23
Jan
2018
20

Rencontre avec Laure Leroy, des éditions Zulma

Vendredi 19 janvier, je me suis rendue à ma librairie lilloise préférée, La Lison, pour un événement très spécial : une rencontre avec une éditrice ! Mieux, même, une rencontre avec la fondatrice et directrice d’une maison d’édition française indépendante. Forte de précédentes rencontres en librairie (dont je vous ai déjà parlé ici et là), et d’une confiance aveugle pour la qualité des événements organisés par les librairies de La Lison, je ne pouvais pas passer à côté de cette rencontre. Je ne connais quasiment rien du monde de l’édition, je n’ai lu qu’un seul livre publié par les éditions Zulma, mais l’occasion était trop belle. Pour quelqu’un qui a envie d’en savoir plus sur cet univers particulier et qui aimerait bien un jour être publiée, l’opportunité de rencontrer une éditrice, en chair et en os, c’était inestimable.

Alors j’y suis allée, en emportant dans ma poche ma copine Eline, avec qui on s’est fixé l’objectif d’une sortie culturelle par mois. Après une journée un peu terne et beaucoup de choses à faire, cette sortie a été une révélation, un petit bout d’été en plein milieu d’un interminable hiver.

Cette rencontre était animée par les étudiants de Licence professionnelle Métiers du Livre – Librairie, de l’IUT de Tourcoing, dans lequel je fais moi-même mes études. J’ai eu envie d’en partager des bribes avec vous, non pas parce que je suis une fan inconditionnelle des éditions Zulma : comme je vous le disais, je n’ai lu qu’un titre — c’était Rosa Candida, de Audur Ava Olafsdottir — et même pas dans l’édition de Zulma, mais dans sa version poche chez Points (à la couverture bien moins sympa, mais on y reviendra). J’ai envie de vous parler de cette rencontre car j’y ai appris des tas de choses sur l’édition, et que je suis ressortie de cette petite heure avec un regard nouveau sur le monde. J’espère que ce petit « compte-rendu », format inédit et incongru sur ce blog, vous permettra à vous aussi de faire de belles découvertes.

Visuel La LisonVisuel : La Lison (Lille)

*

Au début de l’histoire

Laure Leroy a fondé les éditions Zulma avec Serge Safran, en 1991 : elle avait alors à 23 ans. Moi qui ai moi-même là maintenant 23 ans, ça m’a fait tout bizarre d’entendre ça ! Mais j’ai aimé sa franchise, sa sincérité, car juste après nous avoir annoncé ce fait incroyable, elle nous a également avoué que les quinze premières années dans sa propre maison d’éditions ont été un véritable parcours initiatique, qu’il lui a fallu quinze ans pour apprendre son métier. C’est agréable, cette franchise, c’est inspirant, ça veut dire qu’il faut parfois savoir oser même quand on n’est pas franchement prêt.e, mais il y a un autre joli message… Ça remet les choses en place, j’ai l’impression qu’en ce moment on voit beaucoup l’idée qu’il est facile d’entreprendre, les success stories se multiplient, et je trouve ça chouette d’entendre « j’ai mis quinze ans à apprendre mon métier », c’est une chose assez rare, je crois. Bref.

Et « Zulma », d’où ça vient alors ? C’est une très belle histoire : Zulma Carraud était une écrivaine et une très bonne amie de Honoré de Balzac, ils correspondaient souvent, se rendaient visite, et elle lui donnait son avis éclairé sur ses écrits. C’est beau, de donner à une maison d’édition de littérature, le nom d’une femme de l’ombre, car je ne sais pas vous mais je n’avais aucune idée de qui était Zulma Carraud. C’est la révéler au monde, et cela correspond vraiment bien à la ligne éditoriale qu’a fixée Laure Leroy pour sa maison, une ligne exigeante et généreuse.

Littératures du monde entier

Chez Zulma, on publie deux tiers de littérature étrangère pour un tiers de littérature française. Et contrairement à ce qui peut se passer dans d’autres maisons d’édition, « littérature étrangère » ne veut pas dire « littérature anglo-saxonne », et mine de rien ça change beaucoup de choses. Comme le disait Laure Leroy, notre culture mondialisée est très fortement influencée par les cultures anglaises et américaines, et si c’est particulièrement visible au cinéma avec la prédominance de Hollywood, c’est aussi le cas en littérature ! J’ai fait une petite expérience, je suis allée compter les livres qu’il y a dans ma bibliothèque, et combien d’entre eux sont d’auteur.ices français.es, combien sont d’auteur.ices anglais.es ou américain.es et combien viennent d’autres pays du monde. En voici le résultat :

GraphiqueLivres

Et pourtant, je me considère comme une lectrice curieuse, j’aime découvrir de tout. Il est vrai que dernièrement mes sensibilités m’ont poussée à me tourner vers des autrices plutôt que des auteurs, sans regarder particulièrement leur nationalité ou leur langue natale. Une des choses qui est vraiment ressortie de cette rencontre, c’est combien ma vision du monde par la littérature est tournée vers l’Occident, combien je reste quand même dans une zone de confort avec des choses que je connais (les cultures françaises, américaines et anglaises), des langues que je connais (je peux lire les livres en anglais en VO, ce que je trouve très précieux pour pouvoir approcher un texte au plus proche de la vision de l’auteur.ice), et c’est un peu dommage !

Laure Leroy nous a parlé d’un livre écrit par Vaikom Muhammad Basheer, un auteur indien originaire de l’État du Kerala, dont la langue officielle est le malayalam (je vous mets la liste de tous les livres que j’ai retenus de cet échange en fin d’article). Normalement là, comme moi, vous vous dites « je ne connais ni cet auteur, ni cet État, ni cette langue ». Il était question de langues « rares » ou « minoritaires », et Laure Leroy a pris l’exemple de cet auteur pour nous expliquer sa vision, et donc celle de sa maison d’édition, de la littérature étrangère dans son ensemble. En sachant que l’État du Kerala est habité par 33 millions de personnes, on peut considérer que le malayalam est parlé par au moins autant, ce qui représente environ la moitié de la population française. Dans ce cas, pouvons-nous vraiment parler de « langue minoritaire » ? Au Kerala, comme dans tous les pays du monde dont on se soucie peu, il y a une littérature spécifique, des émissions de télé, de la musique, des débats, une histoire, bref : une véritable culture.

« Ce n’est pas parce que nous, en France, on n’en a jamais entendu parler ou qu’on n’y pense pas, que c’est une culture minoritaire. »

C’est ainsi qu’on retrouve dans le catalogue des parutions des éditions Zulma des auteur.ices mexicain.es, argentin.es, haïtien.nes, islandais.es, de pays d’Europe de l’Est, de Corée, de Chine ou de divers pays d’Afrique. En écoutant Laure Leroy parler, je me suis demandé pourquoi je ne m’étais jamais tournée naturellement vers ces littératures étrangères différentes, moins mainstream. Et outre un manque, peut-être, de visibilité de ces littératures, il y a très certainement, pour moi en tout cas, une certaine paresse intellectuelle — c’est difficile de l’admettre ! — qui me fait penser qu’une histoire racontée par un.e Iranien.ne ou un.ne Haïtien.ne aura du mal à me parler, que j’aurais du mal à m’identifier.

Alors que je pense, au fond, que la littérature et la lecture ne sont pas uniquement faites pour nous permettre de nous identifier, pour raconter les histoires qu’on a déjà vécues ou qu’on voudrait vivre. Au contraire, la littérature est là aussi pour ouvrir des portes sur d’autres dimensions de l’Humanité, sur d’autres vies que les nôtres ! Qu’en pensez-vous ?

Les couvertures colorées des éditions Zulma

Même si vous ne connaissez pas particulièrement cette maison d’édition, vous avez probablement déjà croisé quelques unes de ces couvertures chatoyantes en rayon de votre librairie préférée. Pour ma part, c’est une amie grande lectrice (et fille de libraires) qui m’a pour la première fois donné envie de m’essayer aux éditions Zulma, justement en posant sur Instagram une photo de ce livre à la sublime couverture :

Avouez que ça donne envie, non ? Si vous me suivez depuis un moment, vous devez savoir que je suis excessivement ennuyée par les couvertures des livres français : je les trouve fades, d’une fadeur alarmante. J’ai déjà partagé dans un Life Lately un article de Slate (je crois) qui expliquait pourquoi nos couvertures françaises sont si pauvres en couleur et en graphismes, comparées aux éditions anglosaxonnes que j’affectionne particulièrement.

Il est question d’un certain « standing », les Français.es étant très fièr.es de leur littérature, les grands éditeurs (Gallimard avec sa collection NRF, Grasset, les Éditions de Minuit, Albin Michel…) ont fait le choix de codes graphiques tellement épurés que personnellement je les trouve rébarbatifs et lassants. Sur certains livres, on va placer une surcouverture plus colorée, c’est notamment le cas de la collection « Du monde entier » de Gallimard (sa branche littérature étrangère, donc), mais aussi des Vernon Subutex de Virginie Despentes. En effet, ces tomes, en grand format, sont édités chez Grasset dans la couverture traditionnelle de papier gaufré jaune pâle et de texte vert foncé. Par-dessus, on trouve une surcouverture très colorée, chaque tome ayant son portrait hyper graphique, œuvres de Karim Adduchi. Et en même temps, je ne sais pas vous, mais moi j’ai vraiment du mal à voir la prose vitriolesque et sans concession de Virginie Despentes sous une couverture aussi sage et terne que celle de Grasset… C’est un peu mentir sur la marchandise d’une certaine manière, ou alors (c’est plus proche de mon ressenti personnel), c’est comme emballer dans un sac poubelle un petit joyau. Parce que je suis d’avis que les emballages doivent refléter le contenu, comme l’affiche d’un film doit rendre justice audit film, etc. Bref, revenons à nos moutons, avant que je ne m’emballe et que vous ne me voyiez totalement partir en vrille sur le sujet.

La ligne graphique des éditions Zulma a été totalement revue en 2006, quand Laure Leroy a fait appel au graphiste David Pearson. C’est alors qu’est né ce code hyper reconnaissable : le triangle blanc qui recouvre un motif hyper coloré et unique pour chaque livre. Laure Leroy nous a expliqué, lors de cette rencontre, sa réflexion autour de ces couvertures.

On note tout d’abord un minimalisme poussé à l’extrême, dans les informations textuelles disponibles sur la couverture du livre — qui fonctionne comme un emballage : première et quatrième de couvertures emballent le livre et sont la première chose qu’on voit quand on se saisit de l’objet, c’est la première porte vers le livre et le texte qu’il contient. Titre, auteur, le Z du logo des éditions Zulma, et c’est tout. En quatrième de couverture, pas de résumé (de texte « commercial »). Les couvertures des livres Zulma sont dotées de grands rabats internes, sur lesquels sont inscrits ce fameux texte commercial et une biographie de l’auteur.trice. Pour Laure Leroy, dans une librairie l’idéal serait d’ouvrir le livre pour en découvrir les premières lignes et décider si on se laisse  ou non emporter par l’ouvrage. Le choix des rabats, qui nécessitent d’ouvrir l’objet-livre pour les découvrir, est un premier pas vers cette découverte du texte.

Ce code visuel très reconnaissable (couvertures graphiques + choix typographique fort), c’était pour Laure Leroy une manière de concilier les deux codes existants dans l’édition. D’affirmer la ligne résolument littéraire et assez exigeante des éditions Zulma, tout en affichant, avec ses couleurs et ses graphismes, une affiliation avec la littérature étrangère dans tout ce qu’elle a de plus vibrant. De plus, chaque motif étant absolument unique, c’est également une manière d’affirmer le caractère unique de chaque texte, de chaque roman, même quand les auteurs.trices sont récurrents. C’est aussi par ce code que les éditions Zumla revendiquent un catalogue uni et harmonieux : pas de collections ou de sous-collections, d’ailleurs même l’édition de poche reprend ce code, pour créer comme une grande famille de livres publiés sous la même égide.

J’ai trouvé vraiment fascinant d’avoir ces éclairages de la part de la directrice de la maison, c’est tellement rare de pouvoir comprendre d’où viennent les couvertures des livres qu’on a entre les mains !

Qu’est-ce qu’on trouve chez Zulma ?

Ce que j’ai retenu de cette courte rencontre avec Laure Leroy, c’est une personnalité pleine d’humour, très « iconoclaste » (c’est elle qui le dit !), et avec une sensibilité vraiment très particulière pour la littérature. J’ai ressenti, en l’écoutant parler, un véritable amour des mots, de la poésie, une vision différente de la littérature, autre que « raconter une histoire allant d’un point A à un point B », un véritable périple. Quand je parle d’exigence, c’est que peut-être, les livres publiés chez Zulma demandent un certain état d’esprit, pour être abordés dans les meilleures conditions. Il faut être prêt.e à découvrir, ne pas savoir à quoi s’attendre — être là pour le voyage, et pas forcément pour la destination.

C’est incroyablement chouette de pouvoir en apprendre plus sur une culture, sur une langue, de par la manière dont ses auteurs racontent leurs histoires. C’est quelque chose que seule la lecture pourra nous apporter : je n’y avais jamais réfléchi mais il me paraît évident qu’on ne raconte pas les histoires de la même façon en Occident qu’en Orient, en Europe qu’en Afrique, en France qu’en Lituanie, car la littérature s’imprègne de la culture, du langage, des coutumes…

Grâce aux coups de cœur des étudiants qui animaient cette rencontre, j’ai noté huit titres parus aux éditions Zulma, qui viennent de six pays différents, et que j’ai tout de suite rajouté sur ma liste de lecture, et sur ma wishlist d’achats aussi. Is sont si beaux, j’ai vraiment très envie de les ajouter à ma bibliothèque pour en rehausser les couvertures des livres de poches et des grandes maisons, toutes terriblement monochromes. Je vous les présente tout de suite, c’est pour moi la meilleure manière de vous donner envie de découvrir cette maison d’édition. Je suis, pour ma part, conquise par la rencontre avec Laure Leroy, et j’ai vraiment hâte de me plonger dans l’univers Zulma. Voici les livres que j’ai retenus :

Sélection Zulma

  • Comme tous les après-midi, de Zoya Pirzad, autrice iranienne, est un recueil de nouvelles qui mettent en scène la domesticité féminine en Iran dans ses détails les plus subtils et révélateurs.
  • Evangelia, de David Toscana, auteur mexicain, raconte l’histoire d’Emmanuelle, la fille de Dieu, dans un roman où Jésus ne serait donc pas l’Élu mais le petit frère de l’Élue, et où Dieu lui-même tient une place importante.
  • L’Embellie, de Audur Ava Olafsdottir, autrice islandaise, est le récit d’une femme quelque peu passive, qui se voit confier la garde de l’enfant handicapé de sa meilleure amie.
  • Corps désirable, de Hubert Haddad, auteur de langue française, est un roman à la lisière de la science-fiction : un grand chirurgien parvient à greffer un corps entier à la tête d’un jeune homme plongé dans le coma. L’épopée d’un corps.
  • Casting sauvage, de Hubert Haddad également, sortira en mars : on arpentera les rues aux côtés d’une casteuse à la recherche à la fois de 100 figurants assez cabossés pour pouvoir jouer des déportés, et d’un grand amour…
  • Épépé, de Ferenc Karinthy, auteur hongrois, nous plonge dans un univers d’incompréhension alors qu’un grand linguiste atterrit par mégarde dans un pays dont il ne comprend ni la langue, ni les coutumes.
  • L’art de la sieste, de Thierry Paquot, est un très court essai dont le titre est très explicite, et qui me parle énormément, en tant que grande fainéante…
  • Enfin, Grand-père avait un éléphant, de Vaikom Muhammad Basheer, l’auteur indien dont je vous parlais plus tôt, raconte comment une petite fille qui passe de la plus grande richesse à la plus grande pauvreté, se sent soudain libérée des carcans.

Alors dites-moi, quelques uns de ces titres vous allèchent-ils ? Pour ma part, je ne sais pas par où commencer ! Même si Evangelia et Grand-père avait un éléphant m’attirent tout particulièrement, je crois que je vais avoir beaucoup de mal à me décider quand l’heure sera venue d’acheter mon tout premier Zulma. (C’est-à-dire pas tout de suite, il me reste 3 livres sur ma pile à lire avant de pouvoir en ajouter un autre !)

*

Voilà pour aujourd’hui, j’espère que ce très long compte-rendu de ma rencontre (et de mon coup de cœur…) avec une petite maison d’édition indépendante qui chérit les belles lettres, et qui travaille main dans la main avec les libraires indépendants, vous aura plu et ouvert de nouveaux horizons !

Je remercie encore une fois les fabuleuses Lisonnes pour leur fabuleux travail, ainsi que les étudiant.es de la Licence pro Librairie, pour cette rencontre au format novateur et tellement intéressante que j’en ai écrit pas moins de 2600 mots… Bravo pour celleux qui auront lu jusqu’au bout ;)

À bientôt pour de nouvelles aventures, prenez soin de vous.

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41 Réponses

  1. Bonsoir Pauline,
    J’ai trouvé ton article passionnant, peut-être parce que comme toi, je souhaiterais publier un livre un jour et je m’intéresse de près au monde de l’édition. Également parce que j’ai très récemment retrouvé le plaisir de lire de la fiction ; non que j’avais réellement perdu ce plaisir, mais simplement parce que je ne m’en accordais plus le temps, privilégiant les essais pour le travail ainsi que pour nourrir mes réflexions personnelles sur l’écologie, la cause animale, etc. Enfin, parce que ton rapport à la littérature fait écho en moi : bien que cela me fasse du bien de me retrouver un peu parfois dans ce que je lis, je cherche plutôt à m’évader et à découvrir d’autres manières de vivre, de penser et d’imaginer le monde à travers la fiction.
    Comme toi, je déplore le minimalisme trop sobre et monotone à mon goût des couvertures de livres édités en France et j’avais d’ailleurs lu le lien que tu avais partagé à ce sujet avec intérêt. Je me souviens avoir passé beaucoup de temps, en librairie, à admirer les jolies couvertures des livres édités en Angleterre lorsque je vivais là-bas… Alors wahou, je suis vraiment heureuse de découvrir Zulma et ses jolies couvertures colorées ! Par ailleurs, tout ce que tu m’apprends de cette maison d’édition, que je ne connaissais absolument pas, me plaît beaucoup… et cela me donne vraiment envie de découvrir certains de leurs ouvrages. Parmi ceux que tu présentes, il y a « Comme tous les après-midi » (j’adore les nouvelles), « L’Embellie » (le sujet du handicap, surtout celui des enfants, me touche beaucoup, à cause de mon histoire familiale), « Épépé » (en tant que prof d’anthropologie, ça m’intrigue forcément !) et puis « Grand-père avait un éléphant »…
    Qu’est-ce que j’ai souri lorsque tu as commencé à parler de Vaikom Muhammad Basheer et de ses origines… Car figure-toi que je suis revenue il y a 2 semaines d’un très beau voyage au Kerala ! Le malayalam est une très belle langue je trouve ; en tout cas, j’ai beaucoup aimé sa sonorité et son alphabet ! À l’aéroport, seul endroit où je suis tombée sur une librairie avant mon départ (il faut dire que j’ai passé 90 % du voyage hors de la ville), j’étais étonnée par le nombre de livres en malayalam. Étant moi-même d’origine indienne, je sais bien que chaque état à sa langue, mais je n’avais jamais pensé que tant d’auteur·trice·s écrivaient dans la langue de leur état (je ne sais pas pourquoi d’ailleurs !). J’ai voulu repartir avec 2-3 titres traduits en anglais mais j’ai malheureusement manqué de temps pour faire mon choix, donc je n’ai pu en acheter aucun. Je suis donc heureuse de découvrir cet auteur kéralais grâce à toi car j’ai vraiment envie de continuer mon exploration de cette belle région à travers la fiction.
    Pour (enfin !) terminer ce commentaire déjà bien long, je voudrais juste rajouter qu’à la lecture de ton article, je me suis à plusieurs reprises dit que j’aimerais bien noter telle ou telle phrase, tant j’ai aimé la manière dont tu les avais tournée et tant je les ai trouvées justes et pertinentes.
    Je ne commente pas aussi souvent que tes articles me plaisent mais sache que c’est toujours un vrai plaisir de te lire Pauline.
    Merci pour le temps que tu as consacré à la rédaction de cet article qui sort vraiment de l’ordinaire et qui correspond vraiment au genre de choses que j’ai envie de lire en ce moment .
    P.S. : j’ai hâte de tenir ton 1er livre entre mes mains, un jour ;-) !

    1. Merci, merci Natasha pour tes jolis mots !
      C’est vraiment une drôle de coïncidence, ton retour de voyage au Kerala, ma rencontre (très superficielle) avec Vaikom Muhammad Basheer – je n’avais jamais entendu parler du Kerala auparavant, on connaît si peu l’Inde, avec les connaissances héritées de l’école, mais bon c’est pareil avec tous les pays non-occidentaux je crois…
      C’est assez « marrant », j’ai eu une période où je ne lisais que de la non-fiction, des essais en tout genre sur tous les sujets, et puis ça m’a lassée, j’aime vraiment lire pour m’évader, pour la poésie, pour les personnages, bref… pour la fiction ! Aujourd’hui, la proportion de fiction/non-fiction dans mes lectures doit bien avoisiner le 90/10 ! Comme je reste très curieuse, je vais maintenant consommer la plupart du contenu « informationnel » en audio ou en vidéo – tout en me gardant quand même quelques bonnes lectures de réflexion sous le coude, d’ailleurs j’ai hâte de me mettre au dernier Mona Chollet !
      Bon, je réitère, j’ai vraiment super hâte de te lire sur ton voyage, je suis certaine que par ta plume, ce sera fantastique. Je suis vraiment heureuse que cet article t’ait plu, c’est vrai qu’il sort un peu des sentiers battus, m’a demandé pas mal de temps, alors ton intérêt et ton enthousiasme me touchent vraiment ! Je t’embrasse (et te remercie encore).

  2. Fanny

    J’ai aussi abordé les éditions Zulma par Rosa Candida, et j’avais beaucoup apprécié de lire de la littérature scandinave, je me suis souviens que ça m’avait interpellé, même si j’en avais déjà lu un peu, ce livre a été un tel coup de cœur qu’il m’a poussé à découvrir plus de littérature des pays nordiques !
    Aux mêmes éditions, j’ai lu « La neige de Saint Pierre » de Leo Perutz (pas son meilleur d’après ce que l’on m’a dit) que j’ai bien aimé.
    Et récemment j’ai acheté « Epépé » de Karinthy, et qui a été une grosse grosse déception. Alors pour le coup, il ne m’a pas laissé indifférente mais il m’a carrément ANGOISSE !! Et du coup j’ai trouvé la lecture trop longue car je voulais que cette angoisse s’abrège le plus rapidement possible, j’ai donc sauté les dernières pages pour aller à la conclusion finale. Je ne divulguerais rien, mais j’avoue que j’en attendais beaucoup plus, mais d’une certaine manière je retrouve presque l’angoisse que j’ai ressenti en le lisant, alors c’est peut-être un bon livre ?!
    En tout cas je partage ton amour pour ces couvertures et souhaite moi aussi en avoir plus dans ma bibliothèque ! Et je suis ravie de voir que ça pourra me faire découvrir de la littérature plus éclectique !

    1. Quand j’ai lu Rosa Candida, je suis restée un peu perplexe, mais peut-être qu’en le relisant, ou en lisant d’autres livres Olafsdottir ou de littérature islandaise, je comprendrais mieux aussi l’univers !
      Laure Leroy a parlé de Leo Perutz, je ne sais plus de quel roman en particulier, qui selon elle est un véritable chef-d’oeuvre – et moi je ne connais pas du tout Leo Perutz :P
      Elle a également beaucoup parlé de Épépé, en disant qu’il y avait une espèce de fanclub secret de Épépé, qu’un jour elle le relisait dans le métro et derrière elle, un homme qui n’avait du coup pas pu lire le titre du livre, avait reconnu le roman à quelques phrases lues par-dessus son épaule – c’était très amusant. C’est cet aspect « fanclub secret » qui m’a interpelée, mais je ne doute pas que je vais devoir ouvrir toutes les écoutilles pour aborder ce roman, peut-être même qu’il me déplaira profondément, car son résumé ne m’a pas transportée au premier abord. Alors on verra ! Effectivement ta question me laisse songeuse : si le but du livre était d’angoisser, il aurait parfaitement rempli son but, ça me fait penser à certains films ou oeuvres en général dont le but n’est pas de plaire, mais de provoquer (quelque chose, quelqu’un, une émotion…). Je ne comprends pas toujours ces oeuvres, mais elles sont à coup sûr intéressantes !
      Merci pour ton commentaire :)

      1. Fanny

        Pour Leo Perutz, c’est « Le Cavalier Suédois », validé par tout mon entourage et qui attend sur ma table de nuit !
        C’est amusant cette anecdote sur Epépé, mais j’avoue que je ne rejoins pas le club secret ;)

  3. Sarah

    C’est vrai qu’avec la mondialisation on s’achemine vers une uniformisation du monde sur le modèle americain ou toutes les différences culturelles sont peu a peu gommées.
    Moi qui suis pourtant une amatrice de la littérature américaine (mais surement pas hollywoodienne ou bourgeoise j’adore l’autrice Carson Mccullers, James Baldwin ou encore Jack London et son magnifique Martin Eden), mais l’actuelle americanisation du monde me dégoute au plus haut point.
    Il est plus qu’important de varier ses lectures: sud américaine, africaine, asiatique et refus surtour cette marche non seulement vers l’américanisation des sociétés mais j’ai meme envie de dire la macdonalisation …

    1. Je ne suis pas aussi fermement anti-américaine que toi, j’aime beaucoup de ce que fait « Hollywood » tout en ayant un regard critique, je suis agacée par l’omniprésence des États-Unis dans la culture car ils mangent un peu toute la place aux autres pays du monde, sans aller jusqu’à en être dégoûtée au plus haut point ;)
      Je ne crois pas que les différences culturelles soient vraiment gommées, malgré la mondialisation et l’américanisation, d’ailleurs pour relier tous les points, si c’était réellement le cas alors McDonald’s ne s’efforcerait pas d’adapter son offre dans chaque pays où il s’implante !
      Enfin bref, le débat pourrait être sans fin, tout ça pour dire qu’au fond, évidemment, je suis d’accord avec toi, s’ouvrir sur les cultures, c’est indispensable, et heureusement, nous avons le privilège de pouvoir le faire :)

      1. Sarah

        C’est la ou je diverge, hollywood a une vision ultra marketing et ultra calibrée du cinéma qui vise a plaire aux plus grands nombres dans un soucis de consommation et et ne vise pas a offrir une vision artistique un point de vue ou un ressenti profond par le cinéma. D’ailleurs les problématiques sont bien souvent superficielles et les ficelles plutot grosses, et sont entierement mises en place par une equipe de psychologue, marketing etc
        Hollywood c’est a mon sens la mort des petits cinéastes indépendants non calibrés qui peinent a se faire connaitre et qui produisent autre chose que du divertissement grand public. D’ailleurs j’avais lu un article qui expliquait comment les mimiques des acteurs hollywoods devaient etre le moins subtiles possible pour etre comprises par tous ..
        Et pour avoir travailler dans une societe de production cinema et avoir vu leur logique qui essaie de s’aligner sur celles des grosses productions j’en ai ete fortement degoutée tant c’est basé exclusivement sur la perspective de rentabilité économique.
        M’enfin oui j’avoue que je suis plutot radicale et pour les petits indépendants qui se battent et qui se font bouffer par la machine et la logique hollywoodienne :)

  4. Bonjour Pauline, merci pour cet article, j’adore les éditions Zulma et c’est super de pouvoir en apprendre davantage sur leur fondatrice !!
    J’ai lu tous les livres d’Auður Ava Ólafsdóttir et j’ai adoré, je ne peux que te les conseiller… et comme tu les soulignes très justement, les couvertures sont superbes !
    Belle journée à toi,
    Laurie

  5. J’ai beaucoup aimé cet article! Et comme je vais déménager tout près d’une librairie (trop d’amour dans cette phrase), ça me donne envie de me renseigner sur les éventuels évènements qui peuvent s’y tenir… merci!
    J’ai aussi découvert en lisant l’article que le joli livre que j’ai choisi de façon impulsive (« oh la jolie couverture rayée » « oh ça parle du brésil et l’auteur est brésilien(ne?) je connais pas cette culture » « oh j’ai ouvert une page au hasard et ça parlait de tigre » « oh c’est un pavé j’aime les pavés » « oh ce triangle sur la couverture est joli ») début septembre et que je n’ai toujours pas trouvé le temps de lire fait probablement partie de cette maison d’édition….! je regarderai ça en rentrant.

    Et je note aussi ceux qui m’intéressent dans ta liste !
    Bonne journée à toi :)

    1. Ma vie est environ mille fois plus belle depuis que j’habite à 5 minutes d’une librairie !
      Ce n’est que depuis fin 2017 que je vais régulièrement aux événements de ma librairie et j’adore à chaque fois <3
      Trop hâte d'acheter mon premier Zulma, et donc ce sera probablement Evangelia pour ma part :D
      Merci pour ton commentaire, à bientôt !

  6. Bonjour, je suis tout à fait étranger au monde de l’édition, mais Zulma représente pour moi ce que l’édition française a de meilleur. Dans les titres que tu notes, j’ai eu l’occasion d’en lire pas mal, Epépé est un classique étonnant ; les livres de Hubert Haddad sont excellents dont ce Corps désirable (je lirai aussi son Casting sauvage) ; Comme tous les après-midi est un beau recueil de nouvelles ; et je viens tout juste de finir Evangelia, très drôle et profond.

    1. Merci beaucoup, ma prochaine lecture sera très très sûrement Evangelia :D Le très court extrait disponible sur le site de Zula m’a convaincue, ça a l’air d’être très drôle.

  7. Merci beaucoup pour cet article enthousiaste! Je suis une inconditionnelle des éditions zulma dont j’apprécie l’esprit grand ouvert sur le monde. Fonce sur Zoya Pirzad, tu apprécieras la douceur et la force de la contemplation! L’embellie bien sur mais aussi le rouge vif de la rhubarbe, complétement bouleversant et dont j’ai aimé le point de vue ( un point de vue hélicoptère qui montre à certains moments les humains comme des fourmis :-))
    Et un petit bijou les Nuits de laitue de Vanessa Barbara, très poétique et dont la chute est terrible! Je t’embrasse

    1. Ça ne m’étonne pas du tout, que tu aimes les éditions Zulma !
      Merci pour tes confirmations de recommandations, et j’ajoute Les nuits de laitue à ma liste, avec plaisir ! Je t’embrasse.

  8. Un petit mot juste pour te remercier de ce très chouette article ! J’adore Zulma, son identité, ses choix de publications, et j’ai beaucoup aimé en savoir plus grâce à ton compte-rendu. Pour le moment, il faudrait que j’étende un peu mon catalogue, car je me rends compte que je reste très nordique dans mes choix (j’ai d’ailleurs lu Ör d’Audur Ava Olafsdottir pendant les vacances, qui est pas mal du tout !). Et pour les couvertures, je partage complètement ton point de vue (yeurk, le jaune pâle de Grasset).
    Une petite anecdote qui, je crois, n’apparaît pas dans ce compte-rendu (désolé si j’ai mal lu !) : les éditions Zulma sortent exactement douze livres par an (j’aime bien ce chiffre tout rond) :)

    1. Oh comme je suis contente que tu aies aimé cet article ! Elle a été très prolifique, Audur Ava, je ne connaissais que Rosa Candida mais il y en a tant d’autres, il faudrait que je leur jette un coup d’oeil. (comme pour Zoya Pirzad, je ne la connaissais pas la semaine dernière et je découvre au moins 4 livres d’elle sur le catalogue de Zulma…)
      Oui tu as tout à fait raison, Laure Leroy nous a parlé de ce choix de publication restreinte, c’était très intéressant aussi, car elle considère chaque publication comme un pari, et entoure chaque ouvrage de beaucoup d’attention. Elle considère par exemple que Evangelia, de David Toscana, pourrait être le livre qui fera le succès de cet auteur en France, alors que ce n’est pas le premier qu’elle publie de lui, je trouve ça chouette aussi ces paris. Il y a encore beaucoup de choses qu’elle a dites et que je n’ai pas réussi à retranscrire, cet échange était vraiment très riche.
      Merci beaucoup pour le nôtre ! :)

  9. C’est drôle, quand j’ai commencé à lire ton article je pensais que cette maison d’édition m’était totalement inconnue. Et puis tu as parlé de littérature du monde entier, et ça m’a fait penser à ma petite librairie préférée d’amour, leur sélection de livres toujours originale d’auteurs du monde entier…
    Et là justement, je vois la couverture et je réalise : j’ai offert 3 livres de chez Zulma à ma maman pour Noël, d’après le conseil des libraires de cette même librairie !

    Du coup, je te remercie, c’était très intéressant d’en savoir plus sur cette maison et sa créatrice. Maintenant j’ai très envie de piquer les livres que j’ai offerts ! :D

    1. Héhé c’est qu’ils sont discrets comme tout, chez Zulma, avec leur petit Z de rien du tout sur les couvertures !
      Je te souhaite de parvenir rapidement à piquer ces 3 bouquins, moi je me fais un plaisir de signifier à chaque personne à qui j’offre un livre qu’en l’acceptant, iel s’engage à me le prêter par la suite : je n’offre jamais un livre que je n’ai pas envie de lire moi-même !

  10. Idil

    Bravo,c’est un billet passionnant.Personellement je suis fan de. Zulma depuis sa création.
    Je dirais vite vite de vous précipiter sur Zoya Pirzad, dont vous ne pourrez plus vous séparer, Zulma ayant publié tout ses autres livres, sinon oui Hubert Haddad, Olafsdottir et Basheer que j’adore….mais elle a d’autre titres dont mon dernier coup de cœur le livre de Kei Miller By the rivers of Babylone.

  11. Julie

    C’est un vrai bonheur que de tomber sur un tel article, un article essentiel finalement… C’est vrai que, spontanément, nous ne sommes pas tournés vers les cultures, ni donc les littératures, d’autres pays, et a fortiori au-delà de l’Europe occidentale. Je pense que c’est sans doute lié au système d’éducation, à la façon dont nous abordons notamment l’histoire par un petit bout de la lorgnette, qui est en fait un point de vue particulier et très « orienté » sur le monde, qui n’invite que très peu à l’ouverture. J’en ai pris conscience quand je suis entrée dans master de géographie spécialisé sur les thématiques de développement dans les pays dits du Sud, et que nous avons parlé des études postcoloniales, des grands penseurs de ces pays qui ont mis en lumière à quel point l’Occident et en particulier l’Europe avait imposé au monde leur vision et leur ambition, une vision biaisée et centrée sur elle-même, qui aujourd’hui encore nous influence jusque probablement dans nos choix de lecture sans même que nous nous en rendions compte. Et je ne m’exclue pas du tout de ça puisque malgré cette ouverture liée à mes études, je lis essentiellement des auteurs français et de langue française… Zulma est un magnifique éditeur, que j’ai eu la chance de connaître (comme tant d’autres parfois tout petits éditeurs, jusqu’à Actes Sud que je ne connaissais même pas non plus et leur belle collection Babel) par mon copain, qui est lui-même éditeur et aussi une des seules personnes que je connaisse qui soit justement tourné spontanément et indifféremment vers toutes les littératures, quelles que soient leurs origine.
    Je pense qu’en France, le contexte est qui plus est particulier puisque nous avons cette tradition que tu évoques, cet amour des belles lettres, des lettres classiques, qui est inscrit dans notre patrimoine national et historique même lorsqu’on n’est pas vraiment un grand lecteur… Ce n’est probablement pas sans lien avec l’aspect de nos couvertures, comme tu le dis, et d’ailleurs c’est vraiment très intéressant cette manière de concevoir du coup celles de Zulma. Cela dit, je suis personnellement très attachée aux belles éditions françaises (indépendantes ou non, petites et grandes) et à la sobriété, l’élégance de nos couvertures, qui me rappelle justement aux belles lettres, à l’histoire de notre littérature (je viens de prépa littéraire à l’origine, je suppose qu’on ne se refait pas :p). Et puis je pense qu’il y a aussi un point très juste dans ton article, dont j’avais pris conscience à la lecture d’auteurs comme Descola ou Quine (non, les deux n’ont rien à voir haha mais leurs pensées se mettent très bien en regard sur certains points), puis plus concrètement lors de mes voyages en Afrique de l’ouest pour mes études : on ne peut pas – on n’est ontologiquement pas en mesure de se projeter hors de notre culture, de notre histoire, de notre subjectivité et de tout ce qui l’a construit depuis toujours… Et c’est quelque chose qui est assez triste à admettre et difficile à expérimenter mais je pense que, à moins de certaines circonstances durables et particulières peut-être, il n’est pas possible de comprendre, profondément, une autre culture que la sienne… Ce qui doit jouer dans nos choix de lecture, dans l’appréciation que nous avons de livres d’ailleurs, la difficulté que nous avons parfois à les aborder… La traduction a aussi pour objectif de rendre accessibles des référents culturels que nous ne connaissons pas, en les transposant dans notre système de pensée – et pas seulement dans notre langue, les deux étant liés… Elle nous les fait donc perdre, inévitablement.
    Mais pour autant, je pense que s’ouvrir au monde et à d’autres cultures est essentiel pour nourrir notre humanité, et c’est pour cela que nous avons besoin d’éditeurs comme Zulma, mais aussi d’articles comme le tien ;) (petit retour en douce à mon propos de départ quand même haha, après cette looongue dérive).
    C’est le premier que je lis de ton blog parce que son titre m’a interpellée, et la longueur de mon commentaire n’est que le reflet de mon enthousiasme à voir parler de ces sujets si intéressants, riches et essentiels, à mon sens, sur un blog. Vraiment, merci pour ton partage !

    1. Merci beaucoup Julie pour ton commentaire si intéressant !
      Je n’ai pas grand chose à rajouter, je reviens sur cette vérité : en effet notre appréhension d’autres cultures ne peut se faire sans une déperdition de sens, je dirais même d’essence, et je crois en effet qu’on ne peut pas comprendre certaines cultures, tant elles diffèrent des nôtres. Et c’est évidemment la raison pour laquelle on a tendance à se tourner vers des choses qu’on connaît et qu’on comprend. La littérature japonaise me fait un peu cet effet-là, mais cela me fascine aussi alors je continue ! Et c’est ça qui m’intéresse aussi, c’est la fascination qui se crée pour ces cultures qu’on ne pourra jamais entièrement comprendre.
      Eh bien écoute je suis vraiment ravie que cet article t’ait plu en tout cas, merci pour le temps que tu as pris pour m’écrire, j’espère que ce blog t’apportera d’autres beaux moments !

  12. Il est trop chouette ton article ! Ça change ça fait du bien ça nous apprend des choses… Je pense que moi aussi je lis trop peu de littérature étrangère autre qu’anglo saxonne. Bien sûr si je regarde sur l’étagère de mes parents il y a toujours Murakami qui va fausser la moyenne, mais c’est beaucoup de livres d’un même auteur ! (Ce serait sympa que les sites de lectures comme Babelio ou Livre addict permettent de faire ce type de statistiques sur les livres qu’on a enregistrés tiens !)

  13. Céline

    Merci beaucoup pour cet article très intéressant et qui m’a donné envie de découvrir plein de nouveaux livres ! Je dois dire que je ne sais pas bien d’où viennent les auteurs des livres que je lis alors que c’est une idée qui m’intéresse. D’ailleurs je ne sais pas si tu connais Ann Morgan, elle s’était lancée le défi de lire un livre de chaque pays du monde en une année. Elle a un blog où elle parle de ses lectures et qui contient une liste d’ouvrages qu’elle a lus, par pays. Elle a également fait un Ted où elle en parle. Je trouve l’idée super intéressante !

      1. Céline

        Ah et je voulais ajouter que je me suis inscrite il y a peu sur goodreads ( tu m’as donné envir je crois haha) et je leur ai écrit pour leur suggérer d’ajouter des infos sur le genre et l’origine des auteurs, voici leur réponse :  »
        Thanks for taking the time to write in with your suggestion! I definitely understand how useful it would be to see these statistics. While we don’t have a feature like this prioritized at the moment, I can pass your feedback along to our product team.

        It’s worth mentioning that Goodreads offers users the option to choose which information they want to share on their profile, such as gender, location, age, etc. These options are based on personal preferences and aren’t required to set up an author page.

        Though we don’t have plans to implement your suggestion, I’d encourage you to continue writing in with any requests you have for other features, as it provides Experts and the product teams with a clear idea of what our members want. You’re also welcome to join the Goodreads Feedback Group, which is moderated by Experts, to post feature requests and suggestions.

        I appreciate your taking the time to write in, and please let me know if you have any additional questions or concerns! »

        Réponse qui me laisse pas beaucoup d’espoir pour le moment mais qui sait ? Si on est beaucoup à faire cette demande ils finiront peut-être par la prendre en compte !

        1. Céline

          Aah je me suis trompée, ce qui apparaît comme mon nom c’est la dernière phrase de mon commentaire, mes gros doigts ont fait des bêtises sur mon téléphone.. Tu peux corriger s’il te plaît ?

  14. Mais quel article passionnant, merci Pauline ! C’est vraiment hyper intéressant d’apprendre tout ça. Je connais un peu les éditions Zulma, j’ai lu quelques livres édités par eux et j’avoue ne jamais avoir été déçue – c’est d’ailleurs l’une des rares maisons d’éditions pour laquelle je ne prends même pas le temps de lire quelques pages du livre avant de l’emprunter, je sais que je vais faire une belle découverte, no matter what.
    En revanche, sur les couvertures, je n’arrive toujours pas à avoir un avis. J’adore cette liberté que prennent les éditions anglo-saxonnes pour faire du livre un bel objet dans son ensemble, mais je ne peux m’empêcher de trouver très classe, aussi, les éditions sobres (jetez-moi des pierres, mais j’aime les couv’ de Grasset !). Bref, je ne sais pas où me situer dans ce débat. Dans le doute, je continue d’acheter les deux types de couvertures. Hein. Parce que bon.

    1. Trop contente que cet article t’ait plu Camille ! ♥︎
      Ahah, personne ne va te jeter des pierres, c’est vraiment marrant cette question de goûts et de couleurs avec les couvertures. Ce qui m’agace le plus avec les couvertures Grasset, NRF etc., c’est que le papier de la couverture est d’une qualité dégueu, ça s’abîme super facilement ! :o Vu le prix des bouquins et cette démarche « littérature qualitative », avoir une bonne qualité de papier de couverture ce serait pas mal du tout :P
      Bises !

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  17. J’aime beaucoup les éditions Zulma, merci d’avoir partagé cette interview :)
    Chez eux, je me souviens avoir lu C’est moi qui éteint les lumières de Zoya Pirzad, un texte doux-amer sur une femme au foyer arménienne d’Iran (ce qui m’a fascinée parce qu’en tant que petite fille d’immigré arménien, j’ai réalisé que c’était la première fois que je lisais un roman avec une héroïne arménienne, c’est fou !). C’est assez spécial, ça peut paraître un peu frustrant (il ne se passe pas grand chose) mais j’ai bien aimé.

    Je te conseille aussi Mes seuls dieux d’Anjana Appachana, un recueil de nouvelles parlant notamment de la condition de la femme en Inde, c’est très touchant (mais attention, certains passages sont très durs).

    Bon et moi j’aime bien nos couvertures française (après, j’achète surtout en poche) et j’ai un peu de mal avec les anglaises :x
    On a quand même Le Tripode, Monsieur Toussaint Louverture, Zulma et d’autres qui font des éditions sublimes !

  18. Ton article était captivant, et m’a permis d’en apprendre plus sur cette maison d’éditions que j’avais en effet repérée par ses couvertures !
    Merci à toi pour ce compte-rendu très complet !

  19. Anoushka des Bois

    Bonjour Pauline,

    Je suis une lectrice assidue de ton blog et je n’avais jusque là jamais écrit de commentaire ☺ J’ai trouvé ton article très intéressant, j’avais lu Rosa Candida des éditions Zelma sans connaître leur histoire et je suis contente de connaître désormais la « philosophie » et les valeurs de sa créatrice ☺ tu mentionnes précédemment que Rosa Candida t’avait laissé perplexe, ca a également été mon ressenti…l’absence de repère géographique m’avait beaucoup perturbé, à aucun moment du livre n’est mentionné de nom de lieu qui pourrait nous aider à mieux fixer les personnages dans un contexte géographique précis. ..perturbant mais après réflexion, n’est-ce pas libérateur pour notre imagination, de nous affranchir ainsi des représentations figées que nous pourrions déjà nous être créés sur une région, une ville, un pays ?
    J’avais, en plus de cette absence de repère géographique, été déstabilisée par le rythme plutôt lent de l’histoire, très différent de celui des livres francais/anglo-saxons que j’ai l’habitude de lire…une parenthèse brumeuse, hors du temps, toute en nuances.
    Comme tu l’as évoqué, chaque littérature, de quelque pays qu’elle vienne, est empreinte de la culture, et du mode de vie des habitants du pays, du rythme de leurquotidien, et ton article me donne vraiment envie de choisir un nouveau livre des editions Zelma pour sortir à nouveau de ma zone de confort et ouvrir un peu plus mon horizon merci Pauline !

    1. Hello Anoushka, merci beaucoup pour ce premier commentaire ! Je crois en effet que c’est le style nordique qui m’a un peu perturbée, car je n’avais pas du tout l’habitude. Je n’y avais pas pensé en le lisant, mais depuis et avec cette réflexion poussée suite à la rencontre avec Laure Leroy, c’est vraiment la conclusion à laquelle je suis arrivée. Et alors moi, le fait qu’on ne sache pas du tout où se passe l’histoire, ça m’a en effet vraiment libérée ! J’ai imaginé un petit pays entre la Provence et l’Espagne, un endroit doux et toujours ensoleillé, j’avais très envie d’y aller ;)
      Le rythme assez lent et contemplatif me fait vraiment penser à cette idée qu’une histoire peut parfois être plus cyclique que linéaire, n’aller « nulle part » et pourtant dire beaucoup de choses. « Hors du temps », exactement !

  20. Pingback : Graines vertes #14 - Échos verts

  21. Lucile

    Un petit tour sur ce blog que je ne lis pas habituellement, mais que Natasha vient de recommander dans Echos verts. Merci à toi de m’avoir fait découvrir le monde de l’édition, tu m’as donné très envie de lire au moins un de ces livres, j’ai choisi « comme tous les après-midi », et ils l’ont dans ma bibliothèque :D

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