1
Juin
2016
10
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Lectures #6 : que des coups de cœur !

Salut à tous·tes ! C’est la fin du mois de mai, et comme d’habitude maintenant depuis six mois (!!! le temps passe trop vite bla bla bla, dit-elle à chaque revue de lectures, mais là quand même, c’est six mois, c’est pas rien !), je viens vous faire un petit retour des livres lus ce mois-ci. Vous avez ben de la chance comme disent les jeunes – comment ça ah non, ou alors seulement au Québec ? – car je n’ai eu que des coups de cœur en mai, tous ces livres ou presque ont remporté la chouette note de 5/5, aucun suspens, comme ça c’est dit.

Cette revue a un peu de retard par rapport au planning habituel noté dans mon petit carnet, aussi j’espère que vous m’excuserez, et plus généralement pour le silence radio de mon côté depuis la semaine dernière. J’ai travaillé, c’était épuisant et démoralisant, et la vie n’est toujours pas simple par chez moi, mais promis je reviens, j’ai des tonnes d’idées et de brouillons en préparation, et surtout, je ne vous oublie pas. Jamais. (instant drama)

Du coup, mon petit bla bla introductif sera un peu plus court que d’habitude, notamment parce que j’ai mille articles sur lesquels plancher à l’heure où je vous écris, alors je préfère couper court aux bavardages et vous laisser tout de suite avec mes impressions sur cinq romans ma foi fort sympathiques.

Allez, c’est parti, bonnes découvertes !

*

j-k-rowling-new-book-under-alias-leadCareer of Evil, de Robert Galbraith
(La carrière du mal en VF)

Résumé

Lorsque Robin Ellacott reçoit ce jour-là un mystérieux colis, elle est loin de se douter de la vision d’horreur qui l’attend : la jambe tranchée d’une femme.
Son patron, le détective privé Cormoran Strike, est moins surpris qu’elle, mais tout aussi inquiet. Qui est l’expéditeur de ce paquet macabre ? Quatre noms viennent aussitôt à l’esprit de Strike, surgis de son propre passé. Quatre individus capables les uns comme les autres, il le sait, des plus violentes atrocités.
Les enquêteurs de la police en charge du dossier ne tardent pas à choisir leur suspect idéal – mais Strike, persuadé qu’ils font fausse route, décide de prendre lui-même les choses en main. Avec l’aide de Robin, il plonge dans le monde pervers et ténébreux des trois autres coupables potentiels. Mais le temps leur est compté, car de nouveaux crimes font bientôt surface, toujours plus terrifiants…

Mon avis : J’attendais depuis sa sortie pour lire ce troisième tome des aventures de Cormoran Strike, et je ne regrette pas d’avoir laissé l’attente durer, puisqu’une fois le volume entre les mains je n’en ai fait qu’une bouchée ! J’ai eu énormément de plaisir à retrouver Cormoran et Robin (je suis tellement #TeamRobin dans la vie), je suis toujours fan du style de ces romans, mais surtout pour cet opus j’ai été complètement soufflée par la structure de la narration. Différente des deux tomes précédents, elle est à mon sens maîtrisée à son summum ici et ça rend la lecture tellement prenante ! Je n’ai pas du tout envie de vous divulgâcher ni l’intensité de la chouetterie de ce livre, ni l’histoire, donc je n’en dirai pas trop, à part que oh lala c’était si bien. C’est assez rare pour moi de chercher activement un coupable quand je lis un polar, et pourtant c’était le cas avec Career of Evil, où, complètement absorbée par ma lecture, j’ai cru trois ou quatre fois avoir trouvé l’identité du coupable, mais sans en être totalement sûre non plus (et de toute façon j’avais tort :D). Bref, c’était génial, et vivement la suite.

Pour qui ? Pour les adeptes des bon vieux whodunnit à l’anglaise, pour celleux qui n’ont pas peur des lectures très sombres et glauques, et pour celleux qui aiment se torturer l’esprit devant une enquête très bien ficelée.

*

americanah-ngozi_adichie_chimamanda-25139020-2571714714-frntlAmericanah, de Chimamanda Ngozi Adichie

Résumé

«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.»

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.
À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant.

Mon avis : J’avais vu ce roman en librairie lors de sa sortie, mais son prix m’avait découragée. J’ai évidemment entendu beaucoup parler de Chimamanda Ngozi Adichie (grâce à Twitter et à toutes les chouettes afro-féministes que je suis sur ce réseau !), et donc j’avais naturellement envie de lire sa dernière parution. Quand je l’ai vue en format poche, je n’ai pas hésité, et je ne regrette pas cet achat, puisque c’était tout simplement une délicieuse lecture. Je serai mal placée pour parler du traitement du sujet en lui-même, n’étant pas concernée : j’ai lu ce livre pour le plaisir de l’histoire racontée, une histoire d’identité en devenir, avec une passion en filigrane, mais j’ai aussi lu ce livre pour apprendre des choses, sur tous les sujets abordés par l’autrice que je n’avais pour ainsi dire jamais rencontrés. La culture nigériane, coutumes, évolutions, gastronomie, m’étaient parfaitement étrangers, tout comme peut l’être l’émigration pour les Nigérians, vers des pays comme les Etats-Unis ou l’Angleterre. Je n’en suis pas ressortie experte évidemment, mais en tout cas moins ignorante et encore plus curieuse ! C’est, à ma honte, le premier livre d’une femme africaine que je lis, mais ce n’est sûrement pas le dernier. Si vous avez des recommandations à ce sujet, je les prendrai avec plaisir.

Pour qui ? Pour celleux qui souhaitent découvrir une culture trop peu souvent mise en avant je trouve, pour le plaisir de voyager sur trois continents différents, pour les amateurices de jolies histoires qui ne délaissent à aucun moment des préoccupations sociales et culturelles importantes.

*

trigger_warningTrigger Warning, de Neil Gaiman

Résumé

Trigger Warning explores the masks we all wear and the people we are beneath them to reveal our vulnerabilities and our truest selves. Here is a rich cornucopia of horror and ghosts stories, science fiction and fairy tales, fabulism and poetry that explore the realm of experience and emotion. In « Adventure Story »–a thematic companion to The Ocean at the End of the Lane–Gaiman ponders death and the way people take their stories with them when they die. His social media experience « A Calendar of Tales » are short takes inspired by replies to fan tweets about the months of the year–stories of pirates and the March winds, an igloo made of books, and a Mother’s Day card that portends disturbances in the universe. Gaiman offers his own ingenious spin on Sherlock Holmes in his award-nominated mystery tale « The Case of Death and Honey ». And « Click-Clack the Rattlebag » explains the creaks and clatter we hear when we’re all alone in the darkness.

Mon avis : Trigger Warning est un recueil de nouvelles paru en anglais en octobre 2015, et je ne crois pas qu’il soit sorti en français pour l’instant. J’ai été immédiatement attirée par le titre, et je m’attendais du coup à un recueil provocateur, usant et abusant des triggers pour faire la nique aux internautes qui utilisent les trigger warnings pour prévenir leurs lecteurs·trices de contenus pouvant être choquants ou provoquer des angoisses. Typiquement par exemple sur Twitter, j’essaye d’utiliser les TW quand je parle de choses sensibles comme les agressions sexuelles, la mort, etc. (mais c’est super rare car je préfère parler de chatons et de Cillian Murphy). Dans sa préface, Neil Gaiman parle du paradoxe du trigger warning, qu’il considère comme essentiel pour préserver le bien-être de personnes sensibles, mais qui, pour un écrivain, peut être complètement frustrant, notamment quand votre histoire tourne autour d’un twist de fin comportant un de ces triggers. Quand j’ai lu ça, je me suis dit « hmm, va-t-on être copains, toi et moi, Neil ? ». J’ai tendance à penser qu’une histoire, qu’elle soit écrite ou visuelle, qui tourne entièrement autour d’un twist d’agression sexuelle, ou d’abus psychologique ou physique, par exemple, n’est pas pertinente. J’ai l’impression que ça s’apparente trop souvent à un simple ressort de narration sans donner au sujet toute l’attention et la délicatesse dont il a besoin (voir les tropes Gratuitious Rape, Rape & Revenge, Stuffed into the Fridge, et tous les autres tropes associés). Je prends pour exemple certains épisodes de Game of Thrones dont les scènes d’agression sont des twists dont le seul but est de choquer l’audience. Je ne dis pas qu’il ne faut jamais traiter ce sujet, mais qu’il faut le faire de manière intelligente, et c’est assez rare donc je me méfie toujours.

Je referme la parenthèse, je m’attendais donc à un recueil débordant de trucs gores, d’abus, de choses sales. Je lis ce genre d’histoires, j’adore les thrillers mettant en scène des psychopathes bien tordus (mais, cf. plus haut, j’en vois très clairement les limites et problèmes), donc ça ne me dérangeait pas plus que ça en tant que lectrice (en tant que militante c’est autre chose :D). Au final, c’est tout autre chose que j’ai trouvé, et cela m’a ravie ! Ici, donc, pas de délire à base d’abus en tout genres et complètement gratuits, on est plus sur des histoires qui dérangent, plus ou moins selon les sensibilités, mais toujours qui font refermer le livre entre deux nouvelles avec une minute de réflexion pour bien digérer le texte. Les genres sont divers : fantastique, fantasy, science-fiction (un peu), horreur… il y a également des poèmes, et si beaucoup de récits sont doux-amers, un peu tristes, j’ai été profondément émue par pas mal d’entre eux, et j’ai trouvé le tout superbement cohérent et agréable à lire. A noter que j’ai beaucoup souri à la lecture d’un récit qui se situe dans l’univers de Sherlock Holmes : eh oui, même les plus grands auteurs écrivent des fanfictions ! Il y a aussi une nouvelle dans l’univers de Doctor Who, que je n’ai pas lue car je n’y comprenais rien du tout :D, et enfin une située après American Gods, le roman de Gaiman dont je vous parlais dans cette revue. Des petits clins d’œils chouettes, en somme !

Le gros plus pour moi, c’est qu’en préface, Neil Gaiman laisse quelques lignes à propos de chaque nouvelle, qui expliquent d’où est venue l’inspiration, à quoi font références certaines choses, j’ai lu chaque explication après la lecture de la nouvelle correspondante, et j’ai vraiment adoré avoir un petit aperçu de l’esprit créatif et du processus de création aussi facilement, je trouve que c’est rare d’avoir cette chance et je suis reconnaissante à l’auteur pour ça !

Pour qui ? Pour les amateurices de l’étrange, du dérangeant, de l’émotion aussi. Et comme toujours pour les recueils de nouvelles, pour celleux qui n’ont pas beaucoup de temps pour s’immerger dans des univers et qui ont besoin de textes courts et efficaces pour s’évader !

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aventuriers3La conquête de la liberté, de Robin Hobb

(Les Aventuriers de la mer #3)

et Brumes et tempêtes, de Robin Hobb

(Les Aventuriers de la mer #4)

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ces deux tomes de la saga Les Aventuriers de la mer, que je lis avec de plus en plus d’engouement ! Évidemment je n’ai pas envie de vous gâcher le contenu, donc je resterai brève et discrète. Seul petit point d’attention : si vous avez envie de vous les procurer et que, comme moi, la qualité d’une édition est importante pour votre confort de lecture, n’investissez pas dans l’édition J’aime lire, puisqu’elle m’énerve prodigieusement. Je suis une petite maniaque, donc ce n’est pas non plus d’horribles défauts, mais ils se répètent et empirent même avec les tomes. Des différences de traduction, des espaces manquants, des majuscules à l’intérieur des mots… Ça me fait alternativement soupirer et sourire, mais quand c’est trop ça me fait refermer le livre d’exaspération et c’est dommage. Sinon, je suis toujours fan des personnages qui se développent doucement, mais sûrement, mes impressions se renforcent sur certains et se mitigent sur d’autres, j’adore ! Ça veut dire qu’ils sont bien écrits et nuancés, pas juste en noir et blanc. Il commence à y avoir de bons gros mystères qui s’épaississent, ça me rend toute folle, j’ai (encore une fois) hâte de lire la suite !

*

J’espère que vous avez fait de jolies découvertes et que je vous ai donné envie d’ajouter quelques titres à votre pile à lire ! En ce moment, j’alterne entre deux lectures : Guérir de David Servan-Schreiber dont l’une d’entre vous m’a si gentiment fait cadeau (merciii Isabelle ! ♥), que je lis le matin, et le tome 5 des péripéties Les Aventuriers de la mer, que je lis le soir. J’essaye de trouver un rythme de lecture qui me permet d’être satisfaite, je crois que lire les livres un peu « sérieux » de développement personnel en petit-déjeunant et les livres de fiction-détente le soir avant de dormir est un bon compromis. Et vous, vous avez une organisation pour la lecture ? (il est probable que ce soit juste moi qui pousse le concept d’organisation à son paroxysme flippant)

Je vous retrouve dès vendredi pour vous présenter mes coups de cœur de mai, en attendant je vous souhaite une belle journée, prenez soin de vous ! Bisous ♥

Crédit photo : Pexels (désolée pour mon usage un peu abusif de photos libres de droit, j’ai oublié mon appareil photo chez mes parents, et en plus il fait tout moche, mais ça revient bientôt !)

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7 Réponses

  1. J’avais adoré Americanah pour sa forme aussi. Quelle excellente idée de partir d’un blog! J’avais été éblouie par l’intelligence pétillante de l’auteur!

  2. Fanny

    Bonjour,
    J’ai découvert ton blog hier et je suis tombée sous le charme! Maintenant j’ai envie de me remettre à écrire (un blog pourquoi pas) et de tenter un Bullet Journal (je suis fan de carnets et jusque là jamais réussi à en garder un seul pour tout…). Mais je retiens surtout ton optimisme et ton enthousiasme communicatifs. Bref, bravo pour ce blog! J’aime aussi beaucoup lire, le soir en général (sauf les weekend et les vacances) et qu’un seul livre à la fois. Là je n’ai pas de coup de cœur à partager mais je le ferai sans hésiter si l’occasion se présente. Bonne journée.

  3. justine

    Bonsoir Pauline ! J’aime bien tes retours de lecture, mais pourquoi ne pas mettre de résumé ? Même minime, même très différent des 4e de couverture, mais juste quelques mots. Par exemple pour Americanah, ça m’aurait intéressée :)
    Merci et bonne soirée !
    PS: merci pour la découverte de Room, j’ai adoré !

    1. Bonsoir Justine ! Les résumés sont dans l’accordéon à dérouler en cliquant sur le mot « Résumé » sous le titre du livre. J’ai choisi ce format pour que les personnes comme moi qui n’aiment pas les résumés puissent ne pas les lire, et inversement pour que les gens que ça intéressent puissent en profiter. Ça ne fonctionne pas chez toi ?
      Je suis contente que Room t’ait plu autant qu’à moi ! Bonne soirée :)

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