20
Nov
2016
22

Du lâcher prise

J’ai enfin accepté l’évident : je me mets trop de pression. Avant d’exploser comme une cocotte-minute – et de tout ravager sur mon passage, demandez à mon amoureux qui n’en peut plus de me voir ronchonne et désagréable 73% du temps – il était temps d’appuyer sur la pédale de frein. Revoir les priorités, les impératifs vrais et ceux qu’on se colle pour avoir l’air bien, pour avoir l’air surhumain. Reconnaître que pour que l’été soit invincible, il faut savoir refuser de l’être quand manifestement, c’est impossible. J’ai donc laissé de côté mon roman. Un matin où le sommeil me manquait cruellement, j’ai réalisé que si j’avais du plaisir à voir l’histoire grandir et se développer, je n’en avais plus dans l’immédiat à me lever plus tôt et à me forcer à taper frénétiquement sur mon clavier au lieu de prendre mon temps. Comme on devrait prendre son temps, tous les matins du monde. Je m’étais promis des cadeaux si je réussissais une année encore ce pari fou – mais finalement, chaque année je me promets des cadeaux et je ne me les offre jamais. Je m’étais dit, dans le coin invincible de ma tête, que c’était le genre de défis que je pourrais relever quoi qu’il advienne. C’est peut-être toujours vrai, mais toujours faut-il en avoir envie. Je regarde les 50 000 mots de loin, l’avantage de ce challenge c’est qu’il n’a rien d’une montagne : arrivée à la moitié de l’ascension, il est impossible de faire demi-tour. Les mots sont là, ils attendront. Je fais un aller-retour en jet privé dans mon lit douillet avec mes livres, dans un bar avec mes copines, et je sais que comme tout ce qui est précieux et confortable, les mots seront là quand j’aurais de nouveau envie de les voir. Un peu comme le yoga, qui ne m’abandonne jamais. Ce soir je suis allée au cinéma, j’ai cuisiné un chili végane en vous écrivant quelques mots, et je vais finir ce dimanche en beauté en écoutant le podcast le plus hilarant de l’histoire (My Dad Wrote A Porno), en regardant la série la plus réconfortante de la saison (Gilmore Girls), et en retrouvant avec plaisir la lecture d’un univers qui me passionne (Outlander). La tempête fait rage autour mais elle s’arrête bientôt.

(et les petits-déjeuners doux se succèdent, s’emmêlent dans les souvenirs, sont des joyaux qu’on polit)

(à bientôt)

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10 Réponses

  1. Il est bientôt minuit et je n’arrive pas à dormir, donc j’avance le dossier que j’ai à rendre pour demain, et peut-être ceux pour le 1er décembre, celui que j’ai commencé, et celui que je n’ai pas encore envisagé mais qui sera né dans dix jours. Je regarde la montagne des cours que j’apprendrai mal dans le tramway juste avant d’aller en partiel
    Je regarde tous les livres que j’ai envie de lire
    Mon roman que je néglige depuis une semaine environ
    Le stage que je dois trouver pour avril, et la galère que j’ai, et la haine que j’ai pour les lettres de motivation
    Tous les dessins que j’ai envie de faire, les média que j’ai envie d’apprivoiser

    Et puis, cet article doudou au coeur de la nuit.
    Merci <3

  2. Auriane

    C’est fou comme la pression la plus forte vient toujours de nous-même.
    Pression de m’entraîner rigoureusement pour ce semi-marathon dont je rêve depuis quelques mois, pression de commencer à rédiger ma thèse en janvier et d’avoir fini pour septembre, pression de devoir réfléchir à mon avenir parce que dans moins d’1 an j’aurais fini mes études, pression d’être toujours productive et culpabilité quand je passe un dimanche entre mon lit et mon canapé…bref pression d’être partout à la fois et bonne dans tout.
    Pression même de méditer tous les jours (ce paradoxe…)

    Depuis très peu de temps, quelques semaines tout au plus, j’arrive un petit peu à relâcher toute cette pression, à me dire que les dimanches en gros pull-doudou avec un livre et des litres de thés c’est bien aussi. Que les soirées jusqu’au bout de la nuit ce n’est pas vraiment moi et que ce n’est pas grave, ça ne fait pas de moi une personne ennuyeuse.

    Merci pour tes articles qui, comme l’eau d’une rivière, sont simples, évidents mais qui petit à petit font leur chemin vers de petits changements (le bullet journal, les repas de la semaine).

    Je n’avais jamais rencontré quelqu’un qui s’appelle Auriane aussi :D Les seules Auriane dont j’avais entendu parler étaient des Oriane. Alors bonjour Auriane !!

  3. Je ne m’appelle pas Auriane moi (hihi c’est rigolo, deux commentaires à la suite comme ça!) mais je te fais des bisous. Se mettre la pression c’est nul, mais je crois que c’est plutôt très humain (been there, done that, still doing it actually) – même si parfois moi aussi j’en ai bien assez de ces travers si humains auxquels je fais face SANS CESSE. Et si on hibernait devant Gilmore Girls, hein?

    (Allez, encore des bisous <3)

  4. Oh, comme je comprends cette pression et ce ras-le-bol, ce trop-plein, ce stop. Pour ton roman, je crois que c’est un des trucs qui me dérange du NaNoWriMo (je me plante toujours sur le nom je crois), mais je trouve que c’est trop « la course à terminer » alors qu’un projet aussi gros qu’un roman, je sais pas, je crois que c’est bien de ne pas (trop) se mettre la pression.
    Enfin, l’écriture doit rester un plaisir – en tous cas, à nos échelles on va dire – et c’est dommage de ne pas continuer à la considérer comme tel en se mettant trop la pression.
    Bref, des bisous, prend soin de toi (maintenant quand je dis ça, je repense à l’article de Céline), et puis repose-toi et profite de Gilmore Girls, c’est quand même très important.

    1. Je suis d’accord avec toi : écrire doit rester un plaisir… le NaNoWriMo, c’est un drôle de concept, « se forcer à prendre du plaisir », parce que – en tout cas c’est très vrai pour moi – on ne prend souvent pas assez le temps de faire ce qui nous plaît, et l’émulation autour de ce challenge est un vrai booster, une communauté dingue, hyper bienveillante et qui d’ailleurs ne cesse de rappeler que même si on n’écrit « que » 150 mots, eh bien ce seront 150 mots de plus qu’en octobre, et c’est déjà fou. C’est, je pense, notre propension très humaine à vouloir rentrer en compétition, avec les autres ou soi-même, qui nous met la pression dans ce genre de situations, pour moi plus que l’idée des 50 000 mots et du temps imparti. Et si je suis fière de moi cette année, c’est parce que j’ai réussi à lâcher prise, à me rendre compte que si ce n’était plus un plaisir, alors il valait mieux lever le pied.
      Merci pour tes mots Camille ♥ Bisous ! (et que vive Gilmore Girls !)

  5. Comme je te comprends!
    Ca fait un petit moment que j’ai réussi, par la force des choses, à lacher prise. Mais il m’a fallu un peu de temps.
    Donc non, je ne serais pas cette maman parfaite qui préparer TOUS les repas de son fils.
    Non, je n’arrive pas pour le moment à être vegan strict.
    Non, je ne peux pas du jour au lendemain passer d’une incroyable bordélique fénéante à une fée du logis.
    Mais je fais à mon échelle, par petits pas.
    Et puis un jour je viendrais à bout des 250 épisodes en attente de visionnage (et la liste s’allonge chaque semaine ^^) mais au moins je prends déjà le temps d’en regarder un petit peu, quand je peux.
    Il n’est pas toujours bon de se forcer, tout le temps.
    Et puis c’est bien aussi de penser à soi et d’être un brin égoïste de temps en temps! :)

  6. Pingback : En liens cette semaine #26 – L'océan de la vie

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