29
Sep
2017
22

Inked girl

Tatouages - Leïla Y

Rien ne me destinait aux tatouages. Pendant des années, je n’aimais vraiment pas ça, l’idée d’un dessin marqué pour toujours sous mon épiderme, que je finirais forcément par regretter, écervelée comme je suis. Quelque chose qui me marquerait, me ferait passer de l’autre côté d’une barrière, quelque chose peut-être qui ne serait pas vraiment moi. Comme j’ai refusé longtemps de modifier la couleur de mes cheveux, comme j’ai toujours eu du mal avec l’idée de me trouer la peau, comme on a dans la tête des idées préconçues et bien arrêtées de ce qui se fait, de ce qui est nous, de ce qui fait bon ou mauvais genre, de ce qui est naturel.

Rien ne me destinait aux tatouages à part moi-même, bien entendu. Une rencontre coup de cœur qui m’a propulsée dans un tourbillon d’encre et de motifs. D’un seul coup, le tatouage n’était plus stigmatisant, il n’était plus moche en vieillissant, il n’était plus regrettable. Il commençait, un peu, à ressembler à ce que je pourrais être. Une fenêtre possible sur un moi un peu plus cool, une Pauline rock’n’roll comme je n’avais jamais su l’être, même à l’époque où j’achetais des places pour voir Pete Doherty en concert. (je ne l’ai jamais vu, il était toujours en prison)

C’est un peu stupide mais il m’a fallu passer 2h dans une salle sombre devant une actrice faussement tatouée qui jouait le rôle d’une mère éplorée pour me rendre compte qu’un tatouage ne m’empêcherait jamais d’être sérieuse et responsable. Il m’a fallu rencontrer une fille tatouée aussi bad ass qu’adorable et qu’elle devienne rapidement une de mes personnes préférées au monde pour que je me défasse totalement de l’idée que le tatouage est, en soi, une forme d’agression.

Tatouages - Leïla Y

Et puis j’ai sauté le pas. On l’a sauté à deux, en amoureux, parce qu’on est ce genre de romantiques. J’ai dessiné mon pentacle de sorcière, c’était important pour moi, ce pentacle et ses entrelacs, ce féminin sacré. On a pris rendez-vous. On s’est fait tatouer. Moi dans la nuque, lui sur le torse. J’avais du mal à y croire, tout le long, c’était comme dans un rêve. Pas forcément le tatouage le plus agréable du monde, il faisait froid, il n’y avait pas de lumière naturelle, j’étais terrorisée par ce tatoueur un peu patibulaire. Je n’ai pas arrêté de penser, pendant la grosse demi-heure qu’a duré l’intégralité de notre rencontre, qu’il devait me prendre pour une mijaurée. Que les petites meufs comme moi ne se font pas tatouer. Je n’ai pas eu mal, enfin pas vraiment, j’avais l’impression de faire quelque chose de grand. D’important. Jamais je n’aurais pu le regretter.

Évidemment, j’ai recommencé. Vite. J’avais envie d’inscrire sous ma peau tout ce qui était important pour moi. Tout ce qui me définissait. Tout ce dont j’avais besoin pour garder pied, aussi. Sur mes côtes j’ai fait graver un invincible été, et même si maintenant-déjà il se brouille un peu, moi je sais qu’il est toujours en moi. J’ai eu mal pour qu’il soit là, et maintenant il est à mes côtés, littéralement. Un peu comme cette force qu’il y a au creux de moi, et que parfois j’oublie : je l’ai construite sur ces petites souffrances de la vie et elle est inébranlable.

Mon troisième tatouage symbolique, c’est notre alliance. Les tatouages sur les doigts, ça vieillit mal et il faut souvent les réencrer. Cette idée nous a plu, qu’il faille entretenir notre alliance comme il faut qu’on prenne soin de notre relation, pour ne pas qu’elle bleuisse et s’affadisse. L’autre idée qui parasite toujours une alliance tatouée, le fameux mais si vous vous séparez, on y a pensé aussi. On s’est dit qu’un tatouage ça se recouvre. Qu’on n’allait pas se séparer, non plus. Mais aussi que notre histoire est trop forte pour disparaître. Elle sera toujours gravée en nous. (#InstantNiaiserie)

Tatouages - Leïla Y

Voilà, j’ai trois tatouages importants. Trois tatouages qui ne sont pas des plus beaux ou des plus originaux, qui sont les miens jusqu’à la moelle. Et puis j’ai les tatouages qui sont là pour faire joli. Pour faire de mon corps une œuvre d’art. Tout a commencé avec un renard (étonnant, n’est-ce pas ?), que j’imaginais petit et discret perché en haut d’une cuisse. Le regard ébahi de Matik quand je lui ai annoncé mon budget maximal, ses crayons et ses feutres, ses idées folles, son enthousiasme. Me retrouver avec un gigantesque renard lunaire posé sur toute la cuisse, entouré de constellations, un peu endormi. Le plus beau des renards. Un très long tatouage dans un salon vide, à écouter du reggae et de l’électro, à me dire quand même que la vie est incroyable. Au bout d’un moment, ça fait un peu mal, c’est vrai – mais le jeu, qu’il est de toute façon impossible d’arrêter en pleine course, en vaut tellement la chandelle.

On a remballé mon cuissot dans du cellophane comme un gros jambon gonflé, j’ai dormi dans le covoiturage du retour et comme une masse la nuit d’après. Chaque tatouage m’épuise proportionnellement à sa durée. Comme si j’avais loupé des heures de sommeil avant de venir. J’adore cette sensation de fatigue d’être passée sous l’aiguille. Je crois qu’avec mon renard, j’ai commencé à me sentir entrer dans le club des tatoués.

Ensuite je suis tombée amoureuse de Guillain. De ses traits noirs, de ses végétaux emmêlés, de l’espèce de force brute et délicate qui se dégage de chaque dessin. De son nom d’artiste, aussi, Guillain le Vilain, ça impressionne un peu mais ça sent assez l’autodérision pour me mettre en confiance. On a échangé quelques mails, je voulais décorer mon avant-bras gauche, je voulais un truc signé Guillain. J’ai choisi parmi les flashes celui sur lequel j’avais flashé. Je me suis fait conduire jusqu’à Tours par ma meilleure amie et son copain en route vers le Hellfest, ça tombait tellement, tellement bien. C’était un peu dingue, de me dire que j’allais jusqu’à Tours pour me faire tatouer.

Tatouages - Leïla Y

C’était dans une cave, c’était rigolo. On a écouté du jazz, on a discuté des Aventuriers de la mer et des banquiers, on s’est bien marré. Quand je suis rentrée avec mon petit short de juillet, il m’a dit « oh ça va, tu as l’air de gérer la douleur, t’es une vraie ». J’ai mis longtemps à réaliser qu’il voyait mon gigantesque tatouage sur la cuisse et que j’étais une pluri-tatouée maintenant, que je connaissais cette douleur, la lymphe et la cicatrisation. Que j’avais passé plusieurs heures sous l’aiguille sans broncher, c’était vrai. Je me sentais encore un peu étrangère, ça ne m’a d’ailleurs pas tout à fait quittée. Mais je crois que je me pose parfois un peu trop de questions sur moi-même, c’est un peu trop autocentré tout ça.

Il a tracé sur mon bras des tiges et des feuilles et des arabesques. C’était beau et c’était un beau moment, c’était lent. Après je suis allée boire des bières chez Nepsie et Le Vilain (la coïncidence était cocasse et tous deux sont bien trop gentils pour mériter leurs surnoms) avant de m’écrouler sur leur futon, et j’ai fait des câlins fatigués à leurs lapins tout doux. J’ai passé les 3 semaines suivantes à regarder mon bras cicatriser avec des étoiles dans les yeux.

J’ai commencé à espacer mes tatouages. Les idées sont toujours là, la certitude qu’ils vont se multiplier encore aussi. Le dernier en date il y a quelques mois, un coquelicot, au-dessus du tatouage de Guillain, par Santa Cara. Un coup de tête réfléchi pour célébrer ma résistance et ma réussite, dans une année d’études difficile. Ma fleur préférée, un flash dispo uniquement un weekend, un tatouage pendant un festival, j’ai embrigadé ma sœur, ça a duré quinze minutes, c’était bien et il est beau. Et il est toujours autant moi que chacun de mes autres tatouages.

A chaque fois c’est un moment à part. A chaque fois, c’est une déclaration d’amour. De moi à moi. Alors qu’il y a tant de choses que je ne contrôle pas dans mon corps et qui me complexent, qui me frustrent et me rendent malheureuse même si j’essaye de passer outre et de guérir, de sourire aussi, les tatouages me sauvent un peu. Les tatouages, je les contrôle. Je sais qu’ils vont me faire mal mais qu’ils ne me font pas de mal. Je sais aussi que je vais les aimer. Ils sont jolis, j’aime les voir et j’aime les montrer. Ils ornent un corps avec lequel je suis loin d’être toujours en paix. C’est ma manière à moi de lui dire, à ce corps, que je l’aime malgré tout.

Tatouages - Leïla Y

LE POINT TERRE-A-TERRE : LES SOINS POUR MES TATOUAGES

Pour prendre soin de mes tatouages juste après leur réalisation, je réalise mon propre baume de soin naturel. Constitué de 80% d’huile d’olive et de 20% de cire d’abeille additionnés de 2 gouttes d’huile essentielle de tea tree et de 1 goutte d’eucalyptus citronné, il a été approuvé par le tatoueur de mon chéri, qui a été bluffé par la qualité de la cicatrisation de son bras complet. Il suffit de faire fondre la cire dans l’huile d’olive au bain-marie et d’ajouter les huiles essentielles hors du feu, de mélanger et de couler dans un pot stérilisé.

Vous pouvez aussi remplacer la cire d’abeille par de la cire végétale, et l’huile par une huile plus qualitative, mais j’aime bien l’odeur très rustique de l’huile d’olive, en plus c’est pas cher. J’applique ce baume au moins deux fois par jour jusqu’à cicatrisation complète (env. un mois). Ensuite j’hydrate avec mes produits bio traditionnels. J’ai aussi essayé le Superbaume de Lush, il était vraiment bien mais trop cher. En tout cas, je ne vous conseille vraiment pas la Bepanthen qu’on conseille en général aux primo-tatoués, ça pue et ça pénètre très mal, en plus d’être bourré de cochonneries.

Photos : Leïla Y. (mon chat ♥)

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22 Réponses

  1. J’ai un petit tatouage fait au niveau de la malléole à 19 ans.
    A 30 ans j’ai des idées pour en faire d’autres (notamment un coquelicot aussi !) mais j’ai un peu les freins que tu décrits, peur de ne par paraître sérieuse, le côté « à vie », et la douleur il ne faut pas se le cacher.
    Donc pour le moment ça reste dans ma tête.

  2. « Une déclaration d’amour de moi à moi » voilà, c’est exactement ça. J’ai 3 tatouages, tout petits, et je les ai faits pour moi : une minuscule flèche sur les côtes l’été dernier, le mot « forte » en braille sur la hanche et une ligne de points sur l’avant bras cet hiver. On ne peut les voir que si on est très attentif et suffisamment proche de moi pour me voir en sous-vêtements, très peu de personnes savent que je suis tatouée…et je commence à penser au numéro 4 :)
    Ces photos sont très belles!
    S.

    1. J’aime beaucoup les petits tatouages, les discrets, ceux qui demandent proximité et intimité pour être vus. J’en ai un (et demi) comme ça, celui sur mes côtes ne se voit que si je suis en sous-vêtements, celui de ma cuisse est invisible les 3/4 du temps à quiconque me voit en dehors du cadre de ma maison. J’aime particulièrement cet aspect marrant de cet énorme tatouage, il est impossible à rater et pourtant, peu de gens le voient.
      Merci pour ton commentaire ♥

  3. Qu’il est doux ton article !
    Pour ma part, c’est mon dernier tatouage (le 8eme!!) qui m’a fait réaliser que ça y est, j’étais tatouée! Comme quoi, il m’aura fallu le temps!
    Je suis toujours bien embêtée quand les gens me demandent ce qu’ils signifient, parce que, si la plupart ont leur histoire et me rappelle un moment de ma vie, ils sont surtout là parce qu’ils sont beaux et que c’est pour moi une manière de décorer mon corps, de lui montrer Qu’il mérite du beau aussi!
    J’aimerais bien passer sous les aiguilles de Matik, son univers a l’air si doux!
    Et pour l’instant ma seule limite c’est le budget, les idées ne manquent pas. Et la perte toute récente de mon oiseau adoré est un nouveau projet tout tracé: il sera bientôt je l’espère encré en moi pour toujours!

    1. Je trouve que demander aux gens la signification de leurs tatouages, c’est très indélicat ! On m’a déjà demandé alors qu’on m’avait rencontrée deux minutes auparavant ce que signifiait mon tatouage à l’annulaire. C’est très clairement une alliance, la personne a eu l’air choquée que je lui révèle si tôt dans notre « relation » que j’étais mariée, mais en même temps ben fallait pas demander !
      Je déteste aussi quand les gens se permettent de soulever mes vêtements ou me prennent le bras ou soulèvent mes cheveux pour exposer mes tatouages. Certaines personnes qui n’ont pas de tatouages n’ont pas l’air de comprendre que ce n’est pas parce qu’ils sont visibles qu’ils doivent être exposés sans mon consentement…
      Je suis désolée pour ton oiseau, je trouve que c’est une belle idée que de le faire vivre pour toujours en toi :)

  4. Tes mots décrivent si bien les choses ! Et tes tatouages sont superbes !
    Je n’en ai pas encore, mais ça me trotte souvent dans la tête. Mais j’ai du mal à décider quoi et où, pour ne jamais m’en lasser.

  5. Ils sont beaux, tes tatouages, et j’ai aimé leur histoire.
    Je n’ai encore jamais sauté le pas, mais une toute petite voix me dit que je finirai tatouée, un jour. Quand j’aurai le déclic. Je pense bien sûr à un renard aussi… J’espère concrétiser ce beau projet. Ton coquelicot est très beau également – et c’est ma fleur préférée, cela ne peut que me parler !

  6. Haha, tu vois, je n’aurais jamais dit que tu en avais tant !

    Je me reconnais bien dans le fait d’être déjà tatouée, mais de ne pas se sentir comme telle. Un premier qui a muri plusieurs années, un second fait sur un coup de tête,. Et pourtant, je les oublie souvent, car ils sont visible des autres mais pas de moi (dans le dos). C’est pour ça que mon 3ème changera ça ! J’ai envie d’un truc qui se voit bien, de toute le monde. Comme si ma timidité était derrière moi. Le rendez-vous est pris, mais l’attente est loooongue !

    Et j’ai encore plein pleins d’autres idées en tête, mais j’attends quand même à chaque fois une « occasion », ou au moins un « signe » (bon, après, c’est facile de mettre ce qu’on veut derrière :D)

    1. Haha, c’est l’avantage de n’avoir que 3 tatouages visibles habillée mais qui peuvent aussi passer totalement inaperçue. (Cheveux sur la nuque, le fait que les gens pensent réellement que mon alliance est un coup de marqueur, une manche sur l’avant-bras…)
      J’ai commencé aussi par des tatouages que je ne voyais jamais : la nuque, les côtes… la cuisse a changé un peu ça. Pour la suite je voulais vraiment que ce soit de visible par moi, je voulais me sentir tatouée, ça a forcément joué dans mon choix pour l’emplacement. Le prochain sera sûrement sur la clavicule, et là je me surprends moi-même : je pensais que je n’étais pas du tout prête à tatouer mon torse, et finalement je trépigne ! (mais je m’arrêterai au-dessus de la poitrine pour l’instant, plus bas c’est trop sensible pour moi comme partie du corps, il faut d’abord que je me la réapproprie) (et je réfléchis à l’impact qu’a une grossesse sur les seins et le ventre, et là je me dis que je me ferais peut-être tatouer ces parties de mon corps à la cinquantaine :P)
      Et je vois ce que tu veux dire, je cherche aussi un peu des occasions, des prétexte. Pour le coquelicot c’était flagrant : « je l’ai bien mérité après cette année de fou ! » haha. Le prochain sera un matching tattoo avec ma petite soeur, encore une occasion et j’ai vraiment hâte.

  7. Une seitaniste

    J’ai beaucoup aimé cet article sur tes tatouages, et ces petites anecdotes en tout genre ^^
    Merci pour ta recette de baume réparateur j’utilise un truc cracra (une erreur de débutante), mais je pense essayer ta recette.
    J’ai moi aussi sauté le pas il y a tout juste un mois : les 7 fleurs de chakras sur la colonne vertébrale. Pour certains ça paraissait énorme pour une première fois, on m’a sorti aussi les mêmes rengaines sur le vieillissement, le regret etc. Mais au final, ce tatouage qui symbolise mon hypersensibilité, la connexion dont j’essaye d’avoir toujours conscience entre le corps et l’esprit, entre les êtres et l’univers, me définissait bien.
    Merci pour ton témoignage, prends soin de toi et passe un beau week-end

    1. C’est trop joli comme idée, j’en ai vu sur Pinterest et je trouve ça trop chouette ♥
      Personne n’est habilité à juger nos tatouages, et si un jour on finit par les regretter, personne n’aura le droit de nous dire « je te l’avais bien dit », parce qu’au final ça ne regarde que nous… Et s’imaginer qu’on va forcément regretter nos tatouages, ou qu’ils sont regrettables en soi, c’est vraiment placer peu de foi dans notre stabilité en tant qu’être humain, qui a des convictions, des valeurs, des idéaux. Je n’arrive par exemple pas à imaginer un monde où je ne trouverais plus mes tatouages jolis : ils veulent dire tant de choses de moi, même ceux qui n’ont pas de symbolique dans leur dessin, qu’ils font partie de moi. Je ne peux pas regretter ça !
      Merci pour ton commentaire :) ♥

  8. Enora

    Merci pour ce bel article!! Je trouve très intéressant le fait que certains de tes tatouages soient porteurs d’une signification ropre, à part, en plus de l’aspect esthétique, et que d’autres soient des bijoux qui mettent ton corps en valeur.
    Je ne suis pas tatouée, mais ça fait 15 ans que ça me travaille. Peur de le regretter, peur du regard des autres… comme tu le décris si bien. Mais ça, c’était avant. Je sais depuis plusieurs années maintenant le motif et l’endroit. J’attends juste, tout comme une autre demoiselle le dit dans un commentaire, le « bon moment », le « signe »… Merci encore pour ce bel article et ces magnifiques photos!

  9. Quel bel article Pauline ! J’ai pris énormément de plaisir à découvrir ton rapport aux tatouages et l’histoire qui te lie à ceux qui sont encrés sur ta peau. Moi j’ai le tatouage le plus minuscule et le moins créatif du monde : il s’agit d’un point sur ma hanche droite que je porte depuis mes 15 ans… C’était l’idée d’ami·e·s avec qui j’ai fait un long et beau voyage qui nous a permis de nous rencontrer et de partager des moments intenses et inoubliables. Alors un jour, on a décidé d’encrer cette amitié et nos souvenirs dans ce petit point que l’on porte tou·te·s au même endroit. On a pris une aiguille, une cartouche d’encre, un briquet et puis voilà… :-)

  10. J’ai aimé lire cet article, Pauline ! Comme j’aime toute cette symbolique, de s’offrir un tatouage comme déclaration d’amour à soi même. Et puis, ils sont beaux (petit coup de coeur pour le coquelicot – c’est ma fleur favorite aussi).
    Pour ma part, je ne suis pas tatouée, ma maman m’a répété à l’envi que « c’est vulgaire, ça fait mauvais genre, et puis tu vas t’en lasser et puis tu es si jolie, ma puce, à quoi ça sert d’aller te dessiner des choses laides sur le corps » (ma maman est formidable sur beaucoup d’aspects, mais alors sur certains autres, peut faire preuve d’une remarquable intolérance) (il parait que je suis comme elle, bon), et mon papa, à chaque fois qu’on a abordé le sujet m’a demandé posément de lui exposer les raisons de mon envie (mon papa est prof de maths, tout nécessite une démonstration mathématique dans la vie), bref, tout ça pour dire que j’ai grandi avec l’idée du tatouage = bon pour les cancres.
    Et puis en arrivant à Montréal, comme pour beaucoup d’autres choses, ce préjugé a disparu d’un coup : tout le monde est tellement tolérant là dessus que le tatouage n’est plus du tout stigmatisant, ce n’est même pas quelque chose que l’on remarque, et ça m’a terriblement décomplexée là dessus.
    »Et puis, l’an dernier, quand j’ai franchi la ligne d’arrivée du marathon, j’ai eu envie de le graver quelque part, et pour la première fois, l’idée du tatouage m’a semblé évidente. Je n’ai pas encore franchi le pas – j’ai trouvé la tatoueuse, mais le budget ne suit pas encore, mais je sais que mon premier tatouage, ce sera ça : 42 lignes qui s’emmêlent et qui se retrouvent à la fin, comme pour dire que c’est difficile, souvent, mais tout va bien, à la fin.

  11. Quelle(s) belle(s) histoire(s) ! Honnêtement, c’est la plus jolie des façon de raconter tes tatouages : leur symbolique derrière et le parcours de l’appropriation de soi qu’ils représentent.
    Ils sont tous très bien fait, mais j’ai un coup de coeur pour la douceur des pétales du coquelicot (ma fleur préférée, sur le même podium que le lilas et les roses trémières) et la citation e(a)ncrée à tes côtés.
    Quant aux photos, je les trouve vibrantes, à la fois fortes et fragiles : un rendu très en phase avec ton texte, j’ai pris grand plaisir à lire tout cela :-)

  12. Ann

    J’attendais cet article avec impatience, merci!
    Donc je n’ai pour ma part pas sauté le pas même si ça fait quelques années que ça me travaille, je recherche encore le motif et l’endroit (de mon corps) où l’inscrire…Mais ça me frustre pas, j’y pense et puis j’oublie. Les photos sont très belles, j’aurais aimé pouvoir voir les motifs un peu mieux , surtout ceux qui sont de la cuisse et de l’avant bras qui m’ont l’air superbes…mais je comprends que cela puisse être volontaire de ne pas trop les montrer…Bonne soirée!

  13. Georgia

    Wooh, merci pour cet article (qui répond bien aux questions que je t’avais soumis dans un comm’ où tu annonçais ce sujet). C’est chouette de découvrir ton parcours, de se rendre compte que ça peut être aussi bien une décision mûrement pensée et réfléchie qu’un coup de tête, qu’on peut choisir son artiste… Tout cela est tellement loin de moi, mais tu rends cet univers beaucoup plus compréhensible et abordable.

  14. J’ai adoré te lire, tes tatouages sont tous très beaux <3
    Ils ont tous un style différent mais l'ensemble fait quelque chose d'unique, d'harmonieux, et ils racontent ton histoire.
    Merci pour cet article !

  15. Très joli billet et tes tatouages sont tellement beaux <3 J'aime beaucoup la façon dont tu en parles aussi, j'en suis presque à sauter le pas pour un tatouage qui est en lien avec ma relation avec mon corps aussi (compliquée mais quelle femme a une bonne relation avec son corps?), plus qu'à trouver le courage :)

  16. Les photos sont absolument sublimes, tant de pudeur et de délicatesse pour un sujet si personnel. Je n’ai jamais eu envie de tatouage, poutant je n’ai que des a priori positifs dessus, ces symboles portés à fleur de peau me semblent apporter un peu de magie à la vie.

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