28
Juil
2017
24
La bienveillance, pour soi et pour les autres

La bienveillance, pour soi et pour les autres

Depuis longtemps, j'ai envie de vous parler de bienveillance (et de communication non-violente, aussi, mais ce sera pour plus tard). Et puis je rechigne à chaque fois, parce que je crois que ce terme est vu par beaucoup comme une expression un peu galvaudée, qui ne veut plus dire grand-chose. Moi-même, je l'ai premièrement rencontrée lors de nombreuses recherches sur l'éducation des enfants.

On oppose alors l'éducation dite "bienveillante" à l'éducation dite "traditionnelle", et il est question de changer de paradigme et de regard sur l'enfant dès son plus jeune âge – et de bannir toute forme de violence dite "éducative ordinaire". Parmi elle surtout les violences corporelles comme les gifles et les fessées, mais aussi d'autres formes de violences plus discrètes, comme le chantage, les menaces et les punitions. Déjà à l'époque de ces recherches et discussions, la bienveillance était un concept un peu polémique. L'idée de ne pas punir son enfant – mais peut-être au-delà, de remettre en question des générations d'éducation traditionnelle – a fait couler beaucoup d'encre. De la bienveillance à "mais on vit pas dans un monde de Bisounours, faut s'endurcir dans la vie", il n'y a qu'un pas.

Mais je ne prends pas la plume aujourd'hui pour vous parler d'éducation. Je n'ai pas d'enfants, et même si j'ai quelques idées sur comment je souhaite les élever une fois que j'en aurai, j'estime que c'est une question qui, pour l'instant, ne doit pas être soulevée par moi, sur ce blog. Par contre, j'ai envie de vous parler de bienveillance, oui, parce que c'est une philosophie qui est devenue essentielle à mon mode de fonctionnement, à ma manière d'être avec les autres, depuis plusieurs années maintenant.

Quand j'ai commencé à rédiger cet article, j'ai fait quelques recherches sur Internet pour voir ce qui était dit sur la bienveillance en général. J'ai été un peu surprise de ne trouver que des articles référant à "la bienveillance en entreprise", ainsi que quelques billets assassins sur la bienveillance à l'école (apparemment, ne pas traiter les élèves comme des moins-que-rien est une chose impensable pour certains…). Mais pas un mot – ou presque – sur la bienveillance, globalement, dans la vie de tous les jours, entre les êtres humains (et non-humains). Alors me voici, j'espère que cet article vous parlera, comme une introduction à une manière de voir le monde et les êtres qui l'habitent avec un œil nouveau.

*

La bienveillance, c'est quoi ?

D'après le dictionnaire Larousse, c'est une "disposition d'esprit inclinant à la compréhension, à l'indulgence envers autrui". J'aime bien, autrui, c'est large et vaste comme spectre de l'altérité. Pour moi, tendre à la bienveillance, ça s'étend au-delà de la sphère du privé, des gens qu'on aime et qu'on respecte, ou qu'on côtoie régulièrement. Sinon, c'est un peu trop facile. Parce qu'être bienveillant·e, parfois, ça peut être extrêmement difficile. Voilà les 4 aspects qui, à mes yeux, sont essentiels à un regard bienveillant en général:

  • La volonté de comprendre l'autre : se mettre à la place des autres, entraîner son empathie, est une qualité qui relève de l'entraînement sportif parfois. Mais il est essentiel de s'y essayer pour comprendre ce qui motive les autres à agir comme ils le font.
  • L'absence de jugement : probablement la chose la plus difficile du monde, que de ne pas porter de jugements sur les faits et gestes de ceux qui nous entourent. Pourtant c'est rarement utile à nos rapports avec ces personnes.
  • L'envie d'aider son prochain : ce n'est pas un état d'esprit qu'on peut avoir 100% du temps, mais avoir la volonté d'apporter son aide si elle est nécessaire, ça aide énormément pour apporter un regard différent sur les autres
  • L'amour du "genre humain" : oh l'expression de niaise patentée ! Je crois qu'il est difficile d'ouvrir son cœur aux autres si on n'a pas d'espoir pour l'humanité, si on considère que les gens sont tous intrinsèquement pourris.

Mais être bienveillant·e, ce n'est pas accepter de se faire marcher dessus constamment, ne pas savoir dire "non" ou "stop", ou excuser toutes les crasses qu'on peut nous faire. Ce n'est pas non plus, fuir les conflits, taire ses besoins ou les faire passer après ceux des autres. Au contraire, je l'ai déjà dit plusieurs fois ici ou ailleurs : pour pouvoir prendre soin des autres, il faut avant tout avoir pris soin de soi.

*

Pourquoi je me définis comme "bienveillante" ?

Avant, je n'étais clairement pas bienveillante. J'adorais bitcher sur tout et n'importe quoi, je considérais que toute personne désagréable avec moi était foncièrement un·e connard/connasse, et j'avais une tendance forte à vouloir régler les problèmes des gens qui se confiaient à moi, sans prendre en compte leur besoin d'être écouté·es, tout simplement. Je ne savais pas non plus dire non, ni stop, je me laissais facilement bousculer émotionnellement, et je préférais être en guerre froide avec quelqu'un plutôt que de lui dire le fond de ma pensée – parce que je ne savais pas comment l'exprimer, cette pensée. Je ne me considérais pas comme méchante, ni rancunière. Pourtant, je portais un regard très dur sur les autres, qu'ils me soient proches ou non, et je jugeais à tout va tout ce qui ne me ressemblait pas.

Et puis je suis devenue féministe. Il y aurait là aussi beaucoup à dire, sur comment je suis passée de la fille "pas comme les autres filles" qui, telle une Hermione Granger Moldue, regardait les discussions sur les garçons et les vêtements courts d'un air dédaigneux, à la féministe que je suis aujourd'hui. Peut-être que je vous en parlerai un jour, d'ailleurs.

Très clairement, c'est le féminisme qui m'a lancée sur la route de la bienveillance. D'un coup, j'ai réalisé que je jugeais les femmes autour de moi avec tellement de violence ! Alors que je refusais d'être jugée et instrumentalisée – par le regard des hommes surtout, pourquoi m'arrogeai-je le droit de juger les femmes sur leur tenue, leur maquillage, leur vie sexuelle, leurs choix ? J'ai arrêté de regarder les gens dans la rue – ça ne sert vraiment à rien de me dire "han mais tu as vu untel ?!", que ce soit pour me signaler une dégaine improbable ou stylée, je n'ai probablement rien remarqué. Et j'ai décidé d'essayer, parce que c'est loin d'être facile, d'arrêter de regarder les autres avec un œil constamment négatif.

Je me définis comme bienveillante, parce que j'essaye, chaque jour, de garder cet état d'esprit.

Au quotidien, cela veut dire que j'essaye d'être particulièrement attentive à mes propres émotions en premier lieu, puis à celles de mon entourage proche. Lors d'un conflit, qu'il soit avec mon mari ou avec mes ami·es, j'essaye de me remettre en question constamment, d'accepter les reproches qu'on me fait s'ils sont légitimes, et d'exprimer le fond de ma pensée d'une manière non-violente – le but n'est pas de blesser l'autre en mode "œil pour œil, dent pour dent", mais de régler le conflit et de soigner la relation.

C'est aussi changer de tactique quand on me confie des soucis : au lieu de sauter directement sur "trouvons des solutions, si j'étais toi je ferais ci ou ça", j'essaye d'accueillir les émotions avec douceur, patience, une oreille attentive et ouverte. Parfois, les gens ont simplement besoin d'entendre "ce que tu vis est difficile, je comprends que tu sois triste/en colère/frustré·e". Les ressources sont en elleux, et iels les trouveront le moment venu. Pour savoir de quoi a besoin mon interlocuteurice au moment où iel se confie à moi, je n'hésite pas à le lui demander, tout simplement. Et à lui dire que s'iel a l'impression que je vais trop loin, que je ne suis pas aidante, il faut absolument me le signaler.

Avec les gens qui me sont inconnus, j'essaye tout simplement d'être légère et de me rappeler que ces gens ne font que traverser ma vie : si leur comportement dans une file d'attente ou à la caisse d'un magasin me déplaît, j'essaye de lâcher-prise. Quel est l'impact d'une personne désagréable pendant cinq minutes, à l'échelle de toute une vie ? Cette personne, dont je ne connais rien, vit peut-être des moments difficiles, je n'en sais rien.

Par contre, je reste totalement démunie face à la violence qu'on rencontre parfois de la part de ces inconnus. Me faire insulter dans la rue provoque en moi deux réactions diamétralement opposées : soit je reste ébahie et incapable de répondre, tétanisée, soit je rétorque par un doigt d'honneur sauvage et je fulmine pendant dix bonnes minutes avant de pouvoir raconter mon incartade à mon chéri. C'est que la violence, physique ou verbale, me fait peur. Je n'arrive pas à rationaliser, à réfléchir – et je ne pense pas non plus que tenter le coup de la bienveillance avec quelqu'un qui m'insulte ou m'agresse soit le meilleur réflexe qui soit… Dans ces cas-là, c'est le cerveau reptilien qui prend le dessus, et j'ai tendance à lui faire confiance.

*

La bienveillance envers soi-même, un indispensable…

Je crois que cette dernière année, les publications qu'elles soient papier ou sur Internet, nous enjoignant à prendre soin de nous, à nous cocooner, ont connu un franc succès. Et c'est vrai que dans une société où il faut toujours aller à mille à l'heure, où la consommation d'anxiolytiques et les burn-out sont de plus en plus élevés, il est important de réapprendre à prendre soin de soi, à ralentir et à prendre le temps de savoir ce qui est bon pour nous.

J'ai bien remarqué ces dernières années, qu'il m'est parfois tout bonnement impossible d'être agréable. Même pas bienveillante, même pas empathique, juste : agréable avec mes proches. Je suis fatiguée, irritable, j'ai faim, j'ai mal dormi, j'ai mal quelque part, je suis frustrée, anxieuse, stressée, en colère… mes émotions m'empêchent d'être disponible pour les émotions des autres. C'est somme toute assez logique : si mes propres besoins ne sont pas remplis, je ne saurais pas être adéquatement présente pour les autres et leurs besoins à eux.

La bienveillance envers soi-même, c'est un sujet vaste, qui a la cote en ce moment et c'est tant mieux. S'il a la cote, c'est aussi parce que les injonctions contraignantes ne cessent de se multiplier autour de nous et il faut donc que des voix s'élèvent pour mettre le holà. Qu'on parle de la manière dont on regarde notre corps, de nos habitudes de vie (sommeil, alimentation…), de nos habitudes de consommation, il est nécessaire de savoir écouter les petites voix, qu'elles soient intérieures ou extérieures, qui nous enjoignent de ne pas être trop sévères avec nous-mêmes. Qu'il y a mieux à faire de nos vies que de nous flageller aux orties parce qu'on n'a pas envie de manger des smoothies verts, d'avoir un intérieur épuré, parce qu'on n'a pas le courage ou les moyens de "tout plaquer pour vivre nos rêves". Écoutons ces voix, elles sont indispensables.

*

… et, peut-être, à dépasser ?

Je suis la première à encourager tout un chacun à être bienveillant·e envers soi-même en tout premier lieu. C'est la première étape de tout cheminement personnel, pour être le changement qu'on voudrait voir dans le monde, tout ça tout ça. Mais il ne faut pas s'arrêter à cette auto-indulgence nécessaire, au risque de ne plus être capable d'accepter de se remettre en question face à autrui.

Lorsque j'ai lu Les mots sont des fenêtres, ou bien ils sont des murs, de Marshall Rosenberg (le livre sur la communication non-violente, que je recommande à quiconque est intéressé·e par le sujet), j'ai été frappée par une explication d'un phénomène que j'avais déjà vécu moi-même – ou plutôt que j'avais fait subir à mes proches pendant un temps. Je ne me souviens plus des termes exacts, donc je vous le résume. Il était question de stades dans l'apprentissage de la CNV, dont un particulier lors duquel la personne qui se familiarisait avec la CNV, entrait dans une phase où elle avait l'impression d'avoir totalement raison, absolument tout le temps, parce qu'elle savait comment formuler ses besoins. (ce qui est un des piliers de la CNV) En gros, peu importait le conflit et qui était responsable, ou qui avait le plus gros ego, la personne qui étudiait la CNV se sentait légitime de tout parce qu'elle utilisait la CNV. Je me suis retrouvée dans cette phase, que je pense avoir dépassé depuis (faudra demander à mes proches…), et qui ne doit pas être agréable à vivre pour l'autre. Si cette phase normale de l'apprentissage de la CNV ne prend pas fin, on peut se retrouver à devenir en quelque sort toxique, en se servant de la communication non-violente pour faire taire les autres et leurs récriminations. Ce n'est pas parce qu'on sait s'exprimer comme l'apprend la CNV, qu'on a toujours raison, ni qu'on est forcément non-violent·e en utilisant ces outils.

Mais bref, ça m'a fait aussi penser que, alors qu'on apprend de plus en plus à prendre soin de soi et c'est absolument génial, on n'apprend pas forcément plus à mieux interagir avec les autres, à mieux se comporter en cas de conflit, ou en situation de détresse émotionnelle de la part de notre entourage. C'est un apprentissage de toute une vie et qui demande de savoir se remettre en question. C'est rééquilibrer la balance aussi. Quand notre besoin de cocooning intense (et légitime) voudrait qu'on prenne un bain là maintenant tout de suite, mais que le monde autour de nous nous dit qu'il faut repousser ce besoin de quelques minutes ou heures… C'est ne pas prendre ce bain là maintenant tout de suite, mais s'occuper d'abord des autres, pour pouvoir mieux profiter de notre moment, pour être plus en sérénité. Par exemple, évidemment.

La bienveillance, en général, ce n'est pas faire passer nos besoins avant tous les autres, sans prendre en compte le contexte ou la situation. C'est apprendre à identifier nos besoins, savoir comment on peut être nous-même à même d'y répondre, et apprendre ensuite à entendre les besoins des autres, pour là aussi apprendre à y répondre, ou les aider à y répondre, si c'est possible. Et c'est aussi étendre la bienveillance naturelle qu'on porte à celleux qui nous sont cher·es, à tous les inconnus qui croisent notre chemin et qui ont, tout comme nous, peut-être une sale journée dans les pattes, et qui ne sont certainement pas de pires personnes que nous au quotidien. Pour moi, en tant que végétarienne et anti-spéciste, c'est maintenant aussi étendre cet amour des humains aux animaux non-humains, en ne les considérant pas d'un œil utilitariste ("que peuvent-ils faire pour moi ?") mais en me disant tout simplement que ces créatures, comme moi, n'ont qu'une envie : vivre une belle vie, la moins douloureuse et la plus épanouie possible.

*

Bref. Je parle beaucoup, est-ce que tout ce que je dis est bien clair ? Je ne suis jamais sûre avec ce genre d'articles-fleuves… J'aurais des dizaines d'autres choses à dire sur la bienveillance, et d'ailleurs j'ai prévu un autre article sur la communication non-violente (si cela vous intéresse, bien sûr). Je n'ai rien inventé, mais je trouve qu'on devrait parler plus souvent de ces sujets. Et qu'il est hyper intéressant, pour soi, comme chemin intérieur, de réfléchir à comment on peut rendre le monde meilleur à notre toute petite échelle, "simplement" en changeant notre manière de regarder le monde. Je suis vraiment passionnée par la bienveillance et la non-violence en général, d'ailleurs si je devais écrire un livre qui ne soit pas une fiction, ce serait sur ce sujet. J'ai réellement un peu peur que ce terme devienne "gnan-gnan" et qu'on finisse par considérer la bienveillance comme accessoire, alors qu'elle est pour moi la clé de relations apaisées avec le monde.

Quelques idées de lectures pour aller plus loin :

Ces livres m'ont beaucoup aidée à cheminer sur la route de la bienveillance. Certains parlent de l'enfance et d'éducation, mais je trouve que c'est également une belle porte d'entrée pour réfléchir à comment nous voyons les enfants et les traitons en général… et comment cela influence les adultes que nous devenons ensuite. Ah, et beaucoup ont été écrits par Isabelle Filliozat, parce que j'aime beaucoup cette thérapeute, que j'ai rencontrée et qui m'a beaucoup touchée. Mais bon, ce ne sont que des pistes, hein !

  • Les mots sont des fenêtres, ou bien ils sont des murs, Marshall Rosenberg
  • Au cœur des émotions de l'enfant, Isabelle Filliozat
  • Que se passe-t-il en moi ?, Isabelle Filliozat
  • L'intelligence du cœur, Isabelle Filliozat
  • Il n'y a pas de parent parfait, Isabelle Filliozat

J'espère que cet article vous a plu, très sincèrement. Est-ce que tout cela vous parle ? Êtes-vous familier·e avec le concept de bienveillance ? Vous êtes-vous déjà confronté·e à ses difficultés ? Parlons-en en commentaire !

A très bientôt, prenez soin de vous. ♥

*

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14 Réponses

  1. Ça fait tout drôle (et du bien !) de lire ton article après avoir regarder les derniers « péripéties » de l’assemblée nationale :)

    Dans la communauté de soutient et d’entre-aide des phobiques sociaux et trouble de la personnalité évidente à laquelle j’appartiens, on a souvent discuté du concept de bienveillance. Et il n’est pas évident à saisir car l’on a peur de se montrer faible et vulnérable … et on est pas des as de la confiance en soit évidement. Pour certains, elle leur a apporté plus de sérénité face à l’anxiété sociale et c’est déjà beaucoup. Je pense que ne pas sortir les pinces … dans le panier de crabe de l’humanité peut apporter vraiment beaucoup mais c’est difficile à expliquer sans féminisme, je trouve. Le changement des rapports sociaux et le changement de nos rapports aux autres c’est très important.

    Merci et ton article sur la communication non-violente m’intéresse aussi !

  2. Bravo pour cet article ! Bravo pour ce travail fouillé, pour ta maturité qui m’impressionne toujours autant.
    J’ai l’impression que le féministe a aidé beaucoup d’entre nous à devenir bienveillante envers les autres mais aussi nous mêmes.
    Moi qui était très aggressive avant, je me suis rendue compte que j’étais en colère contre moi même avant tout. Maintenant j’essaie d’exprimer les choses autrement, et garde mes coups d’éclats quand ils sont nécessaires. Comme tu dis, etre bienveillant n’est pas manquer de caractère, bien au contraire !
    Bises

  3. Clairon

    Pour être très honnête, j’avais peur que cet article soit chiant ou banal/trivial, car effectivement c’est un sujet souvent abordé. D’ailleurs j’avais voté sur Twitter pour que tu parles de féminisme.

    Mais j’ai adoré ton article, je l’ai trouvé hyper bien construit, pertinent sur le thème, qu’il mettait en valeur le sujet, m’a rappelé que si je souhaite être globalement bienveillante, je ne le suis pas toujours en ce moment et m’a permis de m’interroger sur pourquoi et comment changer ca.

    Bref, bravo et merci, vraiment !

    Je me retrouve dans ta réflexion sur les enfants, même si tout pareil, je n’en ai pas (encore?) moi-même.

    Enfin, pour ce qui est de se faire insulter….je différencie d’agresser qui peut prendre plein de forme et puis ca dépend qui insulte. Mais à Paris, ca arrive régulièrement que des gens la rue nous insulte dans la rue ou dans le métro par exemple, à la volée. Il y en a que ca révolte, j’ai appris à réagir autrement : ce n’est pas contre moi, cette personne est mal visiblement et insulte à tout va, je ne vais pas juger et soit, passer mon chemin, voire même réfléchir à comment aider. Voilà pour ce cas particulier :)

    J’ai fait un commentaire un peu fleuve aussi :$

  4. InsideABoy'sBrain

    Bonjour Pauline,

    Merci d’avoir écrit cet article. Depuis le peu de temps que je suis les diverses blogueuses de tout genre je n’en ai encore jamais vu un qui évoquait ce thème la. Ce thème m’est très chère.
    J’étais peut être aussi comme toi médisant sur les gens qui m’entouraient avant. Je traitais les gens de cons, de bêtes, de stupides ou d’inintelligent et je les classais dans des catégories pyramidales totalement arbitraires et basé uniquement sur ma toute puissance intellectuelle avec moi même pour seul modèle. Oui j’en étais la.

    Depuis, une rupture volontaire, une grosse remise en question sur moi même et un travail de fond sur mes agissements et mes ressentis m’ont fait devenir une autre personne tout en restant foncièrement la même (le même humour décalé, les même passions etc), mais alors une vision sur les gens qui m’entourent très très très différente de ce que j’avais jusqu’alors.

    Bon alors si j’ai voulu écrire ce commentaire ce n’était pas pour te raconter ma vie oh combien passionnante (non), mais parce que je ressens quelque part qu’il te manque peut être un bout de ton cheminement.
    Sais-tu pourquoi les gens sont violents avec toi ? Tu dis que cela évoque de la peur en toi, mais va plus loin et demande toi pourquoi tu as cette peur. Que fait ressortir comme souvenir/situation lorsque tu as cette peur qui te reviens face à des comportements violents ? Ainsi tu trouvera, en te posant la question et en trouvant l’origine de cette peur, la force en toi de ne plus avoir peur et de réagir de manière détachée même envers ceux qui ne te comprennent pas et t’agressent.
    Toute peur a une origine et c’est à nous même de déconstruire cette peur qui n’est qu’un reflex (non pas reptilien, reptilien c’est lorsque tu es sur le point de mourir ou de te faire attaquer au point de mettre ton intégrité en danger) animé par notre égo.
    J’espère que mon commentaire t’aidera à y voir encore plus clair dans tout cela :) et n’hésite pas à refaire des articles de ce genre (moi j’adore en tout cas, ça te fera déjà une vue :D)

  5. Bounza

    Merci beaucoup pour cet article fort intéressant !
    Je rencontre beaucoup de difficultés à être bienveillante avec les gens qui n’ont aucune considération pour l’éthique et la préservation de la planète. Comment être bienveillant avec quelqu’un qui ne prend pas la peine de trier convenablement ses déchets, avec quelqu’un qui se fiche de gagner de l’argent en rendant les autres malades ou plus banal … qui déverse dans la salle de bain que nous partageons quantité d’aérosols que je n’ai absolument pas envie de respirer ou fume à l’intérieur alors que je ne veux pas être fumeuse passive ? Dans ces conditions je juge, je fulmine, je m’énerve intérieurement … Je sais que ce n’est pas la solution, mais alors comment faire pour être bienveillant quand on ne partage rien de la philosophie de vie de quelqu’un ? J’essaie de me dire que mon attitude est égocentrique car elle sous entend que je suis persuadée d’avoir raison alors que j’essaie toujours de contre-balancer mes avis pour ne pas avoir des opinions tranchées et fermées … mais parfois sans succès …

  6. Galinette

    Bonjour Pauline,
    Et merci pour ce bel article.
    C’est un sujet qui me parle beaucoup, et que j’essaye de mettre en pratique au quotidien, envers moi-même et les autres. Mais évidemment, c’est loin d’être facile, et j’ai encore des progrès à faire.
    C’est en devenant maman que j’ai commencé à m’intéresser à la bienveillance. Et j’avoue que le plus difficile pour moi est de l’être envers moi même. Mais je fais des progrès! ;-)
    Et puis, il y a aussi des jours ou, fatigue/stress aidant, il est plus difficile d’arriver à se raisonner et à ne pas faire ressortir les vieilles habitudes d’énervement.
    Mais chaque réussite est une petite victoire.
    L’intelligence du coeur est dans ma wishlist, mais je pense que je vais y ajouter « les mots sont les fenêtres,… » parce qu’il devrait me faire du bien.
    (J’ai aussi fait 2 formations pro en développement personnel sur l’assertivité et la connaissance de soi qui m’aident beaucoup au quotidien pour la bienveillance et la cnv, entre autre! :) )
    Belle semaine.

  7. Bien vu, bien écrit et ça ouvre à la réflexion (et je me dis que tu vas définitivement ADORER le magazine Flow, je te conseille vraiment d’y jeter un oeil, même deux!)
    Et c’est drôle, mais je me retrouve un peu dans ce que tu écris. J’ai l’impression de grandir (encore heureux) ces derniers temps, et pourtant, côté bienveillance j’ai encore un long chemin…

    Je ne suis pas une « méchante » mais j’ai vite fait de juger les gens sur leur apparence et comportement immédiat (fatigue du monde de la vente oblige), je me surprends trop souvent à maugréer dans mon coin face au monde dans le métro et ailleurs (qui me fait dire que je déteste les gens…)(et puis d’ailleurs, c’est de bon ton d’être un peu misanthrope en France j’ai l’impression) et je crois que c’est lié à une sorte d’impatience.

    Bon, et les engueulades répétées avec mes proches, que j’aime pourtant plus que tout, me font parfois me dire que je suis « une mauvaise personne » et qu’il est temps que je travaille ma bienveillance. Genre pour de vrai, envers moi, les autres, mes proches.

    Je garde tes recommandations sous le coude, du coup :)

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  10. Kellya

    Bonsoir Pauline,
    C’est aussi un sujet qui m’interesse beaucoup, et je truve ton article très intéressant. J’avais lu les quatre accords tolteques adolescente et ca avait complÈtement changé ma vision des rapports humains. Depuis, j’apprends à mon rythme, qui nest pas bien rapide malheureusement. J’ai le livre de Rosenberg dans ma liste de lectures depuis 2 ans au moins, je l’avais acheté aprés avoir lu « cessez d’etre gentils, soyez-vrai » (en version BD) que j’ai vraiment adoré.

  11. Luschka

    Merci beaucoup pour cet article oh combien intéressant!
    Je me reconnais énormément dans ta démarche d’attitude de bienveillance. Tout ce que tu as rapidement évoqué sur la communication non violente m’a énormément intéressée, donc je suis plus que demandeuse d’un article sur le sujet :)
    Et plus que la bienveillance, je trouve aussi qu’il faut réhabiliter la notion de gentillesse, terme qui est devenu galvaudé et également perçu comme une marque de faiblesse et déprécié. Alors que c’est une des plus belles qualités, non?
    Bref, tu m’as donnée à réfléchir, je t’en remercie :)

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