage était réservé aux grandes occasions. Au quotidien, je ne me maquille jamais, j’assume totalement ma tête au naturel, avec les cernes, les boutons etc… Je me maquille uniquement quand j’en ai envie et c’est un plaisir, un petit moment pour moi. Quand j’entends le témoignage de certaines femmes sur le sujet, je me rends compte que j’ai beaucoup de chance d’avoir un rapport si détaché au maquillage, ça me facilite vraiment la vie aujourd’hui.
    Je lis souvent tes articles mais je commente peu. J’essaie de changer ça :)

Laisser un commentaire