25
Sep
2017
24

Lectures : Corps de femmes

J’ai beaucoup réfléchi à comment recommencer à vous parler de lectures sur le blog. J’avais lu des dizaines de livres cet été, et j’avais envie de vous parler de tout, mais en rédigeant l’article je me suis rendu compte que ça n’avait aucun sens et que j’allais vous perdre, parce que c’était long, pas très cohérent et peut-être pas très intéressant. Personne n’a envie de lire la liste des quinze livres lus par quelqu’un en 2 mois avec trois phrases un peu vagues pour en parler. Alors j’ai décidé de mettre cette idée dans la poubelle – il faut savoir le faire parfois – et j’ai trouvé une nouvelle idée.

Aujourd’hui je veux vous proposer un article de lectures thématique. Et comme ça fait un moment que j’ai envie de vous reparler de féminisme aussi, eh bien j’en profite avec ce format un peu nouveau pour moi. Aujourd’hui, je vous propose quatre livres de femmes qui parlent, entre autres, du corps des femmes.

Être une femme, dans notre monde actuel, c’est souvent ne pas avoir totalement le contrôle de son corps ou de comment il est perçu. À moins de rentrer exactement dans les standards de beauté, de blancheur, de minceur, mais aussi de jeunesse et de « moralité », notre corps et notre personne entière est soumise au regard des autres. Quelle femme ne s’est jamais sentie scrutée des pieds à la tête par un-e inconnu-e dans la rue ou dans le métro ? Quelle femme ne s’est jamais demandé si sa tenue disait d’elle les bonnes choses avant de sortir de chez elle ?

Ce sont des sujets qui me touchent et me passionnent. Parce que j’aimerais pouvoir me regarder parfois sans sentir peser sur moi le poids des attentes de la société. Parce que j’aimerais ne jamais me demander ce qu’on va penser de moi si je sors pas épilée ou vêtue d’une jupe un peu courte. Parce que je suis féministe alors j’ai envie de me foutre de tout ça, et pourtant je n’y arrive pas forcément. Lire ces quatre livres a beaucoup alimenté ma réflexion alors c’est un plaisir de les partager avec vous dans cet article ! J’espère que cela vous plaira.

*

King Kong Théorie, de Virginie Despentes

Virginie Despentes est très probablement la première féministe que j’ai lue de toute ma vie, à une époque où je ne me revendiquais pas du tout comme telle. Je devais être au collège quand j’ai lu un ou deux de ses romans, je me souviens que la « vulgarité » du langage, la présence de sexe et de drogues, mais aussi de précarité, m’avait beaucoup marquée. C’était tellement aux antipodes de mon milieu.

Il m’a fallu être réellement féministe pour me pencher sur King Kong Théorie, qui est un manifeste féministe à l’image de Despentes : furieusement brutal et essentiel, sans concession ni excuses.

L’autrice y parle beaucoup de son corps et des corps féminins, d’une certaine manière. Elle parle de son expérience de la prostitution comme une manière de reprendre possession de son corps et conscience de sa valeur, après avoir subi une agression sexuelle. J’imagine le courage qu’il faut pour parler de ces sujets, et elle le fait sans jamais verser dans le pathos et sans rechercher l’apitoiement. (Ce n’est pas du tout le genre de Despentes de toute façon)

Elle parle aussi de la laideur, et de toutes les manières avec lesquelles on peut être une femme qui ne rentre pas dans les bonnes cases.

En lisant ce livre, j’ai appris que j’ai le droit d’être une femme et d’être grossière, d’être brutale et violente et en colère, d’être mal fagotée, mal peignée, et même d’être moche. D’une certaine manière j’ai pris conscience que malheureusement, je serais toujours jugée, même si un jour j’atteignais le physique parfait. Ce qui n’arrivera jamais : j’ai de l’acné, j’ai des poils, des cheveux impossibles, la flemme de cacher mes cernes, d’aller chez le coiffeur, de faire du shopping, de faire du sport. Et cette réalisation surtout m’a frappée dans ma manière de créer. Vous le savez, j’aime écrire. Et j’ai réalisé que j’avais toujours tu certains aspects de ma personnalité dans mes écrits parce que ce n’est pas féminin. Virginie Despentes ne s’empêche jamais d’être une femme et de dire merde, putain, bite chatte et cul. C’est sûr, ça ne plaît pas à tout le monde. Mais c’est ce qu’elle est et ce qu’elle veut dire, et je trouve ça terriblement inspirant.

Pour moi, King Kong Théorie c’est une invitation à ne plus s’excuser d’être une personne à part entière. C’est un manifeste pour toutes les femmes qui se demandent parfois si elles sont bien des femmes, parce que leur manière d’être au quotidien ne correspond pas à ce qu’on attend de nous.

*

Ceci est mon sang, de Élise Thiébaud

Dans ce livre, c’est des règles qu’on va parler. Note importante : je ne considère pas que seules les femmes ont leurs règles et je n’oublie pas les personnes trans parmi nous ! Mais je ne pense pas avoir les connaissances nécessaires pour passer ce livre sous ce filtre.

Ça étonne souvent quand je le dis, mais à presque 23 ans, cela fait presque 13 ans déjà que j’ai mes règles. Elles sont pour moi une plaie, une corvée, un moment très désagréable – mais pas seulement, étrangement, de manière très intime qui ne regarde que moi. Le sujet des règles (comme celui de la contraception) me passionne depuis que je suis féministe. J’ai testé toutes les protections possibles, des tampons conventionnels aux serviettes lavables en passant par la cup et bientôt, les culottes périodiques. Alors forcément, ce livre m’a parlé. Il m’a fascinée.

Élise Thiébaud raconte l’histoire des règles, et des multiples tabous qui les entourent. Mais aussi des histoires millénaires que notre société a oubliée : comment pour les civilisations anciennes, la période des règles permettait aux femmes de se retrouver entre elles et, d’une certaine manière, d’être débarrassée des hommes le temps de quelques jours pour s’organiser et retrouver leur énergie. On en apprend plus sur le sang, sur les maladies des personnes qui ont un utérus, comme par exemple l’endométriose, et sur des tas d’autres choses aussi liées aux menstruations. Je trouve cette lecture importante quand on est quelqu’un concerné par les règles – homme ou femme, d’ailleurs. Il est primordial de comprendre pourquoi les tabous autour des règles existent, parce qu’il est essentiel de les démolir. Avec humour et pertinence, Élise Thiébaud donne envie de réfléchir aux règles, au corps qui saigne, à comment on regarde les corps qui saignent.

Avec ce livre, j’ai décidé de ne vraiment jamais m’empêcher de parler de règles, d’utérus et de saignements. Il m’arrivait auparavant, surtout en présence d’hommes, d’user de périphrases pour parler de mes douleurs utérines handicapantes, de mes problèmes « de fille ». Je n’ai plus envie de faire ça. Si un homme est incommodé par ce que je vis tous les mois, peut-être que ça le fera réfléchir. Quand je vois combien des millions de femmes souffrent en silence, et combien d’hommes encore aujourd’hui se disent dégoûtés et rebutés rien qu’à la vue d’une boîte de tampons à la caisse d’un supermarché… Je me dis qu’il faut parler des règles. Que les prudes soient choqués ou dégoûtés. La réalité de nos corps n’est ni honteuse ni sale. Libérer la parole des règles, c’est permettre aux personnes qui en souffrent, médicalement ou plus simplement au quotidien, de trouver plus facilement de l’écoute et de l’aide.

*

Hunger, a memoir of (my) body, de Roxane Gay

Pour ce livre, mes excuses : il n’est pas traduit en français à l’heure actuelle, mais je devais vous en parler. C’est la lecture de septembre/octobre pour Our Shared Shelf, le club de lecture féministe de Emma Watson sur Goodreads. Je n’ai pas lu toutes les entrées de ce club, mais j’y jette régulièrement un coup d’œil. J’y avais par exemple découvert les mémoires de Gloria Steinem, figure incontournable du féminisme américain, et je vous en parlais ici.

Comme King Kong Théorie, Hunger parle de viol et de la manière dont les agressions sexuelles peuvent changer les rapports aux corps. Mais Hunger parle surtout du corps féminin obèse, et de la manière dont il est perçu. J’avais jeté mon dévolu sur ce livre car je pensais qu’il parlait surtout des troubles du comportement alimentaire (je cherche de bons témoignages sur l’anorexie, si vous avez ça), force m’est d’avouer que ce n’est pas le cas. Roxane Gay, suite à son viol, a mangé pour transformer son corps et le rendre inatteignable – indésirable. Elle raconte ensuite la réalité qu’est la sienne, celle d’une femme obèse et féministe, qui lutte entre l’intime conviction que toutes les personnes de tous les corps ont le droit au respect, et l’expérience de son quotidien dans une société où bien que le surpoids et l’obésité soient de plus en plus répandus, les corps gros ne sont pas acceptés, ni respectés ni accommodés.

Si Hunger m’a marquée, c’est parce que je n’avais jamais lu de témoignage de femme grosse. En tant que féministe (et qu’être humain décent) je cultive ce respect des autres qui me paraît essentiel. Mais en tant que femme plutôt mince, je n’avais aucune idée de la réalité des personnes grosses. À un moment, Roxane Gay dit que les gens qui ne sont pas gros (et pas handicapés) sont oublieux de leurs propres corps : ils marchent, montent des escaliers, passent les portes, s’assoient dans les chaises etc., sans même y penser. Et que par conséquent, ils n’imaginent même pas que ce ne soit pas le cas pour tout le monde. Et pour ma part, c’est vrai. Le lire et lire la réalité d’une femme grosse m’a ouvert les yeux. Et l’histoire de Roxane Gay m’a touchée par sa sincérité sans fards.

*

Une apparition, de Sophie Fontanel *

Pour terminer cette sélection, après vous avoir parlé de sexualité, de règles, d’obésité, j’ai envie de vous parler d’un autre aspect de la féminité qui est mal vu de nos jours : la vieillesse.

Dans ce roman autobiographique, Sophie Fontanel partage avec nous sa grande décision, celle d’arrêter de teindre ses cheveux blancs. Je n’avais pour ma part pas une grande idée de la difficulté que cela peut présenter. Mon premier role model féminin, ma maman, n’a jamais caché ses cheveux blancs. À 47 ans, ses cheveux bruns sont parsemés de fils d’argent de plus en plus nombreux et je trouve ça terriblement beau, d’une beauté solennelle que j’admire. Mais ma grand-mère (la maman de ma maman) a longtemps teint ses cheveux, et ce n’est que récemment qu’elle a décidé de transitionner pour approcher bientôt sa couleur naturelle, un blanc nacré éclatant. Ça lui va vraiment bien. Mais revenons à nos moutons.

Sophie Fontanel nous parle comme à des amis, et nous raconte les différentes réactions de ses amies, à sa décision. Et comme elle a partagé son expérience sur Instagram, elle raconte aussi les réactions d’inconnues. Entre « quel courage, je n’oserai jamais » et « c’est moche, arrêtez ça tout de suite », la transition de la couleur aux cheveux vieillissants montre qu’il est difficile d’être une femme et d’avoir son âge. De faire son âge. Au-delà de la peur très intime de vieillir et de mourir, c’est aussi l’idée qu’avoir des racines c’est avoir l’air négligé et triste. Qu’être grisonnante, c’est s’avouer vaincue.

Peut-on être encore séduisante, peut-on encore séduire, quand on a les cheveux blancs ? Peut-on avoir les cheveux longs quand on a plus de 50 ans ? Autant de questions – et bien d’autres – que je ne m’étais jamais posées. Et pourtant, un jour moi aussi j’aurai des cheveux blancs et je devrai composer ma féminité avec ce nouveau facteur. Le témoignage de Sophie Fontanel relève en effet du courage d’apparaître. Je me suis dit, en le refermant, que la question ne devrait presque plus être d’assumer son âge, parce qu’on assume des défauts, des fautes. Il faudrait porter les cheveux blancs comme une victoire.

*

Et voilà ! J’ai aimé chacun de ces livres et ils m’habitent encore à l’heure où je vous parle, bien que cela fasse plusieurs mois que je les ai refermés pour certains. Je vous conseille chacun d’entre eux très chaudement. Avez-vous lu certains des titres proposés dans cet article ? J’ai hâte d’en discuter avec vous dans les commentaires !

Si ce genre de sélection thématique vous plaît, n’hésitez pas à me le dire, je crois que c’est un exercice que j’ai beaucoup aimé et je me ferais un plaisir d’en imaginer d’autres sur d’autres sujets, en incluant de la fiction aussi !

Et aux femmes qui me lisent : réfléchissez-vous au corps féminin en général, à sa place et son traitement dans la société ?

À tout bientôt, prenez soin de vous.

* livre reçu en service presse

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49 Réponses

  1. Merci pour ces impressions, ces ouvrages ont l’air très intéressant.
    J’attends que ma petite soeur vienne me voir pour pouvoir (enfin) lui prendre et lire King Kong Theory. Je suis en train de découvrir Sophie Fontanel avec L’Envie, une autre thématique assez forte : vivre seule, sans relations amoureuses ou sexuelles, par choix. Cela questionne beaucoup de choses dans notre société et ses impératifs, et ton article me donne très envie de lire Une apparation.
    L’idée de thématique est super !

  2. Bonjour,

    ton article me touche beaucoup, et ces quatre livres, j’ai envie de les lire : ces différents aspects, ces différentes facettes, tu les présentes très bien.

    Pour ma part, j’arrive de mieux en mieux à dire que si ça va pas, c’est à cause de mes règles, mais ça reste encore enveloppé dans des périphrases (sauf avec mon Amoureux). J’y travaille.

    Ton passage sur les cheveux blancs me parle beaucoup : j’en vois dans les cheveux de l’Amoureux, et j’en ai trouvé quelques uns chez moi (j’ai bientôt 34 ans), et… je trouve ça trop cool. J’aime cette idée de vieillir, en fait. J’aime le fait que ma chevelure châtaignasse rivalise un jour avec la crinière de Gandalf le Blanc. J’aime savoir que je suis en train de vieillir au côté de l’homme que j’aime (et je trouve ses cheveux argentés très jolis).

    Merci de ton partage !

    1. Je suis très heureuse que cet article t’ait plu !
      Je suis très touchée par ta manière de voir tes/vos cheveux blancs, elle rejoint beaucoup la mienne. Mon amoureux n’est pas beaucoup plus vieux que moi, mais il a déjà quelques infimes rides au coin des yeux et je les trouve juste superbes. Et comme toi, l’idée de vieillir à ses côtés m’enchante, j’ai presque hâte. Quand je vois les cheveux argentés de ma maman, je suis subjuguée, ça lui donne un air de sage-sorcière. Son visage est très jeune, et le voir encadré de plus en plus par les cheveux gris, c’est vraiment très joli. (aaah, les Méditerranéen-nes, j’espère vieilir comme elle !)
      Merci pour ton commentaire. ♥

  3. Quelle superbe idée que cet article thématique (et quelle thématique passionnante) !
    J’ai moi aussi adoré le livre d’Elise Thiébaut : je l’ai trouvé extrêmement enrichissant sur le plan des connaissances mais aussi sur le plan personnel, voire intime. Ma prochaine lecture sur les règles sera le livre de Jack Parker, Le grand mystère des règles !
    Du reste, ça fait des mois que je veux lire King Kong Theory mais je ne me suis pas encore lancée… ton analyse du livre me donne encore plus envie de plonger dedans.
    Bravo pour la récente tournure que prend ton blog, je le suis depuis le tout début (et je suivais avant ça ton ancien blog) et je trouve qu’il devient de plus en plus profond, sincère et, de fait, plus riche ! :)

  4. Je trouve l’idée des thématiques super! (well, aussi parce que cette thématique là m’intéresse, okay!)
    J’avais lu King Kong Théorie il y a fort longtemps, je me souviens que je n’étais pas sortie indemne de l’écriture de Virginie Despentes, il faudrait que je le relise pour voir! Je continue à me délecter de son écriture brute dans Vernon Subutex, je ne sais pas si tu les a lu ?
    Et celui d’Elise Thiébaud à l’air très chouette aussi!

    1. Oui, c’est d’ailleurs en réalisant qu’elle avait sorti une trilogie que je me suis dit « mais tiens, je n’ai pas lu Despentes depuis que je suis au collège, c’est un comble pour la féministe que je suis ! ». J’ai adoré Vernon Subutex, le 1 un peu plus que le 2, j’attends que le 3 sorte en poche pour me l’offrir ;)
      Merci pour ton commentaire !

  5. Justine

    Hello !
    Je suis très triste de ne pas pouvoir lire Hunger du coup, mon anglais n’est certainement pas assez bon pour tout saisir.
    Je suis en train de relire King Kong théorie, à première lecture étant celle d’une bébé féministe, il y a deux ou trois ans. Et je ne lis plus du tout la même chose, et mon rapport au corps et aux corps des autres en est une fois encore changé, et j’ai vigoureusement acquiescé à ton commentaire. C’est aussi une de mes premières lectures féministes, et celle qui m’a rendue légitime à me sentir femme.

    Tu m’as donné très envie de lire Ceci est mon sang ! Je trouve également le sujet fascinant. As-tu lu le livre de Jack Parker ? Il est très instructif, drôle, inclusif, et bien sûr féministe. Il se dévore très bien dans le week end :)

    J’ai beaucoup aimé cette rubrique revue, j’aime beaucoup les derniers changements de ton blog de façon générale. C’est rafraîchissant, c’est plus naturel, c’est toi et donc forcément c’est plus agréable et plus appréciable à la lecture. J’aime la tournure que prend ce blog et ton honnêteté vis à vis de lui.

    A la prochaine !

    1. Je ne sais pas quel est ton niveau en anglais, mais j’ai oublié de le préciser : le style de Roxane Gay est véritablement très très accessible dans ce livre. En terme de langue, c’est du niveau collège (pas en terme de contenu, évidemment). Mais apparemment il va bientôt être traduit en français, c’est une excellente nouvelle !

      Merci pour ton commentaire et tes jolis mots, je suis vraiment ravie que ces changements sur le blog semblent autant vous plaire. Bises !

  6. Morgane

    Merci pour cette liste, ces livres seront les prochains que je lirai !
    Et merci aussi à Pauline ;)
    J’aime beaucoup découvrir de nouveaux livres, de nouvelles chansons et thématiques alors n’hésites-pas pas à partager tes coups de coeur.
    Bisous !

  7. Lucie

    Coucou !
    Merci pour cet article, grâce à toi je sais quel sera le prochain livre sur ma table de chevet :) Je ne connais Virginie Despentes que de nom, et tu m’as donné drôlement envie de lire King Kong Théorie ! Je me désigne comme féministe « par principe » depuis toujours, mais c’est surtout ces derniers mois que j’ai commencé à réaliser l’ampleur du problème et je pense que ce livre sera parfait pour continuer d’enrichir mes connaissances :D
    Et bravo pour le changement qui s’amorce sur ton blog, l’honnêteté et la franchise dont tu fais preuve font plaisir à voir, et je suis heureuse de voir que tu arrives à créer quelque chose qui se rapproche au plus près de tes aspirations !

    1. J’espère que King Kong Théorie te plaira ! Il fait partie de cette littérature féministe iconique, je pense. Il faudrait que je lise un peu plus sur le sujet, parce que comme toi mon féminisme est « naturel » (maintenant, il ne l’était pas du tout à un moment), mais j’aimerais mieux structurer ma pensée, et mieux connaître ce mouvement qui me touche au plus profond.
      Un immense merci pour tes jolis mots sur mon blog et ses changements. ♥

  8. Eline

    Oui oui oui. Mille fois oui à la sélection thématique des lectures !

    Et hop, Ceci est mon sang ajouté sur ma (longue et sans cesse alimentée) liste de lecture :)

  9. Sarah

    J’adore cette thématique et j’avais deja entendu parler de king kong theory. D’ailleurs je te conseillerai sur cette même thématique un livre qui a mes yeux est fondamental, et dont la lecture m’a totalement retourné a chaque ligne  » beauté fatale, les nouveaux visages d’une aliénation féminine ». Je me souviens l’avoir mis en commentaire d’un autre de tes articles tellement je suis une mega fan de l’auteure Mona Chollet et de son livre (je dirais même de ses livres).
    Si les livres sur le féminisme te plait, je ne peux que t’encourager a le lire !

    1. Merci pour ta recommandation ! Effectivement, « Beauté fatale » est sur ma liste de livres à lire depuis une éternité, et je suis aux anges : une copine l’a acheté il y a peu et va me le prêter tout bientôt ! J’ai TROP hâte, j’adorais lire Mona Chollet dans le Monde Diplo et sur Twitter mais je n’ai encore jamais lu ses essais.

  10. Sandrine

    Super article très inspirant!
    J’ai déjà lu « King Kong théorie » qui m’avait changé la vie!

    « Hunger » m’interpelle, je vais certainement me ruer dessus!

    Pour ma part je lis actuellement « Reflets dans un oeil d’homme » de Nancy Huston qui parle également du corps de la femme, de son rapport avec la femme et avec la vision du corps renvoyé à l’homme (c’est pas hyper clair comme ça j’avoue :) ). C’est très intéressant même si je ne suis pas toujours d’accord avec ses assertions. Je te le conseille donc pour pouvoir continuer ta recherche sur les livres parlant du corps :)

    1. Ouuuh, on dirait que ton livre s’intéresse donc au « male gaze », la manière dont est vu le corps féminin à travers les yeux des hommes. Ca m’intéresse énormément, je note, merci beaucoup !

  11. Mathilde

    J’aime beaucoup ce format de revue autour d’une thématique.
    A propos de vieillesse abordée de façon féministe, Benoite Groult en parle très bien, il me semble que c’est dans La touche étoile, son autobiographie. Si tu es intéressée par les thématiques féministes, je te conseille les œuvres de cette auteure, notamment Ainsi soit-elle – mais peut-être l’as-tu déjà lu.
    Il me semble aussi que Simone de Beauvoir aborde le thème des règles quelque part dans Le Deuxième Sexe (bien plus facile à lire qu’on le croit et toujours éminemment d’actualité !).

    1. Il semblerait que Benoîte Groult soit une figure importante, et, honte sur moi, je ne la connais pas du tout ! Mais je note ta recommandation très précieusement, ça m’intéresse !
      (et je n’ai jamais lu de Beauvoir non plus… non mais la féministe en carton pâte :D)
      Merci pour ton commentaire :

      1. Anej

        Oh Mon Dieu, si je peux me permettre, il faut lire Beauvoir. J’ai particulièrement aimé son recueil de 3 nouvelles, La femme rompue, qui traite justement, lui aussi, de la vieillesse chez la femme… C’était le premier roman que je lisais sur ce sujet et il m’a beaucoup fait réfléchir. Court, cru, efficace, comme toujours chez Beauvoir.

  12. Anne-Lise

    Inspirante liste!

    J’ai eu l’occasion de rencontrer Sophie Fontanel pour un entretien pour un de ses livres précédents (La Vocation, autour de ce que les femmes de sa famille lui ont transmis de l’élégance et de la mode), sacrée bonne femme!

    Pour celleux qui comme Justine s’inquiétent de leur niveau d’anglais face à « Hunger », et s’intéressent malgré tout au sujet de la grossophobie, on parle énormément de « On ne naît pas grosse » de Gabrielle Deydier (éditions Goutte d’Or) sur le même sujet en ce moment.

    Cela étant dit, Roxane Gay a été signée chez Denoël pour « Treize Jours » (son premier roman) paru à la rentrée, donc il y a des chances que ses autres livres trouvent plus ou moins rapidement place sur les tables francophones aussi.

  13. Almée

    Moi aussi j’adhère à une revue thématique de lectures, mais il ne faut surtout pas que l’enthousiasme de tes lectrices guide tes envies.
    Je ne lis pas vraiment de littérature féministe mais j’aime bien les beaux portraits de femme, comme les BD Olympe et Kiki de Montparnasse, et aussi la BD sur Benoîte Groult.

    1. Merci pour ton avis Almée, pour tout te dire cet enthousiasme m’enchante puisqu’il ne fait que valider quelque chose que j’ai adoré faire ! Pas sûre que les revues thématiques soient les plus faciles à construire, mais j’adore ce challenge !

  14. Ça me plaît bien cette présentation de liste thématique ! Décidément, Virginie Despentes s’engage sur mon chemin, je vais creuser pour aller à sa rencontre.
    Ta thématique sur le corps des femmes m’interpelle à un moment où le mien semble m’échapper totalement, où il semblait à la fois sorti du cercle des menstruations (que je n’aime pas même si je n’en souffre pas) pour me plonger dans un monde qui change du tout au tout tant il se transforme (celle qui fait une périphrase pour ne pas juste dire laconiquement qu’elle attend un bébé).
    J’envie souvent l’apparente stabilité qui semble émaner du corps des hommes, qui apparaissent comme solide alors que chaque moi, j’ai l’impression qu’une faiblesse nous tombe dessus et la seule chose que je trouve à faire c’est de la nier royalement. La grossesse, finalement je la percevais de la même manière : une faiblesse, une faille dans la continuité, quelque chose qu’il faut dépasser pour montrer qu’on tient toujours bien la barre comme il se doit.
    Et pourtant, cela fait quelques temps que je rencontre des points de vue assez neufs pour moi, des opinions qui parlent de féminin sacré, et mettent en évidence l’importance des cycles de vie et de mort que portent nos corps. Il y a finalement peu de voix qui saluent l’incroyable adaptabilité des corps des femmes et à quel point cela peut se révéler une force (même s’il ne faut pas encenser les règles non plus pour celles qui les vivent en calvaire, comme dans le cas de l’endométriose).
    Finalement, le féminisme a commencé par la conquête des territoires privilèges des hommes pour y rétablir de l’égalité… et parfois s’y est arrêté. La quête de l’équité continue bien sûr, mais elle passe par une reconnaissance générale de certains traits de la vie des femme, trop souvent descendu en flèche notamment par elle-même. On a oublié de chercher au creux de nous-même, à nous comprendre un minima, à s’accepter avec bienveillance et, pourquoi pas, avec fierté.
    Cette conquête de soi, je trouve difficile de la réaliser dans un monde régit par une pensée très rationnelle et cartésienne. Aussi dure que de faire accepter qu’un petit garçon puisse jouer à la poupée ou se déguiser en fille alors que la fillette pirate-aventurière est regardée avec le sourire et l’approbation.
    La définition de la féminité couramment admise dans la société est une définition créée pour répondre à un désir d’homme. Il est tant qu’on se réapproprie le concept, mais je n’ai pas d’idée comment et je me retrouve bien maladroite à y voir une force et une identité…

    C’était le commentaire-fleuve du jour ! je serais ravie de découvrir les lectures féministes qui t’ont marquées et de voir ce qui oriente tes choix aussi. Ca m’inspirera sûrement :-)

    Douce soirée Pauline, j’aime beaucoup l’élan que tu redonnes à Un Invincible Eté, ça me rappelle ton écriture spontanée et percutante du précédent blog. C’est vivifiant !

    1. Aaah mais félicitations Emilie ! Tu m’étonnes, que cette thématique te fasse vraiment réfléchir en ce moment…

      L’idée du « féminin sacré » est fortement ancrée en moi (et même « encrée », j’en ai un tatouage), j’ai rencontré des femmes exceptionnelles assez jeune dans ma vie, qui m’ont aidée aussi à forger mon féminisme d’une manière spirituelle autant que politique. Pendant un temps, cela m’a peut-être porté préjudice – je pense que ne pas prendre d’antalgiques pendant mes douleurs menstruelles sous prétexte que le féminin est sacré et que les règles doivent se vivre à fond, ce n’était peut-être pas très judicieux, mais c’est aujourd’hui extrêmement important pour moi.

      Tu vois, quand je pense aux débats sur les congés menstruels, je me dis que le féminisme c’est aussi ça : reconnaître que nos corps sont différents et nécessitent des aménagements, mais la limite entre ça et la pathologisation excessive du corps féminin est très mince. Je ne veux pas être déconsidérée, socialement et professionnellement, parce que j’ai mes règles, mais je suis obligée de reconnaître que ma vie lors de mes règles ne peut pas ressembler à celle d’un homme, je ne suis pas opérationnelle, j’ai besoin de me ménager. Et quand je parle dans cet article de ces règles que je déteste « mais pas vraiment », c’est parce que cette idée du féminin sacré m’accompagne même dans mes règles. J’ai vraiment mal et je ne peux pas vivre normalement, mais d’un autre côté, je suis un peu émerveillée. Que mon corps soit aussi fort, qu’il sache même se tordre et souffrir, et qu’il en sorte toujours indemne. Et pour sûr, une des raisons qui font que j’ai hâte d’expérimenter la grossesse, l’accouchement, et la maternité (au-delà d’un ferme désir de fonder une famille, évidemment), c’est que j’ai hâte de continuer à rencontrer ce sacré dans mon corps.

      Bon, je me suis emballée, c’est que ton commentaire m’a vraiment beaucoup inspirée :P

      Merci mille fois pour cette réflexion et cet échange, et je vais tâcher de peut-être faire d’autres sélections de lectures féministes sur d’autres thématiques :)

  15. Super idée que de parler de livres par thématiques (j’ai essayé d’imaginer ce que ça donnerait de mon côté, mais mes lectures sont trop éclectiques je crois, mais là n’est pas la question!) et je note précieusement tes conseils.
    J’ai aussi reçu et lu Une Apparition, et ça m’a beaucoup plu, le ton de Sophie, le sujet, tout ça et Laëtitia a lu Ceci est mon Sang et me l’a recommandé. De mon côté j’ai lu Le Grand Mystère des Règles de Jack Parker, très intéressant aussi dans le même thème.

    Et c’est drôle, Despentes me fait un peu « peur » – j’avais une vague impression qu’elle était trop « vulgaire » pour moi, je ne sais pas pourquoi, mais après tout, il ne tient qu’à moi de m’y frotter et voir si ses livres ne me parleraient pas, au fond. (Peut-être que dans quelque temps je te dirai que j’ai adoré!)

    1. Haha quand je me suis lancée dans cette revue, je me suis dit que c’était génial à construire et à proposer, mais que ce n’était vraiment pas l’exercice le plus facile ! Mes lectures sont aussi très éclectiques, c’était vraiment un coup de chance d’en avoir 4 sur des thématiques aussi proches à proposer d’un coup :D

      Je comprends tout à fait ta réserve par rapport à Virginie Despentes. Elle est vraiment brute de décoffrage, ça doit être l’autrice la plus violente dans son style que j’ai lu. Au départ ça m’a heurtée, et je ne pourrais pas je crois, ne lire qu’elle au monde, mais ça fait du bien et surtout elle aborde vraiment des thématiques intéressantes. Si cela t’intéresse, je te conseille de commencer par ses derniers romans, la série des Vernon Subutex. Elle y parle beaucoup de pauvreté, c’est hyper intéressant, un peu moins trash que ce dont j’avais le souvenir la concernant, et ça m’a happée.

  16. Article très intéressant, Pauline, merci. Le livre sur les règles m’intéresse aussi même si je ne sais pas si j’irai jusqu’au bout de la lecture car cette grande affaire me casse suffisamment les pieds (endogirl, tout ça tout ça). En revanche je ne suis pas du tout d’accord quand tu écris ça : « Être une femme, dans notre monde actuel, c’est souvent ne pas avoir totalement le contrôle de son corps ou de comment il est perçu. À moins de rentrer exactement dans les standards de beauté, de blancheur, de minceur, mais aussi de jeunesse et de « moralité », notre corps et notre personne entière est soumise au regard des autres.  »
    Surtout la 1ère phrase. Je suis à 200% d’accord pour dire qu’il faut continuer la lutte féministe, je passe pas mal de temps à essayer d’embrigader tout le monde dans la cause, mais je pense que dans notre monde actuel, en France, au XXIe siècle, on a BIEN PLUS de contrôle sur notre corps et surtout de LIBERTE (ce qui me semble plus important que de contrôle, parce qu’on lui impose justement beaucoup trop de contrôle, à notre corps) qu’auparavant. Et quand je dis auparavant, je veux dire par rapport aux années 50 du XXe siècle, hein. Je ne remonte même pas à la Préhistoire qu’est le XIXe et tout ce qui a précédé ;-)
    Donc non, pas d’accord. Je ne suis pas du tout un standard de beauté, je ne suis pas mince, je ne suis plus super jeune (j’ai 32 ans, m…) et je ne sais pas vraiment ce que c’est que la « moralité », je me balade avec des mini jupes quand j’en ai envie, et je ne m’intéresse pas au regard des autres, je ne le considère même pas. Je ne me vis CERTAINEMENT pas comme soumise à ce regard ! Et j’engueule (fort) (très efficace) les abrutis qui se permettent de me faire une réflexion sur mon apparence, maintenant, surtout si c’est pour exprimer grossièrement leur approbation. Je vis depuis 15 ans à Paris et je vois le regard jugeant des gens, hommes comme femmes, sur tout le monde. Je vois des femmes juger d’autres femmes. Je vois des femmes juger des hommes. Je vois tout le monde juger tout le monde. Sur l’apparence, mais surtout sur ce qu’elle dit de nous. Et les critères que tu retiens me semblent un peu trop « évidents », il y en a tellement d’autres ! Bref, merci, tu m’as fait réfléchir à un sujet que je trouve intéressant, toujours ! Je te souhaite une bonne soirée.

    1. Merci pour ton avis Camille, je crois qu’il va falloir qu’on s’accorde sur le fait qu’on est en désaccord ;)
      Je comprends ton opinion, et je suis vraiment heureuse pour toi que tu arrives à vivre comme tu l’entends dans l’espace public en te sentant libre de ce que tu es. Je ne pense pourtant pas que ce soit un fait généralisé.

      Tu parles d’avoir des libertés, moi je parle bien d’avoir le contrôle. Pas dans le sens qu’on ne contrôle pas ce qu’on en fait (quoi que même là, j’ai mes réserves), mais dans la manière dont notre corps est perçu, par les autres : ça, on n’en a pas le contrôle. Et dans la société dans laquelle nous sommes aujourd’hui, cette perception par autrui n’est que rarement en la faveur des femmes qui ne sont pas belles, blanches, minces, jeunes et qui n’ont pas l’air bien rangées. Evidemment, ça évolue.

      Alors oui, on est peut-être libre de s’habiller comme on l’entend, et de porter notre âge, nos vêtements courts et nos poils si on l’entend. Personne ne va nous jeter en prison pour ça. Mais cette liberté qu’on a et qui doit se savourer, moi je ne peux pas m’empêcher non plus de lui opposer la réponse violente de la société. Perso, je ne me sens pas libre de m’habiller comme je le veux quand je prends le métro, mais c’est ma manière de vivre la rue, ça m’appartient et c’est mon affaire si je préfère me sentir en sécurité dans mon jean quitte à me sentir « moins militante ». Par contre, je pense fermement qu’il y a un grand nombre de gens et d’institutions qui jugent mon corps de femme, et c’est là que je n’ai pas de contrôle. Je ne contrôle pas l’homme qui me déshabille du regard dans la rue, ou celui qui me dit qu’avec une gueule pareille personne ne voudrait même me violer. Je ne contrôle pas le médecin qui ne me parle de mon corps que comme d’une machine à procréer. Je ne contrôle pas la psy qui juge ma sexualité. Et en rapportant ma réflexion aux livres cités dans cet article, les femmes grosses ne contrôlent pas les regards méprisants ou plein de pitié des passants sur leurs corps, les femmes vieilles dont on voit les racines ne contrôlent pas les ricanements sur leur allure « négligée » (elles ne contrôlent pas non plus le fait qu’on les trouve négligées), etc.

      Merci pour cet échange riche !

  17. Bonjour,

    J’ai lu les deux premiers livres dont tu parles.

    J’ai lu « King kong théorie » deux fois. Une première fois, sans vraiment accrocher (j’étais jeune, pas très expérimentée dans le féminisme) et une seconde fois après l’avoir vu (deux fois) au théâtre. J’ai trouvé ça plus pertinent et fort. Même si c’est une lecture « facile » (on comprend tout), dans mon cas, il m’a fallu d’abord creuser mon féminisme pour pouvoir apprécier.

    J’ai lu « Ceci est mon sang » cet été, ainsi que « Le grand mystère des règles » et « Sang tabou », que j’ai préférés. « Le grand mystère des règles » est plus drôle (si on peut dire) et « Sang tabou » est plus… militant (disons que l’auteure donne plus son avis). Trois lectures qui se répètent un peu (il y a des anecdotes en commun par exemple) mais qui se complètent bien !

    Je compte lire « Hunger ». Mais j’ai un peu peur de ne pas tout comprendre… Je lis l’anglais mais je ne suis pas entièrement bilingue. Tu penses que c’est un livre accessible ? Cela dit, j’ai vu sur twitter qu’il allait être traduit donc je vais peut-être attendre (ce n’est pas comme si je n’avais pas mille livres à lire…).

    Le dernier livre dont tu parles me donne moins envie mais je ne doute pas qu’il soit intéressant, donc si j’ai l’occasion, pourquoi pas.

    Quant au corps des femmes, hum, c’est quelque chose auquel je réfléchis par rapport à la manière dont on (soi-même mais aussi les autres) le (mal)traite (devant le miroir, dans le métro, dans ses relations avec les autres, etc). C’est ton blog donc je ne vais pas détailler ici tout ce qu’il pourrait y avoir à dire sur le sujet mais pour répondre à ta question, oui, c’est un sujet important, et c’est quasiment impossible – pour moi – de ne pas y penser / le théoriser / etc.

    Bonne semaine !

    PS : bonne idée, ces articles thématiques !

    1. Merci pour ton commentaire !

      Je trouve que Hunger est vraiment hyper accessible, en terme de langue je dirais qu’il est niveau collège. La construction des phrases est hyper simple, le vocabulaire très simple également, les chapitres tout comme le livre lui-même sont très courts : bref, je pense qu’il est parfaitement compréhensible pour les personnes qui ont un niveau moyen en anglais. Mais s’il va bientôt être traduit, c’est une excellente nouvelle !

      Merci pour ton commentaire et pour tes réflexions. Je vois que je ne suis pas la seule à me questionner régulièrement sur mon corps et sa place dans le monde.

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  19. Coucou Pauline!

    C’est rigolo, j’ai lu King Kong Théorie cet été moi aussi (et ça donne une de ces patates! Je me sentais comme chargée de dynamite après avoir refermé le livre, j’avais envie de le faire lire à tous mes proches, filles et garçons confondus tellement j’ai trouvé la lecture jouissive et l’écriture sauvage, drôle, révoltée et grisante!).
    Je ne connais pas vraiment tes goûts en matière de lecture (quoique… A force de te lire depuis deux ans, j’ai presque l’impression de te connaître au point que quand tu t’absentes, ta présence, tes mots, ta personne me manquent (pardon pour cette digression/déclaration d’amour, ça m’a échappé! :O)) mais tout récemment, j’ai lu « Désorientale » de Négar Djavadi et ton article sur le corps de la femme y fait réellement écho! Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que cette histoire et ce parcours pourraient te plaire. C’est un livre passionnant, engagé, romanesque, bouleversant… De ceux que j’aurais envie d’offrir à des ami(e)s chers/chères qui aiment les mots et qui partagent mon goût immodéré pour les voyages sur papier.
    Merci pour ton article et pour tous tes articles en général qui ne manquent jamais d’illuminer ma semaine avec leur douceur, amour et bienveillance caractéristiques. Merci pour tout le temps que tu nous consacres, petits lecteurs/lectrices avides, en nous offrant tes jolis mots et ton aura lumineuse!

  20. Bonjour Pauline,
    J’aime beaucoup les articles qui présentent des livres par thématique de manière générale et ce sujet-là m’intéresse tout particulièrement !
    Cela fait un moment que j’ai envie de lire « Ceci est mon sang » et ton avis me confirme que cette lecture me plairait beaucoup.
    Je découvre « Hunger » grâce à ta sélection et il rejoint également ma liste de livres à lire ! Ta description du livre a attisé ma curiosité, d’autant plus que je songe à enseigner un module sur le thème du corps à mes élèves d’anthropologie l’an prochain donc cette lecture devrait m’offrir des pistes de réflexion intéressantes…
    Merci pour ces découvertes et de mettre en avant des sujets et des autrices dont on parle (trop) peu !
    PS : je lisais dans une réponse à un commentaire d’un article précédent que tu avais tendance à répondre aux personnes abonnées aux commentaires. En fait, moi je ne m’abonne jamais aux réponses aux commentaires afin d’éviter le flot de notifications dans ma boîte email ; par contre, je reviens toujours sur les articles où j’ai laissé un commentaire pour voir si l’autrice m’a laissé une réponse, quelques jours plus tard :-)

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire (et ta précision par rapport à ceux-ci !) Natasha !
      Les réflexions autour des troubles du comportement alimentaire et de l’obésité/maigreur extrême m’intéressent énormément, je trouve ça super chouette si tu décides de parler du corps en général à tes élèves !
      Et en effet je pense que Ceci est mon sang te plairait beaucoup. D’ailleurs j’ai voté dans ton questionnaire pour un éco-défi sur l’écosystème féminin et le cycle menstruel ! Bises :)

  21. Noémie

    Merci pour les recommendations ! J’ai déjà lu King Kong Theorie et Ceci est mon sang (il me semble que c’est d’ailleurs grâce à tes storys sur instagram que j’ai eu envie de les lire), qui m’ont beaucoup plu. J’ai hâte de découvrir Vernon Subutex ! Je n’ai pas lu les deux autres livres de ta liste, mais je les ai directement ajoutés à ma liste de livres à lire :D Je te conseille vivement Annie Ernaux que j’adore (notamment Mémoire de fille), je pense que ça pourrait aussi te plaire !
    J’adorerai que tu nous fasses plus de recommandations culturelles (podcasts, séries, films, livres, etc.) sur Instagram ou sur le blog ! Des bisous !

    PS : Grâce à toi, je me suis ENFIN décidée à poster des commentaires sur les articles et sur les vidéos, il était temps !

    1. Merciii pour ton commentaire Noémie ! Ravie de te compter dans la team commentatrices ;)
      J’ai lu « La Place » de Annie Ernaux cet été, j’ai beaucoup aimé sa pudeur et sa tendresse dans sa narration de son père… J’ai envie de lire d’autres de ses oeuvres mais je ne savais pas par où commencer, je vais donc ajouter Mémoire de fille à ma liste, merci beaucoup.
      Je note également ton envie, j’aimerais aussi beaucoup partager plus de recommandations culturelles, donc je vais y réfléchir ! J’essaye déjà de beaucoup plus parler des films et séries que je vois dans mes « Life Lately » :)
      Bises !

  22. Cécile

    Ce nouveau format me plaît beaucoup et ton attachement pour ces lectures transparaît bien. Je garde ces idées dans un coin de ma tête.

    Bonne(s) lecture(s)!

  23. Merci pour cet article, je ne connaissais pas Hunger et ça a l’air passionnant !

    Sur les règles, je me souviens d’avoir été assez surprise en lisant Le Carnet d’Or de Doris Lessing de voir la narratrice parler de ses règles de manière très froide et factuelle, avec même un passage sur les protections hygiéniques (déjà que dans des romans, lire sur les règles c’est rare, mais alors les protections ça l’est encore plus), alors que ça ne devrait pas sembler si étrange pourtant.
    D’ailleurs je te conseille mille fois ce roman au passage, ça parle féminisme, écriture (de soi surtout), militantisme… Ça a un poil vieilli sur certains aspects (genre la vision de l’homosexualité qui est un peu similaire à celle de Beauvoir et très marquée années 50/60) mais sur d’autres ça n’a pas pris une ride.

  24. Cécile

    Bonjour Pauline,

    je suis ton blog en sous-marin depuis plusieurs mois avec grand plaisir. J’avais lu ce post il y a quelques jours sans y laisser de commentaire, mais j’y ai pensé ces derniers soirs ainsi qu’à ton amour pour les séries en regardant les premiers épisodes de la série The Handmaid’s Tale (tirée d’un livre de Margaret Atwood que je lirai après avoir vu toute la série). Le sujet, en gros: comment les femmes encore fertiles dans un futur totalitaire pas si lointain sont réduites à l’état d’utérus sur pattes pour servir de mères porteuses. C’est extrêmement froid et esthétique à la fois, en posant la question du pourquoi on ne réagit pas dès que le pouvoir commence à grignoter nos libertés progressivement.
    Passionnant et glauque!

    Et en grande admiratrice de Simone de Beauvoir, j’appuie le conseil donné plus haut concernant le recueil « La femme rompue », une vraie merveille.

    Je pense qu’avec toutes nos suggestions tu as de quoi occuper pas mal de week-ends automnaux ; )

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