24
Mar
2017
8
Lectures 10

Lectures #11 : l’enfer, un flingue, manger les animaux

Mars est passé comme un désert de lecture. J’avais deux bouquins sur le feu, dont un qui me plombait le moral déjà pas bien haut et que j’ai mis longtemps à mettre de côté en me disant que je le reprendrais plus tard. L’autre, l’énorme BD Economix, je la lis plus pour me cultiver sur l’économie (une discipline à laquelle je ne comprends rien, mais vraiment hein) que pour mon plaisir, du coup j’avance hyper progressivement et je suis encore loin d’avoir fini.

Voilà pourquoi tant de temps a passé entre ces deux chroniques littéraires, ce qui m’a un peu embêtée parce que j’avais super hâte de vous parler de ma lecture reçue avec la Kube commandée en février, mais bon c’est ainsi, c’est la vie. Voilà encore des livres plutôt divers : un très court roman autobiographique (?) français, un policier américain sur fond d’années 1910s, et un essai sur le véganisme tout juste paru, que j’ai reçu en cadeau de la maison d’édition et que j’ai absolument adoré.

J’espère que ces trois retours vous seront utiles, bonne lecture !

*

J’irai pas en enfer,
de Jean-Louis Fournier

(Challenge 12 mois, 12 amies, 12 livres)

Le petit Jean-Louis a toutes les bonnes raisons pour aller cuire dans les marmites de l’enfer : il a mis la Sainte Vierge dans les WC de l’institution Saint-Joseph, il regarde les dames toutes nues dans les livres et il a fait à Dieu une promesse qu’il ne va certainement pas tenir. Quand il regarde un crucifix, il baisse les yeux : il a honte. Il a quand même envie d’aller au ciel.

Pour cette première lecture, recommandée par ma grande copine de l’IUT, j’ai été prise de tendresse et d’affection pour Jean-Louis, qui raconte avec son regard d’enfant une vie banale et rigolote. J’ai trouvé ce tout petit livre doux et charmant, le genre de livres que j’aimerais lire allongée dans l’herbe un chaud après-midi de printemps. Ce n’est pas un grand coup de cœur, je ne serais pas marquée à vie par ce récit, où la religion catholique est omniprésente et remplit parfois d’une légère tristesse à cause de sa dureté. Malgré tout, c’est une lecture agréable et mignonne, un peu désuète, et que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

*

La fille au revolver,
de Amy Stewart

(Girl Waiting With a Gun en VO, reçu avec la Kube de février)

Constance Kopp ne rentre pas vraiment dans le moule. Elle est plus grande que beaucoup d’hommes, n’a aucun intérêt pour le mariage et avec ses deux soeurs, elle est isolée du monde dans une ferme. Un jour, sa rencontre avec un riche et hostile industriel de la soie va transformer une simple querelle en une guerre de briques, de balles et de menaces. Le sheriff demande alors à Constance son aide pour coincer les malfrats, et la jeune femme doit alors se confronter à son passé et défendre sa famille – et elle le fait d’une manière peu commune pour une femme en 1914.

Quelle belle découverte ! Premièrement, le fait de savoir que cette histoire est très largement basée sur des faits réels (comme l’autrice l’explique à la fin du roman) m’a fait immensément plaisir. Ensuite, le style est très fluide, fait parfaitement bien passer les émotions lorsque c’est nécessaire, sans fioritures inutiles et qui auraient un peu trop détonné avec le caractère de Constance Kopp, qui narre l’histoire. Enfin, l’intrigue est très bien pensée, avec plusieurs rebondissements, une histoire mystérieuse qui se dévoile à demi mots, et des relations complexes et intéressantes entre les personnages. J’ai un peu regretté la toute fin qui, à mon sens, est un peu longuette et surtout très prévisible (quand on sait que ce bouquin est le premier tome d’une saga…), mais sinon j’ai vraiment adoré me plonger dans ce policier à la fois léger et profond. Les trois personnages féminins centraux ont de jolies personnalités bien différentes, on est loin des femmes-potiches qui se ressemblent toutes et je me suis attachée aux trois avec facilité. Quant aux personnages masculins, ils sont vraiment secondaires et je trouve ça vraiment cool pour un policier.

Bref, je suis ravie de cette découverte, encore merci à Léa, de la librairie Le Failler pour ce choix qui tombait pile poil dans ma demande !

*

Les animaux ne sont pas comestibles,
de Martin Page

(* offert par Robert Laffont)

Récit du parcours de l’auteur vers le véganisme, ce livre navigue entre essai et aventure intime pour présenter la cause animale comme une lutte politique et éthique exigeante mais aussi joyeuse et inventive. Être végane, c’est avoir la conviction que l’être humain ne doit pas asservir et tuer les animaux pour manger, se vêtir ou se divertir. C’est un chemin passionnant et imparfait, riche en réflexions, débats, rencontres et connaissances.
En racontant son quotidien, en présentant d’autres trajets et motivations (liées à l’écologie, à la santé), en informant sur la nutrition, en montrant que le véganisme est accessible et gourmand, et qu’il n’a rien à voir avec l’ascèse ou la pureté, Martin Page invite chacun, qu’il soit végane, végétarien ou omnivore, à s’interroger sur le regard qu’il pose sur les animaux et sur la place que leur assigne la société.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais rien lu sur l’éthique animale et sur la lutte antispéciste, alors je n’ai vraiment pas hésité quand on m’a proposé de recevoir ce livre qui vient de paraître. Sachant qu’il allait essentiellement parler du véganisme (et pas du végétarisme, par exemple), j’étais un peu méfiante. En effet, je ne suis plus végane à cause de mes troubles alimentaires et si je suis consciente des problèmes que ma consommation de produits laitiers et d’œufs engendre, j’en ai un peu marre de me faire taper dessus par certain·es véganes parce que le végétarisme, ce n’est pas assez. J’attendais donc beaucoup de livre : qu’il soit, tout simplement, différent des discours que j’ai l’habitude de lire sur le sujet.

Et vingt dieux, il remplit le contrat, et avec brio ! C’est un livre que j’ai dévoré en deux jours après l’avoir reçu. Je n’ai pas cessé de m’exclamer « Mais oui ! Exactement ! » pendant ma lecture, j’ai trouvé une résonance en moi à tous les points soulevés par Martin Page, et surtout, j’ai ressenti beaucoup de gratitude envers l’auteur. Qui parle avec justesse des combats antiracistes et féministes, qui remet beaucoup de choses à leurs places. Qui surtout souligne avec simplicité une évidence parfois difficile à faire valoir : personne n’est parfait, et les véganes pas plus que les autres. J’avais besoin de lire ce livre. Pas pour me rassurer dans ma position assez confortable (tout est relatif) de végétarienne « convaincue » par le véganisme et pour abandonner l’idée d’aller vers cet idéal, mais pour au contraire comprendre l’importance de prendre le temps, d’aller à mon rythme, pour pouvoir moi aussi un jour, devenir la porte-parole d’un véganisme joyeux et gourmand. Et maintenant j’ai envie d’offrir ce bouquin à tout le monde.

*

C’est tout pour cette fois ! Pour la suite, je suis en pourparlers avec moi-même : continuer la saga The Witcher ? Reprendre Les Aventuriers de la mer ? (oui ça m’a pris comme une envie de pipi, ça) Ou encore tenter de rattraper la lecture du mois du #clublectureMS, qui me tentait beaucoup puisque c’est un Daphne du Maurier, une autrice que j’ai envie de découvrir depuis longtemps. Les choix sont divers et me paralysent un peu, alors en attendant d’arrêter le mien, je vais reprendre la méditation (et le sommeil) dans le métro, et continuer ma BD sérieuse et parfois fastidieuse le soir au fond de mon lit :D

Et vous, que lisez-vous en ce moment ? Quel ouvrage vous tente le plus parmi les trois présentés ici ? Racontez-moi tout, vous savez que rien ne me fait plus plaisir que discuter littérature ici ♥

Prenez soin de vous, à bientôt.

Crédit photo : Pexels

*

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6 Réponses

  1. mielou

    Moi je vote pour que tu continues les Aventuriers de la mer ! C’est vraiment une série géniale, parmi mes préférées (mais j’adore Robin Hobb en même temps, cette autrice est géniale !)
    Et tu m’as clairement convaincue de lire La Fille au Revolver, dès que je le trouve, je le lis !
    Bisous <3

  2. Sermus

    Coucou !

    Avec ta revue, Les animaux ne sont pas comestibles me tentent bien. J’ai envie depuis un moment de lire un livre théorique consacré au végéta*isme afin d’aller plus loin que ce que je peux lire sur des articles de blog. Mais je redoutais de m’embourber dans la culpabilité, à ne pas pouvoir devenir vegan immédiatement alors que je peine déjà à faire des plats végétariens variés et de saison pour une semaine ( merci les tomates sous serres d’exister, vous n’êtes pas super écolo mais vous me sauvez la vie). Cela dit d’après ce que tu en dit ce livre évite cet écueil tout en proposant une réflexion approfondie du sujet, il m’a l’air d’être parfaitement ce que je cherche.

    Concernant mes lectures du moment j’ai eu l’inconscience de commencer à lire fin février le tome 1 de l’Assassin Royal de Robin Hobb….J’y suis toujours, attaquant le tome 7. J’ai contaminé mon copain et une amie, si bien qu’on est désormais trois à lire frénétiquement cette série hahaha. J’aime son écriture, le fait que la magie soit peu répandue et coûteuse pour ceux et celles qui l’exercent et surtout qu’il y ait autant de personnages féminins cools et débrouillards, qui peuvent occuper tous les rôles ( maître d’arme, ménestrelle, cheffe révolutionnaire…). Et c’est d’autant plus agréable que c’est vu comme normal dans cet univers médiéval que les femmes puissent aussi bien choisir l’aiguille que l’épée <3

    Bon weekend :)

  3. Marion

    Bonjour,
    merci pour cette revue. Personnellement je suis rentrée par « J irai pas en enfer », c’est le genre de livre que je lisais beaucoup quand j étais enfant, j’ai envie de retrouver cette ambiance…
    Là je suis dans « 42km195 » de Bernard Thomasson, rien de transcendant, mais intéressant (pour une personne qui envisage de courir un marathon…)
    et j’ai adoré « mémé dans les orties » de Aurélie Valognes, un feel good livre!
    J arrête un peu les livres sur le végétarisme, l’ecologie, la décroissance…etc… car j’ai l impression de m auto sectariser: à lire des livres qui me confortent dans mes idées, j’ai tendance à me refermer sur moi, avec un mode de pensée unique. C’est pas bien, j en ai conscience, alors je ne le fais plus…
    Bonne lecture!

  4. Merci pour ton avis !
    Ah il pourrait m’intéresser le livre sur le véganisme tiens … je ne suis pas végétarienne ou vegan mais je diminue doucement ma consommation de viande
    Mais j’ai surtout regarder une vidéo d’une nana qui pour moi pousse à l’extrême son véganisme dans le sens où elle refuse même de manger avec quelqu’un qui mange de la viande … Chacun ses choix mais bon ….
    Bizzz

  5. Coucou :)

    Grâce à ton retour, je viens tout juste d’ajouter l’essai de Martin Page dans ma PAL. Je cherche toujours à approfondir ma réflexion sur le véganisme et l’anti-spécisme, végane de mon état. J’espère trouver un moment pour me pencher sur celui-là, d’autant plus qu’il t’a séduite.

    Je me mets doucement à la lecture de fiction, j’ai toujours eu tendance à lire des essais. Et j’avoue avoir du mal à choisir. Comment choisissez-vous des livres ? J’ai rejoint un groupe de lecture, ce qui me permet d’un côté d’avoir un aiguillage.

    À tout bientôt.

  6. Pingback : Un invincible été » Lectures #12 : véganisme, poésie et dépression

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