30
Déc
2016
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L’heure du bilan

C’est ainsi chaque année, la dernière semaine de décembre est pour moi entièrement consacrée à la remise en question. Je trace avec incertitude les contours de bilans, mais surtout je rêve à l’année qui se dessine en avant, et même à celles d’après puisque soyons fous, quand on se projette on le fait vraiment. Je suis donc rarement d’une humeur éclatante de joie quand arrive la Saint-Sylvestre. Ce n’est pas de la tristesse, ce n’est pas du malheur, à peine une drôle de nostalgie teintée d’un peu d’attentes et de frustration. On passe 359 jours à vivre dans le présent – ou en tout cas à essayer très fort – mais les sept derniers de l’année, on se laisse aller à regarder en arrière et en avant, sans savoir si on est content de ce qu’on voit, de ce qu’on devine.

Cette année a été une belle année. Une année difficile, mais si je me prenais à faire la liste des pour et des contre, la balance pencherait définitivement du côté positif. J’ai fêté en juillet le premier anniversaire de mon mariage avec ma personne préférée sur Terre (ça tombe bien, quand même, eh), et en novembre, cinq ans d’amour ont été célébrés autour de plats de pâtes italiennes à tomber par terre. J’ai fait ma première-rentrée-depuis-longtemps en septembre, et habituée que j’avais été des expériences scolaires ratées, je n’attendais de cette année d’études qu’un diplôme à la fin. Le diplôme, je ne l’ai pas encore, mais il faut croire que j’ai changé – que quelque chose a changé – parce que ce que j’ai là, ce sont surtout des amies, des copains, des gens avec qui on peut rire, pleurer un peu, râler et surtout croire, ensemble, à notre réussite.

J’ai vécu d’autres premières fois qui, au premier regard, semblent insignifiantes. Aider une amie à déménager, fêter l’anniversaire d’une autre chez elle avec ses amis qu’on ne connaît pas, recevoir la première fiche de paie à 4 chiffres, remplir la première fiche d’imposition. Expliquer pour la première, puis la deuxième, dixième, trentième fois, pourquoi je suis mariée (si jeune), tatouée (autant), blogueuse (bloquoi ?), à l’école (encore), végétarienne (ça sert à rien), adepte du yoga (ce truc de hippie). Prendre un café à emporter dans le noir de la nuit pour pouvoir survivre à la journée qui attend, impitoyable. Recevoir des cadeaux qui vont durer, parce qu’on s’est dit que cette fois, on savait. Imaginer des projets fous qui changent la vie et qui, peut-être, n’ont plus l’air si lointains.

Alors en rétrospection, le sentiment qui me poursuit depuis que j’ai envie de dresser ce bilan, c’est sûrement que pour moi, 2016 aura été l’année où je suis devenue adulte. Peut-être pas pour de vrai-pour toujours (qu’est-ce que ça veut dire, ça ?) mais en tout cas c’est sûr, je suis désormais composée à plus de 50% d’adultat. Par un drôle de concours de circonstances, parce que ce ne sont pas les feuilles d’imposition qui ont fait le job à elles toutes seules, non. C’est le tout, le tourbillon du tout qui donne un peu le vertige, en y repensant. Pour contrebalancer, je joue à Pokémon avec frénésie, je colorie tout ce que je trouve, et je collectionne les peluches en forme de renards. Je crois que j’ai un peu peur de grandir – un peu peur d’avoir grandi.

J’ai une conscience aiguë des choix que j’ai faits cette année, je sais qu’ils vont modeler ma vie future un peu plus sûrement que ceux de l’an dernier, que ceux d’il y a cinq ans. Je suis prise d’un drôle d’effroi mâtiné de hâte à la certitude que les choix à venir seront tous plus importants les uns que les autres, j’ai envie de dire pouce, c’est pas du jeu. Et paradoxalement, parce que sinon, ce serait moins drôle, j’ai envie de dire allez, on y va, au galop.

Fin décembre, je jette un regard par-dessus mon épaule. Je vois des belles rencontres, des liens solides, des sourires, des larmes, évidemment. Je vois des nuits très courtes, des ciels d’encre parsemés d’étoiles, je vois des muscles fatigués, des kilomètres marchés, courus, rêvés, des courbatures du corps, d’efforts et de rires, de l’esprit, de pages lues et de paragraphes écrits. Et ce que je vois me plaît, alors je peux tourner la tête et tenter de discerner ce qui m’attend. Derrière la brume, il y a des jolies choses, c’est sûr. Il y a des fins et des débuts, des renouveaux sûrement aussi, et des projets, tant de projets. Des voyages, des changements, des aventures. J’ai des envies de wahouh.

C’est ce que je vous souhaite pour l’année qui se profile. Du wahouh, des étoiles dans les yeux, des feux d’artifices, l’ivresse vertigineuse de savoir au creux de soi qu’on est en train, là, de vivre quelque chose d’incroyable, d’unique, d’extraordinaire.

Que la vie vous soit douce. ♥

*

Et parce que j’aime quand même les résolutions – c’est l’amour des listes, ça – et que celles de l’an dernier m’ont plutôt bien réussi, je décide cette année de tout faire pour :

  • lire 50 livres
  • aller au cinéma au moins 2 fois par mois
  • finir de corriger ma nouvelle
  • aller à 1 concert avec ma sœur
  • mieux manger
  • continuer de faire du yoga et de courir, et d’en apprécier les bienfaits

Et vous, vous voulez faire quoi, en 2017 ?

*

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11 Réponses

  1. Louise

    Très sympa ce bilan, très humain.

    Ce que je vais faire en 2017 :
    -trouver un boulot plaisant et stable
    -monter une sonate de vivaldi au violoncelle
    -guérir
    -cuisiner, cuisiner et encore cuisiner (j’ai eu un nouveau livre de cuisine à Noel, le tome 1 de Trois fois par jour – un couple de québecquois qui tiennent un blog succulent)
    -continuer sur le chemin du bonheur

    Belle fin de 2016 à toi

  2. Eline

    Lire 50 livres ? Ouhh, ça c’est une résolution qui me plait !
    Ton bilan fait réfléchir au mien et l’année a été plutôt très belle malgré l’empilement de mauvaises nouvelles à l’échelle mondiale.
    Objectif 2017 ? un JOB ! (Pretty please ?)

  3. Marjolaine

    Bonjour Pauline,
    J’admire la conscience de ton regard sur toi-même et la finesse de tes analyses, « si jeune » :-)
    Je te souhaite de continuer de vibrer en 2017, avec beaucoup de douceur et de joies !

  4. Ann

    Bonjour et bonne année!
    Pas de bonnes résolutions pour moi, juste un mot-clé que j’adresse d’ailleurs dans mes voeux. L’an dernier c’était la douceur, cette année c’est la joie!
    Donc je te souhaite beaucoup de joies cette année (ça passe même au pluriel)!

  5. Bonne année ! Qu’elle t’apporte le bonheur et que tes projets se réalisent :) Un beau bilan, je ne savais pas que tu étais mariée, félicitations !

  6. Un bien beau bilan, doux et authentique – comme toi les fins d’année me rendent un peu nostalgique, et la fin de Noël, triste. Cette année tout m’est passé dessus sans que j’en prenne conscience (passer le nouvel an loin de chez soi, ça aide je crois)(reprendre fissa le boulot et la vie effrénée aussi) du coup j’ai encore un bout de ma tête en 2016 je crois.

    Il faut que j’y réfléchisse, mais j’aimerais cesser de me mettre la pression en 2017. (Face à ma vie en construction, mon célibat éternel et mes imperfections qui ne s’effacent pas facilement) Je prends donc avec plaisir ton souhait de douceur pour moi aussi :)

    Des bisous <3

  7. Bonne année à toi aussi! Merci pour toutes ces choses que tu remues en moi. Je n’avais pas réussi à penser à la nouvelle année jusqu’à maintenant, je crois que je voulais rester le plus longtemps possible dans ce cocon de bonheur et d’amour familial qu’ont été les vacances de fin d’année… Mais je suis rentrée il y a 4 jours et il est temps de commencer l’année, pour laquelle je n’ai choisi qu’un mot: Donner. Je veux donner du bonheur, des mots, un peu de moi…

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