14
Nov
2015
13

Et se gaver d’amour

Plus que jamais, aimer. Les mots ne sont pas assez nombreux, assez puissants, assez universels et pourtant puisqu’il n’y a que ça, alors je prends les mots et j’espère qu’à travers eux – les miens, les vôtres, les nôtres – l’amour vaincra. Les clichés et les banalités n’ont jamais été plus rassurants, plus libérateurs. Peu m’importe l’originalité du scénario de nos vies, c’est de l’amour qu’il nous faut, en quantité industrielle, de l’amour fait-main tricoté de sourires, de soleil à l’intérieur et de mains tendues, de l’amour à n’en plus savoir quoi faire.

C’est incroyable cette force qui me traverse, démunie et triste ce matin tout gris j’ai eu envie de dire à chaque être humain présent sur mon chemin combien je l’aimais, parce qu’au fond c’est l’humanité qui nous rassemble. On tremble, on pleure, on a peur, mais on chante, on danse, on rit aussi, on est humains avant tout. Et si maintenant on décidait vraiment de se soutenir, sans faille, sans réfléchir, sans y regarder à deux fois, sans faire plus d’effort que de regarder l’autre et décider que lui, comme tous les autres, méritent tout l’amour du monde ? Et si maintenant, pour toujours, on s’engageait à rester soudés, pas pour la nation, pas pour le pays, pas par fierté, mais parce que c’est la seule chose à faire – c’est le seul chemin à prendre.

On n’ira pas bien loin je crois, si on continue à se priver de la plus élémentaire chaleur humaine, du plus basique contact humain. Je ne veux pas avoir peur parce que j’y crois, je crois qu’on a tous cette flamme à l’intérieur qui ne demande qu’à rejoindre la flamme en face, il faut juste la reconnaître, ah oui tiens, tu étais là, bienvenue toi, reprends ta place. Reprenons en chœur nos droits sur la compassion, la tendresse qui se niche au creux des ventres, il n’y a pas de copyright sur l’empathie, pas de royalties sur l’amour.

On va continuer à vivre, parce qu’il n’est pas question aujourd’hui comme demain de rendre les rues de nos existences mornes et vides – on va continuer à chanter faux, à aller au cinéma, à réserver des tables pour quatre dans des petits restos, à commander des bières et des sodas. On va continuer à se serrer les coudes quand les temps seront durs, à s’embrasser se dire merci se prendre dans les bras les uns des autres, on va faire ça, hein, dites ?

Il y a quelques années je ne pensais pas qu’il était possible de dire je t’aime à sept milliards de personnes à la fois. Je pensais qu’en terme d’amour il n’y avait que celui des familles, celui des amis, celui des amants – même si parfois tout ça se mélange. J’ai découvert il y a maintenant un moment que l’amour n’a pas besoin d’être extraordinaire, d’être gravé dans la chair, dans le marbre, dans la pierre. L’amour n’a pas besoin d’être hurlé fort, d’être exclusif, d’être tangible et observable à l’œil nu, l’amour n’a pas besoin d’être restreint à deux, trois, dix personnes dans un périmètre limité par l’étendue de nos relations. L’amour c’est partout, c’est tout le temps, pour que ses vibrations magnifiques se répandent et se dispersent, pour qu’à l’oxygène qu’on respire se mêle cette dose infime et gigantesque de compassion universelle dont chacun d’entre nous se nourrit pour grandir.

Dans le chaos poussiéreux des chocs individuels qui s’entrechoquent à grand fracas, il existe sous les cendres la braise nécessaire pour grandir, à l’unisson grandiose de notre humanité, pour consumer la vie et le monde, non pas dans la haine et dans la peur, mais dans la joie et dans l’amour.

Embrassons nos âmes sœurs, nos enfants, nos parents, nos amis, serrons contre nos cœurs les proches et les familiers, et n’oublions pas dans la tourmente d’épargner quelques secondes, quelques instants, pour inonder la terre entière de pensées d’amour. Parce qu’au-delà des carrières, des chemins tous tracés, des destinées qu’on pense avoir investi, on est là comme des simples humains, hébétés, un peu paumés – il faut se relever toujours. Et se gaver d’amour.

Vous aimerez aussi...

La bienveillance, pour soi et pour les autres
La bienveillance, pour soi et pour les autres
défi végane
Défi végane : 21 jours pour véganiser mon assiette
ASLW 55
Ailleurs sur le web #55
fleurs de coton
Le prétexte


23 Réponses

  1. Isha

    Merci. Juste merci. J’ai passé la journée perdue, dans la grisaille du ciel aussi bien que dans la brume de mes pensées. J’ai passé chaque seconde de la journée à penser et à chaque seconde je perdais un peu plus fois en l’humanité. Tu as rallumé ma petite flamme. Alors pour ça, et pour tout ce que tu écrit qui réchauffe nos âmes …merci <3

  2. Pingback : Links I Love #82Whatever Works

  3. Gabrielle

    Le courage d’aimer contre la facilité de la haine et de la peur. Le courage d’être une petite lumière contre les ténèbres.
    Merci pour tous ces mots si justes ! Je souhaite qu’ils essaiment dans le monde entier, dans tous nos coeurs pour y faire fleurir amour, compassion et joie.

  4. Pingback : Un invincible été » NaNoWriMo 2015 : retrouver la force d’écrire

  5. Pingback : Vendredi | Blottie dans un fauteuil

  6. Marjolaine

    Merci Pauline, pour cette note qui nous rapproche les uns des autres et nous rappelle où se situe l’essentiel… Nous avons parfois tendance à l’oublier, perdus dans les arcanes de nos quotidiens respectifs, mais lors d’électrochocs comme celui que nous venons de vivre, il est bon de ne pas perdre cela de vue.

Laisser un commentaire