7
Fév
2015
5

Lecture : Plaidoyer pour les animaux, de Matthieu Ricard

Je suis étonnée de n’avoir pas jamais parlé de mes lectures, moi qui suis une bibliovore assidue. Il faut dire que je lis majoritairement des romans – même si ma consommation de livres de développement personnels et d’essais a grandement augmenté depuis quelques années. J’ai beaucoup de mal à parler de mes coups de cœur en fiction, parce que j’ai du mal à mettre les mots justes sur ce que je ressens quand je lis, je trouve que c’est une expérience très intime et difficile à partager. (mais si ça vous intéresse, je peux faire un effort !)

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de ma dernière lecture, celle du Plaidoyer pour les animaux de Matthieu Ricard. C’est le troisième livre « végétariste » que je lis, après No Steak d’Aymeric Caron (dont je vous parle dans l’article lié plus haut) et Faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer. Ces trois lectures ont parfois été légèrement redondantes – on ne peut pas inventer de nouveaux chiffres et de nouvelles réalités pour le plaisir de la diversité – mais chaque livre m’a apporté plein de connaissances, ainsi que des petits froncements de sourcils, évidemment.

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L’auteur

Matthieu Ricard est quelqu’un dont les convictions me sont très familières, au demeurant. J’ai en ma possession son Plaidoyer pour l’altruisme, un bon gros pavé de quasiment mille pages, tellement dense que j’ai du mal à en lire plus de trois pages à la suite. Il parle d’un sujet qui me tient profondément à coeur, comme vous pouvez l’imaginer, et il est immensément intéressant, mais c’est loin d’être une lecture « plaisir et détente », et je stagne désespérément dans mon avancement, à ma grande honte.

Si cet auteur est si particulier, c’est parce qu’après avoir obtenu un doctorat en génétique cellulaire, il est parti vivre dans l’Himalaya où il est devenu bouddhiste. Il est l’interprète français du Dalaï Lama, et contribue à la recherche scientifique sur l’effet de la méditation et de la pratique de la compassion sur le cerveau. J’aime beaucoup le lire, car on retrouve dans ses mots un savant mélange de spiritualité et de faits concrets et scientifiques, qui me plaisent beaucoup et rassasient à la fois mon cerveau émotionnel et mon cerveau rationnel.

Dans son Plaidoyer pour les animaux, Matthieu Ricard aborde donc à sa manière unique la problématique du traitement des animaux dans nos sociétés occidentales, et globalement, j’ai vraiment apprécié ce livre, qui est somme toute assez court et très accessible. Loin d’être un plaidoyer pour le végétarisme (Matthieu Ricard est végétarien – évidemment ai-je envie d’ajouter), j’ai découvert que cet essai était un véritable argumentaire pour l’élaboration de lois en faveur des animaux, pour leur protection et leur sauvegarde.

Entre faits et ressentis

Au début du livre se trouve la partie la plus spirituelle de son discours, à mon sens : on y retrouve une lecture des textes fondateurs des religions en rapport avec les animaux. J’y ai découvert que si certains textes permettaient la consommation et l’exploitation des animaux, beaucoup de représentants de toutes les religions (christianisme, judaïsme, islam, bouddhisme…) trouvaient dans le végétarisme et dans la bientraitance des animaux une manière logique d’appliquer les principes de leur religion.

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On passe également par la lecture du traitement des animaux dans l’industrie, dans les divertissements cruels que sont la corrida et les parcs aquatiques, on lit beaucoup de chiffres sur le braconnage. C’est cette partie qui, pour moi, a été très ressemblante à ce que j’avais déjà pu lire, à l’exception faite que Matthieu Ricard ajoute toujours une dimension émotionnelle à ses explications. On sent qu’il parle avec le cœur, et qu’il est très proche de ses émotions, ce que je trouve personnellement formidable et très inspirant. J’adore lire un discours rationnel et étayé, teinté de considérations morales, éthiques, c’est exactement comme ça que je fonctionne et c’est probablement le livre végétariste le plus proche de mon fonctionnement.

Un chapitre entier est consacré aux « mauvaises excuses » qu’on peut avoir quand il s’agit de considérer le traitement des animaux d’un autre point de vue. Cette partie était très intéressante : ces mauvaises excuses vont de « les animaux ont été créés pour que l’homme s’en serve » à « les animaux n’ont pas de sensations, pas d’émotions et pas conscience d’eux-même », et les réponses apportées par Matthieu Ricard sont très pertinentes. J’adore avoir l’opportunité d’étoffer mes arguments en vue d’un débat !

La dernière partie du livre est consacrée à la nécessité de créer des lois pour protéger les animaux. Le livre est très récent, donc l’auteur y parle du nouveau statut des animaux adopté par le Code Civil (et il y dit clairement que ce n’est qu’un pas symbolique), et ses chiffres ne datent pas d’il y a vingt ans. C’est toujours bien d’actualiser mes données pour nourrir mes discussions passionnées avec mon papa, troll en chef.

Un livre plein de spiritualité

Honnêtement, je pense que ce n’est pas un livre qui plairait à tout le monde, parce que la majorité d’entre nous ne sommes pas forcément connecté·e·s à nos émotions – et celles et ceux qui le sont sont déjà, sinon convaincus, au moins presque tout à fait. Ce livre a été réconfortant pour moi, parce que j’y ai trouvé le juste équilibre des discours : ni tout à fait froid et détaché, trop centré sur les faits (comme l’est No Steak, par exemple), ni complètement dans l’émotionnel, où le raisonnement a parfois tendance à pécher et peut être entendu avec mépris.

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En résumé, si vous avez envie de découvrir ou d’affirmer une dimension spirituelle à votre engagement, ou si vous êtes quelqu’un de déjà spirituel·le et que vous attendez un déclic pour vous intéresser à la condition animale, Plaidoyer pour les animaux est un livre qui vous plaira beaucoup, je crois. Mais pour convaincre un entourage plus sceptique, ou plus terre-à-terre, il faudra se tourner vers d’autres ressources.

Avez-vous lu Plaidoyer pour les animaux ? Est-ce qu’il vous intéresse ? Quel livre sur les animaux ou le végétarisme est une référence pour vous ?

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7 Réponses

  1. Pingback : Plaidoyer pour les animaux de Matthieu Ricard | Échos verts

  2. Ana

    Bonsoir Pauline,

    j’avais laissé un commentaire sur jeune idiote mais je m’aperçois que tu as déménagé.
    J’y parlais de l’ouvrage de Charles Patterson : Un eternel Treblinka.

    Le connais-tu ?

    Bien à toi. Ana.

  3. Après avoir lu cet article, j’ai bien envie de me procurer ce bouquin tiens :)
    Mes références sur le végéta*isme sont plutôt des sites & blog (le tien & Antigone XXI notamment!)

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