22
Déc
2017
12

Les trois dernières lettres

J’en ai écrit plusieurs milliers ces derniers temps, bien plus d’un million dans ma vie, pourtant c’est bien ces trois dernières lettres-là que je n’oublierai pas. Je les attendais depuis des jours, je guettais le moment où, alors que j’aurais tout dit, elles s’imposeraient à moi comme l’évidence qu’elles doivent être. J’ai senti mon cœur battre à toute allure, c’était une drôle de première fois vous savez, celle qui a consisté à dire « vous avez vu, je l’ai fait ». J’ai écrit FIN. à la fin et j’ai souri bêtement, en même temps j’étais un peu triste parce que c’était allé si vite, la FIN. De cette histoire, que je n’ai je crois pas eu le temps de faire mes adieux. A Anaïs, à Camille et à leurs peurs, leurs joies et leurs promesses.

Vous l’aurez compris, ce soir j’ai posé les dernières lettres de mon roman. Ce premier jet tout cabossé, plein de fautes de frappe, de verbes inventés, d’illogismes et de bonnes intentions, que j’ai commencé il y a 52 jours tout pile, en me jurant si fort de le terminer avant la Saint-Sylvestre. Au dos de tous les mots écrits pendant novembre j’en ai rajouté encore quinze mille, je me suis émerveillée de la lenteur d’un décembre qui me voyait peiner là où novembre faisait tout glisser sur le clavier comme à skis sur une pente enneigée. C’est que c’est difficile une FIN.

Surtout quand c’est la première, la première des grandes FIN., celle qu’on n’envisageait pas trop il y a à peine 4 mois, qui est devenue un but en soi ces quelques derniers jours où épuisée je ne demandais qu’à en voir le bout du tunnel, la fin de la piste. C’est la FIN. d’un boulot monstre dont je ne peux que me sentir fière, et le début aussi d’une nouvelle histoire, celle qui naîtra sculptée de la glaise que je viens péniblement de déterrer. J’ai lu : Écrivezpour comprendre ce que vous avez à dire. Réécrivez pour comprendre comment vous voulez le dire. (quelque part sur Twitter, je ne retrouve plus la source) J’ai trouvé ça dur et puis doux aussi, c’est déjà si compliqué de trouver ce qu’on à dire, de mettre les mains en porte-voix et de s’époumoner dans le vide d’une page trop souvent blanche.

J’ai écrit une histoire, du début à la FIN., des gens tristes sont devenus heureux, des cœurs se sont brisés puis rafistolés, il y a eu de la pluie, de la neige et enfin du soleil, la vie. Il y a eu la vie. Je trouve ça incroyable et en même temps pas tellement. Si je peux le faire, c’est que c’est faisable, n’est-ce pas ?


Maintenant je vais me reposer, trouver le temps de vous raconter mon année en 12 points positifs retrouvés. Et préparer un atelier d’écriture qui commencera début janvier et qui nous permettra d’écrire ensemble, si vous le voulez. Je vous embrasse, à tout bientôt.

(J’ai écrit depuis mon lit, il est presque une heure du matin, rien n’a encore jamais été aussi décousu de fil blanc que cet article very old school.)

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6 Réponses

  1. Quel joli texte ! Moi aussi j’ai écris le mot FIN de mon roman il y a quelques jours… Et comme toi l’impression d’être vide et remplie en même temps. Fière et complètement dépassée par la masse de travail qui m’attends. Elle est très vraie cette phrase que tu as lue sur Twitter : j’avais besoin, moi aussi, d’arriver à tout écrire, quitte à ce que ce soit pas terrible, pour avoir une matière à retravailler. Je me suis rendu compte que la réécriture, c’était ce que je préférais.
    Bon courage à toi pour cette étape si merveilleuse et surtout de belles fêtes de fin d’année.

  2. Encore félicitations pour cette « fin »… et courage pour la relecture/réécriture à venir !
    Tu m’encourages à vouloir moi aussi poser une fin sur mon roman débuté en Novembre, même si elle est beaucoup trop lointaine encore…

    (ps : Joyeux Noël ! oui oui oui)

  3. Cécile

    Ta joie est communicative. :) Cela donne envie de te lire. Et j’ai hâte de voir cet atelier d’écriture, car je cherche encore comment me mettre à écrire.

    Bises de Noël

  4. Gwen

    Trop contente pour toi et même si je ne te connais pas je suis fière de toi. :)
    C’est sans doute car on a suive l’avancée avec toi sur Insta et autre.
    Hate de le lire. Prend ton temps maintenant pour la relecture et la correction.

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