8
Oct
2014
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Zen, soyons zen : Méditation(s)

Pour moi, aucune saison ne se prête mieux à la méditation que l’automne. Ces quelques mois de cocooning intense sont une très belle occasion de s’offrir des séances de tête-à-tête avec soi-même. Si j’ai beaucoup délaissé la méditation pendant l’été, survitaminée que j’étais, je sais que je vais bientôt me replonger dans cette pratique, qui m’apporte douceur et concentration.

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous quelques conseils pour commencer la méditation, parce que je sais que ce n’est pas forcément quelque chose qui parle à tout le monde au premier abord. On a souvent une idée un peu vague de ce qu’est « la méditation », avant de se lancer. Personnellement, je m’imaginais que ça signifiait « rester assis·e en position du lotus pendant des heures, un sourire béat aux lèvres, en marmonnant « ommmm », sans penser à rien ». Autant dire que j’étais mal barrée, parce que cette pratique précise de la méditation m’est tout bonnement impossible à réaliser. J’ai appris, au fil du temps et des rencontres inspirantes, qu’il y a autant de pratiques différentes de la méditation, que de personnes méditantes.

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Méditer, c’est quoi ?

Le terme « méditer » a ses racines dans le latin medeor, qui signifie soigner, guérir. C’est intéressant quand on décide d’appréhender cette pratique comme une véritable passerelle entre le corps et l’esprit. Il m’a fallu un certain temps pour déconstruire l’idée que ces deux notions sont cloisonnées et que l’un n’entre jamais en relation avec l’autre. La faute sûrement à la médecine occidentale, qui ne prend traditionnellement pas en compte l’état psychologique des malades pour traiter les maladies, qui tente parfois de soigner les symptômes et non les causes des affections, et qui ne reconnaît pas vraiment l’incidence de l’esprit sur le corps. (ça a tendance à changer un peu récemment mais c’est pas encore tout à fait ça)

Comme toutes les pratiques de développement personnel, la méditation sert à mieux se connaître, à s’apprivoiser, et par la suite à apprivoiser le monde. Ce ne serait pas forcément nécessaire si on grandissait avec l’idée que notre personne entière est belle et pleine de valeur, et si on apprenait en grandissant, en même temps que les maths et le français, à reconnaître nos émotions et à les gérer. A l’âge adulte, on aurait déjà ces outils, et on serait sûrement plus en paix, à la base. Mais on est très vite dépossédé de nous-même… « mais non tu n’es pas triste », « arrête de hurler », « on parle pas comme ça à sa mère ! », « va dans ta chambre ! », « finis ton assiette », autant d’injonctions qui nous mènent là où on est aujourd’hui : dans un système qui ne laisse pas de place aux personnes pour s’épanouir en tant que telles, et qui considère que s’intéresser à soi, c’est se regarder le nombril et être narcissique. Il est nécessaire de s’intéresser à soi. Après tout, on passe l’entièreté de notre vie en notre propre compagnie.

En ce sens, la méditation est pour moi un cadeau que je me fais, quand j’en ressens le besoin. De loin, on dirait peut-être que je ne fais rien, et je ne suis certainement pas productive, mais c’est une pratique je place au même rang qu’une heure de thérapie ou une séance de sport.

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La pratique de la méditation trouve peu à peu sa place dans les écoles.

Méditer, ça sert à quoi ?

Cette question très utilitariste me fait doucement rigoler, mais je l’aborde quand même.

Nous sommes toujours en train de chercher une utilité profonde à nos actions, comme s’il fallait que chacun de nos actes ait une raison d’être. Si nos actions ont en plus un rendement, c’est encore mieux ! Dans une société où la production et la consommation ont toute leur place, difficile d’imaginer entreprendre quelque chose qui n’aurait pas d’utilité, qui ne soit pas profondément productif. Je prends l’exemple de l’oisiveté : mère de tous les vices, il n’est pas accepté actuellement de « ne rien faire », autant en période de congés (il faut partir en vacances, voir du pays, visiter, « profiter »…) qu’en matière de vie active. Ce terme d’ailleurs ne concerne que les travailleurs, qui seraient donc les seuls à être actifs. Les petits enfants qui apprennent plus en quelques années que pas mal d’adultes le reste de leurs vies ne sont pas considérés comme « actifs », et les adultes qui ne travaillent pas, pour une raison ou pour une autre, sont toujours très mal considérés. Des fainéants, des bons à rien, des parasites… on estime qu’ils « ne font rien », alors qu’on peut faire une multitude d’autres choses que le travail conventionnel, sous contrat et rémunéré… sauf que si ce n’est pas productif, ça n’a aucune valeur, n’est-ce pas ?

Je vous propose aujourd’hui de combattre cette idée en vous donnant quelques pistes pour commencer la méditation. Ces conseils vous parleront (je l’espère) si vous avez déjà eu envie de vous lancer sans savoir vraiment comment vous y prendre. Si malgré tout je ne vous ai pas convaincu·e, n’ayez crainte ! Il existe plein d’autres solutions pour se relaxer et se recentrer.

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Avez-vous déjà pensé au yoga, pour relaxer le corps et l’esprit ?

Step 1 : l’ambiance

S’il est possible de méditer partout, à n’importe quelle heure, quelles que soient les conditions, je ne vais pas vous mentir en vous disant qu’il faut déjà un peu d’expérience et qu’au début, on tâtonne un peu. Avant de vous lancer dans un quart d’heure de méditation altruiste sur la pelouse du parc le plus fréquenté de votre ville, sujet·te au regard parfois déplaisant des passants, essayez de vous construire une atmosphère chaleureuse et relaxante dans votre chez-vous.

Choisissez une pièce que vous aimez, et dans laquelle vous n’avez pas beaucoup de changements à apporter pour être confortable. Chez moi, c’est ma chambre : j’adore la mezzanine, qui me permet d’être un peu à l’écart des autres sans être totalement seule, l’éclairage est facilement tamisable, j’y ai installé des bougies et j’y range tous mes petits gadgets méditatifs. Vous préférerez peut-être être seul·e, dans une pièce fermée. En tout cas, je vous déconseille les endroits carrelés sans tapis pour y poser vos pieds ou votre auguste postérieur : c’est vite froid, et donc désagréable et déconcentrant.

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Au fil du temps, j’ai amassé pas mal de petits objets qui m’aident à méditer : j’ai un foulard aux couleurs chaudes, que j’affectionne beaucoup et que j’aime tenir dans ma main. J’ai également un mala, confectionné par les blanches mains d’une amie. C’est un petit bracelet d’inspiration bouddhiste, constitué de perles de bois et d’opaline, qui fonctionne comme un chapelet : j’y compte mes respirations ou mes mantras. Une autre amie m’a envoyé des galets bretons peints, symbolisant l’ancrage sur Terre. On peut y lire « Désolée, pardon, merci, je t’aime », qui est la phrase guérisseuse de la philosophie Ho’oponopono, dont je vous parlerai sûrement dans un autre article, si ça vous intéresse. Enfin, avant de méditer, j’allume mes bougies ainsi qu’un peu de sauge blanche que je fais brûler. Encore un cadeau d’une amie précieuse, la sauge blanche a pour propriétés, pour peu qu’on y croie, de purifier. Esprits, corps, pièces de la maison, rien ne résiste à cette plante à l’odeur enivrante. (pour moi, parce que Monsieur Chéri, lui, trouve que ça pue…)

Tous ces objets me sont utiles, et trouveront peut-être une résonance en vous : n’hésitez pas à vous en inspirer pour créer votre rituel de méditation. Mais ils ne sont absolument pas indispensables pour tirer des bénéfices de la méditation, et vous pouvez vous lancer sans tout ça, évidemment !

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Step 2 : la position

Là, c’est carte blanche. Vous pouvez méditer assis·e ou allongé·e (plus pratique pour les méditations guidées qui impliquent de se concentrer sur l’enfance, par exemple, ou pour les méditations chamaniques) (je pars loin mais ne vous en allez pas tout de suite). Si comme moi, vous avez du mal à tenir une position bien droite, vous pouvez vous adosser contre un mur – n’oubliez pas les coussins entre vous et le mur — pour rester assis·e, sans vous avachir, et sans souffrir. Votre position doit être la plus confortable pour vous au moment où vous décidez de méditer, elle peut donc changer selon les séances.

Pourquoi ce besoin de confort ? Tout simplement parce que si votre position vous cause des douleurs, votre concentration sera altérée et vous risquez donc de perdre tous les bénéfices d’une séance de méditation. Vous recherchez le bien-être de votre esprit, il faut donc que votre corps soit en état de bien-être lui aussi, afin qu’il vous laisse tout l’espace nécessaire pour vous concentrer sur autre chose.

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Step 3 : et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

C’est là que ça devient difficile, du moins pour moi au début. J’ai essayé plusieurs trucs, et ce qui me convient, c’est de partir avec un conflit à régler. Un conflit interne avec moi-même : une angoisse, une colère, ou juste le besoin de retrouver une certaine stabilité en période de tourments, ou bien un conflit avec quelqu’un, que je voudrais régler de manière responsable. La méditation me permet alors de mieux me situer par rapport au conflit et à la personne en elle-même.

Commencez par vous mettre dans la position choisie et par détendre votre corps, des orteils aux bouts des doigts en passant évidemment par le dos, les épaules et la nuque. Fermez les yeux. N’essayez pas de faire le vide dans votre esprit. Tentez plutôt d’accueillir chaque pensée qui surgit dans votre tête, sans jugement, sans focaliser sur la nécessité de faire le vide (« ne pensez pas à une girafe »…), sans repousser ni vous attarder sur cette pensée. Libre de toute attache, elle s’en ira d’elle-même. Tâchez de respirer par l’abdomen, profondément, et utilisez cette respiration pour vous concentrer sur vous et non pas sur vos pensées, qui ne font pas de vous ce que vous êtes. Vous pouvez vous rattacher à votre respiration, qui doit être égale et profonde, si vous sentez que vous dérivez et que vos pensées prennent trop de place. Si l’inspiration est là, un mantra apparaîtra peut-être dans votre tête. Une phrase courte et généralement formulée de manière positive (c’est meilleur pour le karma), que vous pouvez répéter au rythme de votre respiration. « Je m’aime telle que je suis » a été mon mantra pendant vingt minutes la veille de mon permis, dans l’optique de continuer à m’aimer même en cas d’échec, bien que c’eût put être le quatrième échec… Il peut être utile de minuter votre méditation, pour pouvoir la caser pendant la pause déjeuner, ou le matin avant la douche, et de vous accompagner de musique douce. La durée d’une musique ou d’une playlist peut ainsi être la durée de votre méditation. Quand vous avez fini — que votre temps est épuisé, ou que vous ayez simplement envie d’arrêter — prenez le temps de revenir doucement à la réalité, en ouvrant les yeux lentement, et en réactivant votre corps en agitant d’abord les orteils, puis les mains. Vous ressentirez peut-être le besoin de vous étirer ou de boire un grand verre d’eau. Écoutez votre corps :)

N’essayez pas de méditer trop longtemps au début. Personnellement, après plus d’un an de pratique régulière, j’ai toujours du mal à me concentrer plus de 15 minutes en suivant. Ce n’est pas un échec, et ce n’est pas grave ! Il vaut mieux méditer peu longtemps mais fréquemment, qu’une heure tous les mois. (mais si vous ne méditez que 15 minutes par mois c’est cool aussi hein, pas de pression)

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Petits outils gratuits ou à vous faire offrir

Une app

J’utilise l’application Insight Timer pour chronométrer mes méditations. Disponible sur iOS et sur Android, cette petite app qui ne paye pas de mine reste pourtant fort sympa. Certains paramètres sont payants, mais je n’ai pas déboursé un centime, j’ai donc à ma disposition un timer, déclenché par un son et terminé par un son (j’ai choisi le bol tibétain), ainsi que des statistiques. (pour les matheux du fond) Ces stats permettent de suivre votre temps de méditation moyen, par exemple. Vous pouvez vous servir des méditations guidées disponibles gratuitement dans l’application si vous avez du mal à savoir quoi faire, suivre les directives d’une voix apaisante peut être très utile. Mais ce que j’aime le plus dans cet app, c’est le côté « social » : quand votre méditation est terminée, vous pouvez voir combien de personnes ont médité en même temps que vous, et vous pouvez envoyer et recevoir des messages pour remercier ces gens. Si vous êtes spirituel·le comme moi, vous trouverez peut-être que 854 personnes qui méditent en même temps que vous, c’est puissant !

Un livre

Pour commencer la méditation, j’ai offert à mon petit frère Calme et attentif comme une grenouille. Oui, je suis du genre à faire des cadeaux qui vont aussi me profiter à moi, c’est comme ça. Bref, ce petit livre est à lire par les adultes et il est très instructif, et le CD contient 11 pistes de méditations guidées. D’abord ciblées pour les enfants, elles sont donc assez courtes, le langage utilisé est parfaitement accessible, et elles peuvent servir pour différentes occasions : un bobo, de la colère, des difficultés à s’endormir… La voix de Sara Giraudeau me plaît personnellement beaucoup, et c’est grâce à ce CD (que j’ai ensuite transféré sur mon téléphone, joies de la technologie) que j’ai vraiment réussi à aborder la méditation. Je vous conseille donc cet outil, ou d’autres méditations guidées (comme celles de Insight Timer, ou d’autres encore disponibles gratuitement sur YouTube), pour vous lancer, mais avec un filet.

Une playlist

Si vous utilisez Spotify, vous savez qu’il existe des playlists pour quasiment toutes les situations. J’utilise parfois la playlist Yoga and Meditation, afin d’avoir un fond sonore relaxant qui me permet de rester concentrée. Je vous conseille de la lancer en aléatoire afin de ne pas commencer toutes vos méditations par la même chanson, ce qui a pour résultat de laisser l’esprit dériver dangereusement. N’hésitez pas à créer votre propre playlist de morceaux, de préférence sans paroles, très doux, qui vous aident à visualiser du positif pour vos méditations.

je me souviens de qui je suis

Avec ces petits conseils (euphémisme pour un article-fleuve), j’espère que vous êtes paré·e pour essayer de méditer, par tranches de 10/15 minutes, dans le calme et la douceur. Découvrez le plaisir de vous offrir une petite pause rien que pour vous, qui ne produit rien, qui ne sert à rien, sinon à vous explorer, à vous rasséréner, à vous stabiliser. N’hésitez pas à me poser des questions si quelques points ne sont pas clairs, je me ferais un plaisir d’y répondre, si ç’est dans mes cordes.

Je vous souhaite de beaux moments, méditatifs ou pas, pendant cet automne et bien après !

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6 Réponses

  1. Pingback : Quelle place pour la technologie dans mon bien-être ? • Un invincible été

  2. Bonjour,
    Je viens de lire ton article, il y a des bonnes idées :-) merci pour ton post!

    J’aimerai avoir ton avis sur une idée que j’ai trouvé dans un livre de Krishnamurti (« Le livre de la méditation et de la vie »)! Notre société nous pousse à nous projeté en continu, à vivre « dans le temps » (travailler pour se construire, établir se monde,…) et je me demande si il est vraiment nécessaire de se projeter (de façon positive ou négative)?

    Pour résumer les idées du livre(si j’ai bien compris) se projeter, c’est se forger une autorité… Un chemin a suivre, définir les rêgles de notre société. Ce qui:

    – nous pousse à ne pas être zen pour de bon, car nous désirons atteindre un objectif ou un ensemble d’objectif
    – nous empêche d’être lucide, de nous connaitre nous même
    – est aussi un processus egocentrique, ce qui nous empéche de prendre conscience du nous (nous et nos interractions avec les autres)

    Sur le long terme n’est-il pas plus important de se connaitre vraiment, de prendre conscience de son ego (nous et nos interraction avec les autres)…

    La prise de conscience ouvre au changement de façon naturelle. Si je vois et entends qui je suis, cela signifie que je change au plus profond de moi! Que penses-tu de cette approche? C’est un peu de la méditation continue :-) en complément des exercies que tu proposes dans ton article :-D

    Bien à toi,
    Julian

    1. Bonjour Julian !
      Quelles jolies interrogations, dis donc !
      Si se projeter nous empêche effectivement d’être dans la pleine conscience (ça, c’est sûr), je pense qu’on aurait tort de vouloir réprimer à tout prix cette part profonde de notre nature. Les humains (et sûrement d’autres créatures sentientes) se projettent, c’est « comme ça », dans le sens où j’ai envie de croire que c’est aussi nécessaire. Ca nous permet d’anticiper en cas de mauvaise passe, ou au contraire, de songer aux beaux jours à venir quand vient la pluie. Question d’équilibre, encore une fois, comme pour tout : trop projeter, c’est rater l’instant présent en permanence, et n’être jamais présent à soi c’est passer à côté de beaucoup de choses, mais je ne sais pas s’il est seulement possible de ne plus jamais se projeter.
      La pleine conscience, et la connaissance du soi, c’est pour moi comme une danse subtile, qui nécessite d’avoir du temps et de l’espace pour trouver le bon tempo, mais parfois la réalité de la vie effrénée reprend le dessus, et il faut savoir danser autrement pour ne pas se perdre.
      Belle soirée :)

      1. Bonjour Pauline,

        Merci de ta prompt réponse… Je vais prendre le temps d’analyser et de finir le livre que je référence dans mon premier commentaire avant de répondre pleinement!

        Pour l’instant je doute, je ne sais pas si se projeter fait partie de notre nature profonde ou si c’est « simplement » du au conditionnement permanent que nous les humains avons choisi de subir depuis toujours!

        Belle soirée,
        Julian

  3. Pingback : Un invincible été » 90 jours de méditation

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