5
Jan
2015
3

La boîte à kifs

Je cherchais comment commencer l’année bloguesque. Il me fallait quelque chose de beau, quelque chose de brillant, pour célébrer 2015 ! Autant vous dire que je n’avais aucune idée de ce que j’allais bien pouvoir vous écrire.

Chaque année, je souhaite à la terre entière de la joie, du bonheur, des rires et de l’amour. Ce sont des voeux très sincères, je pense qu’on peut très bien vivre avec beaucoup de ces quatre ingrédients, et peu du reste. Mais j’ai été bien attrapée quand, au premier jour de l’année, j’ai été écrasée par une vague de tristesse, un vieux blues tout pourri, qui m’a poursuivi pendant des heures. Pourtant, j’étais bien. Entourée d’ami-e-s top moumoute, je passais un séjour génial dans un Paris étonnamment presque vide, et j’avais dans mes bagages plein de souvenirs, plein de chaleur.

Paris

Mémoire sélective

Sauf que comme tout le monde, entre le 31 décembre et le 1er janvier, mon cerveau était programmé en mode bilan, rétrospection, l’addition s’il vous plaît, pour cette année terminée. Et à mon grand désespoir, le bilan était loin d’être glorieux. Je me suis vue ressasser tous les trucs nuls qui m’étaient arrivés lors des douze mois précédents, jusqu’à penser que vraiment, 2014 n’avait pas été tendre avec moi. (très honnêtement, j’ai l’impression bizarre que les deux dernières années ont été les plus difficiles que j’ai eues à vivre – mais c’est probablement uniquement parce que sont mes premières années d’adulte) (c’est nul tout ça)

Paris - Cours de Vincennes

Alors qu’en fait, en faisant un petit effort de réflexion, 2014 a été tout simplement… bizarre. Douloureuse, et géniale, et effrayante, et ridiculement intéressante à vivre. A l’image de la vie, quoi. Et si certains moments ont été très durs, si j’ai parfois eu le sentiment de me noyer, j’ai vécu aussi des choses fabuleuses, qui m’ont fait vibrer. Je me suis fiancée, j’ai retrouvé des gens que j’avais perdu de vue, j’ai rencontré de nouveaux amis, avec qui j’espère faire un long bout de chemin. J’ai entamé des projets, j’en ai abandonné d’autres, j’ai grandi, j’ai voyagé, j’ai vécu.

Un petit coup de pouce

Rien ne peut être tout blanc ou tout noir, tout génial ou tout pourri. Le truc qui m’embêtait, c’était de me retrouver comme une quiche moisie le premier de l’an, à regarder l’année écoulée avec un sentiment d’échec cuisant, comme si je n’avais vraiment rien fait qui vaille la peine que mon cerveau s’en souvienne. Finalement, je ne suis pas la seule dans ce cas. Il semble que parfois, la mémoire choisit de retenir les choses pas fun, et qu’il faille travailler pour se souvenir précisément des jolies histoires.

C’est pourquoi en ce tout début d’année (cet article contient le mot « année » plus souvent que permis par la loi, je crois), je vous propose d’aider nos mémoires, au fil du temps, pour un résultat explosif au prochain réveillon. Je n’invente pas le concept, loin de là – il existe sur internet depuis environ la création d’internet – mais il fait tellement sens pour moi cette année que je le partage avec vous.

Boîte-à-kifs-durance

La boîte à kifs

Prenez un bocal, joli et pratique. Plutôt grand, je vous le souhaite. Moi, j’ai choisi un bocal en plastique, avec une fermeture à l’ancienne, trouvé à Carrefour – pas le temps de farfouiller à droite à gauche. Décorez-le, si vous le souhaitez. J’y suis allée franco avec mes Poscas. Enfin, posez-le dans un endroit accessible, parce que le but n’est pas d’oublier ce bocal dans un coin jusqu’à l’année prochaine.

Boîte-à-kifs-wordcloud

Maintenant, c’est un travail d’endurance. Lorsqu’il vous arrive quelque chose de chouette, quand vous vivez un petit bonheur, écrivez-le sur un petit papier (que j’ai baptisés rapidos « papier-kif »), que vous glisserez dans le bocal. Laissez les bonheurs s’amonceler dans la boîte à mesure que votre vilaine mémoire les oubliera, et puis le 31 décembre ou le 1er janvier prochain, au lieu de vous morfondre… ouvrez la boîte, et revivez (seul·e, en famille, entre ami·e·s), les meilleurs moments de l’année !

Grands bonheurs et petites émotions

Dans ma boîte, il y a pour l’instant deux petits papiers. L’un remercie du fond du coeur les ami·e·s qui nous ont accueillis à Paris fin décembre. L’autre célèbre un jus d’orange frais pressé, dégusté dans ma petite cuisine. Tout ça pour vous dire qu’il ne faut pas attendre de vivre quelque chose de ouf, de géant… et que le bonheur, ça se cultive aussi dans les petits instants, dans les joies éphémères.

heliview-boite-à-kifs

Je vous souhaite, évidemment, le meilleur. Que vos projets se réalisent, que vos relations s’épanouissent, puissiez-vous trouver ou garder la sérénité. N’oubliez pas de prendre soin de vous en toute circonstance. A bientôt !

Italian-trattoria

étoiles

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8 Réponses

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  3. Chouette idée :)
    Sinon rien à voir, mais « faire sens » ne se dit pas en français (make sens en anglais) on dit simplement avoir du sens ! Bon je veux pas jouer la psychorigide ou l’intello de service (j’en suis loin !) mais je trouve ça triste que l’on perde petit à petit la langue française (le passé simple n’existe plus dans les livres pour enfant ! Tout au passé composé, « c’est plus simple »). Du coup oui aux anglicismes seulement quand on n’a pas d’équivalent français ;)

    1. « Faire sens » s’utilise en français depuis au moins 1810 :)
      On ne perdra jamais la langue française, elle évolue simplement à mesure des besoins des gens qui l’utilisent. Crois-moi, je sais exactement pourquoi j’ai choisi d’utiliser « faire sens » plutôt que « avoir du sens ». :)
      (du coup tu n’utilises pas les mots email, spam, chewing-gum ou stop ? ;))

      1. Le ton ironique de la fin de ton message laisse présagé que tu l’as mal pris… Comme je l’ai dit je n’avais pas l’intention de faire la donneuse de leçon ou d’être snob ! D’ailleurs merci de m’avoir appris quelque chose, comme quoi !
        Les derniers mots que tu cites sont relativement nouveaux et ont été utilisés longtemps en anglais avant qu’on ne leur trouve leur équivalent français donc oui je les utilise. Et je parlais bien des anglicismes qui n’ont pas lieu d’être car on a déjà un mot français, pas des mots qui n’existent pas ou qui sont difficilement traduisibles. Bref… :)

        1. Je ne l’ai pas mal pris, seulement j’avoue que je suis sceptique quand on brandit le spectre de la fin de la langue française ;) Mes parents sont profs de français, j’ai grandi dans un environnement très protecteur de la langue française, comme tu peux t’en douter, et je pense que je la manie plutôt pas mal. Mais les règles d’une langue comme on les retrouve dans le Bescherelle ou chez l’Académie Française ne permettent pas toujours d’exprimer exactement ce qu’on veut, c’est pour ça qu’une langue évolue, et je trouve ça plutôt chouette. Je n’ai pas de nostalgie particulière pour le passé simple, qu’on ne l’utilise plus vraiment et qu’il tombe en désuétude ne me rend pas triste… on ne parle plus le même français qu’à l’époque de La Fontaine ou de Molière, notre langue est-elle pourtant moins belle, ou moins compréhensible ? J’aime l’idée que la langue n’est pas un cadre rigide duquel on ne peut jamais dépasser sous peine d’être « hors-la-loi », mais plutôt un outil pour communiquer, et un outil, on peut l’utiliser comme on veut tant que le message passe. Personne ne peut m’interdire d’enfoncer des punaises dans mes murs avec une grosse clé à molette plutôt qu’un marteau, surtout si le résultat est le même ;) (je n’ai pas de marteau, mais j’ai une grosse grosse clé à molette :P)

  4. Enora

    Bonjour Pauline,
    Je découvre ton blog petit à petit, en commençant par la fin (les derniers posts), et en piochant les articles suivants « de ci de là ». Je voulais d’abord te dire merci pour tes jolis mots. Je pense que je viendrais te lire bien souvent, pour faire le plein de cette belle positivité.
    J’aime beaucoup l’idée de cette boite-à-kifs. On faisait quelque chose de similaires avec des collègues animateurs pendant les colos: on avait prévu un pot appelé « Stars and Plonkers ». Au fur et à mesure de la semaine, on plaçait dans le pot des petits papiers avec écrit « A star for » ou « A plonker for » (« une étoile pour » et « un mauvais point pour » pour les non-anglophiles), avec le prénom de la personne qui avait fait une bonne action ou une bêtise, et quelques mots pour resituer le contexte. Le tout restant anonyme. Et toutes les semaines, on ouvrait le bocal lors de la réunion d’équipe, et on notait les scores: celle-celui qui avait le plus de mauvais points devait faire quelque chose pour celle-celui qui avait le plus d’étoiles… Je ne sais pas si c’est très clair :). En tout cas, ça nous encourageait à voir toutes les petites bonnes actions que chacun faisait (une façon de se dire merci), et puis aussi parfois de mettre le doigt sur des choses qui ne se passaient pas bien.
    Et puis ton idée me rappelle aussi le Bullet Journal et le fait de tenir un journal de gratitude…
    Bref, tout ça me parle, et je voulais t’en remercier! :)
    Je te souhaite une bien belle journée!

    1. C’est tout clair, j’ai compris ! Je trouve ça chouette comme système, vu que la fin n’est pas trop culpabilisante pour la personne qui a eu le plus de plonkers :P
      Merci à toi pour ton joli commentaire, à bientôt j’espère ! ♥

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